Claude Debussy – Voir le jour se lever

dessin perso ——-d’après une oeuvre de Meister von Stierentz : Musée d’Art de Bâle – Suisse mars 2013
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Une citation paradoxale, pour quelqu’un d’aussi fin musicalement que Claude Debussy:
"Voir le jour se lever est plus utile que d’entendre la Symphonie pastorale. "
Mais ( outre la notion d"utilité", qui pourrait se discuter, et savoir qu’est-ce que l’auteur entendait par là ) … le fait de ressentir des émotions dans le monde "en direct", sans être lié au monde de la création, et notamment du domaine auquel on appartient…
- peut-être aussi parce que l’oeuvre citée fait partie d’une culture "classique", donc, du passé…
jour
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Jean Genet – Giacometti
«Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible,
que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde
pour une solitude temporaire mais profonde. »
(Jean Genet, L’atelier d’Alberto Giacometti)
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voir aussi mon récent post à propos du grand sculpteur…
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Miguel Veyrat – Sans le souvenir du passé
Sans le souvenir du passé, notre avenir restera dans la boue. ( réflexion du matin)
REFLEXIONES MATINALES.
Sin la memoria del pasado nuestro futuro seguirá en el lodo.
M Veyrat
Christian Bobin – un peintre
« Un peintre c’est quelqu’un
qui essuie la vitre
entre le monde et nous
avec de la lumière,
avec un chiffon de lumière
imbibé de silence. »
extrait de "l’inespérée."
Roberto Juarroz – Acrobates sur un bord nu

photo julievmarshall
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Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis.
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R J
Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )
photo Phillip Stearns : Hadar_Solar_Acacia
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Fleurs d’acacia -
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit
Setsuko Shimizu
J.William Turner, Three Seascapes ( avec F Garcia Lorca & Virginia Woolf)

Peinture: William Turner
J. M. W. Turner, Three Seascapes, c. 1827 ( très belle peinture ( et très peu connue)
" je veux vivre sans me voir "
— Federico García Lorca, from “Song of the Barren Orange Tree,”
"Je ressens toutes les ombres de l’univers, multipliées au plus profond de ma peau"‘ trad RC
— Virginia Woolf, from a diary entry dated 5 November 1931
(via fuckyeahvirginiawoolf)
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Monique Lévesque – été ( haïku )
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Monique Lévesque (Baie-Comeau, Québec)
photo Clitie Garretson
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Été :
midi sur les arbres
une estampe de feuille
au sol
extrait de la revue du haïku, n°29
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Emily Dickinson – moment critique
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-C’était le moment critique.
Tout au long jusqu’alors
Avait eu lieu un temps atone, un temps muet…
Alors la seconde hésita, stoppa, frappa son dernier coup.
Une autre avait commencé
Et simultanément une âme
Etait partie sans qu’on la vît.
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E D
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Marina Tsvetaïeva – les poèmes non écrits
Catherine Pozzi – un seul signe de l’univers
Un seul signe de l’univers
Ne passe le seuil de la vie
Mais il n’existe pas de vie
Qui n’ait reçu mille univers.
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Catherine Pozzi, Très haut amour
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frémissent les mots irisés
Reblogué depuis Tikopia, l'île aux images:
La main caresse le tableau
frémissent les mots irisés
la joie surprend alors le poète
juste avant l’effacement.
(journal des mots n° 114 / 6 août)
Fernando d’Almeida – l’amont des rencontres
Ici où le jour écorche
L’amont des rencontres
Le termps s’oriente vers
La pensée parlée
A chaque saignée du matin
Orhan Pamuk – peinture, vision, souvenirs

peinture: Georges de La Tour: Marie Madeleine à la veilleuse, vers 1640
« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu
Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit »
Orhan Pamuk
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Miguel Veyrat – J’ouvre les yeux et meurs
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J’ouvre les yeux et meurs,
mémoire réchappée d’un autre exil
qui parcourt la peur.
Peut-être un dieu atterré
comme l’enfant qui me regarde —vie perdue.
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extrait du "vide du ciel " 2003
– que M Veyrat a complété avec:
–
Et d’ouvrir nos yeux qui disent :
bloquer les racines plutôt que de croiser
la bouche des élèves alors qu’ils reviennent de la plage
et de les laisser : déployer au retour entre actes prétendants et agressions ,
que nous luttons contre les ombres des scénarios : Cuacuacuacuacuá.
Grimper avec Hamlet et les compagnons de la chance, à travers la forêt et au lever du soleil -
une tempête d’appels et de questions au sujet de son avant-dernière évasion :
pour y revenir et re-penser – .
Nous descendons sans épée , en montrant des bouquets d’orties, de violettes et de motifs entre les bras d’Ophélie : l’expérience.
Point de senteur.
–
(M. V. du livre « La voix des poètes, Calima 2002 »)
—
Se traban más las raíces
que cruzan
de la boca a las pupilas
mientras vienen oscilan
y se marchan:
Regresan
aparentando escenarios
desplegados
entre actos y en asaltos
que luchamos con las sombras:
Cuacuacuacuacuá.
Yo con Hamlet y con Lucky
compañeros
hasta trepar por el bosque
y dar la cara al sol
—tormenta
de llamadas y preguntas
en su penúltima fuga:
Para-atrás-para
-vuelve-piensa.
Bajaremos sin espadas
mostrando
ramos de ortigas
de violetas y razones
entre los brazos de Ofelia:
La experiencia. Punto de aroma.
(M. V. del libro "La Voz de los Poetas, Calima 2002)
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Claude Roy – le vent dans la steppe du ciel

peinture: Variation par Arman, sur le motif du ciel étoilé de V Van Gogh
comme s’il faisait grand vent
dans la steppe du ciel"
Eugénio de Andrade – J’entends courir la nuit
Eugénio Andrade – J’entends courir la nuit
J’entends courir la nuit par les sillons
Du visage – on dirait qu’elle m’appelle,
Que soudain elle me caresse,
Moi, qui ne sais même pas encore
Comment assembler les syllabes du silence
Et sur elles m’endormir.
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Jean-Baptiste Tati-Loutard – la vie poétique
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deux extraits de la "vie poétique", de Jean-Baptiste Tati-Loutard , (auteur congolais)
provenant de (L’envers du soleil, Paris, L’Harmattan, 1978, p. 63-67)
XX
Ce que l’homme dit en poésie lui paraît aussi évident que
ce qu’il dit en prose ; la poésie tire avantage du heurt de
ces deux évidences.
XXVII
La poésie ressemble à la mort : elle vous atteint n’importe
où et n’importe quand ; elle frappe souvent au lit et sur la
route : lieux où guette aussi la mort.
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Marc Le Gros – un coup de hache dans la résine têtue de l’enfance
Les "notes de lecture" de Jacques Josse, nous font parvenir des extraits qui "sonnent" poétiquement corrects ( si on peut dire..).
Ici, le compte rendu d’un ouvrage de Marc Le Gros "la main de neige"
Dans la résine têtue de l’enfance,
Des remontées d’odeurs
Un peu de soleil sur la peau,
Un chemin creux. »
Pour mourir un peu chaque jour,
C’est toujours ça de pris. »
In the resin obstinated of childness,
Upwelling of smells
A little sunshine on the skin,
A sunken lane. "
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"Usually one manages
To die a little, every day,
It is always little bit counts.
Marc Chagall- couleurs de la vie
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Le peintre Marc Chagall, s’exprime ( à travers la peinture, et son attitude, de façon positive…

peinture: Marc Chagall ----------- The Sabbath 1910
Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.
- Marc Chagall
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Rabah Belamri – Poésie mise à nu
Rabah Belamri, dont j’ai cité plusieurs passages de son émouvant recueil, "l’Olivier boit son ombre", rend hommage à un autre auteur algérien; Abdelmadjid Kaouah
C’est une poésie de la mise à nu,
vibrante de douleur, de refus, de désir
et d’espoir.
Chaque poète a néanmoins élaboré
son propre langage
pour saper l’ordre de la mutilation
et nommer les horizons possibles.
Nous sommes dans « le verbe en chaleur».
Rabah BELAMRI
Shitao – l’image entraîne la plongée dans l’autre monde
Au sujet du cinéma de Raoul Ruiz, une analyse approfondie est visible ici
dont j’ai extrait ce petit paragraphe où il est question du voyage de l’oeil dans le monde de la peinture ( applicable aussi à Bruegel… ayant vu la présentation du film récent qui lui est consacré) voir le post sur si-peu-de-nous
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( où on retrouve François Cheng, déja mentionné dans trois de mes posts)…
Suivre l’empreinte de l’oiseau , du poisson
partie A, partie B et "le vide"
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L’exemple fourni par Ruiz des préceptes du peintre Shi-T’ao l’illustre bien : « Nous pénétrons la peinture.
La pluralité des événements devient un tout organique auquel nos yeux et nous-mêmes appartenons. »
C’est ainsi que l’image entraîne la plongée dans l’autre monde, devient à la fois lieu de passage et milieu de rencontre, suggérant une proximité avec la médiation traditionnelle fondée sur
la transmission orale.
La spectature est dès lors perçue comme un rituel, une cérémonie…

Marguerite Duras – L’écrit vient d’ailleurs
L’écrit vient d’ailleurs, d’une autre région que celle de la parole orale. C’est une parole d’une autre personne qui elle ne parle pas".
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Marguerite Duras.























