voir l'art autrement – en relation avec les textes

english translation

Faille dans le corps de la terre ( RC )


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Sous la voûte des tropiques
L’univers a basculé
D’un coup, dans une faille
Ouverte d’un coup
Dans le corps de la terre,
Brisure interne,
Un grand coup de sabre
Qui m’a jeté à terre.

Modifiant tout à coup
La trajectoire des planètes
Le ciel s’est enflé soudain
Du fracas d’une comète
A la verticale de l’été
Pour aller se perdre
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes.

Faut-il tourner son regard
Vers un astre, qui a usurpé
Les couleurs du soleil
Répandu la cendre
Aux lointains de décembre ?
La lumière de l’espoir,
Allonge loin, des ombres
Et s’éloigne, vers le noir.

-

RC – 16 janvier 2013

-

Beneath the vault of the tropics
The world has shifted
Suddenly, in a cleft
Open at once
Into the body of the earth,
Deep internal break
A large saber cut
Threw me to the ground.

Changing suddenly
The path of the planets
The sky  suddenly swelled
With the crash of a comet
A the vertical of the summer
To lose itself
In a dark faraway
Inhabited by tears.

Should turn our looks
To a star, which has usurped
The colors of the sun
Spread the ashes
To the distants of  December?
The light of hope
Extends far, its shadows
And moves away, towards black.

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RC   – 2013   16th Januar

 

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Miguel Veyrat – Sans le souvenir du passé


Sans le souvenir du passé, notre avenir restera dans la boue.    ( réflexion du matin)
REFLEXIONES MATINALES.
Sin la memoria del pasado nuestro futuro seguirá en el lodo.
Without memory of the past, our future will remain in the mud.         ( Morning thought)

M Veyrat

peinture: Suzana  Obrecht..  Daphne

peinture:   Suzana Obrecht..                Daphne  1986


Elle, dans le miroir ( RC )


photo Sciences et Avenir:         lune en croissant se déplaçant

Bascule  doucement l’horizon
Qui s’étire au fil des heures…

Il y a plus haut, une course
Entre deux cercles

L’un s’éteint  d’orange, et l’autre
Monte blanchâtre en son halo

Partie de ping-pong dans les nuages
Et lentement se déplace

Il paraît même  qu’elle me regarde
Le dos à la fenêtre, quand  j’écris

C’est ce que  me dit le miroir
En face

Au dessus du reflet de ma lampe
Quand arrive la nuit

Qui l’enveloppe
Et lui sourit

-

RC -  25 décembre  2012

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Softly Toggles the horizon
Stretching over hours …

There is above, a race
Between two circles

One turns off orange, and the other
Rises whitish in
its halo


A part of ping-pong in the clouds
And slowly moves

It even seems to me that it looks at me
Back to the window, when I’m writing

That is what the mirror tells me
in front of me

Above the reflection of my lamp
When the night comes

Which envelopes it
And smiled at it.

 

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Federico Garcia-Lorca – chanson de l’oranger stérile


peinture          Gisele Gautreau

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Bûcheron.

Coupe moi de mon ombre,

Libère-moi du tourment

de me voir sans fruit.

Pourquoi suis-je né parmi les miroirs?

La journée fait des cercles autour de moi,

et la nuit me copie

dans toutes ses étoiles.

Je veux vivre sans me voir.

Et je vais rêver que les fourmis

et des bavures des chardons sont

mes feuilles et mes oiseaux.

– traduit de la version anglaise suivante par RC:

Song of the Barren Orange Tree

Woodcutter.

Cut my shadow from me.

Free me from the torment

of seeing myself without fruit.

Why was I born among mirrors?

The day walks in circles around me,

and the night copies me

in all its stars.

I want to live without seeing myself.

And I will dream that ants

and thistle burrs are my

leaves and my birds.

Woodcutter.

Cut my shadow from me.

Free me from the torment

of seeing myself without fruit.

"Song of the Barren Orange Tree"

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Claude Roy – Pour L


peinture: Alberto Giacometti – l’atelier

POUR L.

Une pensée sans mot   pensée sur la pointe des pieds
entre sourire d’amitié   caresse inachevée   silence heureux
A peine l’éclair vif d’une truite au torrent
La trace s’effaçant d’une étoile filante
ou l’esquisse du chant d’un oiseau très petit

Une pensée de toi m’a effleuré
en chuchotant      Je ne fais que passer

C’était ta voix
ta voix de vent léger sur les dunes de pin
la mer qui souffle bas sous une lune pâle
voix de pieds nus   de feu de bois de citronnelle
de la mousse d’écume aux crêtes de la vague

ta voix traverse-temps qui tisse mon espace

FOR L.

Thought without word, a thought on tiptoes
between smile of friendship  unfinished stroke,  happysilent
Hardly bright flash of a trout stream in
Erasing the trace of a shooting star
or the outline of the song of of a  very small bird

A thought of you touched me
whispering       I’m just passing through

It was your voice
your voice of light wind  upon pine dunes
sea ​​blowing down   under a pale moon
voice of  barefoot   wooden  lemongrass fire
foam to foam crests of the wave

your voice weaves through time-my space

Claude Roy (Le Haut-Bout, vendredi 1er janvier 1993
Herbes au vent, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard


Sphère – bulle – cellule ( RC )



Il y a sans doute un au-delà,
Que je ne connais pas,
Si je dépasse les  frontières
De ma propre sphère

Mais pourrais-je un jour pointer mon nez
On dirait que je suis  condamné
De naissance , s’il me fallait visiter
Une petite partie de l’immensité .

Le regard  opaque  et veuf
Je reste recroquevillé , encore dans cet oeuf
Qui me nourrit, mais me happe
Mais  m’interdit , que je m’échappe,

Et qu’enfin, je décolle
Hors de la membrane molle
A faire de la naissance
Voyage en  reconnaissance.

Sorti de ma coquille
Faudra q’mes yeux se dessillent
Qu’aux dangers nombreux, je m’habitue
Et que je fasse face, sans  qu’on me tue.

Selon les pointillés, je vais découper
Mon épaisse peau, – faut pas se louper -
Pour respirer un peu, l’air du dehors
Risquant peut-être une prochaine mort.

La cage est trop étroite,j’aimerais tant savoir
Si j’peux m’échapper, un tant soit peu du noir
Découvrir une terre, plus hospitalière,
Et s’il existe ailleurs, un peu de lumière…

J’envie les serpents, quand ils changent de peau
Changeant de costume, pour se faire plus beaux,
Ils bousculent l’avatar, oublient leurs cauchemars
Et l’enveloppe  ancienne , qu’ils  laissent à l’écart.

Moi , je suis collé,             dans cette cellule
Que connaissent aussi,tous les enfants bulle
Je ne peux rien faire, pieds et poings liés
Me voila englué, éternellement  prisonnier…

RC  -  22 juin 2012

 

Sphere – bubble – cell (RC)

There is no doubt, somewhere a beyond,
I do not know,
If I exceed the borders
From my own sphere

But ,one day could I point my nose
It seems I’m doomed
From the birth, if I had to visit
A small part of immensity.

The look opaque and widowed
I still curled up, still in the egg
Who feeds me, but  grabs me
But forbids me, that I escape,

And finally, I take off
Out of the soft membrane
To make , with the birth
A travel in recognition.

Out of my shell
My eyes  will be opened
As many dangers, I’m getting used
And I do face, without anyone killing me.

Along the dotted line, I’ll split
My thick skin – should not miss -
For a breath, the outside air
Risking may be an upcoming death.

The cage is too narrow, I would like to know
If I can get away, a little bit out of the black
Discover a land more hospitable,
And if there is somewhere, a little light ,too…

I envy snakes, when they change their skin
Changing her costume, to make them more beautiful,
They upset the avatar, forget their nightmares
And the old enclosure, they leave apart.

I’m stuck in this cell
All bubble children are knowing
I can not do anything,hand and feet bound ed
Here I am stuck,       forever prisoner …

RC – June 22, 2012

peinture: Salvador Dali   : l’enfant géopolitique attendant la naissance de l’homme nouveau –   1943


Contrebasse, les échos de Mingus ( RC )


photo: Charles Mingus

Sur la scène improvisée
A même la rue, clarinette et cuivres
Central Park
Et l’écho de Mingus
Des fables de Faubus

La musique dévoile sa transe interne
son sanglot pincé
ses originelles, du chant frotté
Les cordes pincées

En cherchant une langue
Au-delà de la voix seule
Et de l’écho de bois
La contrebasse, et son volume,
La grand-mère, comme ils disent
Délivre sa mémoire du jazz

Sur ce qui vibre  de l’histoire des hommes
L’indicible et les sons feulés
Parfois baleines du chant
Parfois rythme pesant, des pas fatigués
Walking bass, à travers les rues de Chicago
Tout un monde,

Le passé, pas si éloigné
Ségrégation, et mémoires
De l’immigration forcée
En champs de coton
Main d’œuvre bon marché

Mais pourtant le chant
Du passage du blues
A travers toi

RC  22- juin 2012

 

voir  aussi l’article  " gouttes  de son"

On the improvised stage
In the rough street, clarinet and brass
Central Park
And the echo of Mingus
Fables of Faubus

The music reveals his internal trance
pinched her sob
its original, song rubbed
The plucked strings

Seeking a language
Over and above the solo voice
And the echo of wood
Bass, and its volume,
The grandmother, as they say
Delivers her memory of jazz

That vibrates at the history of mankind
The unspeakable and growled sounds
As sometimes whales were singing
Sometimes rhythm heavy, walking tired
Walking bass, through the streets of Chicago
A whole world,

The past, not so far
Segregation, and memories
Of forced migration
In cotton fields
Cheap labor

But still singing
The passage of the blues
Through you

-


Sous la surface des choses (RC)


travail d’élève de 6è de collège:           monde sous marin

-

S’il faut voir les poissons  de plus près,
et  s’immerger sous la surface des choses
j’endosse la combinaison de plongée
L’attirail du scaphandrier
Et je me laisse aller à des distances obscures
Et ne plus penser à l’air,qui d’habitude,
gonfle mes poumons…

Je suis un ludion suspendu en eaux
Frôlé par des bancs de poissons qui errent
Caressé par des méduses avides d’un pays,
Celui du dessus, qui ne leur est pas permis
Comme ne m’est plus permis la lumière du soleil
Si faible sous les tonnes de liquide en mouvement.
C’est, franchi la frontière agitée des vagues,
Un domaine  réservé, que tâter du pied, ne peut suffire
Et qui m’englobe, et qui m’avale
Comme  toutes les certitudes de plancher sec…

Et les seiches me prêtent leur encre marine
Pour que j’écrive la mémoire des abysses,
Le vrombissemnt silencieux du passage des orques
Les étranges lanternes des baudroies
Et le dédale  de couleurs des coraux et anémones
Qui dansent avec les courants chauds
Avec à peine le souvenir de l’homme
Et une épave oblique, aux hublots sertis
De coquilles et de rouille, avec son échelle
Accrochée au bastingage de l’inutile.

RC     – 17 juin  2012

-

 

If we have to see the fishes closer
and to immerse ourselves under the surface of things
I put on the wetsuit
The paraphernalia of the diver
And I let myself go  to obscure distances
And think no more at the air, which usually
fill my lungs …

I am a ludion suspended in waters
Tickled by shoals of fish that roam
Caressed by jellyfishes, eager for a country ,
One above, which they are not allowed
As I am no longer allowed for sunlight
So low, beneath   tons of moving liquid.
That is, across the border turbulent waves,
A reserved area, where the feeling of feet wouldn’t be enough
And that includes me, and swallows me
Like all the certainties of dry floor …

And cuttlefish lend me their naval ink
Writing for   the memory of the abyss,
The silent vrombissemnt  of   orcas passing
The strange lanterns of monkfish
And the maze of colorful corals and anemones
Dancing with the warm currents
With just the memory of man
And an oblique wreck, portholes with crimped
Shells and rust, with its scale
Hanging on the railing of the useless.

 

-


Nicolas de Staël (RC)


peinture; N De Staël :              le grand concert    1955    (avant le suicide  de l’artiste)

Face au grand mur de la douleur,                           Nicolas de Staël
A accompagné dans leur vol, les oiseaux , à toutes profondeurs.
Face au mur de la vie, si le bleu le noir et le blanc ne s’épousent pas.
C’est par un cri de couleur que tu as plongé dans le                     vide.

Peut -être pour retrouver l’espace des grands a-plats
Le reproche de l’ombre et            le tragique  du rouge

Il fait nuit sur  ton corps, qui n’a pas suivi celui des oiseaux
Il fait nuit sur ta vie,                        qui nous disait l’inverse,
L’éclat d’un citron, d’un vase, et les rythmes des voiliers
Posés d’aplomb sur les surfaces         peintes au couteau.

Mais si tu es gisant, brisé au pied des rochers
La musique des teintes, nous invite, symphonie

Où jouent les masses         dressées sur l’écarlate
L’ombre du piano noir, l’ocre de la contrebasse
A ton grand  concert,        la neige des partitions
Des musiciens absents, à écouter les couleurs.

RC   25 mai 2012

- – voir  aussi  "le pinceau de la ville"

Faced with the great wall of pain, Nicolas de Staël
Accompanied in their flight, the birds, at any depth.
Facing the wall of life, if the blue black and white does’nt embrace.
This is a cry of color that wherefrom you plunged in the vacuum.

Perhaps to find space for a large flat-painted surfaces
The reproach of the shadow ,   the tragic of red

It’s dark on your body, which did not follow the birds
It is night of your life, who said the opposite,
The splendor of a lemon, a vase, and the rhythms of sailboats
Placed squarely on the painted surfaces with the painting knife.

But if you’re lying, broken at the foot of the rocks
Music of colors, invites us,          symphony

Where the masses are standing on the scarlet
The shadow piano black, the ocher  of the double bass
To your great concert, the snow of music sheet s
Absent with musicians,            listening  to the colors.

-

voir  aussi  cet  article  dont  je fais  référence  dans   rechab-art-encore

———–>


Edmond Jabès – Chanson de l’étranger


art: dessin:          K Malevitch

-

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.

A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?

Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer,
devenue l’eau glacée des tombes.

Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.

Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.

-

I’am looking to
a man I’m not familiar with,
which was never as my own
since I’m looking for him.

Does he have my eyes, my hands
and all these thoughts like mine
to the wrecks of this time?

Season of thousand shipwrecks,
the sea ceases to be the sea,
become iced water of the tombs.

But, further, who knows further?
A young girl sings , going backwards
on the trees  ,and reigns in the night ,
shepherdess among the sheep.

Tear thirst from the grain of salt
That not any drink will quench.
A world corrodes with the stones,
to be, like me, out of nowhere.

-

Edmond Jabès


Une fontaine close, une source scellée (RC)


une fontaine close, une source scellée

En rapprochement avec une musique de Tristan Murail, musicien auteur de pièces électro-acoustiques, et auteur d’une composition qui porte ce titre, exactement:

C’est un jardin secret, ma soeur, ma fiancée, une source scellée, une fontaine close… 

et pour  ceux qu’il intéresserait d’aller  chercher  plus loin,  cela provient  des  "cantique des cantiques dont la citation exacte est: le cantique des cantiques 4 : 12-15 :

Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée une source fermée une fontaine scellée. Tes jets forment un jardin où sont des grenadiers avec les fruits les plus excellents, les troënes avec le nard, le nard et le safran, le roseau aromatiques et le cinnamone, avec tous les arbres qui donnent l’encens, la myrrhe, et l’aloès avec les principaux aromates. Une fontaine des jardins, une source d’eaux vives, des ruisseaux du Liban.

 

-

a fountain closed, a sealed source

In combination with the music of Tristan Murail, musician author of electro-acoustic pieces, and author of a composition that title, exactly says:
"It’s a secret garden, my sister, my bride, a sealed fountain, a fountain closed …"

The beauty sleeping in the woods
The animal was not hard-pressed
The horn that sounded not hunting
It marked quietly, passing time

The fountain was motionless
Members and face gracile
No longer turned a round earth
Indeed, the origin of the world

Freezing is softens
His thickness ,thinner
the song of the water has returned to
Life and color have made a comeback

-

La belle dormant aux bois
La bête n’était pas aux abois
Le cor qui sonnait n’était pas de chasse
Il marquait doucement, le temps qui passe

La fontaine était immobile
Les membres et le visage gracile
Ne tournait plus une terre ronde
Enfin, l’origine du monde

La gelée est adoucie
Son épaisseur amincie
Le chant de l’eau a repris son cours
Vie et couleur ont fait leur retour

RC    sept 2011

-


Dylan Thomas – mon art morose.


montage perso à partir de photo de Max Ernst

-

Dans mon métier, mon art morose

exercé dans la nuit silencieuse
quand la lune seule fait rage

quand les amants sont étendus
avec toutes leurs douleurs dans les bras,

je travaille, à la lumière du chant,
non par ambition ou pour mon pain,

ni pour le semblant, ni par commerce
de charmes sur des scènes d’ivoire
mais pour le salaire ordinaire

du profond secret de leurs coeurs.

 
Ni pour le prétentieux,

ignorant la lune qui fait rage,

j’écris sur ces pages mouillées d’embrun,

ni pour les morts trop hauts avec leurs rossignols

et leurs psaumes mais pour les amants,

leurs bras enlaçant les chagrins du Temps,

qui n’accordent ni attention, ni salaire

ni éloge à mon métier, mon art morose.

***

Dylan Thomas (1914-1953) – Traduction d’Alain Suied

 

In My Craft or Sullen Art

By Dylan Thomas

In my craft or sullen art
Exercised in the still night
When only the moon rages
And the lovers lie abed
With all their griefs in their arms,
I labour by singing light
Not for ambition or bread
Or the strut and trade of charms
On the ivory stages
But for the common wages
Of their most secret heart.
Not for the proud man apart
From the raging moon I write
On these spindrift pages
Nor for the towering dead
With their nightingales and psalms
But for the lovers, their arms
Round the griefs of the ages,
Who pay no praise or wages
Nor heed my craft or art.

Dylan Thomas, “In My Craft or Sullen Art”

-


Henri Michaux – La jeune fille de Budapest


dessin - Museum of Modern Art N Y C - Cai Guo-Qiang

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La jeune fille de Budapest

Dans la brume tiède d’une haleine de jeune fille, j’ai pris place
Je me suis retiré, je n’ai pas quitté ma place.
Ses bras ne pèsent rien. On les rencontre comme l’eau.
Ce qui est fané disparaît devant elle. Il ne reste que ses yeux.
Longues belles herbes, longues belles fleurs croissaient dans notre champ.
Obstacle si léger sur ma poitrine, comme tu t’appuies maintenant.
Tu t’appuies tellement, maintenant que tu n’es plus.

-

The girl from Budapest

In the mist of a warm breath of a young girl, I sat
I retreated, I have not left my place.
Her arms weigh nothing. One meets them as water.
What is faded disappears before her . There only her eyes remains .
Beautiful long grass, long beautiful flowers were growing in our field.
On my chest , so light tread obstacle ,  as you lean now.
You lean so , now , that you are no longer.

 

HM

 

 


Billie-Holiday – Des fruits étranges – Strange fruit


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C’est bien sûr la superbe chanson interprétée par Billie Holiday… une  composition d’Abel Meeropol,  dont  l’interprétation est synonyme de la voix de Billie  ( et emblématique d’une certaine forme de racisme, et de dénonciation de la condition des esclaves )
et dont il existe                          un équivalent, par                     la voix  de John Martyn
-
Strange Fruit
-
Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant south
The bulging eyes and the twisted mouth
The scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh

Here is a fruit for the crows to pluck
for the rain to gather
for the wind to suck
for the sun to rot
for the tree to drop
Here is a strange and bitter crop

Composed by Abel Meeropol

-

Les arbres du Sud portent un étrange fruit
Du sang sur leurs feuilles et du sang aux racines
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers

Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux exorbités et la bouche tordue
Parfum du magnolia doux et frais
Puis la soudaine odeur de chair brûlée.

Fruit à déchiqueter pour les corbeaux,
Pour la pluie à récolter,  pour le vent à assécher
Pour le soleil à mûrir, pour les arbres à perdre,
Etrange et amère récolte !
Strange Fruit (Fruit Etrange )  Chanson composée en 1946 par Abel Meeropol afin de dénoncer les Necktie Party ( pendaison)


Matités et brillances ( Rodin) – (RC)


sculpture: Rodin, musée Rodin, photo perso 2010

Le regard parcourt matités et brillances
Qui se lovent dans les empreintes des mains

Elles ont saisi le bloc, trituré la glaise
Torsadé les corps,   modèles –

Rodin: Cathedrale

En tensions musculaires, en force figée de bronze
Des pesanteurs de bures de métal

S’assourdit en creux,       dérapages de lisses
La lumière joue des creux et des têtes

Mais n’arrête pas l’homme qui pense
L’homme qui marche et          – dense

Car dense , le corps dressé d’un bloc

Un homme, un bloc,                     Balzac

Bronze, sentinelle de l’esprit
Indifférent à l’oxydation verte
Au jardin du parc,                   présence
Intemporelle, comme celle des mains

Les mains-cathédrale, la sculpture du vide
La césure laissée au marbre

Pour qu’en creux, la pensée respire, et soit…
Celle de Rodin,          – et nous accompagne.

-

RC      25 avril 2012

-

The eyes runs  through shine and matte effects
Which are coiled in the handprints

They seized the block, triturated clay
Twisted bodies,      models -

In muscle tension, static strength of the  bronze
Weight                             of  the metal burdens

Is deafening hollow, smooth skids
Light plays between heads and hollows

But the thinking man does’nt  stop
The man who walks , and –     dense

Dense,because, upright body as a block
A man, a block,                    Balzac

Bronze                  sentinel  of mind
Indifferent to the green oxidation

In the garden of the park, timeless presence
like the hands

Hands-cathedral,      sculpture of the emptiness

The break left in the marble

For that , hollows,      thought breathes,        and will be…
That of Rodin –   who accompanies us.

sculpture: Rodin, musée Rodin, photo perso 2010 : le sommeil


Emily Dickinson – la Terre est brève


peinture: artiste non identifié ( faisant partie d'un dossier sur les artistes noirs-américains)

-

 

 

Je me dis : la Terre est brève –

L’Angoisse – absolue –

Nombreux les meurtris,

Et puis après ?

 

Je me dis : on pourrait mourir –

La Meilleure Vitalité

Ne peut surpasser la Pourriture,

Et puis après ?

 

Je me dis qu’au Ciel, d’une façon

Il y aura compensation –

Don, d’une nouvelle équation –

Et puis après ?

 

On apprend l’eau – par la soif

La terre – par les mers qu’on passe

L’exaltation – par l’angoisse -

La paix – en comptant ses batailles -

 

L’amour – par une image qu’on garde

Et les oiseaux – par la neige

 

I reason, Earth is short—
And Anguish—absolute—
And many hurt,
But, what of that?

I reason, we could die—
The best Vitality
Cannot excel Decay,
But, what of that?

I reason, that in Heaven—
Somehow, it will be even—
Some new Equation, given—
But, what of that?

-

Émily Dickinson

-

 

Curieusement  ayant cherché  "l’original",  je  n’ai trouvé  que trois  strophes…

 

image - artiste non identifié, même provenance que plus haut


Mihàlis Ganas – La Grèce, tu vois…


Comme on peut le lire, ce n’est pas la première fois  que la Grèce passe par des hauts et des bas..

d’autres  écrits  de cet auteur  sont visibles  ici..

photo de Grèce: journal "the guardian"

-

La Grèce, tu vois…

La Grèce, tu vois, ce n’est pas seulement une plaie.

À l’heure creuse le café écumeux,

les radios les télés aux balcons,

couleur de bronze, corps de bronze,

bouchon de bronze la Grèce à mes lèvres.

Sur les murets la glu du soleil

attrape les yeux comme des insectes.

Derrière les murets les maisons éventrées,

terrains de foot, hôpitaux, prisons

créatures du bon Dieu et instruments du diable

et conducteurs de tram buvant seuls

un petit vin râpeux d’Aràhova.

Là des braves ont dormi

le fusil au côté, le sommeil peuplé d’enfants pieds nus.

Des foulards de femmes, fières voilures, passaient,

tapis et couvertures dans l’eau du moulin.

À présent caillasse et godillots

dans ce broyeur de pierres

et conducteurs de tram buvant seuls

un petit vin râpeux d’Aràhova.

-

Greece,       -  you know …

Greece, you see, it is not just a wound.

At the empty time of the  frothy coffee,

radios TVs on the balconies,

color of bronze, bronze body,

a Greece bronze cap to my lips.

On the walls ,the glue of the sun

Catches the eyes like insects.

Behind the walls of the gutted houses,

soccer fields, hospitals, and prisons

God’s creatures and instruments of the devil

and tram drivers  drinking alone

a little rough wine of Arahova.

There slept the braves

rifle in hand, the sleepfull of barefoot children.

Scarves for proud women, proud wings, passing,

carpets and blankets in water mill.

Now scree and boots

in this stone crusher

and tram drivers  drinking alone

a little rough wine of Arahova.

-

Mihàlis Ganas (Grèce, Épire, 1943).

-


Claude Roy – Les corridors où dort Anne qu’on adore


peinture: VAN DONGEN Kees,Le Sommeil

La petite Anne, quand elle dort,
Où s’en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?
Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.
Les pieds nus et à tire-d’aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s’affaire.
La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.
L’autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.

When sleeps, little Anne,
Where does she go?
Is she in, she is outside,
And what does she do?
During the playtime of sleep,
On tiptoe,
Between Earth and sun,
Anne is everywhere.
Bare feet and on a wing
Anne will do
The four hundred shots in the air
Anne is very busy.
Little Anne, when she sleeps,
So, who does she be ?
Who’s  sleeping? Running overboard?
Another, and she.
The other is asleep and has wings,
Anne in her bed, Anne in the sky.

 


Claude ROY

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Patti Smith – Roses brûlantes


image; montage perso juin 2011

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Patti Smith,

la  star punk-rock,  est connue  aussi pour ses recueils  de poésie…

voila  l’une  d’entre elle,  dont j’ai un peu modifié ( peut-être à tort), ce qui nous  est donné à lire  sur  cette page

ROSES BRULANTES

Mon Père, je brûle les roses
Mon Père, seul Dieu saura
ce que le coeur secret révèle
des danses antiques avec la biche

Père je l’ai blessée  profondément
Père je ne la blesserai plus
j’ai valsé au milieu des épines
où  les roses brûlaient sur le sol

ma fille puissiez-vous  en rire un jour,
une bougie rêve une bougie dessine
le coeur qui a brûlé
brûlera pour toujours
puissiez-vous ,vous retourner,  pendant que les roses tombent

BURNING ROSES

Father I am burning roses
Father only God shall know
what the secret heart discloses
the ancient dances with the doe

Father I have sorely wounded
father I shall wound no more
I have waltzed amongst the thorns
where roses burn upon the floor

Daughter may you turn in laughter
a candle dreams a candle draws
the heart that burns
shall burn thereafter
may you turn as roses fall

Patti SMITH


Si tu manques de souffle (RC)


peinture; Henri Gervex

Si tu manques de souffle, c’est parce que monte la route
Et qu’en début de printemps, l’oiseau picore du doute
S’il a laissé ses ailes  trop longtemps pliées
Alors que la vie bruisse , dans l’éveil des insectes ailés
Et l’ours brun en sortant de sa tanière, ébloui par le soleil
Sorti de somnolence, a même oublié, jusqu’à la saveur  du miel

Ainsi, en se réveillant d’une parenthèse  que nul n’habite
Tu retrouves  avec elle le sourire, que sa bouche abrite
Le son  de sa voix, sa parole et ses gestes aimants
Qui délaissent  le triste et font revenir, du passé, l’avant.

If you run out of breath, it is because the road goes up
And in early spring, the bird pecks of doubt
If he’d left its wings, too long folded up…

While life rustles,  in the wake of winged insects
And the brown bear coming out of his den, dazzled by the sun
Out of sleepiness, even forgotten, until the taste of honey

Thus, waking up for a break , that no-one dwells
You find  her mouth again , where shelters  her smile  ,

The sound of her voice,   her loving words and gestures
Who leave the sad,     and makes the past forward.

 

 

RC  9-avril 2012

 

en écho à Tikopia… sur son tout  récent post

 

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Rudyard Kipling – Tu seras un Homme, mon fils


 

photo - archeologie - restes de village nuragique ( Sardaigne)

 

 

 

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Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;


Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

 

Rudyard Kipling

 

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you
But make allowance for their doubting too,
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream–and not make dreams your master,
If you can think–and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ‘em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it all on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings–nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much,
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And–which is more–you’ll be a Man, my son!

 


Robert Burns – Mon amour est une rose rouge, rouge


Big rock - Mallapuram India

 

 

Mon amour est une rose rouge, rouge,
Au printemps fraîchement éclose.
Mon amour est une mélodie,
Jouée en douce harmonie.

Si belle es-tu ma douce amie,
Et je t’aime tant et tant,
Que je t’aimerai encore, ma mie,
Quand les mers seront des déserts.

Les mers seront des déserts secs, ma mie,
Les roches fondront au soleil,
Et je t’aimerai toujours, ma mie,
Tant que s’écoulera le sable de la vie.

Au revoir pour un temps m’amour,
A te revoir dans peu de temps!
Je reviendrai, mon seul amour,
Même de l’autre bout du monde.

My love is like a red red rose

My love is like a red red rose
That’s newly sprung in June:
My love is like the melodie
That’s sweetly play’d in tune.

So fair art thou, my bonnie lass,
So deep in love am I :
And I will love thee still, my dear,
Till a’ the seas gang dry.

Till a’ the seas gang dry, my dear,
And the rocks melt wi’ the sun :
And I will love thee still, my dear,
While the sands o’ life shall run.

And fare thee weel, my only love,
And fare thee weel awhile !
And I will come again, my love,
Tho’ it were ten thousand mile.

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Marc Le Gros – un coup de hache dans la résine têtue de l’enfance


la neige blanche a mangé la pomme - photo du net transformée par mes soins

Les  "notes  de lecture"  de Jacques Josse, nous font parvenir des extraits  qui "sonnent" poétiquement corrects ( si on peut dire..).

Ici,  le compte rendu d’un ouvrage  de Marc Le Gros "la main de neige"

« Le temps n’est rien, un coup de hache, parfois,
Dans la résine têtue de l’enfance,
Des remontées d’odeurs
Un peu de soleil sur la peau,
Un chemin creux. »
—-
« En général on s’arrange
Pour mourir un peu chaque jour,
C’est toujours ça de pris. »
—-
The time is nothing, an ax blow,, sometimes,
In the resin obstinated of  childness,
Upwelling of smells
A little sunshine on the skin,
A sunken lane. "
-
"Usually one manages
To die a little,  every day,
It is always little bit counts.
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Elégie à la République Espagnole (RC)


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En hommage  au célèbre Guernica de Picasso,  aux portraits  de la  "femme  en pleurs",  qui ont précédé ce grand tableau, et plus récemment  aux  "élégies à la République Espagnole", de Robert  Motherwell. (expressioniste abstrait américain)

peinture: – P PIcasso portrait de la femme en pleurs – 1937

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L’âme nue,                                    coquillage brisé

Les yeux                                                        chavirés
Dans un                                       mouchoir de peau

Les mains tout                                          en angles

S ’accrochant                                               au visage

Au cœur lacéré d’                           algues violettes

Un trou dans la vie,                       la coupe noire

Des avions croisés, écrasant                   Guernica

 

La valse des innocents, les éclairs  des bombes

Les façades qui explosent, Les fards  du défunt

Le  rire des fascistes ,leur  parfum       de mort,

Dans le ciel d’                                Espagne de Pablo


L’enfant rouge avale                           un rasoir

Le bras à l’épée,                  crispé  sur  la fleur

D’un dernier                                                vol ivre

Alors que                                                  se  déchire

La colombe de la paix, et         la  République

Et que son portrait                                se lacère

Aux élégies de                                     Motherwell .

 

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The naked soul,           like a broken shell

Eyes rolled back
Into a tissue                    of skin

the hands                full of angles

Clings to the face

Lacerate the heart                              with purple algaes

A hole inthe  life,                                    the black bowl

Aircraft crossed,                                    crushing Guernica

Waltz of the innocent,                  lightning of the bombs

The facades that explode,      the makeup of the deceased

The laughter of the fascists,          their scent of death,

In the sky of Pablo’s Spain

The red child   eats a  razor

The arm with the sword,            clenched on the flower

From a least drunk flight

While rips

The dove of peace,         and the Republic

And its lacerating portrait

To the Motherwell’s elegies.

 

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RC   5 avril 2012

peinture:                  Robert Motherwell, -                 élégie à la république espagnole – 1953

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