voir l'art autrement – en relation avec les textes

citation courte

Claude Debussy – Voir le jour se lever


dessin perso: Musée d'Art de Bâle  - Suisse

dessin perso ——-d’après une oeuvre de Meister von Stierentz   : Musée d’Art de Bâle – Suisse    mars 2013

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Une citation paradoxale, pour quelqu’un d’aussi fin musicalement  que  Claude Debussy:

"Voir le jour  se lever est plus utile que d’entendre la Symphonie pastorale. "

Mais ( outre la notion  d"utilité", qui pourrait se discuter, et savoir  qu’est-ce  que l’auteur entendait par là ) …  le fait de ressentir des émotions  dans le monde "en direct", sans être lié au monde de la création,  et notamment  du domaine  auquel on appartient…

- peut-être aussi parce que l’oeuvre citée fait partie d’une culture "classique", donc, du passé…

jour

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Jean Genet – Giacometti


«Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible,

que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde

pour une solitude temporaire mais profonde. »
(Jean Genet, L’atelier d’Alberto Giacometti)

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voir aussi mon récent post à propos du grand sculpteur…

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Miguel Veyrat – Sans le souvenir du passé


Sans le souvenir du passé, notre avenir restera dans la boue.    ( réflexion du matin)
REFLEXIONES MATINALES.
Sin la memoria del pasado nuestro futuro seguirá en el lodo.
Without memory of the past, our future will remain in the mud.         ( Morning thought)

M Veyrat

peinture: Suzana  Obrecht..  Daphne

peinture:   Suzana Obrecht..                Daphne  1986


Christian Bobin – un peintre


peinture: Rembrandt:  mère de l'artiste, lisant

peinture: Rembrandt: mère de l’artiste, lisant

« Un peintre c’est quelqu’un

qui essuie  la vitre

entre le monde et nous

avec de la lumière,

avec un chiffon de lumière

imbibé de silence.  »

 

extrait  de  "l’inespérée."


Roberto Juarroz – Acrobates sur un bord nu


photo        julievmarshall

 

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Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis.

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R  J


Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )


photo Phillip Stearns :           Hadar_Solar_Acacia

 

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Fleurs  d’acacia -
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit

Setsuko Shimizu

publiée  dans la lettre  du haïku  n°59


J.William Turner, Three Seascapes ( avec F Garcia Lorca & Virginia Woolf)


Peinture: William Turner

J. M. W. Turner, Three Seascapes, c. 1827  ( très belle  peinture  (  et très peu connue)

" je veux vivre sans me voir  "

"I want to live without seeing myself."

—  Federico García Lorca, from “Song of the Barren Orange Tree,”

"Je ressens toutes les ombres  de l’univers, multipliées au plus profond de ma peau"‘   trad  RC

"I feel all shadows of the universe multiplied deep inside my skin."

—  Virginia Woolf, from a diary entry dated 5 November 1931

(via fuckyeahvirginiawoolf)

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Monique Lévesque – été ( haïku )


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Monique Lévesque     (Baie-Comeau, Québec)

 

photo        Clitie Garretson

 

 

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Été :

 
midi sur les arbres
une estampe de feuille
au sol

extrait de la revue  du haïku,  n°29

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Emily Dickinson – moment critique


peinture:    Euan Uglow

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-C’était le moment critique.

Tout au long jusqu’alors

Avait eu lieu un temps atone, un temps muet…

Alors la seconde hésita, stoppa, frappa son dernier coup.

Une autre avait commencé

Et simultanément une âme

Etait partie sans qu’on la vît.

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E D

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Marina Tsvetaïeva – les poèmes non écrits


photo: katia chausheva

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" Je ne regrette pas – les poèmes non écrits!
Le bruit des roues et les amandes grillées
me sont plus chers que tous les quatrains"
(Cycle de "l’Amie", 13 mars 1915)
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Catherine Pozzi – un seul signe de l’univers


mouette de Vancouver -    montage perso

Un seul signe de l’univers
Ne passe le seuil de la vie
Mais il n’existe pas de vie
Qui n’ait reçu mille univers.

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Catherine Pozzi,    Très haut amour

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peinture: d’après une peinture de Van Gogh, les Alpilles et champ d’oliviers, aquarelle perso


frémissent les mots irisés

Reblogué depuis Tikopia, l'île aux images:

La main caresse le tableau
frémissent les mots irisés
la joie surprend alors le poète
juste avant l’effacement.

(journal des mots n° 114 / 6 août)

[caption id="attachment_5678" align="alignleft" width="623"] peinture                 Hans Hartung;         1966[/caption]

Fernando d’Almeida – l’amont des rencontres


 

 

photo: carte postale Jar-like Construction

 

Ici où le jour écorche
L’amont des rencontres
Le termps s’oriente vers
La pensée parlée
A chaque saignée du matin


Orhan Pamuk – peinture, vision, souvenirs


 

peinture:                           Georges de La Tour:                   Marie Madeleine à la veilleuse, vers 1640

 

 

 

« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu

Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit »

 

 

                               Orhan Pamuk

 

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Miguel Veyrat – J’ouvre les yeux et meurs


photo: Helen Levitt

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J’ouvre les yeux et meurs,
mémoire réchappée d’un autre exil
qui parcourt la peur.
Peut-être un dieu atterré
comme l’enfant qui me regarde —vie perdue.

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extrait  du "vide du ciel "   2003

 

 

–  que M Veyrat a complété  avec:

 

Et d’ouvrir nos yeux qui disent :

bloquer les racines plutôt que de croiser

la bouche des élèves alors qu’ils reviennent de la plage

et de les  laisser : déployer au retour  entre actes prétendants et agressions  ,

que nous luttons contre les ombres des scénarios : Cuacuacuacuacuá.

 

Grimper avec Hamlet et les compagnons de la chance,   à travers la forêt et au lever du soleil -

une tempête d’appels et de questions au sujet de son avant-dernière évasion :

pour y revenir et re-penser  – .
Nous  descendons sans épée , en montrant des bouquets d’orties, de violettes et de motifs entre les bras d’Ophélie : l’expérience.

Point de senteur.

 

(M. V. du livre « La voix des poètes, Calima 2002 »)

 

 

Y AL ABRIR los ojos digo:
Se traban más las raíces
que cruzan
de la boca a las pupilas
mientras vienen oscilan
y se marchan:
Regresan
aparentando escenarios
desplegados
entre actos y en asaltos
que luchamos con las sombras:
Cuacuacuacuacuá.
Yo con Hamlet y con Lucky
compañeros
hasta trepar por el bosque
y dar la cara al sol
—tormenta
de llamadas y preguntas
en su penúltima fuga:
Para-atrás-para
-vuelve-piensa.
Bajaremos sin espadas
mostrando
ramos de ortigas
de violetas y razones
entre los brazos de Ofelia:
La experiencia. Punto de aroma.

(M. V. del libro "La Voz de los Poetas, Calima 2002)

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Claude Roy – le vent dans la steppe du ciel


peinture: Variation par Arman,            sur le motif du ciel étoilé de V Van Gogh

  "  Je te dirai :
Regarde là-bas il y a une étoile qui tremble
comme s’il faisait grand vent
dans la steppe du ciel"
(Claude Roy )

Eugénio de Andrade – J’entends courir la nuit


Eugénio Andrade – J’entends courir la nuit

J’entends courir la nuit par les sillons

Du visage – on dirait qu’elle m’appelle,

Que soudain elle me caresse,

Moi, qui ne sais même pas encore

Comment assembler les syllabes du silence

Et sur elles m’endormir.

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Bruno Hulin – poisson gobe-lune


 

 

Au fond d’un bassin
un poisson nonchalant gobe
l’image de la lune


Jean-Baptiste Tati-Loutard – la vie poétique


appuie-tête antilope, du Mozambique

 

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deux  extraits  de la "vie poétique",  de Jean-Baptiste Tati-Loutard , (auteur congolais)

 

provenant de  (L’envers du soleil, Paris, L’Harmattan, 1978, p. 63-67)

 

XX

Ce que l’homme dit en poésie lui paraît aussi évident que
ce qu’il dit en prose ; la poésie tire avantage du heurt de
ces deux évidences.

XXVII
La poésie ressemble à la mort : elle vous atteint n’importe
où et n’importe quand ; elle frappe souvent au lit et sur la
route : lieux où guette aussi la mort.

 

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Marc Le Gros – un coup de hache dans la résine têtue de l’enfance


la neige blanche a mangé la pomme - photo du net transformée par mes soins

Les  "notes  de lecture"  de Jacques Josse, nous font parvenir des extraits  qui "sonnent" poétiquement corrects ( si on peut dire..).

Ici,  le compte rendu d’un ouvrage  de Marc Le Gros "la main de neige"

« Le temps n’est rien, un coup de hache, parfois,
Dans la résine têtue de l’enfance,
Des remontées d’odeurs
Un peu de soleil sur la peau,
Un chemin creux. »
—-
« En général on s’arrange
Pour mourir un peu chaque jour,
C’est toujours ça de pris. »
—-
The time is nothing, an ax blow,, sometimes,
In the resin obstinated of  childness,
Upwelling of smells
A little sunshine on the skin,
A sunken lane. "
-
"Usually one manages
To die a little,  every day,
It is always little bit counts.
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Marc Chagall- couleurs de la vie


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Le peintre Marc Chagall, s’exprime ( à travers  la peinture, et son attitude, de façon positive…

peinture: Marc Chagall ----------- The Sabbath 1910

Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.

- Marc Chagall

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Rabah Belamri – Poésie mise à nu


Rabah Belamri, dont j’ai cité plusieurs  passages  de son émouvant recueil,  "l’Olivier  boit son ombre",  rend  hommage  à un autre  auteur algérien; Abdelmadjid Kaouah
C’est une poésie de la mise à nu,
vibrante de douleur, de refus, de désir
et d’espoir.
Chaque poète a néanmoins élaboré
son propre langage
pour saper l’ordre de la mutilation
et nommer les horizons possibles.
Nous sommes dans « le verbe en chaleur».
Rabah BELAMRI

les  extraits publiés:  A    B   C   D   E


Shitao – l’image entraîne la plongée dans l’autre monde


Au sujet  du cinéma  de  Raoul Ruiz,  une analyse approfondie  est visible ici

dont  j’ai  extrait  ce petit paragraphe  où il est question  du voyage  de l’oeil dans le monde de la peinture  ( applicable  aussi  à Bruegel…  ayant vu la présentation du film  récent  qui lui est consacré)  voir le post sur si-peu-de-nous

( où on retrouve  François Cheng,  déja mentionné  dans  trois  de mes  posts)…

Suivre  l’empreinte  de l’oiseau   , du poisson

partie  A,         partie  B              et  "le vide"

—-

L’exemple fourni par Ruiz des préceptes du peintre Shi-T’ao l’illustre bien : « Nous pénétrons la peinture.

La pluralité des événements devient un tout organique auquel nos yeux et nous-mêmes appartenons. »

C’est ainsi que l’image entraîne la plongée dans l’autre monde, devient à la fois lieu de passage et milieu de rencontre, suggérant une proximité avec la médiation traditionnelle fondée sur
la transmission orale.

La spectature est dès lors perçue comme un rituel, une cérémonie…


Marguerite Duras – L’écrit vient d’ailleurs


peinture; Pablo Picasso : la muse 1935

 

 

 

 

 

L’écrit vient d’ailleurs, d’une autre région que celle de la parole orale. C’est une parole d’une autre personne qui elle ne parle pas".

 

 

 

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Marguerite Duras.