Les pensées qui tanguent ( RC )
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Les pensées qui tanguent s’entremêlent de rêves;
Ce que tu écris, – les échos de sève -
Portées de musique et les mots défilent
en constructions fragiles,
tendues en liens de dentelles,
comme deux plantes s’emmêlent…
Je ne sais distinguer de qui se débride,
De tes fièvres rouges ou paroles limpides,
Des mots jetés et paroles farouches…
A chaque arbre, ses racines, sa souche…
Les plantes en symbiose sont en voisinage,
Et cohabitent sans se faire ombrage.
L’une , de l’autre ose aller plus loin
Vers la lumière, c’est donc un besoin
Toujours renouvelé
De la parole descellée,
A partager la soie et le satin,
Pour les draps étendus de beaux lendemains.
—
en dialogue avec Phedrienne…
Le ruban de tes pensées m’obsède,
Déroulant ses volutes de neurones entêtants,
Passant, galonné de dentelles,
Ou crocheté de fièvres rouges,
Où flamboie la connectique
De tes contradictions majeures…..
J’y surnage, brassant de mes idées farouches
Ton alternatif courant,
Tanguant de satin en soie saumonée,
De coton dur en voile satiné,
Craignant de déchirer au tranchant de mes synapses
L’organza trouble de tes chimères osées…
Le ruban de tes pensées m’enlace,
Noue de ses ligatures serrées,
Un bout de mon cœur oppressé,
Liane mes caprices débridés,
Et dans cet entrelacement sauvage,
Douceur et rudesse mêlées,
Se tisse un dialogue endiablé !
voir son "Ruban"…
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Le bruit dans mes tempes ( RC )

peinture: Odilon Redon. Le coquillage
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Le bruit et le sang
Pénètrent dans mes tempes,
Et l’âme éclatée,
Tourbillonne sur elle-même,
Prisonnière de mon Je,
Tête et corps assemblés,
En bonne logique,
Et pourtant séparés.
Ce n’est pas par la distance,
Mais la terre qui parle
A travers nous,
De l’antre et de l’arche.
L’oeil du silence
Et pourtant le bruit
Des désirs qui se heurtent
Aux mémoires sensibles.
L’océan des plaines douces
Aux tensions secrètes,
Le ventre coquille,
Qui boit mes émotions.
Et comme les silex
Qui se heurtent
Les bouquets d’étincelles,
-nous engendrons nos ciels -
Dans un voyage
Aux lointains d’écume
Où il n’est pas besoin de paroles,
Pour s’entendre en échos….
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RC – 4 mars 2013
Danse des lucioles ( RC )

-Il faut bien le dire,
Tu m’as aidé à ôter la robe
Celle des nuages, recouvrant les étoiles
Et dans la nuit scintillante; qui m’attendait
S’échangent les avions d’argent
Vers les destinations lointaines
Peut-être celles des bonheurs partagés
Et la danse des points dans le sombre,
Celle des lucioles
S’appuie sur les traits fugaces
Des comètes, dessinant à la lumière
Sans les craies, sur la tableau d’ardoise de la nuit.
Et tu rassembles aussi les clins d’oeil,
Des lucioles,— la danse des anges,
Avec le pont des heures couchées
Sans les ballerines, avec la forme de ton sourire
En équilibre, quelque part – ballon léger
Au dessus,corsage transparent, de mon sommeil….
RC – 03 mars 2013
–
inspiré du texte de Colette Fournier,( Phedrienne ) ci dessous, …………..et visible sur http://colettefournier.com/2013/01/27/5-heures-du-matin/
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J’ai parcouru la nuit à grandes enjambées
Franchi le pont des heures couchées
La nuit est amicale, elle sourit à la vie
Cachée sous les étoiles, et puis,
Elle a une allure folle dans sa robe ajustée
Son corset bleu marine et ses douces ballerines
Je l’ai suivi marchant à pas silencieux
Sur ses traces fuyantes de danseuse invisible
Et me voilà debout sur une crête noire
Un si drôle de perchoir, où je ne pense plus
Mais laisse traverser les comètes en goguette
Quelques anges déchus aux ailes harassées
Moi je suis sans fatigues, mais aussi sans idées
Une tête noctambule, ballon hydrogéné
Qui implosera peut-être en laissant dériver
Une petite luciole espiègle et inspirée !
—
Horatu, traduction du mot luciole en japonais, est un astre qui vole au bord de l’eau et annonce l’été aux japonais. Deux sortes de lucioles différentes par leur "style de vie" : le genji-botaru (12 à 18 mm) qui vit au bord de l’eau douce et le heike-botaru (8 à 10 mm) qui préfère les rizières et les eaux stagnantes, se nourrissent de colimaçons. Elles font partie des espèces aquatiques au stade larvaire parmi les dix répertoriées dans le monde, ce qui semble normal étant donné la géographie du Japon et des iles environnantes.
Brigitte Tosi – Et si tout disparaissait ( suivi de ma "réponse" )
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Et si tout disparaissait
La sève de nos arbres
Celle de nos vies
Les traces de nos pas
Les flocons de poussière
Le trop plein du regard
Le silence du ciel
L’ombre des lumières
Prolongeant nos fenêtres
Le poids de nos enfants
Endormis sur nos joues
Si rien ne profilait
Notre horizon muet
Qu’adviendrait-il du mot
De la beauté du monde
Tendus haut par les mains
Du poète tremblant ?
B T. 19 juillet 201
—
Si rien ne profilait
A l’ horizon muet
Les mains du poète
Modéleraient le monde
Et des flocons de poussière
Recréerait, de lumière
La beauté du monde,
Un nouveau chemin,
Et les premiers pas
Inventés des enfants
Que nous sommes.
RC – 25 novembre 2012
Aïcha Bouabaci – Visages d’ombre

peinture; Modigliani; portrait de Juan Gris
VISAGES D’OMBRE
Quand d’un être longtemps
Le sourire demeure
Et qu’il vous accueille
Pudique
Au seuil de sa maison
Par delà le silence
Au delà de l’absence
C’est que ni ici ni ailleurs
Par delà les saisons
Au delà du temps
Nulle part il ne meurt
AICHA BOUABACI
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La joie ( Ile Eniger) – Pluie d’été ( RC )
A partir du beau texte de Ile Eniger, ( le premier), j’ai écrit le second…
La joie
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Le pain brûlé des terres
La lumière en bras de ruisseaux
La perfusion du jour sur les heures de nuit
Les veines au cou de la montagne
Les vignes lourdes de vin vert
Le ciel marine à force de brasure
Les oursins de lavandes dans l’océan des champs
Les fenêtres ouvertes pour reprendre leur souffle
Et les rideaux fleuris
Les pas derrière la porte
La présence
La vie pleine forge
La centaine des blés pour un seul coquelicot
Le rouge du soleil en face
La joie
Légère comme une espadrille.
Copyright © Ile Eniger
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pluie d’été
Légère comme une espadrille
Le pas suspendu
Au dessus des brumes
Elle flirte avec les dunes
Et se saisit des montagnes
Pour en faire des chapeaux
Qu’elle repose,de biais
Dans l’océan des champs
Si bien peignés de blés
Et qu’elle va visiter
Lorsque le ciel caresse le sol
Encore chaud de l’hier,
Et d’une fin d’été
Aux parfums de lavande
Et de la terre mouillée.
RC – 11 septembre 2012
en rapport avec la photographie voir aussi cet article
Copyright © R Chabriere
Océan – mer – terre, destin d’une embrassade ( RC )
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Océan – mer – terre, destin d’une embrassade
Vogue le destin d’une embrassade,
étreinte et baiser humide de l’eau au sable
la fin de quelque chose, le début d’un autre
s’évanouit la terre ferme, pour le choix du liquide,
une masse matière qui vit de ses soubresauts
l’histoire de tant de marins qui s’y sont fié, en espérant voir un jour la ligne dorée d’un continent lointain, ou, gagnant leur vie au milieu des embruns salés, pour rapporter une manne vivante dans les filets, mais toujours en équilibre, sur l’instable, à portée des caprices de l’écume et du noir des abysses,
peu se sont attardés, à convoquer la couleur bleue, comme celle d’un paradis uni et tranquille…
Et partir en croisière, pour le souvenir dans la mémoire, des ports ensoleillés.
Il y régnait surtout l’odeur tenace des huiles et
Des poissons séchés , à la musique des filins qui claquent sur les voiles, et le concert des mouettes…
L’océan, suit la lente rotondité de la terre, il la cache ,l’obture, et remplit ses failles, antre des mollusques et des mâchoires des prédateurs qui s’y sont fait leur empire…
de l’autre coté des courants l’océan a l’odeur femelle, et ne révèle ses mystères qu’en surface.
On y sait des coraux, des épaves, des algues et méduses, et peut-être des sirènes…
Mais aussi la mémoire des conflits terrestres, des navires coulés, avec leur cargaison, d’hommes et de matériel, le rêve des contrebandiers,, les galions d’or, la vaisselle fine, les amphores pleines de vin d’Italie…
Les boules tueuses des mines, guettant les cachalots métalliques…
Les supports des îles, en stratégie qu’on se dispute, en invasions alternées : Chypre, la Crète,Hawaï et
plus récemment les Malouines…
On y soupçonne les courants obstinés, prolongation des fleuves et rivières, en fantasmant sur la dérive des continents, les migrations parallèles aux oiseaux, des bancs serrés de poissons voyageurs…
On en rêve dans sa chambre, pour voyager en romans, , dans une épaisseur liquide à vingt-mille lieues de Jules Verne, puis aux légendes grecques.
Le raffiot de la rêverie, n’a changé d’échelle que depuis la vue aérienne, avec laquelle les vagues les plus déchaînées, ne semblent qu’un vague frisottis décoratif…
Qu’en serait-il de l’effet de tsunami « pris sur le fait » ?
une onde circulaire, s’étendant comme
lorsqu’on jette un caillou dans l’eau, suivi d’une autre, puis semblant se calmer, alors que des murs d’eau viendraient,
quelques heures plus tard, rejeter violemment les chalutiers, et bateaux de plaisance au milieu des falaises et forêts…
La soupe salée, vécue du bord des côtes dévastées prenant soudain un goût de l’amer, bien éloigné
de l’aspect paisible qu’on suppose à la mer.
…..Sans l’apostrophe…
RC - 14 juillet 2012

peinture: William Turner
La route tracée de pluie ( RC )
La route tracée de pluie
Ta route est tracée de pluie et de soleil
Les ombres s’y allongent et s’y diluent
Dans une perspective incertaine
Les allers et retours, et croisées de chemin
Offrent en raccourcis leurs ornières et leurs dos d’âne
Les reflets des orages dans les flaques
Et celui de ta vie, qui mène comme elle l’entend
Son petit bonhomme de chemin
Et croise souvent le mien.
C’est à croire que la carte est écrite,
Qu’il est des rencontres fortuites,
Ou presque, qui nous retrouveront à l’abri
Aux petits bars de la côte, les odeurs de soupe
de chou-fleur et les fish ‘n chips,
Alors que la mer s’est suspendue,
Un instant de repos en paysage
Et la lumière au fond de toi
Qui me guide souvent, d’entre les nuages…
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18 juin 2012
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auquel de nouveau Lutin fait écho avec
C’est douloureux et tendre à la fois
la route tracée de pluie
le silence des corps interdits
pliant leur ombre en désespoir
Comme il est doux de traverser les lieux solitaires
dans le dos des marches
descendre le long fil de l’oubli
refusant de dormir
le soir tendu comme l’orage
Il manque la longévité des heures
cogne le cœur
un jour le ciel s’arrêtera de pleurer
creusant la mer de sel
aux couleurs d’un champ de neige
Entre-temps les cheveux poussent
fleurs aquatiques dans les flaques d’eau
la mort n’éteint pas les lumières
glissent nos yeux dedans
les mains retenues
lutine – 19-06-2012
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Enigme – présence (RC)

peinture; portrait de Bianca Maria Visconti par Masolino
Il y a des passages si doux
Qu’un sourire sur ton visage
Il y a des portes qui jamais ne grincent
A la fugue de tes silences
Il y a le parcours de ton énigme
Qui ne répond à aucune question
Il y a tes mains sur mon visage
Qui dessinent des partages
Il y a ta présence, qui, même dans l’absence
Fait oublier tous mes fardeaux.
RC 30- mai 2012
( complété par Lutin)… aujourd’hui…
—-
Il y a tes silences
aussi longs qu’un regard
et ta bouche qui en dit long
lorsque ta langue humecte mes lèvres
Il y a tes mains
comme la vague happe le sable
tes bras qui me portent sur la grève
c’est une tempête de mots ces instants là
-
-Merci bien, B, j’aime bien, comme tu le sais le procédé ‘ping-pong"… d’ailleurs je l’ai classé dans cette catégorie
J’ai cherché le feu (RC)
Je cherche le feu, le voici
J’ai fouillé dans les cendres
Et senti la poudre tiède de douceur
Accompagnée des morsures des braises
J’ai cherché dans les cendres
De la mémoire du silence
Et je t’ai trouvée, douceur,
Avec la soif de ton corps en braises
J’ai cherché la douceur
Entre la demeure des instants
La patience d’un feu – soudain
De nouveau ravage mon âme.
RC – 28 mai 212
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Avec la réponse de M, visible sur ecriscris
Et celle de Manouchka, notre poétesse québécoise…
Braise apaisante sur mes froidures passées,
Son feu coule dans mes veines sclérosées,
Je me réchauffe à sa mâle présence,
Qui dessine sur ma peau de faïence,
Un poème tatoué à l’encre rouge,
Où les couleurs du couchant, encore bougent….
—-
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tes mots à survivre (RC)
Peut-être que tu ne survivras pas à tes mots
Si ceux ci portent une charge toxique
Et qu’ils procurent à leur auteur mille maux
En se reproduisant de famille, prolifiques
Mais on peut imaginer que l’inverse le soit
Et qu’en vin des marges, ils remplissent
Les recueils, et d’indépendance, soient
Au point qu’ils te survivent avec délices
Ces signes qui nous inventent
Vont aussi nous guider
A traverser la mort lente
Mourir pour des idées
C’est bien Georges qui le chante
Et toujours, on le fredonne
Brassens nous enchante plus que hante
Et ses paroles résonnent
A la série des pages ouvertes
On peut voir le temps qui tasse
Du jardin, à la grande fenêtre
Les écrits ne s’envolent ni s’effacent
La parole se donne, orale
Les poètes anciens ,heureux élus
Hugo, Rabelais, de Nerval
La parole écrite est encore lue.
L’étonnant cristal d’immatériel
De la parole qui touche l’âme
Traverse encore tous les ciels
Et nous joue encore ses gammes
Shakespeare, Othello et Ophélie
Au théâtre des hommes, éternel
Et la voix cassée de Billie
Si vivante, belle, très actuelle…
Se nourrissent de mots précieux
Distribués à travers l’espace
Comètes et météores audacieux
Mais nous en avons toujours la trace
——–
Réponse à JJ Dorio pour son "vin des marges"
Yves Bonnefoy – le désir poétique
Dans un Entretien de la revue "levure littéraire" , j’ai extrait ces propos d’ Yves Bonnefoy,
Ce fut à partir d’un certain jour, dans le pays des étés d’enfance, un arbre vu au sommet de la colline d’en face; et cet arbre, ce n’était pas simplement une part de l’horizon, il se dressait là-bas comme un être, il semblait m’indiquer qu il avait avec moi un rapport tout à fait personnel, me promettre qu’il allait m’accompagner dans ma vie, et je pouvais ainsi l’aimer comme un compagnon, sentiment nouveau, sentiment jusqu’à ce jour inconnu.
——————–
par ailleurs, j’écrivais dans
DISPOSANT SUR MA TOILE DES COULEURS HABITÉES
La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets
Buées du vacarme salin des rafles sur l’espace
Ce qui nous tient éveillés, et rend sagaces
Sous cet après-midi luxueusement malaxés,
L’ajout et le reflux, matières minières
À laisser la mer nous envahir d’hier :
Le petit carré d’ocre résiste sans pensées
Mais en couleurs seulement dépensées
Sans paroles, et sans la moiteur intruse des terres d’été
En cet instant unique, à l’ombre évasive des oliviers,
Témoins millénaires de l’Italie proche de Sicile,
Du monde en regard mythologique, et en îles…
Immobile encore, sous les saccades du vent
Témoin de notre passage et notre instant
Sans pour autant me risquer à convier l’éternité
Disposant sur ma toile, des couleurs habitées…
René Chabrière
( en réponse à Jean-Jacques Dorio qui commentait ma "grande bleue")
La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets,
Ceci, cela, en somme, qui nous tient éveillés.
jj dorio
—
je renverrai aussi à l’article -poème que j’ai écrit à mon retour du Burkina-Faso:
Caresse d’écriture, caresse dansée (RC)
Et de la grande feuille, si je la lis
Et si j’y participe, à cette folie
En lançant des traits d’encre noire
Sur l’espace libre -bienvenu- d’écritoire
C’est que j’aime aussi où nous entraînent
Des mots le heurt et la mise en scène
Au jeu des miroirs inversés, aux reflets mobiles
Qui font de l’écriture la rencontre habile
D’avec celle et celui ,qui va lire et rebondir
De sa tête et ses doigts, au mieux dire
A la fantaisie, aux profondeurs des pensées
Aux thèmes connus et caresses dansées…
—-
——–NB: caresse dansée est le titre
d’une pièce pour piano d’Alexandre Scriabine.
Une de mes peintures de cette suite - qui en comporte 6,
a fait l’objet d’une pochette de CD de la part de la pianiste Virginie Dejos, interprête de A Scriabine ( étude, préludes, et sonate n°9) et M Ravel (Gaspard de la nuit) - voir son site et écouter des extraits du disque
ce texte fait suite à l’un de JoBougon visible sur http://jobougon.wordpress.com/2010/10/30/crimes-de-rimes/#comment-2907
Paul Celan, et Rose Ausländer
Esprits nomades nous dit Rose Ausländer.. ( suite à mes recherches sur Else Lasker Schüler)…
Paul Celan
Parle –
Mais sans séparer le non du oui.
Donne aussi le sens à ta parole
donne-lui l’ombre
Donne-lui assez d’ombre,
donne-lui autant d’ombre
que tu en sais partagée autour de toi entre
minuit et midi et minuit.
À cela Rose répond :
j’ai trouvé
un mot qui ne pleure pas
les autres portent le deuil
de la perte
de la patrie.
cet hiver à venir qui se cache (RC)
En écho à Nath ( bleupourpre)…. et ma réponse sur L’aveu de l’hiver sera assez tôt…
Et cet hiver à venir qui se cache
Soies et cachemires sont à broder
Aux feuilles et racines par l’été érodées
La lumière jaillissante enlacée
Tables paillardes agacées
Accordéons et fêtes en cours
Aux gibiers ruisselants, chasse à courre
L’après-midi digeste de la cuisine des dieux
Porte les plateaux ocres jusque vers les cieux
En attendant des temps moins cléments
Des outrages d’orage, et vents déments
D’un engourdissement allant vers l’oubli
Sous le froid latent des montagnes et des plis.
—–
Et la patience des pins restés debout
Encapuchonnés de blanc sur le vert, marabouts
Et l’obstination à ne pas faire deuil
Du chêne blanc, à ses feuilles
Se déroulent sur le causse les saisons
Dont on attend l’improbable horizon
Sous la marche forcée des nuages
Cachant de l’hiver, le vrai visage
Sur la croisée des chemins (RC)
-
Sur la croisée des chemins, en ondules et creux,
du paysage c’était sa main
des traces qui menaient quelque part,
sans doute, mais où?
je ne savais rien de l’après ,
de ce qu’ était derrière la colline du lendemain,
la boule de cristal peut-être, – c’est sûr -,
les lignes de la main, encore,
m’auraient lu mon destin,
mais j’ai préféré continuer ma route,
avec toi, la main dans la main
-
et la traduction en espagnol que m’a gentiment fait parvenir Josephine Coll…
En la encrucijada
-
En la encrucijada, en ondulaciones y oquedades
del paisaje era su mano
huellas que llevaban hacia algún rumbo,
sin lugar a dudas, pero ¿a dónde?
del después yo lo ignoraba todo
de lo existente detrás del monte del mañana,
la bola de cristal quizás, — es cierto–,
las líneas de la mano, más aún,
me hubieran desvelado mi destino,
mas preferí proseguir mi travesía
contigo, cogidos de la mano
Ce texte est un commentaire à partir du thème original proposé par Juliette, et repris par JoBougon..
comme elle a fait un autre écrit dans le même sens que je cite ici, je lui ai fait la réponse suivante hier ( plus bas)…
———
Invitation
La banquise ne sied guère
A la passion torride
Venez-donc très chère
Avec moi parcourir
Le monde et ses secrets
Et s’installer qui sait
Sur la plage du désir
Qui attend nos soupirs
Puisque c’est la chaleur
Mariée à la douceur
Qui fait vibrer mon cœur.
Jo
——–
Chère toi…
tu sais tout de mes vibrations
de mon âme en sensations
de mon âme en ascension
et de mes tensions
Nous alons patiner dans les moules
Tamiser la semoule
Découper la banquise en dés
En faire chasse gardée
Et garder les glaçons
Pour faire à l’hameçon
De la pêche miraculeuse
Abondance merveilleuse
En plaisirs friandises
Qu’avec toi j’autorise
A partager moments
Au bal des amants…
-
Philosophie délirante
A la philosophie vivante,
j’associe la délirante
A l’amour magicien
Chacun y met du sien
Dans son beau palais
Cléopatre fait des siennes
Elle a fermé les persiennes
César en faux con maltais
On lui a grillé les neurones
Il monte la garde au fond du Rhône
Caché longtemps dans l’abri liquide
D’une eau pas très limpide
Il eût été inspiré de rester à Rome
Sans courir après les fantômes
Ni convertir les celtiques
Par la langue de bois politique
On aurait préféré l’amour magicien
A l’habileté du politicien
Et qu’il laisse ses bataillons
Manger cornichons et graillons.
A force de courser Cléopâtre
Et son profil d’albâtre
Il a loupé l’été, la plage
Le soleil, et le bronzage
Et les pieds en éventail
Plutôt qu’un champ de bataille…
cet article est une réponse complément à celui de JoBougon : voir http://jobougon.wordpress.com/2011/10/12/philosophie-vivante/#comment-2438
Ivresse et "cuisine" avec JoBougon (RC)
Ivresse ( texte original à partir duquel les autres sont en "écho" )
19 juin 2011 par jobougon
Ces douleurs que le monde méprise
Nous freinent telles les douleurs exquises
Qu’il conviendrait très chère marquise
De transformer en friandises
A faire dégeler les banquises
En vivant nos passions torrides
S’il advenait qu’à tout hasard
On apprenne à faire don de l’art
De s’abandonner en amour
Sans plus de peur ni de détour.
-
Ainsi par quelques détours
Et revenu à l’Amour,
Chère Marquise
tu m’a conquise
gilles/lepoete71 -
le 19 juin 2011 à 23:48 |
Ainsi va notre amour
Redessinant les contours
De nos deux vies réunies
Pour être plus épanouis.Jobougon/lapoétesse13
Avec mille bisous -
le 20 juin 2011 à 00:18 |
Souffrez, chère marquise,
Qu’à ces mots, à mon oreille si tendres
Je sorte du congélateur aux douces bises
La crème fouettée, qu’il fallait se prendre
Afin d’orner, du four extrait, torride
Ce gâteau aux saveurs exquisesQui n’attend que votre bouche avide
Abandonnant sans peur ni timide
Son fondant d’arômes liquides
Pour ne laisser plus aucune miette
Sur votre délicate assietteSans détour , ni peur
Je vous donnerai de tête
Les secrets de ma recette
Deux cent cinquante grammes de beurre
De la tendresse ,de la bonne humeur…
Et à vos joues émues, un peu de couleur ! -
Ah cher marquis c’est étourdie
Par toutes ces jolies sucreries
Qui sentent bon les joies refleuries
Que vous me voyez alanguie
Vous m’avez tant fait rire ce soir
La poésie est une victoire
Et c’est renversée comme la crème
Que sur mes joues monte l’érythème
D’une ivresse où votre tendresse
N’a d’égale que vos douces caresses. -
Ainsi , je suis fort aise que ce dessert
de suite après le camembert
vous tirez, Marquise, une caresse
des ces mots renversés, une prouesse,Il convient maintenant de savourer
ce que vie peut nous donneraussi je propose une fine liqueur
Que nous boirons en coeurAutant faire de l’ivresse
Une divine messe ! -
Votre messe cher marquis adoré
N’a vraiment plus rien du curé
Vous savez combien j’aime pourtant
A rester un tant soit peu décent
Mais puisque vous relevez le jeu
Je vais donc me servir de ce feu
Pour allumer dans la cuisine
Sous ma petite recette coquine
Et aller réchauffer l’humour
Avec plein d’autres calembours. -
Et bien, Marquise, en cuisine coquine,
Je ne doute qu’elle sera fine,
Et de l’humour à petit feu
De l’amour toujours ce sera jeuIl faut céans laisser de coté,
Il est vrai, notre brave curé
N’aurait cure (et) de propos polissons
De ses ouailles, surtout en juponsCeci non plus, sans invoquer diable
Ou, si c’est vous , Marquise, si aimable
Aux saveurs et propos de miel
On a évoqué le septième cielA partager en deux , je dirai cieux
Que votre recette est bonne ( grands Dieux) ! -
Existe-t-il au autre destin, pour les passions torrides qui se vivraient sur des banquises, que celui de tomber à l’eau ?
-
Espérons que la glace tienne suffisamment longtemps pour qu’elles meurent de leur belle mort.
-
Je commanderai café liegeois
Pour le siroter avec toi
S’il reste suffisamment de place
Pour tenir à deux sur la glace. -
Le tout est bien glissant
Et le café sur ma chemise
En traces, n’est pas de mise
Sur un blanc très salissantC’est la faute au vin de messe
Dont j’ai rempli de calice
Marquise aurait appelé la police
Si elle n’avait, en grande prêtresseEffleuré le bonheur
D’une badine farouche
Qui à tous les coups fait mouche
—
un p’tit verre de liqueur ? -
Ce cher marquis
Il dit liqueur
Mais mon honneur
Me commande de faire à son heure
Mieux que le café en couleur
Puisqu’ une tache qui serait brune
Sur sa poitrine moi je l’assume
Je roulerais jusqu’à sa plume
La dite messe d’une douce écume
C’est la glace qui fond je l’assure
Et puisque cette prune est mûre
Ne reculez pas d’aventure
Devant la pâte et la levure
Entrons direct dans la cuisine
De cette jolie diablesse divine
Qui a le palais si sublime.
–
Que diriez-vous d’être au régime ? -
Car ce sera si j’ai bien compris
En cette saison un clafoutils
Je serais prêt à en faire pari
Et vous avez tous les outilsEt par vos dons, Marquise,
Dans la farine, vos doigts
Et la juste cuisson requise,
Ce sera un plat de choixAu régime me souhaitez vous?
Cruelle, cette préparation exquise
Au moelleux si doux
Pour moi, n’était pas de mise ?Ce n’est pourtant pas l’embonpoint
Que vous montrez de vos doigts blancs
Ce qui tend ainsi mon pourpoint
N’est pas un songe gourmand( réservé aux amants ?)
-
A brûle-pourpoint je vous réponds
Que le régime de ma cuisine
Est réservée à ceux intimes
Qui ont su faire fondre les pontsMais marquis vous qui vivez loin
Saurez-vous rejoindre ces matins
Où le clafoutis dégusté
Nous aurons les noyaux crachésCroyez bien très cher samouraï
Qu’avec toutes ces victuailles
Vous soyez bénis par les « Dieux »
Je le ressort toujours un peuAimant à toujours concocter
Des plats de chambre* à plaisanter
En toute sorte de saisons
Et toute sorte de positions…(réservé aux aimants)
-
Si c’est donc là, le régime
D’un sourire en coin
Ce n’était pas l’embonpoint
Dans vos propos légitimesJe partage à distance
Les prunes que mon jardin
M’offrent dans ma main
Noyaux exceptés, de préférenceChère Marquise,j’imagine votre geste
Clafoutis dégusté, rejoindre le matin
Plats de chambre en un tournemain
(tours de mains), pour les propos lestesEt plaisanter de concert,sur la cuisine
La façon et la cuisson
En toutes positions
Il est dit , »de parties fines »Je vous crois sur parole,
A faire fondre les ponts, votre visage
S’illuminera – selon l’usage
Comme celui d’une sainte, sous l’auréolePour cela, puisque nous parlions d’ivresse
Boissons dégustées et plats partagés
Seront goûtés comme il se doit, et mangés
Bien épicées, de caresses et tendresses. -
Marquis je chambre et j’aime chambrer
Et de parties fines je connais
Ce que vous voudrez bien montrer
Si c’est l’embonpoint qui vous siedNos complicités culinaires
Seront rejointe volontiers
Par d’autres jeux bien plus sucrés
Qui ne sortent pas du frigidaireSachez donc que mars et vénus
Sous la couette ont des imprévus
Qu’il convient aussi de dompter
Pour que le partage soit entierSi vous touchez à l’émotion
Il viendra alors des frissons
Evitons l’écueil du rendement
Qui paralyse et glace le sangPour que les visages s’illuminent
Vous oserez ces jeux sublimes
Qui ne demandent aucun effort
Et nous mettrons tous deux d’accordA venir lâcher nos défenses
Il nous faudra toute la patience
Et la vulnérabilité
Nécessaire à la volupté. -
Rassurez vous Madame
Point d’embonpoint n’ai
Bien que je sois gourmet
Et même, ce ne serait pas drameVoulez vous avec biscuit ,volupté
partager ? Je connais des boudoirs
Qu’il faudrait savoir
Tremper dans votre théMars et Vénus
en planètes associées
sans atmosphère viciée
sont les bienvenusLoin de moi les rendements
D’une cuisine rapide
Aux plats insipides
Je vous prendrai doucementPar la taille
pour accompagner les jeux sucrés
ceux de votre spécialité
les aventures de la failleQue je rempliai de grains
Dorés de raisins
Pour mieux savourer
Les fruits de vos bontés -
Vous êtes mon empereur
J’ai fait salon dans mon boudoir
En tendre faim de recevoir
Cet embonpoint que n’avait pas
Marquis et son doux chocolatDe thés parfumés au jasmin
Vous avez trouvé le chemin
Je n’en dirai pas davantage
Sur la profondeur de l’ouvrageCar sans être béni oui-oui
Marquis vous avez bien admis
Que loin d’être une sauterie
Pour jeter d’en haut l’ennemi
C’est de boudeuse dont il s’agit
D’envers ou d’endroit je l’oubliePour nul naufrage il faut courage
Vous avez relevé le défi
A travers les mailles du corsage
Vous êtes allé sans faire un pliDe cette bonté partagée
Comment faire pour vous remercier
Si ce n’est en vous laissant faire
Dans l’entrée vos douces affairesEt de portail en cheminée
Comment aurais-je pu deviner
Dans quelles sortes de mondes enchantés
Vous alliez là me projeterNos ravissements planétaires
Viendraient comme un grand souffle d’air
Aérer le feu des idées
Bien mieux qu’un âtre ordinaire
A me pulser sur vos avés
Sans jamais être offenséeLes miroirs en lie de folie
C’est d’une bouteille dont il s’agit
Un de vos crus millésimés
Dont seul vous avez le secret
C’est ainsi qu’il fallait traiter
Les fruits de vos raisins dorésQuand par la taille vous m’avez prise
De bonheur suis restée éprise
Vos failles sont pleines de surprises
Que sans vous n’aurais pas apprisesSans chercher aucune petite bête
Mon araignée fût stupéfaite
De se trouver au cœur d’une fête
Dans l’imprévu de vos fenêtresMarquis de boudoirs en salons
Vous avez œuvré pour de bon
A faire le tour de ma question
Réservée à mon grand champion
J’avoue que c’est votre nez rond
Impérial qui eut le pompon. -
C’est ainsi, grande duchesse
Que par la luxure de vos tresses
Nous montons en grade
Sans que rien de dégrade
De complicité, nos relations
Boudeuse, Bougon, c’est votre appréciation
Du courage certain, dont il est question
Pour les douces affaires
Au ventre salutaireJ’ouvrirai mon pourpoint
Pour, de vous, prendre soin
En crus millésimés
J’oserai vous limer
Et duchesse , à vous presser
En surprises caressées
Votre araignée maligne
Saura se montrer digne
D’une visite ino-pinée
D’une seringue d’élixir
Qui vous fera rougir
Sitôt ino-culée.Que j’aime votre entaille !
Pour la visite, on n’y voit goutte
Mais c’est sans doute
La profondeur de la faille
Afin d’en avoir le cœur net
J’écarterai les pétales
Avec ma langue frontale
D’une pichenetteD’une fontaine jaillissante
Je récupérerai les raisins aplatis
Par mon grand appétit
De passion fouissante
Et du jus de fruits
Extraite de votre puits
Une bouteille tiède
D’un puissant remède
Pour le festin galant
Des nouveaux amants -
Lampe frontale
Dans les escaliers de mes nuits
Qui donne accès au fond du puits
J’ai trouvé cet équipement
Pour visiter l’appartementQui serait témoin de l’épreuve
A laquelle les yeux qui s’abreuvent
Permettrait de naître à soi-même
Sans que la détresse nous promèneNée de notre conversation
La lampe frontale fait allusion
A d’autres lieux bien plus intimes
Qui ne sombrent pas dans l’abîmeMais bien qui donneraient le frisson
A l’épervier et au faucon
Qui réunissent de toute façon
La gaité de tous les pinsonsJ’ai opté pour la guérison
Sans effort et dans l’abandon
J’y retrouve ici le pardon
De toutes mes erreurs d’illusionsLa lampe frontale n’est pas fatale
Mais bien guérisseuse en crotale
Lorsque celui-ci n’a pas mal
De ma dévoreuse mygale. -
Et apparemment, peut-on visiter cet appartement ? – décemment
Il y a des coussins de velours, et des canapés profonds – frissons
Les erreurs d’illusions, sont-elles des illusions d’erreur? – barrissons
Et la guérison, – comme la tête de loup…
chasserait de l’obscurité, les remous, les doutes et fantômetsDéjà faute d’oiseaux nocturnes ( enfin ceux que tu as cités), – publicité – Chouette et hibou feront à défaut du ménage, bon ménage
Au fond de ta grotte, en langue frontale ( et non pas lampe)
on ne pAnse pas à mal ( car honni soit qui mal y pense)…
et de mygale… les frissons, c’était les amidales – qui les donnaient- amicales
-
Aucune guérison n’est fatale
Aucune lampe frontale bacchanale
Nos oiseaux nocturnes dans la turne
Verront ainsi l’âge de saturne
Vous avez de drôles d’amygdales
Un rien peut-être archétypales
J’ai pansé qu’il valait mieux
De penser l’âme de mes bleus
J’irai ainsi faire le ménage
Dans les remous de votre cage
Des grottes en trous un peu partout
Là c’est à en devenir fou
Mais vous délivrez ce message
Ces deux là feront bon ménage
Serait-ce une illusion d’érreuse
Si cela me rendrait heureuse
Sous une toile du peintre maudit
Vous visiteriez mon taudis
Ah doux marquis vous m’ébranlez
Dans mes convictions intégrées
Des amis que dalle entre nous
Je n’en suis pas si sûre du tout
Au fond des canapés profonds
Vous auriez raison d’une raison
La mienne. -
A vous rassurer
Et puis commenter
C’est plus un oraison
Et être au diapasonA votre écoute
Parmi les doutes
Et de mon propre aveu
En panser les bleusSi je bouscule vos habitudes
C’est pour alléger votre servitude
Et si la déraison en votre maison
Devient un poisonAlors oui, pour vous ébranler
de certitude,Il vous faudra aller
Et peut-être déranger
Un esprit mélangéDe doutes et d’errances
et « casser la croûte »
Celle que l’on redoute
Qui est d’importance -
La croûte se casse en pots Félés
Ce soir le ciel n’est plus doré
C’est dans un brouhaha intense
Que j’ai donné toute mon essence
Sur le lieu de tous les secrets
Celui de mon travail de fée
Hospitalière et pas surfaite
Surfeuse de têtes dans sa défaite
Ce jour n’est pas une réussite
J’en reviens un peu déconfite
Mais n’aurai pas manque de bon sens
En pensant que c’est dans l’instance
Que les projets peuvent prendre naissance
Et si parfois les circonstances
Ne sont pas bonnes, pas d’impatience
La vie n’est pas sans nulle surprises
Suffit d’être pour ça disponibles
Et de cueillir toutes les joies
Tout en restant de bon aloi
En attendant que l’heure sonne
Pour aller réveiller la donne
Les jeux sont faits rien ne va plus
Je remballe mes espoirs déçus.
–
-
D’espoirs en succès
Je suis à vous
Et vos doigts sucés
qui me sont si doux -
J’arrose nos succès
Et je t’offre ma paix
Une fois tes plats goûtés,
Repus, on s’endormaitLa musique du hasard —- (la musique du hasard est le titre d’un livre de Paul Auster)
Ne viendra pas trop tard
Sur le piano des doigts
Quand ils courent sur moi -
Mes doigts courent comme il neige
Et sur ton piano, les plus beaux Arpèges
Courent sur ta peau quand je beige
En un somptueux florilège -
Reprenons notre dîner, après ce court entr’acte
Ce n’est pas à laisser se faner, les fleurs de septembre
Qui vivaient en juin, puis en janvier en couleur d’ambre
C’était avec l’ivresse, et repus que nous avons scellé le pacte,Dressée sur la table, en dansant tango, en femme éprise,
Comme un petit bonbon, de ceux qui nous tentent
Indolente et parfumante, goûtait bon la menthe
Sans te nommer sainte, des anges, MarquiseAdmirant les plantes, guérissant les plaintes
La voila qu’en danse, elle se dresse et ondule
Revirant l’ivresse, pécheresse funambule
De tout son sexe doux elle va, sans crainteRépondre en mélodie,l’arpège des accords
Tanguer, Tango, accélérer tempo
A se faire liquide, engloutir ma peau
Et cueillir étincelles, grande sonate du corps.

Fabienne Verdier, calligraphe – sur le site de JLK
—–
Fabienne Verdier ou l’abstraction vitale
ENTRETIEN Un livre magnifique, rassemblant ses œuvres et un entretien avec Charles Juliet, illustre la démarche exemplaire de l’artiste.
Le parcours existentiel et artistique de Fabienne Verdier fait figure, pour beaucoup, de véritable leçon de vie. Initiée à la calligraphie traditionnelle au fin fond de la Chine, au lendemain de la Révolution culturelle, ainsi qu’elle le raconte dansPassagère du silence, l’humble disciple de Maître Huang Yuan est aujourd’hui une artiste de renommée internationale. Est-ce pour autant une « star » ? Le prétendre serait ne rien comprendre à ce qui l’anime ni à ce qu’elle vit…
- Qu’est-ce qui, depuis votre rude apprentissage en Chine, a changé pour vous ?
- Pour l’essentiel rien n’a changé : j’en suis toujours à me battre pour me construire, et ce n’est pas plus facile aujourd’hui que dans mes périodes d’apprentissage les plus rudes. Cela tient d’abord au fait que la relation au monde actuel est très difficile. Le monde de la consommation fausse notre rapport à autrui autant qu’il menace chacun de nous. J’ai tout à fait conscience, par exemple, du danger que représente ce qu’on appelle le marché de l’art, auquel je participe pour vivre de ma peinture, mais avec réticence, sans aucun goût pour les mondanités, et je sens que plus ça ira et plus je m’enfermerai. Je constate que plusieurs de mes camarades artistes chinois, qui crevaient de faim quand je les ai connus, gagnent aujourd’hui des millions de dollars. Je m’en réjouis pour eux, mais l’art est autre chose pour moi qu’un moyen de se faire de l’argent. On n’a pas idée des sacrifices qu’il représente, et je me refuse d’ailleurs à produire pour vendre.. Je tiens à rester rare afin de préserver mon intégrité ; en fait je me bats contre le marché ! Par ailleurs, je détruis 80% de mes travaux. Ceci dit, je viens de passer deux mois durant lesquels, ayant à présenter mon livre en Belgique et en Suisse, j’ai fait d’innombrables rencontres à la fois émouvantes et stimulantes : de jeunes gens qui doutent de tout et que ma démarche encourage à poursuivre une recherche personnelle ; de vieilles personnes aussi qui me disent que ma peinture les aide à vivre ; et cela va plus loin que la jouissance esthétique : cela touche au sens de la vie. Bref, on me rend au centuple ce que j’essaie de donner.
- Le grand collectionneur zurichois Hubert Looser vous a comparée aux maîtres de l’abstraction lyrique américaine, avant de vous inviter à « dialoguer » avec De Kooning, Cy Twombly ou Donald Judd par des créations qu’il a incorporées à sa collection. Comment l’avez-vous vécu ?
- Looser a découvert mon travail à Lausanne, à la galerie Pauli, puis il a débarqué dans mon atelier avec toute une documentation qui m’expliquait la parenté de mes recherches avec celles de Kooning, de Pollock ou de Barnett Newman, dont je ne me doutais pas. Or j’ai trouvé, chez ces peintres, une préoccupation spirituelle fondé sur des recherches que j’ignorais, recoupant la mienne. Jusque-là, je ne comprenais pas l’art radical d’un Donald Judd. Or la proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction.
- Dans quelle mesure celle-ci participe-t-elle encore de sa source chinoise ?
- Il est évident que l’enseignement de mon maître reste une base fondamentale, avec tout ce qu’il implique. Les bâtonnets primordiaux, mais aussi la transmission d’un souffle immense. Ainsi je voulais que ma peinture s’ouvre à une dimension plus universelle, et c’est le sens aussi des grands formats que j’investis comme des paysages. Je m’y promène, J’y rêve. Par rapport aux abstraits américains, je ne me sens pas, comme eux, démiurges tout-puissants, mais plutôt dans la lignée du non-vouloir et d’une connaissance purement intuitive. Ma peinture est une peinture d’au-delà du désir d’art, elle s’accorde à une notion que le bouddhisme appelle l’« ainsité », exprimant avec fulgurance ce qui est ainsi, ce qui doit être ainsi et pas autrement. Sans jugement de valeur, « cela » chute dans le réel. Je foudroie la forme. C’est le sens de l’expression « entre ciel et terre ». Le tableau prend forme parce qu’on est en plein accord avec cette verticalité. J’ai alors le sentiment de travailler dans une sorte de mémoire primordiale. Nous sommes tous des fragments de mémoire. Je ne suis, pour ma part, qu’une petite tête chercheuse de cette mémoire incommensurable. Il y a en chacun de nous des milliards d’univers « à naître », et cette alchimie intérieure qui entre en résonance avec la nature – fondamentale pour moi – mais aussi avec les œuvres les plus diverses, les mystiques du moyen âge ou Gabriel Fauré, Leopardi ou Hofmannstahl, entre tant d’autres rencontres vivantes ou posthumes, constitue l’ « encre » d’où se précipite le trait de pinceau…
Ainsi fulgure la beauté
Un formidable trait vertical de pinceau rouge sur fond vert (couleurs de la passion) et le titreEntre terre et ciel, constituent le fronton du magnifique ouvrage faisant suite (notamment) àL’unique trait de pinceau (Albin Michel, 2001), où se trouvait illustré, non moins somptueusement, la passage de l’œuvre calligraphique à la peinture, et à Passagère du silence (Albin Michel, 2004), récit de l’apprentissage et des tribulations chinoises de Fabienne Verdier. Devenue peintre à part entière, accueillie dans le gotha de l’art contemporain par le truchement de la galerie lausannoise d’Alice Pauli, Fabienne Verdier nous fait entrer ici dans le jardin secret d’île-de-France où, loin de la rumeur du monde, dans le voisinage privilégié de la nature, elle exerce son ascèse créatrice. Un entretien de haute volée, avec l’écrivain Charles Juliet, nous éclaire sur le processus de cristallisation de l’œuvre, de la plus simple donnée quotidienne à la plus profonde méditation, alors que deux reportages photographiques (un portrait en mouvement de Dolorès Marat et un aperçu du Rituel du feu, signé Naoya Hatakeyama, par lequel l’artiste brûle impitoyablement ses « ratés ») nous font approcher la réalité physique du travail de Fabienne Verdier, pour lequel un atelier avec « fosse à peindre » a été construit par l’architecte Denis Valode. On se rappelle alors que cet art de l’épure extrême procède d’un véritable combat, évoquant une sorte de danse de tournoyant derviche, avec un pinceau plus grand que l’artiste, suspendu au plafond et tenu verticalement, dont le trait va saillir comme une foudre liquide. Fascinante « visite », que prolonge l’émerveillement de quatre-vingt peintures admirablement reproduites, où la beauté fulgure.
Fabienne Verdier Entre terre et ciel. Texte de Charles Juliet. Photographies de Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Albin Michel.
Charles Juliet. Entretien avec Fabienne Verdier. Albin Michel, 73p. (ce petit ouvrage constitue l’édition séparée de l’entretien figurant dans Entre terre et ciel)Cet entretien a paru dans l’édition de 24 Heures du 18 décembre 2007.
Contre -temps, contre froid, d’exquis mots (RC)
Si l’art s’égare
Les cils vacillent
Se perdent hagards
Langue aboie
Poèmes de gare
Garçons de course
Course des regards
Contre-danses
Contre -temps
Accordéons rances
Club des fans
Elé – faons
Barris – sons
Morceau d’Banquise
Exquis -mots
L’hôte a ri
Sirop – thé
Frigide – Air
Un ptit froid s’est jeté
Le ballon a tourné
Sur son nez
L’échec (été mat)
Et le jus ( de tomate)
Les plus hauts des détours
Faire le tour de l’amour
Et la diagonale des fous
C’est reprendre du dessert
Et combien J’vous en sers ?
Et toujours au service
Fond du court de tennis
Le grand jeu, c’est tant mieux
Fait toujours des envieux
Et le phoque est parti
Sfaire la malle, danser l’ska
Kek part en Alaska
Vous dites, c’est une fuite?
D’aller voir les inuits ?
![nadzieja w lodach [morze lodu] (Caspar David Friedrich)](http://ecritscrisdotcom.files.wordpress.com/2011/10/nadzieja-w-lodach-morze-lodu-caspar-david-friedrich.jpg?w=590)
Et si c’était sa nature
De plonger en eau pure ?
Et l’eau pure, je la bois
Et la reine mate le roi
çui qui perd il se couche
Et d’eau pure elle fait douche
Sous une toile d’araignée
Nous irons nous baigner
Il faudra se changer
L’échiquier est rangé
Toutes les tours sont prises
C’est le temps des cerises
Et les fleurs sont écloses
Laissons faire les choses
Le supplice est si doux
On en rprend un ptit coup
Art: Caspar David Friedrich
Voir cet article dans son contexte d’échanges ? , c’est avec JoBougon, dans les commentaires de http://jobougon.wordpress.com/2011/09/25/richesse-du-sort/#comment-2095
























- Il est évident que l’enseignement de mon maître reste une base fondamentale, avec tout ce qu’il implique. Les bâtonnets primordiaux, mais aussi la transmission d’un souffle immense. Ainsi je voulais que ma peinture s’ouvre à une dimension plus universelle, et c’est le sens aussi des grands formats que j’investis comme des paysages. Je m’y promène, J’y rêve. Par rapport aux abstraits américains, je ne me sens pas, comme eux, démiurges tout-puissants, mais plutôt dans la lignée du non-vouloir et d’une connaissance purement intuitive. Ma peinture est une peinture d’au-delà du désir d’art, elle s’accorde à une notion que le bouddhisme appelle l’« ainsité », exprimant avec fulgurance ce qui est ainsi, ce qui doit être ainsi et pas autrement. Sans jugement de valeur, « cela » chute dans le réel. Je foudroie la forme. C’est le sens de l’expression « entre ciel et terre ». Le tableau prend forme parce qu’on est en plein accord avec cette verticalité. J’ai alors le sentiment de travailler dans une sorte de mémoire primordiale. Nous sommes tous des fragments de mémoire. Je ne suis, pour ma part, qu’une petite tête chercheuse de cette mémoire incommensurable. Il y a en chacun de nous des milliards d’univers « à naître », et cette alchimie intérieure qui entre en résonance avec la nature – fondamentale pour moi – mais aussi avec les œuvres les plus diverses, les mystiques du moyen âge ou Gabriel Fauré, Leopardi ou Hofmannstahl, entre tant d’autres rencontres vivantes ou posthumes, constitue l’ « encre » d’où se précipite le trait de pinceau…
