voir l'art autrement – en relation avec les textes

self creation

Neige sur le dos de pierres – (RC )



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Le dos de pierres
Courbé dessous
Le tas de cendres,
Et puis l’été,
Et puis la colline,

Vautrée sous le passage de l’orage.
Demeurent, parmi les restes de murs,
De la petite ruine,
Les éclats d’ardoise,
Que le feu a révélés…

Les mauvaises herbes, en tas,
Agressives,
Avaient pris possession des lieux,
Et les orties, étaient chez elles.
Sur le dos de pierres,  de la voûte écroulée,

-          C’était il y a longtemps,
.        Et déjà le feu,
.             La rumeur de la guerre,
Les maisons abandonnées,
A l’étrange été de neige sale,

Une neige de cendre,
Qui recouvrit
Aussi,
La table bleue,
>         Elle n’avait pas sa place,

Sur la charrette…

 

-

RC –  18 août 2013

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Je suis parti pour un voyage ( RC )


photo perso: plaine de Montbel - Lozère  -2005

photo perso:                plaine de Montbel – Lozère    -2005

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Je pars un peu, laisser derrière moi hautes collines et ravins d’ombre,

A compter la distance, je suis les flèches blanches,

-

Elles scandent les espaces, les forêts sombres…

Laissent place aux prairies, aux cultures, et enfin aux villes,

Le long de la route qui penche,

Virevolte, agile ,

-

S’élance et voltige,

Viaducs et ponts d’audace,

Défiant le vertige,

S’appuient sur monts et terrasses,

-

Avant de connaître la plaine,

Voisine d’une rivière serpente,

Sous le soleil, sereine…

on en oublie le souvenir des pentes.

-

Le miroir d’eau accompagne,

Sur les kilomètres parcourus,

La route de campagne,

La traversée des villages, bientôt disparus,

-

Ils changent peu à peu de style,

La pierre cédant à la brique,

L’ardoise à la tuile,

Répondant, en toute logique

-

Aux régions qui se succèdent,

Au fil des heures interprétées

Que la lumière encore possède,

D’entre les nuages… c’est l’été.

-

J’approche de chez toi,

Les maisons aux façades vives,

Le chant de ses toits,

La tour de l’église et ses ogives,

-

Je laisse sur la droite,

Le vieux village,

Et ses voies étroites,

Magasins et étalages…

-

Quelques rues encore,

La barre des bureaux

Après le drugstore,

Et puis le château d’eau…

-

Coupant le moteur,

J’ouvrirai enfin,

Le havre de fraîcheur,

L’abri de ton jardin,

-

Il y a toujours,

La porte bleue ouverte,

Sur la salle de séjour,

Le bassin aux lentilles vertes,

-

Et les chaises anciennes,

Laissées au vent,

-      Attendant que tu reviennes,

Je m’assois lentement

-

A côté des plantes

Les pieds dans les lentilles,

Et pousses verdoyantes,

Je ne vois plus mes chevilles

-

Mais le reflet du saule

Et puis ton visage,

Qui me frôle l’épaule,

Les seins sous le corsage,

-

Les mots s’enroulent dans les violettes, *

Ta peau a la couleur de blondes prunes

Prêtes à d’autres cueillettes,

Je vais te retrouver sous la lune,

-

Je suis parti pour un voyage – dans tes bras.

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RC 19 août 2013

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la belle expression « Les mots s’enroulent dans les violettes » est de Nath

 


Aux rêves, il n’est plus d’absence ( RC )


peinture:     Mark Rothko

peinture: Mark Rothko

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Le matin tire sur la corde des rêves ;

                                A la lumière naissante,

Le papier             absorbe l’encre,

Comme la mer vient lécher la grève.

-

Si,                  absente en ton sommeil,

                   Tu voyages dans le noir,

Et s’il n’est de mémoire,

                Que le vent des soleils,

-

Au-delà des montagnes…,

                          Il n’est plus d’absence,

Je comble le vide de la distance

                Comme je t’accompagne,

-

                                  Ame consolatrice

                        A la longue nuit

               Que tu traduis

Sans artifices.

-

Il reste             le silence boréal

Et       de tes rêves côtoyés,

Le regard déployé

      Et la pluie des étoiles…

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RC – 21 août 2013

photo J F Peyron -  Arménie

photo J F Peyron – Arménie

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Gisela Hemau – Représentation


 

Acrobate: Chapiteau roman de l’église d’Anzy-le-Duc ( Bourgogne)

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L’acrobate monte dans un coffret

Tout d’abord il faut être si petit

Qu’on y trouve de la place

dit-elle et nous offre sa fourrure

Puis entre les bestioles du corps

de la mort et des adieux

 

elle montre

l’ascension

de son propre bras

Nous sommes là pour la vue

Mais nous n’atteignons pas la montagne

Comme nous rétrécissons constamment

la fourrure où nous nous égarons

est à la fin

une forêt impénétrable.

 

Gisela Hemau    traduction Rüdiger Fischer

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VORSTELLUNG

Die Akrobatin begibt sich

in ein schwarzes Kâstchen

Erst einmal muss man so klein sein

dass man hineinpasst

sagt sie und offeriert uns ihren Pelz

Dann zwischen Leib-

Tod- und Abschiedstierchen

zeigt sie

die Bergbesteigung

des eigenen Arms

Wir sind da weeen der Aussicht

Aber wir erreicnen den Berg nicht

Weil wir immerfort schrumpfen

ist der Pelz in dem wir verirrt sind

bis zum Ende

ein unpassierbarer Wald.

 

aquarelle perso :Chapiteau roman de l'église  d'Anzy-le-Duc

aquarelle perso :   Chapiteau roman   de l’église d’Anzy-le-Duc  2001

 

-

 

 


Ca n’ vaut pas un concert – ( RC )


photo:     Christophe Alary

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Bien, — ça n’ vaut pas un concert,

Avec plein de guitares,

Un orchestre et un synthé ,

- Mais y en a pas ce soir -

-

Avec un son d’enfer,

Un micro nasillard,

Les amplis esquintés,

La voix de bluesmen noirs.

-

Ou la chanteuse d’opéra,

La dame aux camélias

Ses hautes vocalises,

Et puis … plusieurs rappels,

-

Projecteurs et caméras,

Vases de fleurs et dalhias,

Quand, au sortir de l’église

Résonnent encore gospels…

-

Elle va préférer le pop,

Et même le hard,

Avec tenue cloutée,

Et les clubs enfumés,

-

C’est sans doute le top,

Appuyée sur la rambarde,

Quand elle va écouter,

Les rockers allumés.

-

Dans le jukebox, rempli de disques

Tu peux aussi, glisser la monnaie,

Au boulevard des hits,

A côté du comptoir,

-

Et dans la salle, tu confisques,

Le silence, pour de vrai,

En vrai parasite,

De l’autre côté du bar,

-

Les succès de toujours,

«  Allez, venez, milord »

A convoquer les vedettes,

Avec le blanc-cass

-

Une chanson d’amour,

Qui fait vibrer le corps

Et trotte dans la tête,

  • quand c’est fini, ça passe -

-

Allongé, sur ton canapé,

Devant la télévision,

Tu peux monter le son,

Trompettes et saxophones,

-

Tu as failli zapper,

La jam-session,

Piano et percussions,

Sur le thème d’Ellington…

-

Les doigts rivés sur le clavier,

Fais défiler la musique,

Et choisis ton menu,

Pour la soirée,

-

Car, vont tanguer les pieds,

Alors, pris de panique,

—- Afin qu’ils remuent,

ça va bientôt démarrer.

-

RC  – 11 août 2013

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photo extraite du film de           M Haneke: la pianiste

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Au pied du mur ( RC )


Au pied du mur ( RC) – pour Richard Serra

Richard Serra:          dessin: Coltrane –      1999

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Au pied  du mur

Je m’enroule en volumes

Le corps penché

Entre les plaques rouillées de Serra…

Mise en oeuvre de la masse

D’un labyrinthe noir

de rectangles qui  n’en sont pas

D’où je perds ma présence

En vain, géométrisé

D’équilibre le dessin s’assoit

Et de simplicité ajustée

La création , en  puissance me boit

Le noir s’impose à plat

Et de poids se fait liberté.

———————————————————————–

( ce texte  se réfère donc à l’oeuvre  de Richard Serra,  et  l’impression d’une  grande expo  au monastère royal de Brou ( à côté de Bourg-en Bresse),  il y a longtemps… 1985…  en lien ce dossier  pédagogique  du centre national d’Arts Plastiques, bien documenté : téléchargeable )

RC-  décembre 2011

Richard Serra Vice-versa 2003 – installation, sculpture

 

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Sans choisir forcément la couleur – ( en évoquant Bukowski ) – ( RC )


photo:   Guillaume Gaudet voir son site

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Sans  choisir forcément la couleur,
Tu serais  là, au volant d’une vieille Chevy,
Avançant            – comme il se doit -
Sur l’asphalte,    qui n’en finit pas.

Sans  choisir forcément la couleur,
Il se trouve          que tu es né blanc,
C’est un bon choix aux ZétatsZunis,
>               En dehors des imprévus.

Ainsi va la vie,                    ça  roule,
Ca cahote aussi,                la route,
Elle  a ses trous,         la carrosserie aussi,
Elle tient la  distance      – jusqu’à quand ? -

Toi aussi,                     dans ta vieille Chevy.
>                           Il s’avère  que t’es poète,
La poésie l’a signé,           toi,     désigné,
–                                   Charles Bukowski.

Bon, ok,               tu vas comme  tu picoles,
Dans la caisse     dont tu ignores la couleur,
( la Chevy, plusieurs packs de bière ),et seul
–                           Tout ce qu’il faut d’alcool

Pour tenir la route,—-                 qui n’en finit pas,
Enumérer les états:    Ohio,    Idaho,  Oklahoma
>            Tous ces noms rappelant
Ceux des peaux-rouges

-        Y en a plus beaucoup d’ailleurs,
Très gênants pour la ruée vers l’or
Sans avoir là,           la bonne couleur,
Mais ,         leurs noms  marquant le décor,

Tandis que                                 se déroule,
Sur l’horizon,          le ruban des heures,
Eteignant progressivement ses couleurs,
Des bouteilles,  on distingue à peine        … les étiquettes.

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RC – 10 août 2013

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Pierre Torreilles – Où je suis


photo perso: rochers en Margeride

photo perso: rochers en Margeride

 

 

Où je suis
——–
Ordre
de ce qu’ont tu

le grand désordre évanescent,
l’oubli déchiqueté d’une mémoire souveraine,
je suis le Décillant.

Chaque épave
, gravide,
laisse à mes doigts l’écho.
…je sculpte le silence
,parole improvisée,

la montagne sonore.

L ‘oiseau est ma ponctuation.

Voici
le grand ressac,
l’ absence écrite,

sur l’ épaule du jour
la terre,
en suspens, ô bannissement ressassé !
la volonté féconde et la ténèbre qui l’accueille

le feu
de quelque encerclement.

Sans ombre le déclin
à la merci de la rupture,
le corps
bleu
maintenant qui me voit.
S ‘entre-dévorent , .
éblouissant,
la lumière et la nuit dans la parole qui sommeille.

Viennent bientôt m’habiller l’aube,
ruse,
de ses mots éloignés le silence,

le corps de l’air.
De nulle écoute l’horizon
quand accoste ma résonance.
*
Le mot,
déjà reçu,
dans mes pas
, oublié,
oblique lame sinueuse
l’éclat…
de quel sentier,
livide cicatrice?
Vacille
le miroir le fleuve où s’est réfugiée la mer.

Soudain tari
le puits,
intime appui du jour
abrupte éclosion de ma bouche sonore.

Quel fil descend
depuis l’ éther jusqu’en la terre,
s’étend au plus profond où séjourne l’éveil?
Du plus obscur survient l’imprononcé,
détrempé de lumière.

extrait de  "Où se dressait le cyprès blanc "  Gallimard  1992

 

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Conjurer la raison et le possible ( RC )


Frederick Prescott          "Down the Boardwalk "        1993 Sculpture cinétique en acier

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Il faudrait un langage particulier, pour conjuguer les saisons:

Mai ne peut être en hiver , novembre au printemps.

Conjuguer les saisons ou les conjurer.

Comme un cri d’appel ferait se joindre ce qui s’oppose, à priori.

Il ne me reste que quelques phrases à assembler, des images ….

Elles seraient puériles, comme une ombre blanche du réel,

si je n’arrivais pas à les recourber…

-

Et ton âme frôle mes yeux.

L’absence est une déperdition,

Mais je navigue encore à tes côtés.

Déplaçant la raison et le possible ,alors

Comme si je marchais la tête en bas,

Les pieds appuyés sur les nuages.

La pesanteur en anneau,

Autour d’une terre, sans centre de gravité,

Où tu serais partout,

                                                         A la fois.

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RC – 14 août 2013

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-( que je complète avec "Merci" du blog de la vieilledameindigne..

"

Que le ciel est beau quand il nous renverse la tête

Comme c’est bon de glisser dans l’échancrure du destin

Si peu de gens connaissent le parfum des bonheurs doux

Le velours des yeux brillant d’un autre matin partagé

Corps embrassés âmes ardentes

Entre toi et moi il n’y a pas de frontière

ta peau est ma peau, ta main est ma main

enfin

il n’y a ni peau ni main

Pour tout cela, merci  "

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Méfies-toi quand tout dort ( RC )


peinture  - Odilon Redon

                                                                  peinture – Odilon Redon

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Méfies-toi quand tout dort,

Quelque chose guette, dans les airs,

Méfies toi quand tu sors,

L’oeil fixe de la chouette,

La menace des oiseaux,

Plane sur la nuit muette,

Et osbtrue la lumière,

Vautours et corbeaux ,

 

Cache bien tes faiblesses,

Tes blessures et tes plaies,

Tu serais Prométhée,

Enchaîné au rocher,

Montré du doigt aux gens,

Vampires de perverses lois,

Avides de ton sang

Pour te manger le foie.

 

Méfies toi de ton être,

Si tu sors sans cuirasse,

N’en laisse rien paraître,

Et fonds toi dans la foule,

Fonds toi dans la masse,

Le visqueux et le flasque,

Qui, lentement s’écoule,

Et mets aussi ton masque.

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RC – 17 août 2013

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Lutte contre le chaos ( RC )


photo- peinture:  Wilhelm  Sasnal,  _1972- _ - 2002 Shoah - Forest _P

peinture:                          Wilhelm Sasnal, _1972- _ – 2002 Shoah – Forest _P

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Par le plus grand des hasards, tu es là,
A lire cet aujourd’hui,
Et si ta vision illumine l’instant,
Cet instant fragile,

De deux étincelles,
Ayant pu n’être ( naître ) ailleurs…
Deux espèces d’espaces
Ils se croisent,

Avant que l’ombre,
Ne boive la mienne,
Ou rejoigne les millénaires d’ombres,
Des couches de fatigue,
L’enchevêtrement, en tout sens, des pensées,
En épaisses strates,

L’humus
Peut-être , dont s’extirpe la plante,
Si les conditions le permettent,
Et que se multiplient branches et feuilles,
Comme les phrases portent leurs mots,
Buvant à leur tour la lumière,
Si la création lutte contre le chaos.

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- RC  –  9 août  2013

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Miguel Veyrat – Une falaise,une bougie ( Acantilado A trasluz)


peinture:  Kay Sage - Near the Five Corners  1943

peinture:         Kay Sage –      Near the Five Corners 1943

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UNE FALAISE UNE BOUGIE

Si tu brilles
Au matin silencieux
Et commences à frissonner

Un autre silence attend
Que celui de la mer.
Aux dons tranquilles.

Le double Silence
et la mort
d’un midi calciné

Et quand tu te retournes
Le phare de l’âme d’Allan Poe
Une tour de tes rêves

Ce double silence
De la mer et de la plage
D’une double conscience.

traduction perso de ….

ACANTILADO A TRASLUZ

Si alumbra
en silencio la mañana
y enciende el cuerpo al frío

Otro silencio aguarda
que a la mar
la calma otorga

Silencio doble
y a la muerte
calcinado mediodía

Y cuando te enciendes tú
faro del alma de Allan Poe
torre de ensueño

Este doble silencio
mar y playa
Conciencia doble.

© Miguel Veyrat ( “La voz de los poetas”/ Transparencia XIV “Calima” 2002)


Tu me parles encore tard, le soir ( RC )


Tu as découpé des morceaux de brume
Pour que je reçoive la confusion du ciel
Les ornières d’où la lumière

N’en sort que poussières
Aux après-midi lentes
Où tu élèves de néfastes serpents

De discours prolifiques
Se lovant à mes pieds
En nœuds maléfiques

Tu me parles encore tard, le soir
M’étirant jusqu’à la fuite du jour
Et aux ombres de la nuit venue

Vient encore la mémoire.
A jouer des diagonales sur les cases
Découpage des silhouettes , et perspectives

Ce sera ton langage, mon image
Ton image, mes soirs , toujours
Au plateau lisse des contrastes

Où se promènent encore
Le cavalier et la reine
En combats de reflets.

Bien que , les pièces hautaines
Aient pourtant repris , depuis longtemps
Leur place , dans la boîte capitonnée de rouge.

RC  – février  2013

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Georges Lisowski – Promenade


peinture: Stanislaw Ignacy _1885-1939_ - 1930 Portrait of Helena Bialynicka-Birula

     dessin:       Stanislaw Ignacy (1885-1939)_      – 1930 Portrait of Helena Bialynicka-Birula

 

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PROMENADE

Indifférent je passe à côté
des futurologues qui scrutent le cristal
des braillards qui tirent leur rien de rien
des garçons et des filles sans mystères du coeur et du sexe
des travestis barbus sans âge qui entourent la fontaine
je détourne les yeux de crainte qu’ils n’apparaissent nus et sans barbe
je traverse l’exposition de mes cubistes adorés qui m’ennuient
qui m’ennuient par leur trop de méthode
je passe à côté de milliers de romans illisibles
aux jaquettes luisantes et criardes

je passe à côté de nouveaux-nés dans les bras de leurs mères
à côté des marmots qui pissent dans un passage aux dorures clinquantes
à côté de mes voyages à côté de moi-même
je passe sur l’autre bord si l’autre bord existe
Je ne suis pas auprès de la fontaine ni dans le cristal

Georges Lisowski
(Paris, 1973)

 

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Le défilé des images ( RC )


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En suivant les traces du temps
Comme des empreintes laissées dans la boue,
Il y a,                         sur ce fil,
Le défilé des images
De celles qui marquent un instant
Et finissent par pâlir,

Cartes postales oubliées au fond des tiroirs,
Restes d’affiches de campagnes électorales,
Catalogues fournis pour produits d’antan,
Et aussi les albums épais,
Des photos de famille.

Je parcours le tout,
Où se transforme,
En épisodes chronologiques,
L’univers, même réduit au dehors,
Bordé de maisons proches,
Qui s’enhardissent de grues,
Et deviennent immeubles.

La famille rassemblée,
Au pied de l’escalier,
S’est agrandie d’un nourrisson,
Maintenant debout sous un chapeau de paille,
Puis, regardant sur la droite,
Le chat gris faisant sa toilette,
Que l’on retrouve seul, enroulé sur lui-même.

Ensuite, c’est une tante de passage,
Dans ses bras, une petite soeur arrivée…
>      Tout le monde est gauche,
Dans ses habits du dimanche,
Après le repas,
Peut-être suivant le baptême;
….           Il fait très beau dehors.

Ce sont donc des photos du jardin,
Les enfants jouent au ballon,
.         Le tilleul a étiré son ombre,
Au-delà de la grille voisine.
Plus tard,  toujours sur l’escalier,
Les habits suivent une autre mode,
Dix ans se sont écoulés.

Le grand-père n’est plus,
Les allées sont cimentées,
La perspective est close,
D’un nouveau garage,
Occupé d’une  voiture,
Brillant de ses chromes,
Elle apparaît sombre,
Peut-être verte…

Un autre album,
Tourne la page d’une génération,
Le format des images a changé,
Issues d’un nouvel appareil.
C’est maintenant la couleur,
Témoignant des années soixante.

L’extravagance des coiffures,
Et des motifs géométriques,
S’étalant sur les murs,
Le règne du plastique,
Et du formica,   qui jalonne encore,
Les meubles rustiques      en bois.

Quelques pages plus loin,
Les teintes sucrées,
De photos polaroïd,
Donnent dans la fantaisie,
Des portraits déformés,
Pris de trop près,
Et surtout le voyage à Venise.

Gondoles et palais,
Trattorias et reflets…
Les lieux soigneusement mentionnés,
Au stylo à bille ….
>         Le beau temps tourne à l’orage,
—–  On suppose une  dispute,
Car l’album s’arrête là,

En mille-neuf-cent-quatre-vingt,
Sur la photo de l’amie,
Partie sous d’autres horizons,
Rageusement  déchirée,
Puis, maladroitement recollée,
Les souvenirs ne sont plus de mise,
Et restent clos dans le tiroir.

Le défilé des images,  lui,      s ‘immobilise.

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RC  – 10 et 11 août 2013

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un texte qui fait  "pendant "  aux  "lamelles immobiles"


Nuit carmine ( RC ) – "réponse à Lamber Sav"


sculpture : Athar Jaber

Fleurs de sang,
Je ne vous connais ,
Sous la peau, – sous ta peau
Que lorsque s’ouvre,
Le tranchant d’une blessure…

J’entrevois le sommet d’une vague
Et parfois aussi son bruit .
Mon souffle a l’inflexion de la nuit,
Et cette nuit carmine,
Je la porte en toi.

Se suspendre aux nuages,
Est une méprise,
Les couleurs et lavis,
Ne sont intenses
Qu’au fond de toi-même,

La vie s’y propulse,
De corps à coeur,
Et si tu soupires,
Contre le corps dressé
De l’arbre,

Pense que ses veines,
Sont semblables aux tiennes,
Et avant que d’une frêle pousse,
Ne se dresse de fières colonnes,
Combien d’années de sève,

Il faut,
Pour que la colère et la tristesse,
S’apaise et se rassure,
Comme aussi, le temps s’apprivoise,
Et que je me fonde en ton feuillage.

> Aussi à y disparaître.

-

RC – 12 août 2013

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incitation:  Lamber Sav, avec  "appréhension"

appréhension

sans métaphore écrasé par la chaleur

au bout du chemin

voyant les vaches dévaler dans le pré

assis sur une fourmilière

le moi bouillonne et se perd

la méditation

en wanderer

désasphyxie

ce serait de se fondre en feuillage

reprendre le chant  de l’oiseau

dans l’air les nuées de mouches

se suspendre au nuage

est une méprise

se délave  aux orages

tumulte

défiance

en somme

émettre les épingles des pins

en petits tas où poser la tête

aux herbes sèchent les fleurs

vice aux écorces et au sang

sans l’écrire

forcer son souffle

prévoir

aspirer

un poème

apaise et assure

le halètement du pouls contrarié

les couleurs et le lavis

les lignes foncées

la trachée de l’aorte

sont ce des tâches ces ports du rythme ?

tout et voir est affaire de respiration

mise à distance de ce qui est méprisable

la colère et la tristesse

sont dans le paysage

l’homme contre le tronc soupire

il aspire à disparaître

Getsuju

Getsuju

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Du hasard est né cécité – ( RC )


photo  Polly Chandler : lay your head where my heart used to be

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Et si je prends à rebours  d’autorité

A  jeter les  dés autrement ( sans y être invité)

Et  décideront  d’un autre parcours –  de notre vie

C’est l’avenir qui balbutie  –  et qui change  d’avis

Le hasard prodigue en surprises, peut avoir des revers

Et le soleil peut faire place à la journée ( à l’envers)

Plus grise et sombre qu’on  l’eut souhaitée

Et nous voilà  face aux décisions divines  (entêtées)

La grande  question, est que nous ne dominons rien

En visibilité courte de ce que nous promet le destin.

Si un ange passe, est-ce  que son doigt se pointe sur nous,

Ou nous laisse dans  l’ombre  – au fond du trou ?

Comment  savoir alors, sinon jouer les probabilités

A  décider du destin, le hasard ( seul habilité),

Qui en fait tout à son aise – peut-être des miracles

Ou bien la catastrophe.  ( faudrait consulter l’oracle….)

Face  aux éléments… incendies, tornades,    en démence

A utiliser le hasard  –  je me fais  agent  d’assurance

Si toujours, en jetant au sol les  cauris

Ce sont les  éléments qui me sourient

Ou bien,  à subir le hasard, –  et ses caprices

Passer à côté du vrai, tomber dans le factice

Etre accusé à tort, subir les supplices

Autres  agréments et injustices

On peut  subir le mauvais sort

Et ne jamais  s’en sortir, malgré ses efforts

Tirer la courte paille, le mauvais numéro

Qui jamais ne fera de nous, des héros.

Ainsi les conscrits par le passé, pas de chance

Sont envoyés – par hasard – défendre la France

Enfin, plutôt les seigneurs  et puissants

Imposant de la sorte un «  don du sang »

Il se peut ainsi que le hasard m’aille

Ou bien goûter le revers de la médaille,

En étant cloué  au poteau

Pour avoir perdu au loto…

—-

RC  15 juin 2012

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Heures obliques à Prétoria ( RC )


photographe non identifié,          bidonville à Wonderkop ( Afrique du Sud)

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Rochers convexes, dédales tracés à travers

Les rêves , les champs  d’orge, encore  couchés,

Sous les doigts de l’orage.

La poussière de l’été  s’étale, et recouvre

Aussi les abris  d’autobus, et les sacs de plastique

Eparpillés de part et d’autre de la route,

Désertée, et ne menant nulle part,

Tant les banlieues  se ressemblent,

Les panneaux publicitaires  en décor,

Le soleil mouvant jouant

Avec les flèches  sur la chaussée,

Aux heures fanées d’obliques,

Des cabanes aux tôles éventrées,

Se pressent à quelque distance,

De blanches villas cossues…

A Pretoria

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RC – 6 août 2013

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Le béton s’enracine – ( RC )


Le béton, sournois,
S’enracine au plus profond de la terre,
Il y a même,  paraît-t-il des villes entières,
Qui se multiplient, et même s’étendent sous les mers.

Une terre où petit à petit, les immeubles  s’enfoncent,
Et dont  on ne voit  que la pointe,
Tels icebergs qu’on distingue, pointes dures
Aux couchers flamboyants des soleils

Et la courbe croisée des lunes,
Mais en général, invisibles des hommes,
Cachés sous les épaisseurs,
Du béton sournois, digérant les roches,

Recrachant des tunnels, où circulent,
De longs convois, ne connaissant ni le jour, ni la nuit,
Des lombrics de métal, glissant sans obstacle apparent
Mais s’arrêtant pourtant net, face à d’autres murs de béton,

Où les valeurs d’ici n’ont plus cours,
>            Le langage reste barbelé,
Quand se poursuivent , même sous la terre,commune,
Barrières  et frontières.

RC  – 2 août 2013

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Lac – Brassens, cloche ( RC )


photo: gjlh ( voir son blog photos)

Le lac bleuté, le repos, sous le soleil d’été
Les bâtiments voisins se brisent en reflets,
Entourés d’ écrins de sapins,

L’eau est presque immobile  sous midi,
Tu es les pieds dans les flots,
A marcher précautionneusement sur les  galets

Seuls quelques chiens, jappent la lumière,
Et aussi une auto,  écrit dans l’espace,
Une chanson de Brassens,qui nous parvient,

De droite, puis de gauche, enfin s’éteint.
Douze coups marquent la cloche,
Au son fêlé, celle  de l’abbaye.

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RC  – 21 juillet 2013

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Une barque sur l’océan, que j’habite au reflet des étoiles (RC )


 

 

Une barque                    sur l’océan,
Que j’habite au reflet des étoiles,
Bercées               par les heures diluées,
Lorsqu’ aucun vent ne gonfle les voiles.

L’avenir serait en ces îles
Posées sur la brume,   dos d’espadon
Qu’un parcours immobile
Détache de l’horizon.

Orphelines d’une terre noire,
Ayant perdu sa mémoire,
Ou peut-être encore si loin,
Qu’on en oublie ses jardins.

Tant de liquide, au gré de l’immense
Si je fais du sur-place
Amplifie,      de conscience,      ta distance
L’esprit noyé,                   de trop d’espace,

Le baiser des pensées s’accompagne,
Des hasards        de l’existence,
Quand         jamais ne s’éloigne,
L’ombre                  de ta présence.

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RC  – 5 août 2013

 

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Richesse inutile ( RC ) – ( écho à Isabelle Dalbe)


photo perso -  dolmende l'Aumède  Chanac, Lozère

photo perso – dolmen           de l’Aumède     Chanac, Lozère

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Aux pays lointains,
Ceux où le soleil s’attarde,
méridiens  d’Afrique,

La Noire

Ne s’imagine
Une couverture blanche,
Que la nudité du silence,

Il recouvrirait
A ce qu’on dit
Des terres  d’abondance,

Forêts  denses,
Rivières clarté,
Mais si loin encore,

Le froid  qui recouvre,
Etendues, et convoitées
D’autant de diamants,

La  blanche

Ce qui reste de cristaux,
Qu’on ne peut emporter,
Richesse inutile.

A portée de mains,
Glacée,
La neige se fond en elle-même.

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RC –  25 juillet 2013

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La neige

à Laurent Albarracin

La neige noue clepsydre et giboulées.
Elle fleurit la bombe de cet écho.
Dans la nudité de la blancheur
elle existe pour le silence.

La neige continue l’objet convoité.
Elle est le temple de la grêle.
Une poupée de la rosée
à hauteur de la vive allure.

A l’enseigne de nos pas
c’est un loup d’azur.
Tout un temps bâti
pour le huitième jour.

La neige se fond dans la neige.
Mère à-pic baptisée Ẻquilibre.
S’enterre sa racine phénix.
La neige ne s’arrache pas.

I. Dalbe

 

 

également ce texte  de Sophie G Lucas,  qui dit  quelque  chose  d’approchant à ce que j’écris…

 

extrait de  "Se recoudre à la terre"

on n’en fait rien de
la neige
(toute l’épaisseur de
ce monde dans une fenêtre)
tout juste se demande-t-on
comment ce sera une fois
que tout aura fondu
si la vie sera la
même
et si c’est bien la neige
qui bloque les siens
dans le
silence

 

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Hors de chez toi, la conscience ( RC )


Photo by Rafa Samano/Cover/Getty Images

Hors de chez toi,          la conscience,
Vois les flammes sombres des arbres,
Vois la sphère habitée, les routes  qui l’enserrent,

Traverse les rues qui bousculent, les langues étrangères,
>           Le monde qui s’éloigne.
Est-ce toi qui ne le comprends  plus ?

Ou bien de ce ventre dont tu es issu,
…Tu as clos le cordon nourricier,
Pour des paradis toujours ailleurs,
Injectés à la sauvette.

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RC -21 juillet 2013

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Toscane l’étrusque ( RC )


sculpture;  art étrusque

sculpture;        art étrusque

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Della Francesca couvre des panneaux,
Des     scènes de  sa foi,
Légende de la Vraie Croix
Dans la ville  d’Arezzo,

Mouvements croisés     de chevaux,
Ces peintures qu’on dit primitives
Multiplient les perspectives,
Sous  étendards      et drapeaux.

Le jour court, puis se fane,
Les        ombres des cyprès dessinent
Des pinceaux allongés sur les collines,
Et vallons de Toscane,

Qui portent jusque
Aux statues     blanchâtres
De    translucide  albâtre
Du pays étrusque

Mythologie      et divinités,
Les années entassées,
Restent les témoins du passé,
Emergeant de l’obscurité

Défile au dessus des murs,
Tout ce qui parle d’heures grises
Le soir.        Il enveloppe Assise
De sa robe  d’azur.

 

…Que l’on évoque    Volterra,
Ou d’autres cités anciennes,
La nuit  s’empare de Sienne
Dans   ses habits d’apparat…

- Le soleil,      en son vol d’or,
Verse      sa coupe de volupté,
A l’horizontale de l’été,
Et joue les  sémaphores,

Derrière les créneaux,

De San Giminiano

 

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Peinture:          Fresque de Piero Della Francesca: légende la Vraie Croix – bataille entre Heraclus & Khosro           XVè siècle —  église  d’Arezzo

RC – 25 juillet 2013

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Délire = lire à l’envers ( RC )


Tu as essayé de combler la muraille des mots
>                             en froissant l’écriture du feu,
Il a laissé des traînées noires sur le chapitre des hommes,

Il était question de prophéties,
C’était écrit dans le grand livre,
Tu as essayé d’en arracher les pages,

S’il fallait dévier le cours du temps,
Comme installer un barrage,
Contre une apocalypse annoncée,

Tu as changé le feu en glace, alors
Se mêlant de l’hiver,                                           étendu aux orgues du blizzard,
Et la succession d’arbres revêches,  accrochés de leurs serres aux pentes.

Tu as été sourd à ce que dit la terre,
Commandé aux éléments,    creusé des canaux,    abattu des forêts immenses
Mais si tu as lu à l’envers,                                               ou traduit avec contresens,

Joué l’apprenti-sourcier,          et en guise de semeur
Semé les erreurs,               comme autant d’incendies
>                 Le retour en arrière n’est plus possible.

Le pouvoir enivre                                et file entre les doigts comme du sable,
>       Lire à l’envers, délire
…  Et maintenant,                               que fais-tu, dans ta maison détruite ?

RC –           11 juillet 2013

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