Philippe Jaccottet – L’effraie
L’effraie
La nuit est une grande cité endormie
où le vent souffle… Il est venu de loin jusqu’à
l’asile de ce lit. C’est la minuit de juin.
Tu dors, on m’a mené sur ces bords infinis,
le vent secoue le noisetier. Vient cet appel
qui se rapproche et se retire, on jurerait
une lueur fuyant à travers bois, ou bien
les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.
(
Cet appel dans la nuit d’été, combien de choses
j’en pourrais dire, et de tes yeux…) Mais ce n’est que
l’oiseau nommé l’effraie qui nous appelle au fond
de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur
est celle de la pourriture au petit jour,
déjà sous notre peau si chaude perce l’os,
tandis que sombrent les étoiles au coin des rues.
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(L’Effraie, éd. Gallimard, 1953)
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Te voilà en train de toucher un point sensible.
07/03/2012 à 21 h 54 min
l’effraie
"le tchot"
le choc
des fricatives
rayant
le plancher
du grenier
la chouette
cette horloge
à plumes
comme écrivait
je-ne sais-plus-qui
mais je vais chercher
le passage
dans les murs
où réside
le trésor
des citations
chuchotées
07/10/2012 à 3 h 38 min
"Le hibou n’est qu’une horloge à plumes,
avec deux cadrans à secondes et une seule aiguille, la petite.
Il marque toujours six heures. Il se moque, je le sais.
Pourtant il est minuit moins le quart et demain, peut-être, on aura crevé le soleil."
Pierre Della Faille
07/10/2012 à 3 h 44 min