voir l'art autrement – en relation avec les textes

d’images

Attente d’avril, et des oiseaux ( RC )


peinture:        John Constable     :         Rainstorm over the Sea

C’est comme l’attente,
Le silence,
Qui précède le souffle,
Le gris plombé,
Avant que les premières larmes
De l’orage – fouettent le sol.

Il y a du froid,
Sous le calme apparent,
Sous le gel qui retient les fontaines,
Et la sève des arbres
Qui s’est retirée,
Une tension, – l’attente

L’attente d’avril, les giboulées
Secouant le silence, fantasques
Même sous la voix du vent,
Et bientôt les chants croisés,
Des oiseaux, reprenant
Possession du pays.
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RC -  7 mai 2013

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inspiré de Nath:         voir ses  "tentatives  de lumière"

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Chouchanik Thamrazian – Ville perce-neige


image – deviantart: Sophie SkullHeart

J’ai voulu penser des lunes
Des lunes blessées, des lunes percées, des lunes-perce-neige,
des lunes de sang
Pour tes nuits qui quittent les visages, les mains et les terres, pour tes nuits
désertes et ocres.
J’ai voulu croire aux soleils d’encre pour couronner tes fuites.
J’ai voulu boire les soleils; être froid, en veille.
J’ai voulu cracher les lunes: brûler de froid.

Chouchanik Thamrazian: "Dans le jardin des glaces", Encres Vives n° 339

du site de poésie arménienne..

 

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Saïda Mnebhi – brûler les lourdes portes


effets  liquides  01

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image:  volutes virtuelles  – capture  d’écran

 

 

-Saïda Mnebhi, opposante aux régimes  d’oppression qu’elle  vécut au Maroc,  écrit,  > une année avant qu’elle ne succombe, en 1978, à une longue grève de la faim :

 

 

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«          Je veux rompre ce silence, humaniser ma solitude
Ils m’ont désœuvrée pour que rouille ma pensée
et que gèle mon esprit.
Mais tu sais toi que je chéris,          que tel un volcan qui est en vie
Tout en moi est feu…                           pour brûler les lourdes portes
Tout en moi est force…pour casser les ignobles serrures… et courir près de toi… me jeter dans tes bras             ».

 

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d’autres poèmes  de cette  auteure peuvent  être  consultés ici:  A

——————->      et là;   B

 

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Miguel Veyrat – Cartes et épaves


ancienne carte maritime            région de Hyères

Cartes et épaves

Et si vous dessinez une carte de votre propre
corps, sentez comment elle s’intègre
avec l’univers de votre mot. Et aussi
les îles s’obtiendront
seulement par des fleuves de sang
qui ont inondé les forêts, les prairies
et les cieux.         La proue toujours
dans l’inconnu que vous dirigez
sans avoir besoin  de sextant

ou autres instruments.


Mais aucun retour, le capitaine.

Les statues ne seront jamais
de sitôt de retour vers la scène
ou les plages, dans la mesure
progresse, étrangement éclairé,
le mot sur ​​le corps
à la lumière de la raison ,qui n’est pas détruite.
Mais qui sait? Presque personne maintenant

ne sait ensuite
relier  les  épaves  ensemble.

Mapas y pecios

Y si trazas el mapa de tu propio
cuerpo, sentirás cómo coincide
con el universo de tu palabra. Y también
que a las ínsulas se llega
solamente por los ríos de la sangre
que anega las selvas, las praderas
y los cielos. Proa siempre
hacia lo incierto que tú configuras
sin precisar de sextante ni instrumentos.
Pero no hay regreso, capitán. Atrás
quedan las estatuas que nunca
o pronto volverán a la arena
por las playas -en la medida
que progrese, extrañamente encendida,
la palabra sobre el cuerpo
en la luz de la razón que no naufraga.
Mas ¿quién podrá saberlo? Casi nadie ahora
junta pecios para después leerlos

-

 

Le monde selon Herodote.  Doc Telerama

Le monde selon Herodote. Doc Telerama


Olivier Bourdelier – Les jours


101-IMG_8261
photo Yannick LeGoff
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Les jours sont courts
j’ai mis dedans
ce que j’ai pu de joie
 
les jours rallongent ma bouche
les traits de mon visage tombent
mes amis ont marché pendant que je dormais
 
les jours sont courts
oh mets dedans
ce que tu peux de joie.
-
-

Serge Mathurin Thebault – Dialogue


peinture:           Eugène  Isabey:        baie de St-Enogat

Le rocher n’a pas son  pareil   pour dialoguer avec l’océan

Cela se fait sans mots

Cela se fait   après une lente étude   de la caresse.

-

 

Serge Mathurin THEBAULT

 

- l’auteur nous fait part  également  de son site, ici

 

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Colette Peignot (Laure ) – d’où viens-tu ?


 

peinture  – Ferdinand  Hodler       Dents-du-Midi- dans les nuages  (Jungfrau )

 

D’où viens-tu avec ton cœur

déchiré aux ronces du chemin.

Les mains calleuses de casseur de pierre

et ta tête gonflée comme une

outre piquée ?

.

Nous sommes ceux qui crient dans le désert

qui hurlent à la lune.

.

    Je le sens bien maintenant : « mon devoir m’est remis. » Mais

lequel exactement ? 

    C’est parfois si lourd et si dur que je voudrais courir dans la

Campagne.

    Nager dans la rivière

    oublier tout ce qui fut, oublier l’enfance sordide et timorée.

Le vendredi saint, le mercredi des cendres.

    l’enfance toute endeuillée à odeur de crêpe et de naphtaline

L’adolescence hâve et tourmentée.

Les mains d’anémiée.

Oublier le sublime et l’infâme

Les gestes hiératiques

Les grimaces démoniaques.

    Oublier

    Tout élan falsifié

    Tout espoir étouffé

    Ce goût de cendre

    Oublier qu’à vouloir tout

    on ne peut rien

    Vivre enfin

    « Ni tourmentante

    Ni tourmentée »

    Remonter le cours des fleuves

    Retrouver les sources des montagnes

    les femmes les vrais hommes travailleurs

    qui enfantent

    moissonnant

    M’étendre dans les prairies

    Quitter ce climat

    Ses dunes, ses landes sablonneuses, cette grisaille et

    ses déserts artificiels,

    Ce désespoir dont on fait vertu,

    Ce désespoir qui se boit

    se sirote à la terrasse des cafés

    s’édite… et ne demanderait qu’à nourrir très bien son homme

    Vivre enfin

    Sans s’accuser

    ni se justifier

    Victime

    ou coupable

    comment dire ?

    Un tremblement de terre m’a dévastée

.

    On t’a mordu l’âme

    Enfant !

    Et ces cris et ces plaintes

    Et cette faiblesse native

    Oui –

    Et s’ils ont vu mes larmes

    Que ma tête s’enfonce

    jusqu’à toucher

    le bois

    et la terre

 

 

LAURE (Colette Peignot)

photographie -             Garry Winogrand -         El Morocco, 1955

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Jean-Marie Kerwich – le chiffonnier des mots


montage  perso  à partir  de peintures

 

 

 

- montage  perso à partir  de peintures

 

Le chiffonnier des mots

Je n’écrirai plus. Je réapprendrai à ne pas savoir écrire. Cette vie d’écriture ne fait pas partie de ma condition de nomade. Je ne suis pas fait pour la lit­térature. Je suis de la race des arbres, je crie avec le tonnerre quand il s’annonce. Je ne suis qu’un vaga­bond, un chiffonnier des mots qui ramasse des pen­sées enguenillées au bord du chemin de son âme. C’étaient les fleurs sauvages, les feuilles mortes, la pluie, le vent, les ronces et les arbres qui me deman­daient de parler de leur vie. C’était une décision divine. Quand je rallumais mon feu de bois et me promenais dans des sentiers inconnus j’avais enfin appris à lire et à écrire. L’écriture était la roulotte où je vivais, mes poèmes étaient mes chevaux, mes pensées mes petites gitanes. Mais maintenant je dois retrouver ma vie nomade. Il est temps d’atteler mon coeur et de partir.

auteur  découvert  grâce au blog  littéraire  d’oceania…

 


Le goût des cendres a toujours la même saveur ( RC )


Affiche secondaire du film       "La route" ( d’après le roman de Cormac McCarthy)

-

S’il y a des tempêtes,

Des cataclysmes, secouent la planète,

Des failles soudaines s’ouvrent sous les villes,

La journée de la colère – ( il y a bien la fête des pères ) -

Où tout bascule

Un monde qui s’anéantit

 

Des îles rayées de la carte,

Les rues de Pompeï sous la cendre,

L’Atlantide s’enfonce, même dans le souvenir des hommes

Les civilisations éteintes, les régions désertées…

  • par quel événement soudain - ?

Caprices météorologiques, gel brutal..

( la main du divin , sur le soleil),

celui qui appuie par erreur sur le bouton rouge,

pensant appeler son domestique…,

 

Brusque montée des eaux, et voilà Noé à l’aventure,

gardien d’une diversité biologique en péril…

Au vaste coup de torchon, le calme plat qui suit l’orage,

Restent les graines têtues qui germent quand même ,

Un jour, même lointain, et qui percent le sol mutilé,

Dévasté sous la lave , ou les poisons des chimistes,

Emportant dans leur floraison future, toutes les erreurs

D’un monde à reconstruire, penché sur les larmes d’un passé.

 

— Prodiges d’énergie et de reconstruction,

Sur les fondations anciennes, la ville neuve s’érige,

Au pays qui s’affirme, le langage   s’élabore,   les lois se multiplient…

Des propriétés qui s’étendent, et avec ,      les spéculations immobilières,

Les cupidités, qui vont avec,                et les guerres les plus cruelles.

A travers l’histoire recommencée,

Le goût des cendres a toujours la même saveur.

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RC- 27 avril 2013

 

 

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Garous Abdolmalekian – Chaque mot n’est qu’un piéton qui passe


vue à travers un vitrail - cathédrale de Maguelone, Hérault , oeuvre de Robert Morris - photo perso

vue à travers un vitrail – cathédrale de Maguelone, Hérault ,        oeuvre de Robert Morris –      photo perso


 

Chaque mot 
n’est qu’un piéton qui passe

Peu importe lequel
Nous écrivons seulement sur les vitres embuées
Pour faire apparaître
La forêt par-delà la fenêtre.


extrait de "Nos poings sous la table",       ed Bruno Doucet

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Benjamin Fondane – Villes


peinture: Wayne Thiebaud            Sunset Street        1985 ( MoMa)

 

Villes

 

Le silence coula sur mes mains

c’était un orage de sable

la ville était pleine de sable

où donc étaient-ils les humains

j’avais beau courir dans le vide

suivi lentement de mes pas, le vide était plus plein

qu’une poitrine gonflée qui fait sauter les pressions,

le vide était si plein, j’avais si peur qu’il n’éclatât

que soudain j’ai pensé qu’il me fallait crier

ressusciter la vie

souhaiter le sifflet des bateaux, des sirènes d’usine

la rumeur des meetings, des fleuves de glace qui cassent

sous la poussée du printemps, les vitrines brisées des grèves générales, le bruit

strident des rémouleurs aiguisant les ciseaux, les couteaux, la criée des poissons dans les halles, les plaintes des marchands d’habits,

des rempailleurs de chaises, des pianos mécaniques et des musiques perforées.

Je vous appelais du fond terreux de mon angoisse

sonorités des étameurs, des camelots, ô chansons nasillardes

des marchandes de quatre-saisons qui font au printemps maladif

l’opération césarienne  -Et peu à peu je vis céder mon insomnie

mes oreilles bourdonnaient, une sorte d’âcre paix, une paix nauséeuse,

pénétra dans mon sang avec une vieille odeur de draps

et mon sommeil ouvert comme une bouche d’égout

buvait les cantiques pieux des machines à coudre,

le ronflement régulier des tuyaux de vidanges, le souffle léger de la vie qui monte et qui grince, ô poulie !

Le bruit de plus en plus fatigué de la vie.

 

 

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Corps du paysage et évasions secrètes ( RC )


photo perso - avril 2013  - Cham des Bondons  -Cévennes

photo perso – avril 2013 -           Cham des Bondons -     Cévennes

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Devant l’espace,                                    l’évidence déployée de la beauté,

La couleur,         lentement                                            se métamorphose

Au gré des heures,                                                         épelant la lumière

Accordée        aux ciels changeants,                     des nuages voyageurs,

Des pans entiers des collines,                                   basculent de l’ombre

A l’étreinte solaire,              toujours présents, et chaque fois différents,

Accord majeur,         sous l’arc                            de l’horizon des causses,

-

Mes évasions secrètes,

           Pas à pas comme une attente

                 Naissant à elle même,

                       Et qui lit,                      dans ma présence,

Autre chose,                                  que la couleur, même,

Autre chose ,

                Encore,                                    que les pentes,

Fatiguées              de leur poids de roches et de forêts,

Mais                                       le corps même de la terre,

                             Allongé,

                                 Et présent en moi.

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RC – 28 avril 2013

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Voyager dans vos paroles ( RC )


dessin: Celine Colombel

Mon souvenir ira voyager                  dans vos paroles
En possible accueil,                    c’est une trace ténue
Qu’en vous soigneusement  ,       vous garderez émue
En une dernière escale,              comme une aile frôle

Au plus sûr de votre cœur,             ce sera une place.
Pour l’ ami                              aux paroles prodigues
Ayant peut-être égaré ,        le nom.           Il navigue
Au milieu de l’esprit  -               rien ne l’embarrasse

C’est un homme vivant ,               qui part et s’élance
Comme                         un ciel d’orage sur les mâts
-         L’homme   le plus tenté par l’amour   s’ébat
Et vents, poussent  navires                avec élégance…

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RC  – 01-2012

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T.S. Eliot- Arriver là d’où nous sommes partis


peinture:          Jerome Bosch – extrait du " jardin des délices"

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"Nous ne cesserons d’explorer
Et le terme de toute notre exploration
Sera d’arriver là d’où nous sommes partis
Et de connaître cet endroit pour la première fois.
Franchir la porte inconnue et reconnue
Quand le dernier coin de terre à découvrir
Sera le commencement même ;
À la source du plus long des fleuves
La voix de la cascade cachée
Et les enfants dans le pommier
Non connus car non recherchés
Mais entendus, à demi entendus, dans le calme
Entre deux vagues marines."

de "« Little Gidding », Quatre Quatuors"

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Laura – Prélude, comme une attente


dessin: Aloïse, musée de Lausanne

-

J’ai entendu le mot prélude,

c’est comme une attente,

un prélude à la nuit,

un prélude à l’aurore,

mais comme je ne suis pas sûr,

je préfère m’arrêter là.

 

Un alphabet de saveurs,

il faudrait donc les classer et pourquoi ?

Toutes les saveurs, comme tous

les malheurs et tous les bonheurs

n’ont pas d’alphabet.

 

Tout est mélangé, une larme de cannelle,

un piment de douleur.

On goûte à tout, café torréfié pour

se réveiller et pièces montées

pour les mariés.

 

Ne vous embêtez pas surtout

pour faire cet alphabet de saveurs,

elles viennent à notre bouche

et vous les reconnaissez sans erreur.

-

Laura

La personne qui a écrit ceci l’a  fait à travers un atelier d’écriture  organisé  dans un hôpital psychiatrique, et publié  dans  "mots de passe "  (  ville de Martigues)

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Richard Brautigan – Un carnet dans la même poche que mon passeport


poème-affiche du site des ArtPenteurs

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Les cinq poèmes

que j’ai écrits aujourd’hui,

ils sont dans un carnet

dans la même poche

que mon passeport. C’est

la même chose.

-

Richard Brautigan, Journal Japonais

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Claude Debussy – Voir le jour se lever


dessin perso: Musée d'Art de Bâle  - Suisse

dessin perso ——-d’après une oeuvre de Meister von Stierentz   : Musée d’Art de Bâle – Suisse    mars 2013

-

Une citation paradoxale, pour quelqu’un d’aussi fin musicalement  que  Claude Debussy:

"Voir le jour  se lever est plus utile que d’entendre la Symphonie pastorale. "

Mais ( outre la notion  d"utilité", qui pourrait se discuter, et savoir  qu’est-ce  que l’auteur entendait par là ) …  le fait de ressentir des émotions  dans le monde "en direct", sans être lié au monde de la création,  et notamment  du domaine  auquel on appartient…

- peut-être aussi parce que l’oeuvre citée fait partie d’une culture "classique", donc, du passé…

jour

-


L’inspire se dévide ( RC )


 

 

 

l’inspire se dévide,          et il pense danse
-                                  des graffitis sur le mur ,
essuie, il faudrait une gomme
-       en attendant,
-                  ou un peu de toile émeri,
pour revenir au vert d’eau,
qui surmonte les carreaux.


Et     chacun,     passe ,     et y ajoute ses mots,
                                ce sont des obscènes
qu’on       ne trouve pas en poèmes.
Ou bien                             la calligraphie grasse
des feutres,       ceux  qui arrivent à dégouliner,
-    et s’obstinent,       entre la chasse,
et la cuvette ,              dont l’abattant pend.

Le bonheur des mouches, qui se mirent

dans les lignes d’eau,
jointoyure incertaine au creux des carreaux,
que le sol a recueilli,
            –          restes de rouleaux roses.

Voila de nouveaux parchemins ,   pour donner
libre-cours           -    aux talents d’écriture,
quel dommage de négliger ainsi ,  – qui cristallise
l’avancée de l’esprit  !!. -
Mais c’est faute au confort, ce papier rose
qui s’enfonce,
        sous la pointe revêche       du stylo,
ou même la mine de plomb   –    crayon.

Il semaillerait des mots,
l’inspiration du moment,
un moment bien choisi,
        au regard du bruit de la rue,


- drôle d’endroit pour régler sa montre -


derrière la porte épaisse , – bois, qui arrive à mi-tête,
                                      targette branlante,
la place ,                déserte à cette heure
pourtant, oui,                   il reste encore
les trognons des choux-fleurs
et des morceaux d’orange moisis ,   -  après le marché
et des cagettes enchevêtrées,
-             la balayeuse ne va pas tarder à passer 
dans les guenilles de la ville- ,


et les mots en cascade qui dérapent,
comme pas permis,     -          se dilapident les pensées,
les pleins et délirés ——-          que tout rentre
dans l’ordre lorsque qu’il sort   !   -se trouver
quelque chose à dire,
pour coller l’avalanche             cataplasme d’écriture,
il te faut ce beau papier,


—                   mais  où sont-ils,                           justement

ces mots qui te venaient en flammes ?

-

RC           avril 2013

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Dylan Thomas – Et la mort n’aura pas d’empire


peinture: Mark Rothko

Et la mort n’aura pas d’empire.
Les morts nus feront foule
Avec l’homme dans le vent et la lune rousse ;
Quand leurs os blanchiront et leurs os blancs partiront,
Ils auront des étoiles au coude et au pied ;
Même s’ils sont fous, ils seront sains d’esprit,
Même s’ils sont perdus en mer, ils reviendront ;
Les amoureux seront égarés mais l’amour restera;
Et la mort n’aura pas d’empire.
Et la mort n’aura pas d’empire.
Sous les rouleaux de la mer
Ils demeureront à l’abri de la tourmente ;
Torturés pour que lâchent leurs nerfs,
Attachés à une roue, ils ne cèderont pas ;
La foi en leurs mains éclatera,
Et les diables cornus les piétineront ;
Écartelés de toute éternité, ils ne céderont pas ;
Et la mort n’aura pas d’empire.
Et la mort n’aura pas d’empire.
Plus aucun cri de mouette à leurs oreilles
Ou le déferlement des vagues sur les rivages ;
Où la fleur s’épanouit peut-être qu’aucune fleur
Ne lèvera son front aux coups de la pluie ;
Bien qu’ils soient fous et raides comme des clous,
Leurs têtes laboureront les champs de marguerites ;
Brisés par le soleil jusqu’à ce que le soleil se brise,
Et la mort n’aura pas d’empire.
-

Philippe Jaccottet – Cette montagne a son double dans mon coeur.


peinture F Hodler:

Le massif de la Jungfrau

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Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m’adosse à son ombre,

je recueille dans mes mains son silence

afin qu’il gagne en moi et hors de moi,

qu’il s’étende, qu’il apaise et purifie.

Me voici vêtu d’elle comme d’un manteau.

Mais plus puissante, dirait-on, que les montagnes

et toute lame blanche sortie de leur forge,

la frêle clef du sourire.

-


Claude Saguet – Belle, pour quel désert suis-je promis ?


peinture - M Deroi

pastel  – Arthémisia  – "vers la ville "  ( étude )

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Belle, pour quel désert suis-je promis, pour quel autre

désert s’il faut, à chaque instant, retrouver sa solitude dans tous les yeux qui passent ?

Lorsque les routes se dédoublent et s’amoncellent les fleuves ; lorsque lentement, dans le matin, s’élève l’haleine rouge des heures, je voudrais m’ouvrir comme une parole privée d’air depuis longtemps.

La mer, de tous ces plis, m’apporte des chants sans mémoire qui vont, avec l’entêtement obscur de l’oiseau, pour retrouver un goût de terre et d’orage.

Désert, désert partout ! dans les cercles criants de la sève, dans l’arbre qui se tord pour ne plus exister

Et j’ai peine à croire à notre langage immobile sous les pierres, à ce reflet dans le miroir brisé à l’aube des cascades.

(l’œil déserté version 2 éditions dé bleu 1980)

La nuit m’apporte

un poème d’eau fraîche.

La nuit venue du fond

de ton corps mutilé

je peux la prendre dans mes bras ;

je peux l’avaler toute jusqu’au premier rayon.

La nuit venue du fond de ton corps flagellé

est-elle femme

ou rose noire ?

J’ai fermé portes et fenêtres.

Est-elle femme,

est-elle écho

la nuit venue du fond

de ton corps décharné ?

Je veux en elle

trouver un visage, de quoi me remettre à vivre.

La nuit couvre la plaine

de son lierre fantôme

et j’imagine un corps vivant.

La nuit comme une forêt morte

sur un chemin hanté de plaintives lueurs.

(l’œil déserté version 2 éditions dé bleu1980)

peinture: Hans Baldung Grien

peinture:          Hans Baldung Grien


Catherine Pozzi – Escopolamine


 

peinture: Nesch Rolf 1939

peinture: Nesch Rolf 1939

 

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Escopolamine
Le vin qui coule dans ma veine
A noyé mon cœur et l’entraîne
Et je naviguerai le ciel
À bord d’un cœur sans capitaine
Où l’oubli fond comme du miel.

Mon cœur est un astre apparu
Qui nage au divin nonpareil.
Dérive, étrange devenu !
Ô voyage vers le soleil —
Un son nouvel et continu
Est la trame de ton sommeil.

Mon cœur a quitté mon histoire
Adieu Forme je ne sens plus
Je suis sauvé je suis perdu
Je me cherche dans l’inconnu
Un nom libre de la mémoire.

 

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Le geste avait pris sa main ( RC )


dessin calligraphique  à partir  d'une  sculpture  de Matisse,  exposition Matisse  et Rodin, musée  Rodin,

dessin calligraphique à partir d’une sculpture de Matisse,           exposition Matisse et Rodin,       musée Rodin,   décembre 2009

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Ce qu’il se passe sur sa page,

je ne peux l’expliquer          …

il y a de l’oubli nécessaire, et un temps céleste,

qui brouillaient sa présence et dirigeaient ses pas.

 

                Des pas d’encre                quand je débarquais demi- inconscient,

franchissant des seuils sans s’arrêter,

usant de l’entaille comme des signes,       portés par une mémoire.

 

Elle était là, à ma place, basculant au bord du monde,

et se frayait un chemin parmi la surface,

                         toute à elle sans un parcours de sève ,

unie au tracé rapide sur la feuille qui tremble.

 

                             J’avais vécu le temps d’un baiser anonyme,

qui ne laisse de son passage, que la trace du dessin,

C’était un grand geste précis qui allait se lancer

dans une arabesque, et le mouvement seul,

avait pris sa main.

 

Il se demanda encore s’il y était pour quelque chose,

confondant le destin et le dessin.

                             Une seule lettre  en sépare le sens….

 

On lui dit que oui .

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RC -  10 avril 2013

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Mots de phoenix ( RC )


dessin: MC Escher

dessin:   MC Escher

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Cette  lutte  dans la  froidure
Que l’on partage  en fins mots
De quoi tenir  au chaud
Encore des chants  d’azur…

Feux  de phénix
Renaissant de ses cendres
On peut  toujours  attendre
Des phrases prolixes

Ou je ne sais  quoi
Des feux follets
Ne laissent  inquiets
Que ceux restant cois…

J’observe alors, ma foi
Dans le ciel , les fumées,
-     de tes proses allumées
Que nous accorde la joie.

RC   – 5 mars 2013

note : cette création s’appuie  sur un poème de Jean-Jacques  Dorio, qui nous  évoque  le phénix – visible  avec beaucoup  d’autres dans  "poesie mode  d’emploi…"

image - travail perso sur dessin de Fabienne Fontaine

image -      travail perso sur dessin et support lettre

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