voir l'art autrement – en relation avec les textes

Bienvenue en typique parcours littératique

Parcourez, dialoguez, écrivez,échangez et dites nous tout ...
effets  liquides  01
23a16-mejeanpano-13
lieu aux  sacrifices  - voeux 5201.xnbak
photo perso  -repos de l'officiant - Bobo Diolasso, vallée sacrée. Burkina FASO
photo perso: rochers  St Enimie  ermitage (Lozère)
Loompanics
Le monde selon Herodote.  Doc Telerama
101-IMG_8261
montage perso à partir de peintures

Dernière version

Patricia Grange – Ennui en estampe chinoise


peinture chinoise            atelier churchill

Ennui en estampe chinoise

C’est une goutte
De peinture grise
Qui coule le long
D’une feuille de vie
Au bord du même
Pinceau
Sans jamais
S’arrêter
Sans rien dessiner.
C’est une larme
De froid
Qui roule
Eternellement.
C’est un vide
Palpable.
C’est le café noir
De l’obscurité
Que l’on coupe
Au couteau.
C’est l’absence
De couleurs
D’odeurs
De sons
Où tous les sens
S’éteignent
Comme des étoiles
Jetées dans l’eau
Avec un frisson de râle.

(Patricia Grange)

- Patricia Grange est à l’origine  de son site poétique  " les jardins de Mariposa"

-

Augusto Lunel – Chant IV


Augusto Lunel  est un poète  "rare"…  dont j’ai eu beaucoup de mal à me procurer des écrits  sur le net…

mais heureusement  j’avais  des archives   "extra net",   dont  sont  extraits  ces  "chants"…

 

en mars 2012,  c’est  le  chant  3

—–

vitrail: Georges Braque: oiseau violet - fondation Maeght ( 06)

CHANT IV

Rivière en moi,
oiseau qui vole dans mes veines,
la voix qui ne sortait pas
restait suspendue
dans le précipice de la gorge
ou descendait tailler à couteaux le coeur.

La voix enfermée,
la voix dans la chair,
déchaînait la mer avec une larme.

Mais aujourd’hui est sortie la voix
qui coulait dans les veines,
la voix qui brûlait dans les ténèbres.

Une épée coupa le silence
et des nuages de corbeaux volèrent dans le vide.

La rauque obscurité roula par terre
et la panthère noire
qui se débattait dans mes poumons.
Foudre lente et obstinée,
soleil dans la gorge,
la voix de rocher brisé par la voix
a rompu la bête sans bouche.

peinture; John Marin - The Sea, Cape Split,- Washington, Dc

Les vagues chargées de couteaux
déversent dans l’air
des paniers de poissons.

La voix,
ce moment où le sang est transparent,
cataracte vers le haut,
fleuve qui saute le précipice,
est sortie m’emportant.

La voix poussée par des corbeaux,
poussée par des éléphants sous terre
poussée par des baleines,entre en toi jusqu’aux arbres
ou sans sortir de moi
t’entoure.

L’écho a fait crouler les murs,
le silence a brûlé dans le clocher.

Notre coeur sera bientôt notre bouche,
la voix sera vue, touchée et respirée ;

la pluie, uniquement ce que tu chantes.

Vers ta voix émigreront les hirondelles,
vers ta voix se tourneront les héliotropes.
Clair de ta voix sera l’espace,
profond de ta voix l’abîme.

Aujourd’hui c’est la vendange de l’air.

—-

en cliquant  sur le mot  clef  Augusto Lunel,  – (  lien  en bleu sous l’article )  -vous trouverez  d’autres parutions  liées  à cet auteur péruvien,  dont les  chants précédents,par exemple  le 7

Colonnes de mémoire ( RC)


photo perso: racines de baobab à Boungou (B Faso) dec 2011

 

 

Bien au delà de la corde

Ce morceau d’arc de terre

Qui tend la distance

Et nos différences

 

J’ai perçu l’inversion du monde

Comme si la tête en bas

Mes pieds étaient collés

Sur le socle du ciel

 

Et j’avais à mon appui

D’immémoriales légendes

Des arbres sacrés

Dont les racines buvaient

 

Le ciel, et supportaient

Le monde de leurs pattes épaisses

Que le poids des siècles

Avaient plissé de mémoire

 

Enfouissant en profondeur

Au cœur de la sève fibreuse

Le passé douloureux d’une

Afrique à l’avenir incertain.

 

R Ch 09-01-2012

 

sur les créations  artistiques   -  en tout cas  mon rapport  avec l’art africain, consulter  également  voir aussi http://ecritscris.wordpress.com/2012/01/09/lart-africain-au-burkina-faso/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-lart-africain-01-lhumanite-commence-par-le-nombril/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-02-eklablog/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-03-la-terre-cuite-du-ghana/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-04-le-cavalier-et-la-figure-assisedogon/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-05/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/71/

http://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-07-croquis-musee-des-arts-premiers/

photo perso- vieille herbe, jeune humain. - Boungou

Charlotte Monegier – Tagada Bar / D’un cadavre exquis


C’est il y a 4 ans  en surfant sur les "mySpace", que j’ai découvert les  écrits  de Charlotte Monegier,  qui, depuis, a pris  d’autres  chemins,  mais  dont les écrits  "restent", par exemple  chez  écrits vains

….et dont  j’ai déja  publié sur  re-ecrit:      Gestalt,  et  Saurais-tu ?, ainsi que  vous-chez moi  (récemment, ici)

 

 

 

 

 

Sc James Yamada, 2008

 

 

 

Tagada Bar / D’un cadavre exquis

 

Feutré décor pour des costards en vrac,

Des verres au bar, des contes en toc

Et les rondeurs des heures sans bleu

Mais mieux aux jours qui fument encore à vivre

 

 

Car le mois de Mai résonne en regrets

Férrés, déssonnés des rythmes-chansons.

 

 

Je ne sais pas pourquoi, sans point l’amour est,

Ailleurs comme le reste et c’est tout, tout au moins.

L’avantage de l’âge fait peur aux oiseaux

Dont les ailes de verts peignent la cravate.

 

 

Oui, peut être, mais si la main de ta bouche,

Encore ici, joue autour des lettres,

Je virgulerais tes lèvres avec la langue d’un style haut.

 

 

Sabotez, sabotons les strates !

Des guindés tailleurs aux airs faux-beaux !

Encore le ciel ! Bravo, il ne sait rien mais donne tous nos êtres là,

A la merci de ce qui ne sera.

 

 

Et les ricards couleront en kirs

Pour deux demis de pinte.

 

 

Ah les citrons flotés absents mais bientôt, heureusement

Des brillances jaillit le goût du mot,

De toi du haut des infimes enfances.

 

 

Alors si c’est comme ça d’accord la vie, au fond je suis toujours avec,

Comme l’adhérance au pas des assagis

Fous d’un peu d’existence ravie.

 

 

Des si belles musiques courent,

Même si les musiciens ne sont pas, jamais, les cons…

C’est un tableau bleu de mers-sommeil,

Eveillant la chair au-delà des maux.

 

 

Venons là bas ! Je ne sais pas où c’est mais toi,

Les chemins : montres su tu sais.

Ils sont déjà ouverts de fleurs éparses

Parce que les chants d’été,

Par ce que j’étais tes yeux m’ont dit.

 

 

La lumière si grosse colorie les diagonales rouges,

Over le bleu donné par le sol, non dit

Mais convaincu pour un rien.

 

 

Sans mentir je rêve de trop

A ces gestes évanouis dans le soir petit.

 

 

Les roues me téléphonent, attends.

Elles ventent, pour quoi faire de…

Nous savons bien mieux nos ailes sans elles.

N’est-ce pas?

Roland Dauxois: – Le vent soulève des présages


Le vent soulève des présages,
nous allons vite, tous les vivants vont trop vite,
et le coursier noir qui emportait lénore
nous emporte aussi en une course absurde.

Nous allons vite, tous les vivants vont aujourd’hui trop vite
en abandonnant la lenteur
nous avons peu à peu déserté les paysages de la pensée.

In chez Ma ( photo-montage 'et photos perso)

Que nous importe de rejoindre une autre rive lointaine
en quelques heures ou minutes
si notre esprit est enchaîné à ce corps
mué en un seul véhicule,
que nous importe cette liberté
si la distance amoindrie dans l’espace physique
devient un gouffre pour nos rêves.

 

 

Merci à Roland Dauxois,  pour  ses publications  toujours appréciées…  voir  son blog…

Chouchanik Thamrazian – Ville perce-neige


image – deviantart: Sophie SkullHeart

J’ai voulu penser des lunes
Des lunes blessées, des lunes percées, des lunes-perce-neige,
des lunes de sang
Pour tes nuits qui quittent les visages, les mains et les terres, pour tes nuits
désertes et ocres.
J’ai voulu croire aux soleils d’encre pour couronner tes fuites.
J’ai voulu boire les soleils; être froid, en veille.
J’ai voulu cracher les lunes: brûler de froid.

Chouchanik Thamrazian: "Dans le jardin des glaces", Encres Vives n° 339

du site de poésie arménienne..

 

-

Saïda Mnebhi – brûler les lourdes portes


effets  liquides  01

-

image:  volutes virtuelles  – capture  d’écran

 

 

-Saïda Mnebhi, opposante aux régimes  d’oppression qu’elle  vécut au Maroc,  écrit,  > une année avant qu’elle ne succombe, en 1978, à une longue grève de la faim :

 

 

-
«          Je veux rompre ce silence, humaniser ma solitude
Ils m’ont désœuvrée pour que rouille ma pensée
et que gèle mon esprit.
Mais tu sais toi que je chéris,          que tel un volcan qui est en vie
Tout en moi est feu…                           pour brûler les lourdes portes
Tout en moi est force…pour casser les ignobles serrures… et courir près de toi… me jeter dans tes bras             ».

 

-

d’autres poèmes  de cette  auteure peuvent  être  consultés ici:  A

——————->      et là;   B

 

-

Feuilleter le recueil des causses ( RC )


-

Texte  en rapport avec "A la mer retirée"

Causse Méjean – reliefs et neige   -          ( toutes  photos présentes ici :  perso  – me contacter pour une réutilisation éventuelle  )

-

Des bouffées de lumière,
décrivent ,mieux que je ne ferais,
le recueil des causses.

Encore striés sous les neiges,
piquetés d’impatientes pousses, et de bruns.

A chaque  détour, le savoir lire ,
du vent de l’ivresse,
épouse les accidents des collines,
chapeautées de bois sombres.

Le dialogue menu des eaux, serpentant dociles,
puis, rassemblées, mugissantes,
De chants clairs cascadeurs,
et résurgences vertes.

Le pied des pentes abruptes,
surplombées de témoins sévères, verticaux

Une route mince, s’essaie à contourner
ces vases de pierre,
Pour plonger dans  une vallée étroite,
encore habitée par l’obscur,

Dispensée des lignes orgueilleuses,
des ponts de béton.

Et le silence matinal, n’est habité
que de spirales lentes
Des vautours, glissant sous des écharpes
blanches, effilochées ,portées par la brise.

Peu importe la route
Ses dévers et sa course,
Soumise au caprice de la rivière,
Ou lancée sur les plateaux.

La constance du roc
Ou le moelleux des terres.
Le paysage reste une porte
Feuilletant le passé calcaire

D’un océan, son souvenir
Enfui

-

RC  – 19 mai 2013

-

Causse Méjean – restes  de neige

Causse Méjean – restes  de neige

Causse Méjean – restes  de neige

Causse de Sauveterre, vers Montmirat

Vallée du Tarn au dessus  de St Chély

Arbre illuminé entre rocs  St Chély-du-Tarn

"couple":  rochers ruiniformes vallée  du Tarn

Sainte Enimie, Vallée du Tarn, résurgence de la Burle

Sainte Enimie, Vallée du Tarn

Causse de Sauveterre,  environs de Champerboux

Causse de Sauveterre,  environs de Champerboux

Article  visible aussi  sur  mon site de photos des  causses  .

-

Richard Brautigan – Il pleut en amour – Si tu meurs pour moi


photo perso,  base argentique modifiée par mes soins

photo perso, base argentique modifiée par mes soins

 

 

 

 

 

Si tu meurs pour moi
je meurs pour toi
et nos tombes seront
comme deux amants nettoyant
leurs vêtements ensemble
dans une laverie automatique.
Si tu apportes la lessive
j’apporte l’eau de javel."

Richard Brautigan, Il pleut en amour,

éditions Le Castor Astral.

 

-

Rituel de la lame et des voeux ( RC )


lieu aux  sacrifices  - voeux 5201.xnbak

-Bobo Diolasso, vallée sacrée (Dafra) .    Burkina FASO

 

 

A l’ombre d’un arbre dont je ne saurais dire
Ni le nom,                    ni le dessin des feuilles,
Cet homme,                             un être sans âge,
Presque nu,                                           immobile,
-                                            Et peut-être aveugle
Gisant, endormi, sous la voûte des feuillages,
Sur un gros bloc
A l’entrée d’une cathédrale de rochers.

Des lianes pendaient dans l’ombre végétale,
Et m’habituant à elle, je la perçus moins obscure,
>                      Accompagnée du frêle murmure,
D’une eau,                     s’écoulant , paresseuse,
De bassins                        en vasques naturelles.
Dans cette espère ce château creux,    inversé,
habité de relents lourds,    gras,      écoeurants,
Ne devant rien à la profusion végétale.

Il n’y avait      pas d’idole incrustées dans les parois,
>           Pas de sphinx de pierre, dans ce lieu reclus,
Isolé d’un ciel ,                       qui claque sous le soleil,
Mais un sol presqu’entièrement couvert de plumes,
Et progresser                       parmi le chaos rocheux,
N’était possible,                     qu’en foulant aux pieds
De multiples ossements
S’affaissant sous mon poids.

Peut-être étais-je habité par le non-savoir,
Enfui trop vite                de la lumière,
>                      Vers ces profondeurs
Où le ruissellement    d’une eau rare
S’associant     aux rituels millénaires
Où l’amour et le vivant,        meurent
Tranchés,     par la lame de l’officiant,
>     Le sang se mêlant à l’eau lente…

Peut-être,      n’ai-je pas dans l’esprit,
-                Celui de faire un voeu
Quand on lit l’avenir
Selon ,        que la bête sacrifiée
Prolonge ou non       son agonie
Sur le ventre               ou le dos,
Et ,         que se vide son corps
Palpitant encore, au milieu des pierres.

Mais ,                        l’homme endormi,
Au pied des carcasses suspendues,
>                   Et des toisons dépecées
Rêvait peut-être  de la vie qui s’enfuit,
Et du murmure indéfinissable,
-                    Des   dieux primitifs,
Offrant,          dans ce lieu reclus,
Des promesses    de prospérité.

-
RC -  26 janvier 2013

photo perso  -repos de l'officiant - Bobo Diolasso, vallée sacrée. Burkina FASO

photo perso                                                                                                                   -repos de l’officiant – Bobo Diolasso, vallée sacrée. Burkina FASO

 

 

-

A noter  qu’à Dafra, le cours d’eau se continue  en mares, où vivent d’énormes poissons chats ( silures), nourris avec les restes des animaux  sacrifiés:  voir photo de Brad 177:

Alda Merini – mer


peinture :          Richard Diebenkorn: Ocean Park 1975 #79,         huile et pastel sur toile:            Philadelphia Museum of Art

 

 

MER

Je marche sur mes eaux de femme.
Je t’expliquerai qu’il y a une mer salée
et une mer pleine d’amour.
La ligne de démarcation a été ma poésie.

Avec elle j’ai divisé les mystères de la mer
et mon propre mystère.
Cependant j’ai compris que dans les petites choses,
comme ma modeste maternité,
il existe des mers infinies.
Où s’alternent seiches et larmes,
des choses jamais vues et grandeur de Dieu.
Et j’ai compris que la poésie est inutile.
Comme la beauté de la mer,
si on ne pense pas à qui l’a créée
qui est un grand mystère.
-

Alda Merini, Dopo tutto anche te,   -Après tout même toi,

Oxybia Éditions

-

Langue au pas à pas des signes ( RC )


photo:        Herlinde Koelbl:         Robert Mapplethorpe, 1983

-

C’est en suivant         pas à pas ,

-                            Des traces sur les murs,

   Et le sol                     d’un immense labyrinthe

Qu’une vie entière ne suffirait pas à appréhender,

-                        Qu’elle fit sienne une langue,

Imprimée de marche                          intime,

< Dont                seule elle détenait les clefs,

Que je comprenais,        je crois,      un peu,

-            Sans pouvoir la déchiffrer tout à fait.

-

RC  – 20 mai 2013

-

-  en rapport  à une phrase  de Patti Smith,  ( et son rapport à Rimbaud ):

« Rimbaud détenait les clefs d’un langage mystique que je dévorais même lorsque je ne pouvais le déchiffrer tout à fait »

-     dédié à Arthémisia

Jean-Baptiste Tati-Loutard – Congo


peinture               Antoni Tapiès: Llencol

 

 

Congo

 

Le silence debout parmi nous atteint le ciel :

Un poète a vécu…

C’était un nègre d’Amérique : un précipité noir
Au fond d’un mélange d’azur et de Yankees.

Les soleils futurs chercheront longtemps son visage

Par les chemins du monde et les champs de bataille.
Son corps de terre cuite s’est brisé dans la lumière :
La cassure est là toute fraîche et toute franche,

Cristal d’une étoile coupée à ras d’azur ;

Et la vie gravite encore  autour de l’astre mal éteint.
C’est sûr, ô poète, l’herbe ne poussera pas
Autour de ton nom :

Ton verbe est la source qui nous fournit en eau vive,

Et les âmes de tous les braves en reverdissent.
Que celui qui l’ignore aujourd’hui en soit heurté
Par un jour de grand vent,
Car désormais, il navigue à la proue de l’orage

 

-

 

Jean-Pierre Duprey – Une station de vie


photo perso: rochers  St Enimie  ermitage (Lozère)

photo perso: rochers St Enimie ermitage (Lozère)

 

 

 

 

-

 

J’ai dominé toute une station de vie
Ma première enfance est entrée dans la pierre
Mes premières larmes sont sorties avec les passereaux
J’ai vu un Dieu, j’ai vu les hommes
Et mes yeux ne se cherchent même plus
Hier je suis allé sur la montagne qu’habita la lune
Et je suis revenu le cœur plein de tristesse
Il ne me reste plus qu’un souvenir et une guitare brisée
Un saule pleureur se dépouille et m’habille de larmes
Qu’est-il de plus triste au monde que de partir sans chanter

-

Jusqu’où peut porter le regard ( RC )


Loompanics
Installation              Loompanics éditions:

"Vous êtes ce que vous savez
Vous êtes ce que vous faites
Aidez-vous   vous même
Plus de secrets
Plus d’excuses
Et non plus de limites"

-

 

 

 

A faire des comptes à rebours,
On imagine un bilan comptable,
Rechercher le pièce du puzzle,
-                         Celle qui manque.
S’il s’agit, comme dit Vautrin
D’un "grand pas vers le Bon Dieu"

Et sans forcément prétendre à allonger la jambe,
Pour franchir ce bas, à rassembler les neurones,
Faire, que sauter deçi, delà,
-                                A cloche pied,
Marelle,   se rapprocher du ciel
Les mots.             Se bousculent.

Mais s’ils se bousculent,
S’ils se brouillent aussi,
Quelquefois
C’est un regard, qui éclaircit au fur et à mesure.
Enfin,….       jusqu’où peut-il porter…  ?
En matière  d’équilibre.

Ce n’est pas une pièce qui manque,
Sur le parcours,
Mais, dans le chemin flou,
-         Toutes celles qui manquent
Et ,              à cloche pied, toujours,
Les trous de de conscience,

Comme trous de confiance,
Et comment se poursuit le chemin,
Bardé de barricades
Imaginaires peut-être,
Au pied d’un immeuble revêche,
Dressé au cercle du silence.

A faire des comptes à rebours,
J’ imagine un paysage serein,
Baigné de lumière
Mais je ne perçois
Que l’horizon brumeux,
Où se perdent les origines.

Et les directions.

RC  -  12 mai 2013

-

Miguel Veyrat – Cartes et épaves


ancienne carte maritime            région de Hyères

Cartes et épaves

Et si vous dessinez une carte de votre propre
corps, sentez comment elle s’intègre
avec l’univers de votre mot. Et aussi
les îles s’obtiendront
seulement par des fleuves de sang
qui ont inondé les forêts, les prairies
et les cieux.         La proue toujours
dans l’inconnu que vous dirigez
sans avoir besoin  de sextant

ou autres instruments.


Mais aucun retour, le capitaine.

Les statues ne seront jamais
de sitôt de retour vers la scène
ou les plages, dans la mesure
progresse, étrangement éclairé,
le mot sur ​​le corps
à la lumière de la raison ,qui n’est pas détruite.
Mais qui sait? Presque personne maintenant

ne sait ensuite
relier  les  épaves  ensemble.

Mapas y pecios

Y si trazas el mapa de tu propio
cuerpo, sentirás cómo coincide
con el universo de tu palabra. Y también
que a las ínsulas se llega
solamente por los ríos de la sangre
que anega las selvas, las praderas
y los cielos. Proa siempre
hacia lo incierto que tú configuras
sin precisar de sextante ni instrumentos.
Pero no hay regreso, capitán. Atrás
quedan las estatuas que nunca
o pronto volverán a la arena
por las playas -en la medida
que progrese, extrañamente encendida,
la palabra sobre el cuerpo
en la luz de la razón que no naufraga.
Mas ¿quién podrá saberlo? Casi nadie ahora
junta pecios para después leerlos

-

 

Le monde selon Herodote.  Doc Telerama

Le monde selon Herodote. Doc Telerama

Irène Assiba d’Almeida – Ici et les ailleurs du monde ( africulture )


Ici et les ailleurs du monde

Lorsque tu auras parcouru

Tous les ailleurs du monde

Tu découvriras que le meilleur ailleurs

Est encore ici

A la fois appauvri

Et plein de richesses

Ta terre, latérite rouge

Toujours en grossesse

Où naissent les Bouts de bois de Dieu

Ta terre, latérite rouge

Toujours en grossesse

Où poussent les augustes baobabs

Ta terre, latérite rouge

Toujours en grossesse

Où reposent les ancêtres protecteurs

Ta terre, latérite rouge

Toujours en grossesse

Où bat ton cœur-soleil

Où vit ton âme-ébène

Où tes pieds connaissent les sentiers

Le meilleur des ailleurs

Est encore ici

A la fois appauvri

Et plein de richesses

Ta terre, latérite rouge

Toujours en grossesse

Et tu songeras

Qu’au fil du temps

On devient plus profondément

Ce que l’on est

Au fil du temps

On devient plus profondément

Ce que l’on est

Et tu comprendras enfin

Que le mot "racines"

Est loin très loin

D’être un *canari percé.

*canari : Afrique : récipient en terre cuite dans lequel on conserve ou transporte des liquides.

 

-

visible  sur le site africultures.com

-

Sur ton visage marqué de rides (RC )


 

 

 

Photo documentary Educational resources

-

 

Sur ton visage marqué de rides
Et de la vie, le voyage,

L’ombre parle aux années,
Les larmes perlent tes joues

Je cherche l’abri de ton regard,
Et la cascade de tes cheveux

Au delà du temps, et des saisons,
Comme les feuilles parlent aux arbres

De naissance, de joie, de sécheresse
De renoncements..  et de renouveau..

-

RC – 15 mai  2013

-

Claude Esteban – Mémoire


art: Joseph Beuys:  costume  de feutre

art:          Joseph Beuys:             costume de feutre

 

 

 

 

 

 

Mémoire

Non, la mémoire ne se résume nullement à la somme des choses mortes entassées

dans la tête. Elle est tapie au creux d’une odeur, d’une feuille froissée par la pluie, d’un

murmure. Et que l’on fasse taire en soi le bruissement de la pensée; qu’on s’arrache à

ce théâtre de mauvais rêves, le paysage se recompose, les formes s’animent, les

couleurs recommencent à vibrer. Rien ne bouge pour celui qui se détourne, tout

s’éveille au-devant de celui qui reste à l’écoute et il ne craint plus. On cherche à

l’endroit d’une ancienne blessure, et c’est à peine si la peau tressaille. Et c’est à

présent l’immobile qui devient une fiction, et cette lassitude d’avoir tant vécu

comme une invitation à poursuivre encore.


Claude Esteban

in  » La mort à distance «

Paul Vincensini – D’herbe noire


photo: Lucien Clergue                Camargue secrète

D’herbe noire

J’avais cueilli des fleurs pour traverser la mer
Mais j’ai dormi près de l’étang
Au milieu des chevaux
Et l’amour emprisonne mon bouquet d’herbe noire
Je suis maintenant étendu sur le sable
Je ne pars plus
Je suis un petit aveugle
Et j’ai tout un coucher de soleil sur les jambes.

-

Les horizons encore, derrière (RC)


peinture: Erich Heckel:        chevaux blancs        1912

Il y a tant  d’horizons encore, derrière la tombe du silence,
Tu peux partir blessée, à déchirer la lune
Et l’image de l’aimé,
T’enfoncer dans les ornières,        et t’égarer en chemin
Les oiseaux de passage, – ils ne te prennent pas ta voix,
Mais de la leur,                      te montrent, au petit matin,
Le jour naissant,                     dans ses habits de rosée,
Et la voie, un chemin ténu
Qui finit bien,                                                      un jour

Par sortir de l’hiver

 

-

RC –   30 avril 2013

voir le blog de phedrienne:

-

Olivier Bourdelier – Les jours


101-IMG_8261
photo Yannick LeGoff
-
Les jours sont courts
j’ai mis dedans
ce que j’ai pu de joie
 
les jours rallongent ma bouche
les traits de mon visage tombent
mes amis ont marché pendant que je dormais
 
les jours sont courts
oh mets dedans
ce que tu peux de joie.
-
-

Serge Mathurin Thebault – Dialogue


peinture:           Eugène  Isabey:        baie de St-Enogat

Le rocher n’a pas son  pareil   pour dialoguer avec l’océan

Cela se fait sans mots

Cela se fait   après une lente étude   de la caresse.

-

 

Serge Mathurin THEBAULT

 

- l’auteur nous fait part  également  de son site, ici

 

-

Le principe de la marche ( RC )


photo:         auteur non identifié,                 voir blog

-

Le principe de la marche,

Un pas devant l’autre,

Déséquilibre mouvant

Jalouse les volutes fantasques

Des mouches autour de la lampe

Comme ne pas de tracer des lignes droites.

 

Ou bien on ne comprend pas

Leur but, autre que de faire vrombir

Les ailes, se maintenir en suspension

Dans une pièce cathédrale,remplie d’échos.

 

Le principe de la marche,

Aligner ses pas, identiques,

Oui, bien sûr -à suivre une direction-

- Aller vers – le but affirmé,

dans les traces renouvelées, de sentiers explorés.

 

Mais les obstacles même, ignorés par la carte

Les reliefs empâtés, les failles tragiques

S’ouvrant sous les pieds,

La fin brutale du plateau – suspendu,

Rages et rumeurs géologiques.

 

La volonté s’arrête

Autant qu’on ôterait les ailes

- de l’insecte -

Soumise aux volutes des vents,

-         Et,     on s’étonne de ne pas marcher droit.

- Et vers quel destin ?

-

 

RC  – 2 mai 2013

-

Colette Peignot (Laure ) – d’où viens-tu ?


 

peinture  – Ferdinand  Hodler       Dents-du-Midi- dans les nuages  (Jungfrau )

 

D’où viens-tu avec ton cœur

déchiré aux ronces du chemin.

Les mains calleuses de casseur de pierre

et ta tête gonflée comme une

outre piquée ?

.

Nous sommes ceux qui crient dans le désert

qui hurlent à la lune.

.

    Je le sens bien maintenant : « mon devoir m’est remis. » Mais

lequel exactement ? 

    C’est parfois si lourd et si dur que je voudrais courir dans la

Campagne.

    Nager dans la rivière

    oublier tout ce qui fut, oublier l’enfance sordide et timorée.

Le vendredi saint, le mercredi des cendres.

    l’enfance toute endeuillée à odeur de crêpe et de naphtaline

L’adolescence hâve et tourmentée.

Les mains d’anémiée.

Oublier le sublime et l’infâme

Les gestes hiératiques

Les grimaces démoniaques.

    Oublier

    Tout élan falsifié

    Tout espoir étouffé

    Ce goût de cendre

    Oublier qu’à vouloir tout

    on ne peut rien

    Vivre enfin

    « Ni tourmentante

    Ni tourmentée »

    Remonter le cours des fleuves

    Retrouver les sources des montagnes

    les femmes les vrais hommes travailleurs

    qui enfantent

    moissonnant

    M’étendre dans les prairies

    Quitter ce climat

    Ses dunes, ses landes sablonneuses, cette grisaille et

    ses déserts artificiels,

    Ce désespoir dont on fait vertu,

    Ce désespoir qui se boit

    se sirote à la terrasse des cafés

    s’édite… et ne demanderait qu’à nourrir très bien son homme

    Vivre enfin

    Sans s’accuser

    ni se justifier

    Victime

    ou coupable

    comment dire ?

    Un tremblement de terre m’a dévastée

.

    On t’a mordu l’âme

    Enfant !

    Et ces cris et ces plaintes

    Et cette faiblesse native

    Oui –

    Et s’ils ont vu mes larmes

    Que ma tête s’enfonce

    jusqu’à toucher

    le bois

    et la terre

 

 

LAURE (Colette Peignot)

photographie -             Garry Winogrand -         El Morocco, 1955

-

 

Ravages ( RC )


 

 

 

photo – tempête cyclone – auteur non identifié

-

Les mots de maudits,
L’écho des taudis,

Les eaux qui ravagent
Les maux qui divaguent

L’éclos des rivages
L’enclos des partages

Le flot de ta page
Le seau des orages

Au grand saut de la vie
Pèle-mêle et non-dits,

Déborde et envahit,
Rivière sortie de son lit

De tes yeux, nagent,  et puis
Tes larmes  et tes cris

-

RC  – mai – 2013

 

-

Renée Vivien – Cri


photo Yannick LeGoff- de la collection du musée des Arts Premiers

photo Yannick LeGoff-              de la collection du musée des Arts Premiers

-

Cri

 

-

Tes yeux bleus, à travers leurs paupières mi-closes,
Recèlent la lueur des vagues trahisons.
Le souffle violent et fourbe de ces roses
M’enivre comme un vin où dorment les poisons…

Vers l’heure où follement dansent les lucioles,
L’heure où brille à nos yeux le désir du moment,
Tu me redis en vain les flatteuses paroles…
Je te hais et je t’aime abominablement.

____________

 

(Études et préludes, 1901)

-

 

Jean-Marie Kerwich – le chiffonnier des mots


montage  perso  à partir  de peintures

 

 

 

- montage  perso à partir  de peintures

 

Le chiffonnier des mots

Je n’écrirai plus. Je réapprendrai à ne pas savoir écrire. Cette vie d’écriture ne fait pas partie de ma condition de nomade. Je ne suis pas fait pour la lit­térature. Je suis de la race des arbres, je crie avec le tonnerre quand il s’annonce. Je ne suis qu’un vaga­bond, un chiffonnier des mots qui ramasse des pen­sées enguenillées au bord du chemin de son âme. C’étaient les fleurs sauvages, les feuilles mortes, la pluie, le vent, les ronces et les arbres qui me deman­daient de parler de leur vie. C’était une décision divine. Quand je rallumais mon feu de bois et me promenais dans des sentiers inconnus j’avais enfin appris à lire et à écrire. L’écriture était la roulotte où je vivais, mes poèmes étaient mes chevaux, mes pensées mes petites gitanes. Mais maintenant je dois retrouver ma vie nomade. Il est temps d’atteler mon coeur et de partir.

auteur  découvert  grâce au blog  littéraire  d’oceania…

 

Va et vient de la terre, toujours recomposée (RC)


lave volcan d’Hawaï… photo futura sciences

-

 

Aux côtés du lisse,

La faille qu’on n’attend pas

Il n’y a d’infini

Que le va-et-vient

 

De la terre toujours recomposée

Et du cycle des saisons,

-      Notre passage –

Entre sources et nuages.

(inspiré par François Cheng)

-

RC       3 mai 2013

José Emilio Pacheco – mer éternelle


peinture: Eugène Boudin

 

 

Mer éternelle
.
Nous disons que la mer n’a pas de commencement
Elle commence là où tu la rencontres pour la première fois
Et vient de tous côtés à ta rencontre.

 

-

%d bloggers like this: