voir l'art autrement – en relation avec les textes

mythology

Le repos des sirènes ( RC )


Art roman:               chapiteau aux sirènes –    Eglise Ste Eutrope           Saintes ( Charentes Maritimes)

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C’est le repos des sirènes sur les rochers
Leur longue quête les mène      sur les  îles
Et point de traces, au jour,    juste des fossiles
Repérés par les bateliers s’en revenant pêcher

Ces femmes-poissons, -    c’est une blague
Dit-on,              …. ce qu’il faut d’imaginaire
Au fantasme            des hommes de la mer
Ayant fait un détour par Copenhague

Ou bien, entourant un bateau en détresse
Se portant au secours des  naufragés
Elles se sont, sous eux, allongées
Tout en délicatesse

Et leur ont fait jurer  secret,
Sous serment, de ne rien dire,
Une langue étrange qu’on ne peut traduire…
Sur ces sujets il faut rester discret

Ce sont, peut-être des anges  de l’eau
-                     Au profil aérodynamique
Accompagnant par le fond, le Titanic
Et bien d’autres paquebots…

Et même si tu vas à confesse,
Avec l’envie de tout dire, c’est pas la peine
D’essayer de convaincre une sirène
Ou sur la terre,           alerter la presse…

Tu as scellé ta promesse,
Mieux qu’une lettre aux sept cachets
L’eau profonde, garde ses secrets cachés
Comme celui du monstre du Loch Ness.

Les sirènes auraient plusieurs vies
Et surtout,           les plus beaux chants
Pour nous,           bien sûr,    aguichants
Une fois entendus, toujours poursuivis.

Dans l’eau salée, les sons se propagent,
Ceux des dauphins,les chants des baleines
Et tu voyages, à en perdre haleine
Au berceau de la mer, en héros ou bien otage…

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RC – 21 janvier 2013

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photo:       JM Boutaud                  – petite Sirène de Copenhague -  qu’on peut  retrouver  sur le site "jolie lumière" de JM B

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préférer les sandales aux bottes de cahoutchouc ( RC )


peinture:            fresque villa Farnèse:           Psyché et Mercure

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Au confort exotique,
le corps  s’étale
dans la vie locale
aux aléas climatiques…

Convoquée , manucure
Ne craint pas scandale
Et dessine , démarche bancale
Les pieds, ailés      de Mercure

Trouver meilleure chausse
A son pied   servile ….
Il est toujours plus facile
De célébrer des noces

En sortant de son chapeau
Un soulier de cristal
Plutôt que sandale
Aux temps hivernaux.

Au sortir de l’aéroport
Si tu as le pied fin,
C’est soulier de satin,
Garanti grand confort

Aux pays  du soleil
Sans être momie,  aux bandelettes
Es tu bien dans tes baskets
Les ampoules vissées aux orteils ?

Trouver chaussure à son pied,
Le grand amour  rêvé…
Cueilli au pied levé,
Des temps expatriés.

Des bottes  de sept lieues
Permettent, avec quelque  chance
De franchir grandes distances
Pour agiter,   mouchoirs des adieux.

La soif d’idéaux
Fait de toi la reine
Un jour couverte  d’étrennes
Portée au plus haut…

C’est oublier, que la terre  est dure,
Même de l’autre côté – obtuse
Et que les semelles  s’usent
Avec la distance, et le pas sûr…

Il n’y a pour rêver, pas d’age…
Aux vols d’altitude
La chute peut être rude
En quittant les nuages.

Laissant de l’amour,    le mystère
J’en connais, qui préfèrent des souliers
-        De milieux hospitaliers
Accrochés à  la terre.

Se bouchant les oreilles, Ulysse
Pour éviter ,      des sirènes, les voix
Fit ainsi son choix
-         Et sur lui, elles  glissent.

Quittant le paradisiaque,
Le voila, laissant le boubou
Pour des bottes  de cahoutchouc
Bientôt en vue d’ Ithaque …

Pénélope,…. pour l’accueillir,  est venue,
Portant ses escarpins
Au creux de ses mains,
Et elle,                       elle est pieds nus…

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RC    – 14  janvier 2013

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Peur de la fin du monde, et Nostradamus ( RC )


B_Facundus_186v

manuscrit roman:  Apocalypse de facundus  ( saint Sever)

Tout cela forme             une belle  ellipse
Avec Nostradamus et ses prophéties
-          Sur une nouvelle  apocalypse
Qui viendrait par ici

A inquiéter les gens à la ronde
—            Et vendre du papier
Ces histoires de fin du monde
Et de                 cercles alignés.

Ou bien de nouveaux jeux olympiques
Qui se jouent            dans les cieux
Avec un combat antique
De croyances en des dieux.

Basculant la misère, ivre de colère
Dansera le cheval
Refondant l’univers
–           Nouvel ordre mondial …

L’Apocalypse et son cavalier
Galopent  avec solennité
Et nous voilà pieds et poings liés
…              Par la crédulité.

On trouve  toujours quelque quidam
Pour manipuler les nombres
Nous menacer d’un drame
Et des échos                de l’ombre,
C’est pas la première fois qu’on nous fait l’coup
De                      l’épée de Damoclès
Du hurlement les loups
-            qui se baladent  sans laisse

La terre  envahie par les rats
Lectures de terreur ….
"Du matin calme la fin viendra"

Au fait,   ça rapporte combien, la peur ?

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RC  11 décembre 2012

voir aussi, sur l’Apocalypse – mon post précédent  "grand  tri d’un au-delà "

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La porte du sommeil ( RC )


photo : opéra de Wagner:            l’anneau des Nibellungen

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La porte du sommeil

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Lorsque la lourde porte s’entrouvre
Et que se glissent les rêves
Les brumes des légendes,
Les nymphes flottantes,
Aux bruits                      de la forêt,
Laissée,            nocturne à la mousse
Et aux sommeils sauvages,
Juste effrités,               par les images
Furtives des biches, venues s’abreuver
Aux sources de la nuit.

Il y a dans nos mémoires,
Toutes les histoires,
De chevaliers errants,
Les étangs fumants,
Les poussières fuyant en rayons de soleil,
Lorsque, justement, on sombre dans le sommeil.
Les fées sont d’exquises danseuses  *
Les plantes, aux tentacules vénéneuses,
Se liguent ,               hantant, en errance,
Nos souvenirs d’enfance.

Dans nos rêves, se glisse la tempête,
Si on soulève la tête,
C’est tout un monde fantastique,
Qui bascule toute logique
Le désert des tartares
Les griffes du cauchemar,
Les épées qui tranchent
Les arbres qui se penchent
La brume filtrant des puits
Les nains qui s’enfuient…

Un cercle de feu ,              où s’inscrit
—             La chevauchée des Walkyries,
L’écho renvoit,             et répète
Les sonneries des trompettes…
—  Dans la tête aussi , les peintures d’Odilon Redon
Et s’envolent aussi                    le char d’Apollon,
Et d’autres                              animaux sauvages,
Quittant la terre pour un voyage,
Tutoyant l’irréel
Dès que leur poussent des ailes.

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RC  -  4 décembre 2012

illustration: l’or du Rhin

* «  les fées sont d’exquises danseuses » est le nom d’une pièce pour piano de Claude Debussy,   ( préludes)             voir lien DailyMotion

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Le Petit Prince, et la musique du monde ( RC )


 

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C’est, extrait du livre de l’enfance,

Le Petit Prince, qui met le pied

Sur une frêle planète,

 

On y entend, si on écoute, une brise

Qui chante dans les arbres, la vie

loin de avions qui passent

 

 Et la caresse chaude des jours de l’été.

Le Petit Prince progresse, il ne lui faut pas longtemps

Pour faire le tour de la terre, et passer le gué

 

Des îles aux continents, sans se mouiller les pieds.

Il s’interroge avec insistance, sur la forme des montagnes,

Le silence blanc des déserts, l’aventure des rivières

 

La succession des villes, et des maisons jouets

Sagement alignées, le long des routes,

Et les supermarchés,sont une grande attraction.

 

S’il veut dessiner des moutons, demander son chemin,

Il n’obtient pas de réponse, car on ne le comprend pas,

Déjà les hommes ne se comprennent pas d’une région à une autre

 

Et se barricadent chez eux, derrière des frontières,

Mais au-delà des murs on entend de la musique

Qui passe sans rien dire

 

Comme le vol des colombes

Sur la frêle planète

On entend, si on l’écoute,

 

Tout de l’amour, et des langages, sans paroles.

Elle ne disait rien, et finit par tout nous dire.

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RC- 18 octobre 2012

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Variation peu crédible, sur des évènements d’antan ( RC )


 

manuscrit         Bodleian Library      Oxford

 

 

 

 

 

 

 
Marie est au bout d’une ficelle, à dépenser idées congèles
C’est un jeu de maux, jeu de vilains qui joint le geste
Aux paroles des étoiles, à compter les pieds, de nez,
Mettant voile et vapeurs, rien n’est sûr, ni le pied marin

Ce qui souffle en rêves coincés, s’étale dans la ruelle
Les murs ont des oreilles, les forêts appellent
Des doigts de velours, et rondement

Les confidences de vieille dame indigneFondements de détours, aux regards hagards
Feuilletant le libre air ( par le plus grand des hasards)
Marre debout, roue dantesque, rien n’avance
Dans un passé, où l’orne hier, restant présent.

Idées congelées et mouvements suspects,
Voici un autre chapitre, qui se dépense
En gestes immobiles, alors qu’autour, tout remue
Madame, derrière son voile

Est assise et médite, sa fenêtre entr’ouverte
Juste un rayon de lumière filtre, d’entre nuages
Il apporte une bonne nouvelle,, — un ange passe
Et d’une flèche, illumine son visage

A cette venue, s’il est bien des mystères,
Il faut peu de choses, parfois
Pour faire parler de soi, sur la terre,
L’annonce aura mission de livrer un garçon!

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RC  – 30 septembre 2012
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Jorge Luis Borgès – Labyrinthe


 

photo: labyrinthe  de la cathédrale  d’ Amiens

 

 

LABYRINTHE

 

Il n’y a pas de porte. Tu y es
Et le château embrasse l’univers
Il ne contient ni avers ni revers
Ni mur extérieur ni centre secret.
N’attends pas de la rigueur du chemin
Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
Qu’il ait une fin. De fer est ton destin
Comme ton juge. N’attends pas l’assaut
Du taureau qui est homme et dont, plurielle,
L’étrange forme est l’horreur du réseau
D’interminable pierre qui s’emmêle.
Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette
Bête au noir crépuscule qui te guette

-


Grand tri d’un au-delà ( RC )


Art:             manuscrits  de l’Apocalypse  (  Saint Sever )  XIIè s
Si du livre la page
les aventures dessinées
en bandes de destinées
sur plusieurs étages

Les saints auréolés
D’enluminures,  s’empilent
Les cavaliers de l’an mil
Ne  vont  dégringoler

Que  si, des ciels, l’éclipse
Ou les hiérarchies reculent
Et qu’ainsi, le monde bascule
Dans l’Apocalypse

Il y a l’ange aux ailes  de feu
Qui surveille la scène
Les hommes à la peine
-  enfin, les gens de peu -

Que l’on ne voit pas,
Si la bataille  s’engage
Alors que le Malin enrage
Promis au trépas.

Car l’on sait la terre
Eloignée des cieux
Le domaine de Dieu
Mais proche de l’enfer.

Il faut donc choisir
- ce n’est pas banal -
Entre le bien et le mal
Pour bientôt mourir.

Les ailes  déployées
Vers un plus bel azur
Du destin futur,
Pour l’éternité

Ou bien embrasser Satan
C’est alors rôtir
D’un autre avenir
Et c’est pour longtemps !

Si c’est notre lot,
Si c’est pour demain
A passer l’examen
Tirer l’mauvais numéro

Ou c’est blanc , ou c’est noir
Peu d’élus, beaucoup d’appelés
Ca va être la mêlée
Pour le purgatoire

C’est là, le lieu du tri
Avec  ces  salades
Tu es dans la panade
Au milieu des cris

-  Origines ethniques ?
-  Vous avez une pension ?
-  Quelles sont vos opinions ?
-  Passé politique ?

Tu viens  de quelle  région ?
Que font tes parents ?
Et quel est ton rang, ?
Et ta religion ?

………..Il faut être conforme
A l’examen du passé
Quand on est trépassé
Et surtout dans les normes.

Si t’as une  bible
Des cheveux blonds
Et puis quelques  ronds
C’est d’ja plus  crédible

Carte  d’identité ?
Sécurité  sociale ?
Et ben t’as la totale
" On va t’inviter ! ".

Mais  si t’en n’ as pas
Ni carte  de crédit
Pour le paradis
On étudiera ton cas

Les places  sont limitées
Et puis faut pas  rêver,
Elles  sont  réservées
En enfer,  va donc  t’agiter !

-

RC  – 16 septembre 2012

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François Corvol – Mythologies 01


Mythologies

1 août 2012
42

À M.L.


tout ce qui se replie
n’est pas marée
ni drap de ton lit
tout ce qui s’éteint
n’annonce pas la fin
ni la mort ni la nuit
ta vie pour y nager
profonde suffisamment

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Mémoire debout ( RC )


 

photo perso:            menhir des Bondons –           Mont Lozère

 

C’est une pierre
Qui s’endort
Sous le soleil
Lourde de mémoire

Ce sont des hommes
Qui la réveillent
Et la charrient
Contre les pentes

C’est une pierre,
Un esprit, une sentinelle
Qui est dressée, solitaire
Contre le vent

C’est une énigme
Sa présence, jetant un défi
A la physique de Newton

Mais tu t’endors,
A son ombre, et à la tienne
Les papillons se posent

Comme ils se sont posés
Sur le menhir dressé
Juste à côté.

RC   -  15 Juillet  2012

 

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photo perso: menhir vers St Julien d’Arpaon – Cévennes (48)


Goutte-à goutte des pages et légendes ( RC )


peinture: détail de peinture perso            acrylique sur carton       1987

 

 

 

C’est un goutte à goutte qui lentement  remplit la jarre,
Une  épopée, un chapitre qui démarre
Cette  eau, qui  peu à peu s’ajoute, autour de l’ile
Ce sont des larmes qui murmurent, aux places de la ville

Le nom d’un ciel, qui se vide et pousse ses ombres
Les fontaines  qui tournent, autant qu’elles encombrent
Les mots  qui cascadent, dont le poids fait bascule,
Leur addition,         récit de vie,       nous bouscule

Comme des roues à aube,  le mouvement,
Toujours porté, vers l’avant
Fait tourner une partie du monde, ou davantage
Chaque  fois effeuillant une page.

Ce sont des légendes qui se chantent.
Des histoires qu’on enfante
Que l’on écrit ou que l’on porte
Dans les mémoires,      peu importe

Au parcours qui ne s’explique pas
Dont on garde la trace, pas à pas.
C’est,           portés par les mots
Au vent portant aussi les  eaux

Un mouvement qui va au ciel
Que l’on dit                perpétuel
Une nouvelle page avancée
Sans cesse    recommencée

De celles  qui se ressemblent
Autant qu’elles  s’assemblent
Même si, de pente, elles  dévalent
Ou bien qu’elles  s’étalent…

Aux histoires  décrites plus haut
Différentes en celà, des deux  gouttes  d’eau.
S’accumulant sur la table
Sans être pourtant semblables…

Chaque livre offre son voyage
De bibliothèques, en rayonnages
Pris  dans la main, ces écritures
Donnent  à l’esprit de l’aventure;

Et gouttes de littérature habitées
D’histoires d’humanité,
Un tonneau des Danaïdes
Qui jamais ne se vide..

RC-      10 juillet 2012

 

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petit chaperon des poèmes ( RC )


 

 

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Aux lectures poétiques,  si ce n’est pas un leurre
Ce plaisir  ,il ne faut pas le renier
Plutôt que le garder dans ton panier
Un p’tit recueil,  une plaquette de beurre

Et une galette de poèmes
Tout ce qu’il fait pour tenir le coup
Sans limites – je dirai "beaucoup"
Allez   " Tu peux te r’servir en crème"

Et même y mettre les  doigts
Puisqu’on parlait de beurre
On va pas renier son bonheur
Ici ce sont les mots qui font foi

On s’en échange  et on lit ( c’est la loi)
Une soupe de lettres , c’est le partage
De fin potage, personne n’en est otage
Aux faim – becs, sans prise de poids…

C’est le mot de la fin, déguster la lecture
En fin gourmet, en petites doses
Que celà croise rimes ou prose
Mère-grand peut se mettre à l’écriture

" – Que tu as de beaux yeux, mon enfant !"
‘ – C’est pour mieux dévorer ce que tu écris"
" – Que c’est beau ce que tu dis, quand tu cries!"
" – C’est pour faire danser tes oreilles, mère-grand"

" – Et quel appétit, avec cette petite bouche rose !"
" – C’est pour partager ma pensée, en prose
" – Que tu as de beaux doigts, mon enfant!"
" – C’est grand-mère, pour faire plus élégant"

 

C’est ainsi que chaperon rouge , en fil d’échanges
Le casse croûte, au bénéfice  de l’art poétique
Avec Mère grand  au demeurant fort sympathique
Se mettent à la table des lettres,   et mangent…

…  toute la bibliothèque, et de ses livres
à s’en faire ivres.

On dirait même qu’elles  dévorent
Tout le panier, et ces paroles  d’or

 

29 mai 2012
"


Else Lasker- Schüler – Fin du monde


peinture: William Blake :    le cercle de la luxure ( amants damnés)                     Francesca Da-Rimini et Paolo Malatesta, d’après la Divine Comédie  de Dante

 

 

 

Il est des larmes dans le monde
Comme si le bon dieu était mort
Et l’ombre de plomb qui tombe
Pèse du poids du tombeau.

Viens, cachons-nous plus près…
La vie gît dans tous les coeurs
Comme en des cercueils.

O! Embrassons-nous profondément.
Au monde frappe une nostalgie
Dont il nous faudra mourir.

 

(Weltende, 1917)

 

 

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Comptes d’Orient ( RC )


art –        manuscrit perse

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Des mille et une nuits

Voila l’humeur voyageuse

D’objets, l’abondance et l’envie

C’est cette histoire merveilleuse;

L’escadrille  de tapis volants

Au souvenir des parfums d’orient

Celle des roses d’Ispahan

Qui berce l’esprit des  enfants …

Il est question de diamants

D’or et d’objets, de bandits

Dans l’obscurité les yeux  agrandis

Captent des éclairs d’objets brillants

Abondance à remplir  son cabas

" C’est un hasard heureux

Qui m’a fait pénétrer ces lieux

Se dira, rêveur, Ali Baba

Je n’ai pas pu en faire le compte

De tous ces objets de valeur

Détenus par quarante voleurs "

( enfin, c’est ce que suggère le conte)

Tant de richesses rendrait avide

Si on les savait quelque part

La misère est partout, chacun réclame sa part

Et réchauffe  les esprits cupides…

Ou bien  c’est un objet précieux

Qui permet d’exaucer les voeux,

D’avoir tout ce dont on manque

Et de faire  "sauter la banque"

La lampe  d’Aladin contenait un génie

Qui faisait de son mieux

Pour rendre les hommes heureux

Surtout pour les plus démunis…

Une demande pour l’avenir ?

Et ceci, à quel tarif ?

Devenir calife à la place du calife ?

La lampe à huile va tout vous dire…

Mais  attention, à ce qu’on croit

Faites bien votre choix

Les voeux se limitent à trois

Au delà vous pouvez faire une croix…

Et attendre des jours meilleurs

Assis dans la poussière

Vivant dans la misère …

A attendre le bienfaiteur…

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Je conte sur lui…

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RC  -  22 et 28 juin 2012


Ulysse est de retour ( RC )


peinture: P Picasso Ulysse sirènes détail du centre: musée d’Antibes

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Ulysse est de retour – c’est ce qu’il paraîtrait

Mais se souvient-on, encore de ses traits ?

Ou le reconnaître à quelque chose, peut-être sa bague ?

si son corps émerge un jour d’entre toutes ces vagues…

 

Or comme la chance tourne, aussi, les vents contraires

Permettent avec Neptune, un retour vers la terre

Contre les sorcières  —  des efforts insensés

Pour retrouver l’épouse, le pays (  au diable la Circé !)

 

Non loin d’une petite île,  la mer Egée, porte son épave

La côte dentelée,  chuchote un murmure, d’entre les agaves,

Les pins , les figuiers , jardin méditerranéen, de Picasso

Les fenêtres ouvertes, la terrasse blanche, et les plantes en pots.

 

Le voila debout,             couvert d’algues marines,

Et sa cuirasse,                  au cuir d’auréoles salines

Entreprend, blessure oblige, une ascension lente

Glissant des cailloux,           que fatigue sa pente…

 

En route pour sa demeure, il tient à la main

Une lance brisée,                un filet d’oursins..

Le retour fera la une, il va falloir que l’on danse

————-Après de longues années  d’absence.

 

Les animaux le reconnaissent d’abord,  -  têtes curieuses

Des récits du guerrier,     pêche miraculeuse

Les centaures,, les nymphes et les chèvres

Chouettes et hiboux, taureaux  – et même les lièvres

 

Ne se souviennent ni d’Hélène,  ni de Troie

Mais du héros au regard lointain   ( ou bien à l’étroit )

Car,                          bien au-delà de l’horizon des mers

Selon l’odyssée                       rapportée par Homère,

 

Il faut oublier le sang versé,           et les larmes

Enterrer les compagnons perdus, et les armes.

Le repos du guerrier évoque les femmes-fleur

La paix retrouvée diffuse du bonheur, l’odeur,

 

Pour célébrer                 " la joie de vivre "

Avec Bacchus             à s’en faire ivre…

Notre héros  est de retour  !   La célébrité !

Devant quand même  décliner, son identité…

 

Pénélope,             ses prétendants à l’amour

Ne comptaient plus  (  après un tel détour)

Qu’ils puissent perdre                       leur pari

Et la dame,    sa patience   " en tapisserie"…

 

Qu’elle défaisait ,                         après le jour , la nuit,

N’a pas dormi,            pour mieux tricoter son ennui

L’araignée nocturne,  amante pieuse, re-défait sa toile

Comme faisant des voeux,                   ou porter le voile,

 

Fait  de ses semaines,une longue chaîne de patience

A refaire les gestes,       les mêmes,  en permanence

Mais guettant l’horizon,          et sa moindre barque,

Attendant Ulysse     –       lui seul sait bander son arc…

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RC           16 juin 2012

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- ( et liens  sur six oeuvres  de P Picasso)

 


Inconstance, jongleuse de lune (RC)


peinture:            Abraham Janssens:
Allégorie de l’inconstance vers 1617. –         Madeleine renonçant aux richesses de ce monde,         Palais des Beaux-Arts de Lille

 

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L’art, dans l’imaginaire,  nous transporte  toujours
Et même  crée devant nos yeux l’image de la pensée
C’est un paradis, un enfer, ou , des âmes , la pesée
Les dieux en combat, les allégories  et amours

Au pays de muses, j’aime  voyager, en bonne fortune
Dans les  peintures,                   d’espaces  translucides
A sortir de son mouchoir,              lapin, ou bien lune
Jouer avec les symboles, homard et autres  arachnides

D’un espace noir, et                       peut-être sans atmosphère
Mais agité de courants, fréquenté par les bêtes  de la nuit
Et mouvements, tordant les voilages, ,       qui prolifèrent
Tandis qu’en bas, sous l’oeil des déesses, les hommes  s’enfuient.

C’est le caprice de ces dames, la fantaisie  des dieux
Qui fait le pluie  et le beau temps,                              et notre destin
Notre sort , notre vie se joue, pour ici,            en d’autres lieux
La conduite de ces affaires, n’est pas pour nous, à portée de main.

RC  12 mai 2012

 

 

 

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Statue de sel ( RC)


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A  trouver   dans le biblique des analogies

Avec les  aventures  de la mythologie

Je  vois  de partout des anges, les ailes

Et  au rivages d’océan, des ptits tas de sel

En pays lointains  et ça  -  c’est pas  de bol –

Que la mer soit morte,  ( et que l’eau  s’envole)

Une histoire  à l’eau de rose

Et voilà le sel qui dépose

Sur l’eau qui devient si dure

Car saturée de saumure

C’est pas de nature  à plaire

Aux poissons  de la mer…

Et même  -                  ça les  énerve !!

De se retrouver              en conserves

Même  si c’est  très pratique

car sans camions  frigorifiques …

On parle  aussi des miracles

Qui faisaient grand spectacle

Comme Jésus         faisant des ricochets

Sur  la plage,              pleine de déchets

Ou encore  -  la légende, elle  a bon dos –

Se permettre même, de marcher  sur l’eau

Facilité en cela, par                        la teneur en sel

Que l’on pourrait – on l’a dit – ramasser à la pelle…

Mais revenons à nos propos légendaires

A ce qu’on peut,              ou ne pas faire…

C’est comme Orphée qui met tout par terre

En regardant derrière, de retour des enfers

Même  si                   c’était pas le paradis

Ya            toujours et partout des interdits !

Orphée, désobéit…           et va se faire  blouser

A vouloir contempler de nouveau,  son épousée

C’est comme l’histoire d’la femme deLoth, sans doute paniquée

-    ……..     les épisodes sont ici, assez compliqués-

En bref,         c’est châtiment et punition des hommes

Lorsqu’on s’ décide         à punir la ville de Sodome

Sodome  et Gomorrhe

-         c’était déjà l’horreur –

Fallait préparer les tombes..

Y avait pas des bombes

Qui tombaient  du ciel

Mais s’activer partout – surtout avec la pelle

C’est comme  Orphée            et son retour d’enfer

MissLoth  ne d’vait s’occuper – que d’ses p’tites affaires

Mais elle est trop curieuse, et va fourrer son nez

Dans c’qui la r’garde pas …           et se retourner

La voilà d’un coup,              changée en fossile,

En statue de sel               comme une imbécile

On la contemple  encore,              au bord de la flotte..

C’est une  œuvre d’art…    -  oui,  – on reconnaît bien la Loth !

On n’sait pas encore, au bord de la plage, si c’est  véritable

Ou  une statue d’artiste, le tout, au milieu des châteaux de sable.

De toute  façon, ça  fait sensation… !!

…. On en a encore parlé…  aux informations !!

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Ames au poids (RC)


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papyrus egyptien.. pesée des âmes

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Des aventures en mythologies, beaucoup les partagent

Ce sont des dits, des légendes  ( et des commérages)

Qui se colportent, en générations, dans les mémoires

Et donnent en naissance,   de belles  histoires

 

La pesée des âmes  ( d’un poids négligeable)

Devait être comme l’or  ( assez rentable)

Bataille des chiffres et ——-marchandages

Et j’organise  un p’tit voyage  !!

 

Par convois entiers,  ou bien fusées

Les âmes sont partantes pour aller  au musée…

Mais y en a qui trichent, comme le Dr Faust

Préférant livraison lente plutot que "chrono-post"

 

Ayant vendu, comme on le sait, son âme au diable

Et afficher  en retour, un sourire aimable,

Qui pourrait convenir à Marguerite    – (elle lui fait la bise) …!

Et aux échanges, y a aussi le marchand  de Venise

 

Qu’à sa p’tite affaire, et n’connaît pas la crise !

C’est encore elle ( la crise), qui étonne et défrise..

J’ai donc  reçu, y a pas si longtemps , une proposition

D’acheter l’esprit, l’âme et le talent   -  autorisation -

 

Pour une vie meilleure, un autre horizon

Ce qui, pour cette âme, était la meilleure  solution…

M’étant jamais v’nu à l’idée de posséder deux âmes

Surtout quand  l’autre est celle  d’une femme…

 

———-  mais  tout compte fait, j’vais  réfléchir…

Pas  sûr qu’ça  soit une bonne  affaire  -  pour investir

Cela risque  fort de perdre de la valeur

s’il me vient avec,  douleurs  et malheurs…!

 

A jouer malin, et passer par-dessus les lois

Même encore  légères, les âmes seraient un poids…

Je dirai plus tard, les suites  de l"aventure

Et leurs conséquences sur mon futur

 

Si je rends visite à  la voyante, Mme Soleil

Qui a de petits seins, mais  gros orteils  …!

Elle  connaît les comment  et les pourquoi …

On verra donc,  quel sera mon choix…

 

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photo: Sculptures du tympan de Conques ( Aveyron) J Mossot


La soirée western ( RC)


affiche

Affiche : La chevauchée fantastique ( John Ford)

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Derrière l’écran,                il y a des âmes  agitées
Qui combattent, pour l’honneur,    âme habitée

C’est une histoire  de voleurs, de western
D’enlèvement,        de drapeaux  en berne

Une course à travers l’étendue         poussiéreuse
De grandes étendues,      j’aperçois les Rocheuses

Il y a des squaws,             les cailloux qui dévalent
Et qui giclent,                   sous les sabots du cheval

Le héros toujours solitaire, un peu justicier
Au regard farouche,              n’est pas policier

Combat les méchants qui sont tout autour
Et je m’accroche,        au fauteuil d’ velours

Y a l’ptit gars du coin, Qui f’rait une bévue
S’il racontait qu’ il a tout vu.

Y a l’ivrogne au bar,                            oui, c’est çui qui louche
Et l’gardien du square,     qu’est sourd comme une souche

Pendant que tout ce monde s’agite
On atteint, au drame,          la limite

Pour le dénouement heureux
( il s’en fallait de peu )…

Les bandits  s’enfuient,  c’est la débandade
On entend encore,    toute cette cavalcade

Avec le mot “fin”            la musique magique
Qu’accompagne, si bien, le beau générique

Le nom des acteurs,   qui s’inscrit en blanc
Monte lentement,             du fond de l’écran

Et aux spectateurs,   fini,   le rêve
La lumière revient, et chacun se lève

Une  fois encore,                            t’en prends plein les yeux
Mais il faut quitter la salle,                  et ses fauteuils bleus

Gardant bouts d’aventure,                  qu’on emporte en soi
Souvenirs émus,                                          c’est un peu de joie

Pour dire à d’autres,    – hier au cinéma,
J’ai vu le film, …                                           ” Sûr que t’ aimeras “

Inspiré  d’une  autre lecture,  et aussi  ( je me régale),  de la chanson  d’Arthur H  ” est-ce que  tu aimes  ?” (  avec M, justement…)


les " Icare " d’Alice ( de rêves d’écriture)


Alice dans son blog http://revesetecrituresdalice.over-blog.com/

nous offre ses variations sur le mythe d’Icare...

La chute d’Icare

A l’approche du soleil rougeoyant

Les battements désordonnés de tes ailes

Apportent le froid dans ton cœur, du vide annoncé

Proche des flots noirs

Se désarticule ton corps vulnérable

Tes bras se tendent vers l’éternité.

 

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Alice

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Vendredi 19 février 2010

L’envol d’Icare

La Terre quittée, à l’ombre des bras-ailés

Se tend ton corps fragile vers le ciel azuré

Loin du flamboiement mortel

Une douce chaleur attise ta quête de liberté

Les lents battements d’ailes grisent

Ce voyage vers l’éther

homme ailé,  d'après un dessin d'Odilon Redon,  vu à la grande  expo Redon été  2011  Montpellier, Musée abre..  technique utilisée   encre

Alice

 

 

voir aussi l’article précédent ( sur Apollon et sa concurrence à Icare)…

 

Pour Juliette En Résonnance : L’envol d’Icare

 

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