Faille dans le corps de la terre ( RC )

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Sous la voûte des tropiques
L’univers a basculé
D’un coup, dans une faille
Ouverte d’un coup
Dans le corps de la terre,
Brisure interne,
Un grand coup de sabre
Qui m’a jeté à terre.
Modifiant tout à coup
La trajectoire des planètes
Le ciel s’est enflé soudain
Du fracas d’une comète
A la verticale de l’été
Pour aller se perdre
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes.
Faut-il tourner son regard
Vers un astre, qui a usurpé
Les couleurs du soleil
Répandu la cendre
Aux lointains de décembre ?
La lumière de l’espoir,
Allonge loin, des ombres
Et s’éloigne, vers le noir.
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RC – 16 janvier 2013
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Beneath the vault of the tropics
The world has shifted
Suddenly, in a cleft
Open at once
Into the body of the earth,
Deep internal break
A large saber cut
Threw me to the ground.
Changing suddenly
The path of the planets
The sky suddenly swelled
With the crash of a comet
A the vertical of the summer
To lose itself
In a dark faraway
Inhabited by tears.
Should turn our looks
To a star, which has usurped
The colors of the sun
Spread the ashes
To the distants of December?
The light of hope
Extends far, its shadows
And moves away, towards black.
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RC – 2013 16th Januar
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Miguel Veyrat – Sans le souvenir du passé
Sans le souvenir du passé, notre avenir restera dans la boue. ( réflexion du matin)
REFLEXIONES MATINALES.
Sin la memoria del pasado nuestro futuro seguirá en el lodo.
M Veyrat
Elle, dans le miroir ( RC )

photo Sciences et Avenir: lune en croissant se déplaçant
Bascule doucement l’horizon
Qui s’étire au fil des heures…
Il y a plus haut, une course
Entre deux cercles
L’un s’éteint d’orange, et l’autre
Monte blanchâtre en son halo
Partie de ping-pong dans les nuages
Et lentement se déplace
Il paraît même qu’elle me regarde
Le dos à la fenêtre, quand j’écris
C’est ce que me dit le miroir
En face
Au dessus du reflet de ma lampe
Quand arrive la nuit
Qui l’enveloppe
Et lui sourit
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RC - 25 décembre 2012
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Softly Toggles the horizon
Stretching over hours …
There is above, a race
Between two circles
One turns off orange, and the other
Rises whitish in its halo
A part of ping-pong in the clouds
And slowly moves
It even seems to me that it looks at me
Back to the window, when I’m writing
That is what the mirror tells me
in front of me
Above the reflection of my lamp
When the night comes
Which envelopes it
And smiled at it.
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Federico Garcia-Lorca – chanson de l’oranger stérile

peinture Gisele Gautreau
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Bûcheron.
Coupe moi de mon ombre,
Libère-moi du tourment
de me voir sans fruit.
Pourquoi suis-je né parmi les miroirs?
La journée fait des cercles autour de moi,
et la nuit me copie
dans toutes ses étoiles.
Je veux vivre sans me voir.
Et je vais rêver que les fourmis
et des bavures des chardons sont
mes feuilles et mes oiseaux.
– traduit de la version anglaise suivante par RC:
Song of the Barren Orange Tree
Woodcutter.
Cut my shadow from me.
Free me from the torment
of seeing myself without fruit.
Why was I born among mirrors?
The day walks in circles around me,
and the night copies me
in all its stars.
I want to live without seeing myself.
And I will dream that ants
and thistle burrs are my
leaves and my birds.
Woodcutter.
Cut my shadow from me.
Free me from the torment
of seeing myself without fruit.
"Song of the Barren Orange Tree"
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Claude Roy – Pour L
POUR L.
Une pensée sans mot pensée sur la pointe des pieds
entre sourire d’amitié caresse inachevée silence heureux
A peine l’éclair vif d’une truite au torrent
La trace s’effaçant d’une étoile filante
ou l’esquisse du chant d’un oiseau très petit
Une pensée de toi m’a effleuré
en chuchotant Je ne fais que passer
C’était ta voix
ta voix de vent léger sur les dunes de pin
la mer qui souffle bas sous une lune pâle
voix de pieds nus de feu de bois de citronnelle
de la mousse d’écume aux crêtes de la vague
ta voix traverse-temps qui tisse mon espace
–
FOR L.
Thought without word, a thought on tiptoes
between smile of friendship unfinished stroke, happysilent
Hardly bright flash of a trout stream in
Erasing the trace of a shooting star
or the outline of the song of of a very small bird
A thought of you touched me
whispering I’m just passing through
It was your voice
your voice of light wind upon pine dunes
sea blowing down under a pale moon
voice of barefoot wooden lemongrass fire
foam to foam crests of the wave
your voice weaves through time-my space
Claude Roy (Le Haut-Bout, vendredi 1er janvier 1993
Herbes au vent, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard
–
Sphère – bulle – cellule ( RC )

Il y a sans doute un au-delà,
Que je ne connais pas,
Si je dépasse les frontières
De ma propre sphère
Mais pourrais-je un jour pointer mon nez
On dirait que je suis condamné
De naissance , s’il me fallait visiter
Une petite partie de l’immensité .
Le regard opaque et veuf
Je reste recroquevillé , encore dans cet oeuf
Qui me nourrit, mais me happe
Mais m’interdit , que je m’échappe,
Et qu’enfin, je décolle
Hors de la membrane molle
A faire de la naissance
Voyage en reconnaissance.
Sorti de ma coquille
Faudra q’mes yeux se dessillent
Qu’aux dangers nombreux, je m’habitue
Et que je fasse face, sans qu’on me tue.
Selon les pointillés, je vais découper
Mon épaisse peau, – faut pas se louper -
Pour respirer un peu, l’air du dehors
Risquant peut-être une prochaine mort.
La cage est trop étroite,j’aimerais tant savoir
Si j’peux m’échapper, un tant soit peu du noir
Découvrir une terre, plus hospitalière,
Et s’il existe ailleurs, un peu de lumière…
J’envie les serpents, quand ils changent de peau
Changeant de costume, pour se faire plus beaux,
Ils bousculent l’avatar, oublient leurs cauchemars
Et l’enveloppe ancienne , qu’ils laissent à l’écart.
Moi , je suis collé, dans cette cellule
Que connaissent aussi,tous les enfants bulle
Je ne peux rien faire, pieds et poings liés
Me voila englué, éternellement prisonnier…
RC - 22 juin 2012
Sphere – bubble – cell (RC)
There is no doubt, somewhere a beyond,
I do not know,
If I exceed the borders
From my own sphere
But ,one day could I point my nose
It seems I’m doomed
From the birth, if I had to visit
A small part of immensity.
The look opaque and widowed
I still curled up, still in the egg
Who feeds me, but grabs me
But forbids me, that I escape,
And finally, I take off
Out of the soft membrane
To make , with the birth
A travel in recognition.
Out of my shell
My eyes will be opened
As many dangers, I’m getting used
And I do face, without anyone killing me.
Along the dotted line, I’ll split
My thick skin – should not miss -
For a breath, the outside air
Risking may be an upcoming death.
The cage is too narrow, I would like to know
If I can get away, a little bit out of the black
Discover a land more hospitable,
And if there is somewhere, a little light ,too…
I envy snakes, when they change their skin
Changing her costume, to make them more beautiful,
They upset the avatar, forget their nightmares
And the old enclosure, they leave apart.
I’m stuck in this cell
All bubble children are knowing
I can not do anything,hand and feet bound ed
Here I am stuck, forever prisoner …
RC – June 22, 2012
Contrebasse, les échos de Mingus ( RC )

photo: Charles Mingus
Sur la scène improvisée
A même la rue, clarinette et cuivres
Central Park
Et l’écho de Mingus
Des fables de Faubus
La musique dévoile sa transe interne
son sanglot pincé
ses originelles, du chant frotté
Les cordes pincées
En cherchant une langue
Au-delà de la voix seule
Et de l’écho de bois
La contrebasse, et son volume,
La grand-mère, comme ils disent
Délivre sa mémoire du jazz
Sur ce qui vibre de l’histoire des hommes
L’indicible et les sons feulés
Parfois baleines du chant
Parfois rythme pesant, des pas fatigués
Walking bass, à travers les rues de Chicago
Tout un monde,
Le passé, pas si éloigné
Ségrégation, et mémoires
De l’immigration forcée
En champs de coton
Main d’œuvre bon marché
Mais pourtant le chant
Du passage du blues
A travers toi
RC 22- juin 2012
voir aussi l’article " gouttes de son"
–
On the improvised stage
In the rough street, clarinet and brass
Central Park
And the echo of Mingus
Fables of Faubus
The music reveals his internal trance
pinched her sob
its original, song rubbed
The plucked strings
Seeking a language
Over and above the solo voice
And the echo of wood
Bass, and its volume,
The grandmother, as they say
Delivers her memory of jazz
That vibrates at the history of mankind
The unspeakable and growled sounds
As sometimes whales were singing
Sometimes rhythm heavy, walking tired
Walking bass, through the streets of Chicago
A whole world,
The past, not so far
Segregation, and memories
Of forced migration
In cotton fields
Cheap labor
But still singing
The passage of the blues
Through you
-
Sous la surface des choses (RC)
-
S’il faut voir les poissons de plus près,
et s’immerger sous la surface des choses
j’endosse la combinaison de plongée
L’attirail du scaphandrier
Et je me laisse aller à des distances obscures
Et ne plus penser à l’air,qui d’habitude,
gonfle mes poumons…
Je suis un ludion suspendu en eaux
Frôlé par des bancs de poissons qui errent
Caressé par des méduses avides d’un pays,
Celui du dessus, qui ne leur est pas permis
Comme ne m’est plus permis la lumière du soleil
Si faible sous les tonnes de liquide en mouvement.
C’est, franchi la frontière agitée des vagues,
Un domaine réservé, que tâter du pied, ne peut suffire
Et qui m’englobe, et qui m’avale
Comme toutes les certitudes de plancher sec…
Et les seiches me prêtent leur encre marine
Pour que j’écrive la mémoire des abysses,
Le vrombissemnt silencieux du passage des orques
Les étranges lanternes des baudroies
Et le dédale de couleurs des coraux et anémones
Qui dansent avec les courants chauds
Avec à peine le souvenir de l’homme
Et une épave oblique, aux hublots sertis
De coquilles et de rouille, avec son échelle
Accrochée au bastingage de l’inutile.
RC – 17 juin 2012
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If we have to see the fishes closer
and to immerse ourselves under the surface of things
I put on the wetsuit
The paraphernalia of the diver
And I let myself go to obscure distances
And think no more at the air, which usually
fill my lungs …
I am a ludion suspended in waters
Tickled by shoals of fish that roam
Caressed by jellyfishes, eager for a country ,
One above, which they are not allowed
As I am no longer allowed for sunlight
So low, beneath tons of moving liquid.
That is, across the border turbulent waves,
A reserved area, where the feeling of feet wouldn’t be enough
And that includes me, and swallows me
Like all the certainties of dry floor …
And cuttlefish lend me their naval ink
Writing for the memory of the abyss,
The silent vrombissemnt of orcas passing
The strange lanterns of monkfish
And the maze of colorful corals and anemones
Dancing with the warm currents
With just the memory of man
And an oblique wreck, portholes with crimped
Shells and rust, with its scale
Hanging on the railing of the useless.
-
Nicolas de Staël (RC)

peinture; N De Staël : le grand concert 1955 (avant le suicide de l’artiste)
Face au grand mur de la douleur, Nicolas de Staël
A accompagné dans leur vol, les oiseaux , à toutes profondeurs.
Face au mur de la vie, si le bleu le noir et le blanc ne s’épousent pas.
C’est par un cri de couleur que tu as plongé dans le vide.
Peut -être pour retrouver l’espace des grands a-plats
Le reproche de l’ombre et le tragique du rouge
Il fait nuit sur ton corps, qui n’a pas suivi celui des oiseaux
Il fait nuit sur ta vie, qui nous disait l’inverse,
L’éclat d’un citron, d’un vase, et les rythmes des voiliers
Posés d’aplomb sur les surfaces peintes au couteau.
Mais si tu es gisant, brisé au pied des rochers
La musique des teintes, nous invite, symphonie
Où jouent les masses dressées sur l’écarlate
L’ombre du piano noir, l’ocre de la contrebasse
A ton grand concert, la neige des partitions
Des musiciens absents, à écouter les couleurs.
RC 25 mai 2012
- – voir aussi "le pinceau de la ville"
Faced with the great wall of pain, Nicolas de Staël
Accompanied in their flight, the birds, at any depth.
Facing the wall of life, if the blue black and white does’nt embrace.
This is a cry of color that wherefrom you plunged in the vacuum.
Perhaps to find space for a large flat-painted surfaces
The reproach of the shadow , the tragic of red
It’s dark on your body, which did not follow the birds
It is night of your life, who said the opposite,
The splendor of a lemon, a vase, and the rhythms of sailboats
Placed squarely on the painted surfaces with the painting knife.
But if you’re lying, broken at the foot of the rocks
Music of colors, invites us, symphony
Where the masses are standing on the scarlet
The shadow piano black, the ocher of the double bass
To your great concert, the snow of music sheet s
Absent with musicians, listening to the colors.
-
voir aussi cet article dont je fais référence dans rechab-art-encore
———–>
Edmond Jabès – Chanson de l’étranger

art: dessin: K Malevitch
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Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.
A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?
Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer,
devenue l’eau glacée des tombes.
Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.
Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.
-
I’am looking to
a man I’m not familiar with,
which was never as my own
since I’m looking for him.
Does he have my eyes, my hands
and all these thoughts like mine
to the wrecks of this time?
Season of thousand shipwrecks,
the sea ceases to be the sea,
become iced water of the tombs.
But, further, who knows further?
A young girl sings , going backwards
on the trees ,and reigns in the night ,
shepherdess among the sheep.
Tear thirst from the grain of salt
That not any drink will quench.
A world corrodes with the stones,
to be, like me, out of nowhere.
-
Edmond Jabès
Une fontaine close, une source scellée (RC)
une fontaine close, une source scellée
En rapprochement avec une musique de Tristan Murail, musicien auteur de pièces électro-acoustiques, et auteur d’une composition qui porte ce titre, exactement:
C’est un jardin secret, ma soeur, ma fiancée, une source scellée, une fontaine close…
( et pour ceux qu’il intéresserait d’aller chercher plus loin, cela provient des "cantique des cantiques dont la citation exacte est: le cantique des cantiques 4 : 12-15 :
Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée une source fermée une fontaine scellée. Tes jets forment un jardin où sont des grenadiers avec les fruits les plus excellents, les troënes avec le nard, le nard et le safran, le roseau aromatiques et le cinnamone, avec tous les arbres qui donnent l’encens, la myrrhe, et l’aloès avec les principaux aromates. Une fontaine des jardins, une source d’eaux vives, des ruisseaux du Liban.
-
a fountain closed, a sealed source
In combination with the music of Tristan Murail, musician author of electro-acoustic pieces, and author of a composition that title, exactly says:
"It’s a secret garden, my sister, my bride, a sealed fountain, a fountain closed …"
The beauty sleeping in the woods
The animal was not hard-pressed
The horn that sounded not hunting
It marked quietly, passing time
The fountain was motionless
Members and face gracile
No longer turned a round earth
Indeed, the origin of the world
Freezing is softens
His thickness ,thinner
the song of the water has returned to
Life and color have made a comeback
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La belle dormant aux bois
La bête n’était pas aux abois
Le cor qui sonnait n’était pas de chasse
Il marquait doucement, le temps qui passe
La fontaine était immobile
Les membres et le visage gracile
Ne tournait plus une terre ronde
Enfin, l’origine du monde
La gelée est adoucie
Son épaisseur amincie
Le chant de l’eau a repris son cours
Vie et couleur ont fait leur retour
RC sept 2011
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Dylan Thomas – mon art morose.
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Dans mon métier, mon art morose
exercé dans la nuit silencieuse
quand la lune seule fait rage
quand les amants sont étendus
avec toutes leurs douleurs dans les bras,
je travaille, à la lumière du chant,
non par ambition ou pour mon pain,
ni pour le semblant, ni par commerce
de charmes sur des scènes d’ivoire
mais pour le salaire ordinaire
du profond secret de leurs coeurs.
Ni pour le prétentieux,
ignorant la lune qui fait rage,
j’écris sur ces pages mouillées d’embrun,
ni pour les morts trop hauts avec leurs rossignols
et leurs psaumes mais pour les amants,
leurs bras enlaçant les chagrins du Temps,
qui n’accordent ni attention, ni salaire
ni éloge à mon métier, mon art morose.
***
Dylan Thomas (1914-1953) – Traduction d’Alain Suied
In My Craft or Sullen Art
By Dylan Thomas
Dylan Thomas, “In My Craft or Sullen Art”
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Henri Michaux – La jeune fille de Budapest
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La jeune fille de Budapest
Dans la brume tiède d’une haleine de jeune fille, j’ai pris place
Je me suis retiré, je n’ai pas quitté ma place.
Ses bras ne pèsent rien. On les rencontre comme l’eau.
Ce qui est fané disparaît devant elle. Il ne reste que ses yeux.
Longues belles herbes, longues belles fleurs croissaient dans notre champ.
Obstacle si léger sur ma poitrine, comme tu t’appuies maintenant.
Tu t’appuies tellement, maintenant que tu n’es plus.
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The girl from Budapest
In the mist of a warm breath of a young girl, I sat
I retreated, I have not left my place.
Her arms weigh nothing. One meets them as water.
What is faded disappears before her . There only her eyes remains .
Beautiful long grass, long beautiful flowers were growing in our field.
On my chest , so light tread obstacle , as you lean now.
You lean so , now , that you are no longer.
HM
Billie-Holiday – Des fruits étranges – Strange fruit
-Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees.
Pastoral scene of the gallant south
The bulging eyes and the twisted mouth
The scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh
Here is a fruit for the crows to pluck
for the rain to gather
for the wind to suck
for the sun to rot
for the tree to drop
Here is a strange and bitter crop
Composed by Abel Meeropol

pochette de l’album de john Martyn, ce titre fait partie du CD dans " a church with one bell"
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Les arbres du Sud portent un étrange fruit
Du sang sur leurs feuilles et du sang aux racines
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers
Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux exorbités et la bouche tordue
Parfum du magnolia doux et frais
Puis la soudaine odeur de chair brûlée.
Fruit à déchiqueter pour les corbeaux,
Pour la pluie à récolter, pour le vent à assécher
Pour le soleil à mûrir, pour les arbres à perdre,
Etrange et amère récolte !
Strange Fruit (Fruit Etrange ) Chanson composée en 1946 par Abel Meeropol afin de dénoncer les Necktie Party ( pendaison)
Matités et brillances ( Rodin) – (RC)
Le regard parcourt matités et brillances
Qui se lovent dans les empreintes des mains
Elles ont saisi le bloc, trituré la glaise
Torsadé les corps, modèles –

Rodin: Cathedrale
En tensions musculaires, en force figée de bronze
Des pesanteurs de bures de métal
S’assourdit en creux, dérapages de lisses
La lumière joue des creux et des têtes
Mais n’arrête pas l’homme qui pense
L’homme qui marche et – dense
Car dense , le corps dressé d’un bloc
Un homme, un bloc, Balzac
Bronze, sentinelle de l’esprit
Indifférent à l’oxydation verte
Au jardin du parc, présence
Intemporelle, comme celle des mains
Les mains-cathédrale, la sculpture du vide
La césure laissée au marbre
Pour qu’en creux, la pensée respire, et soit…
Celle de Rodin, – et nous accompagne.
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RC 25 avril 2012
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The eyes runs through shine and matte effects
Which are coiled in the handprints
They seized the block, triturated clay
Twisted bodies, models -
In muscle tension, static strength of the bronze
Weight of the metal burdens
Is deafening hollow, smooth skids
Light plays between heads and hollows
But the thinking man does’nt stop
The man who walks , and – dense
Dense,because, upright body as a block
A man, a block, Balzac
Bronze sentinel of mind
Indifferent to the green oxidation
In the garden of the park, timeless presence
like the hands
Hands-cathedral, sculpture of the emptiness
The break left in the marble
For that , hollows, thought breathes, and will be…
That of Rodin – who accompanies us.
Emily Dickinson – la Terre est brève
-
Je me dis : la Terre est brève –
L’Angoisse – absolue –
Nombreux les meurtris,
Et puis après ?
Je me dis : on pourrait mourir –
La Meilleure Vitalité
Ne peut surpasser la Pourriture,
Et puis après ?
Je me dis qu’au Ciel, d’une façon
Il y aura compensation –
Don, d’une nouvelle équation –
Et puis après ?
On apprend l’eau – par la soif
La terre – par les mers qu’on passe
L’exaltation – par l’angoisse -
La paix – en comptant ses batailles -
L’amour – par une image qu’on garde
Et les oiseaux – par la neige
I reason, Earth is short—
And Anguish—absolute—
And many hurt,
But, what of that?
I reason, we could die—
The best Vitality
Cannot excel Decay,
But, what of that?
I reason, that in Heaven—
Somehow, it will be even—
Some new Equation, given—
But, what of that?
-
Émily Dickinson
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Curieusement ayant cherché "l’original", je n’ai trouvé que trois strophes…
Mihàlis Ganas – La Grèce, tu vois…
Comme on peut le lire, ce n’est pas la première fois que la Grèce passe par des hauts et des bas..
d’autres écrits de cet auteur sont visibles ici..

photo de Grèce: journal "the guardian"
-
La Grèce, tu vois…
La Grèce, tu vois, ce n’est pas seulement une plaie.
À l’heure creuse le café écumeux,
les radios les télés aux balcons,
couleur de bronze, corps de bronze,
bouchon de bronze la Grèce à mes lèvres.
Sur les murets la glu du soleil
attrape les yeux comme des insectes.
Derrière les murets les maisons éventrées,
terrains de foot, hôpitaux, prisons
créatures du bon Dieu et instruments du diable
et conducteurs de tram buvant seuls
un petit vin râpeux d’Aràhova.
Là des braves ont dormi
le fusil au côté, le sommeil peuplé d’enfants pieds nus.
Des foulards de femmes, fières voilures, passaient,
tapis et couvertures dans l’eau du moulin.
À présent caillasse et godillots
dans ce broyeur de pierres
et conducteurs de tram buvant seuls
un petit vin râpeux d’Aràhova.
-
Greece, - you know …
Greece, you see, it is not just a wound.
At the empty time of the frothy coffee,
radios TVs on the balconies,
color of bronze, bronze body,
a Greece bronze cap to my lips.
On the walls ,the glue of the sun
Catches the eyes like insects.
Behind the walls of the gutted houses,
soccer fields, hospitals, and prisons
God’s creatures and instruments of the devil
and tram drivers drinking alone
a little rough wine of Arahova.
There slept the braves
rifle in hand, the sleepfull of barefoot children.
Scarves for proud women, proud wings, passing,
carpets and blankets in water mill.
Now scree and boots
in this stone crusher
and tram drivers drinking alone
a little rough wine of Arahova.
-
Mihàlis Ganas (Grèce, Épire, 1943).
-
Claude Roy – Les corridors où dort Anne qu’on adore
peinture: VAN DONGEN Kees,Le Sommeil
La petite Anne, quand elle dort,
Où s’en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?
Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.
Les pieds nus et à tire-d’aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s’affaire.
La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.
L’autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.
–
When sleeps, little Anne,
Where does she go?
Is she in, she is outside,
And what does she do?
During the playtime of sleep,
On tiptoe,
Between Earth and sun,
Anne is everywhere.
Bare feet and on a wing
Anne will do
The four hundred shots in the air
Anne is very busy.
Little Anne, when she sleeps,
So, who does she be ?
Who’s sleeping? Running overboard?
Another, and she.
The other is asleep and has wings,
Anne in her bed, Anne in the sky.
–
Claude ROY
-
Patti Smith – Roses brûlantes
-
Patti Smith,
la star punk-rock, est connue aussi pour ses recueils de poésie…
voila l’une d’entre elle, dont j’ai un peu modifié ( peut-être à tort), ce qui nous est donné à lire sur cette page
ROSES BRULANTES
Mon Père, je brûle les roses
Mon Père, seul Dieu saura
ce que le coeur secret révèle
des danses antiques avec la biche
Père je l’ai blessée profondément
Père je ne la blesserai plus
j’ai valsé au milieu des épines
où les roses brûlaient sur le sol
ma fille puissiez-vous en rire un jour,
une bougie rêve une bougie dessine
le coeur qui a brûlé
brûlera pour toujours
puissiez-vous ,vous retourner, pendant que les roses tombent
–
BURNING ROSES
Father I am burning roses
Father only God shall know
what the secret heart discloses
the ancient dances with the doe
Father I have sorely wounded
father I shall wound no more
I have waltzed amongst the thorns
where roses burn upon the floor
Daughter may you turn in laughter
a candle dreams a candle draws
the heart that burns
shall burn thereafter
may you turn as roses fall
Patti SMITH
—
Si tu manques de souffle (RC)
–
Si tu manques de souffle, c’est parce que monte la route
Et qu’en début de printemps, l’oiseau picore du doute
S’il a laissé ses ailes trop longtemps pliées
Alors que la vie bruisse , dans l’éveil des insectes ailés
Et l’ours brun en sortant de sa tanière, ébloui par le soleil
Sorti de somnolence, a même oublié, jusqu’à la saveur du miel
Ainsi, en se réveillant d’une parenthèse que nul n’habite
Tu retrouves avec elle le sourire, que sa bouche abrite
Le son de sa voix, sa parole et ses gestes aimants
Qui délaissent le triste et font revenir, du passé, l’avant.
–
If you run out of breath, it is because the road goes up
And in early spring, the bird pecks of doubt
If he’d left its wings, too long folded up…
While life rustles, in the wake of winged insects
And the brown bear coming out of his den, dazzled by the sun
Out of sleepiness, even forgotten, until the taste of honey
Thus, waking up for a break , that no-one dwells
You find her mouth again , where shelters her smile ,
The sound of her voice, her loving words and gestures
Who leave the sad, and makes the past forward.
RC 9-avril 2012
–
en écho à Tikopia… sur son tout récent post
-
Rudyard Kipling – Tu seras un Homme, mon fils
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Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard Kipling
—
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you
But make allowance for their doubting too,
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:
If you can dream–and not make dreams your master,
If you can think–and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ‘em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it all on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings–nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much,
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And–which is more–you’ll be a Man, my son!
Robert Burns – Mon amour est une rose rouge, rouge
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Mon amour est une rose rouge, rouge,
Au printemps fraîchement éclose.
Mon amour est une mélodie,
Jouée en douce harmonie.
Si belle es-tu ma douce amie,
Et je t’aime tant et tant,
Que je t’aimerai encore, ma mie,
Quand les mers seront des déserts.
Les mers seront des déserts secs, ma mie,
Les roches fondront au soleil,
Et je t’aimerai toujours, ma mie,
Tant que s’écoulera le sable de la vie.
Au revoir pour un temps m’amour,
A te revoir dans peu de temps!
Je reviendrai, mon seul amour,
Même de l’autre bout du monde.
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My love is like a red red rose
My love is like a red red rose
That’s newly sprung in June:
My love is like the melodie
That’s sweetly play’d in tune.
So fair art thou, my bonnie lass,
So deep in love am I :
And I will love thee still, my dear,
Till a’ the seas gang dry.
Till a’ the seas gang dry, my dear,
And the rocks melt wi’ the sun :
And I will love thee still, my dear,
While the sands o’ life shall run.
And fare thee weel, my only love,
And fare thee weel awhile !
And I will come again, my love,
Tho’ it were ten thousand mile.
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Marc Le Gros – un coup de hache dans la résine têtue de l’enfance
Les "notes de lecture" de Jacques Josse, nous font parvenir des extraits qui "sonnent" poétiquement corrects ( si on peut dire..).
Ici, le compte rendu d’un ouvrage de Marc Le Gros "la main de neige"
Dans la résine têtue de l’enfance,
Des remontées d’odeurs
Un peu de soleil sur la peau,
Un chemin creux. »
Pour mourir un peu chaque jour,
C’est toujours ça de pris. »
In the resin obstinated of childness,
Upwelling of smells
A little sunshine on the skin,
A sunken lane. "
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"Usually one manages
To die a little, every day,
It is always little bit counts.
Elégie à la République Espagnole (RC)
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En hommage au célèbre Guernica de Picasso, aux portraits de la "femme en pleurs", qui ont précédé ce grand tableau, et plus récemment aux "élégies à la République Espagnole", de Robert Motherwell. (expressioniste abstrait américain)
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L’âme nue, coquillage brisé
Les yeux chavirés
Dans un mouchoir de peau
Les mains tout en angles
S ’accrochant au visage
Au cœur lacéré d’ algues violettes
Un trou dans la vie, la coupe noire
Des avions croisés, écrasant Guernica
La valse des innocents, les éclairs des bombes
Les façades qui explosent, Les fards du défunt
Le rire des fascistes ,leur parfum de mort,
Dans le ciel d’ Espagne de Pablo
L’enfant rouge avale un rasoir
Le bras à l’épée, crispé sur la fleur
D’un dernier vol ivre
Alors que se déchire
La colombe de la paix, et la République
Et que son portrait se lacère
Aux élégies de Motherwell .
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The naked soul, like a broken shell
Eyes rolled back
Into a tissue of skin
the hands full of angles
Clings to the face
Lacerate the heart with purple algaes
A hole inthe life, the black bowl
Aircraft crossed, crushing Guernica
Waltz of the innocent, lightning of the bombs
The facades that explode, the makeup of the deceased
The laughter of the fascists, their scent of death,
In the sky of Pablo’s Spain
The red child eats a razor
The arm with the sword, clenched on the flower
From a least drunk flight
While rips
The dove of peace, and the Republic
And its lacerating portrait
To the Motherwell’s elegies.
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RC 5 avril 2012
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