Danse des lucioles ( RC )

-Il faut bien le dire,
Tu m’as aidé à ôter la robe
Celle des nuages, recouvrant les étoiles
Et dans la nuit scintillante; qui m’attendait
S’échangent les avions d’argent
Vers les destinations lointaines
Peut-être celles des bonheurs partagés
Et la danse des points dans le sombre,
Celle des lucioles
S’appuie sur les traits fugaces
Des comètes, dessinant à la lumière
Sans les craies, sur la tableau d’ardoise de la nuit.
Et tu rassembles aussi les clins d’oeil,
Des lucioles,— la danse des anges,
Avec le pont des heures couchées
Sans les ballerines, avec la forme de ton sourire
En équilibre, quelque part – ballon léger
Au dessus,corsage transparent, de mon sommeil….
RC – 03 mars 2013
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inspiré du texte de Colette Fournier,( Phedrienne ) ci dessous, …………..et visible sur http://colettefournier.com/2013/01/27/5-heures-du-matin/
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J’ai parcouru la nuit à grandes enjambées
Franchi le pont des heures couchées
La nuit est amicale, elle sourit à la vie
Cachée sous les étoiles, et puis,
Elle a une allure folle dans sa robe ajustée
Son corset bleu marine et ses douces ballerines
Je l’ai suivi marchant à pas silencieux
Sur ses traces fuyantes de danseuse invisible
Et me voilà debout sur une crête noire
Un si drôle de perchoir, où je ne pense plus
Mais laisse traverser les comètes en goguette
Quelques anges déchus aux ailes harassées
Moi je suis sans fatigues, mais aussi sans idées
Une tête noctambule, ballon hydrogéné
Qui implosera peut-être en laissant dériver
Une petite luciole espiègle et inspirée !
—
Horatu, traduction du mot luciole en japonais, est un astre qui vole au bord de l’eau et annonce l’été aux japonais. Deux sortes de lucioles différentes par leur "style de vie" : le genji-botaru (12 à 18 mm) qui vit au bord de l’eau douce et le heike-botaru (8 à 10 mm) qui préfère les rizières et les eaux stagnantes, se nourrissent de colimaçons. Elles font partie des espèces aquatiques au stade larvaire parmi les dix répertoriées dans le monde, ce qui semble normal étant donné la géographie du Japon et des iles environnantes.
José Gorostiza – mort sans fin – extr 02

peinture: Jim Dine: sans titre (1959 ) Brooklyn Museum of Art, New York, USA
I
Rempli de moi, assiégé dans mon épiderme
par un dieu qui me noie, insaisissable,
leurré peut-être
par sa radieuse ambiance de clartés
occultant ma conscience répandue,
mes ailes brisées en esquilles d’air,
mes pas qui, maladroits, tâtonnent dans la boue;
rempli de moi, repu, je me découvre
dans l’image étonnée de l’eau
qui est et seulement cahot immarcescible,
écroulement d’anges tombés
dans le délice intégral de son poids,
qui n’a rien d’autre
que son visage en blanc
à demi enfoncé, déjà, comme un rire qui meurt,
dans le tulle fin du nuage
et dans les funestes cantiques de la mer
— arriére-goût de sel ou blanc de cumulus
plus qu’une simple hâte d’écume traquée.
Pourtant — ô paradoxe! — contrainte
par la rigueur du verre qui la clarifie,
l’eau prend forme.
Y creusant ses assises, elle construit,
assume un âge de silences amer,
un doux repos de jeune morte,
souriante, que déflore
un au-delà d’oiseaux
en débandade.
Dans le filet de cristal, mailles qui l’étranglent,
ici, comme en l’eau d’un miroir,
elle se reconnaît;
enchaînée ici, goutte à goutte,
et dans la gorge, fané, son trope d’écume,
quelle nudité d’eau la plus intense,
quelle eau plus eau
rêve en son orbe tournesol,
chantant déjà une soif de gel équitable!
Mais quel verre — aussi — plus prudent
que celui-ci qui s’arrondit
comme une étoile en grain,
que celui-ci qui, pour une héroïque promission, s’allume
comme un sein habité par le bonheur
et offre à l’eau, ponctuel,
une éclatante fleur
de transparence,
un œil fusant vers les hauteurs
et une fenêtre aux cris lumineux
sur cette liberté incandescente
qui s’épuise au-dedans de candides prisons!
José Gorostiza (Mort sans fin)
Le ciel est tout autour ( RC )

photo: daveb ombres d’une caravane Sahara
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Le ciel est tout autour d’eux
C’est l’effort d’ une longue marche
A travers les dunes ;
Il y a les ombres qui devancent
La caravane et le sable
Qui ondule , égal à lui-même
Et juste marqué, de grains de rochers
Echappés de montagnes.
Le ciel est tout autour d’un creux
Il se rassemble et roule
Comme s’égarent les pistes
Désignées par les anges
En chemins des possibles
Que le soleil ardent
Apprécié des serpents
Efface en poussières…
Le ciel est tout autour d’un bleu
Si évanescent , mais dense
Qu’accrochent , peut-être
Le mirage d’une étendue d’eau
Là bas, si loin…
Dans nos pas de fourmi,
Une oasis, une illusion
Qui vient , puis s’efface
Le ciel est tout autour d’un feu
- Il s’est coulé dans le noir
Quelques flammes et du bois sec
Les nomades lui font cercle
Le désert est affable
Tout est silence, et les outres circulent,
Les chameaux, à genoux,
Soupirent, au chemin de demain.
RC – 19 septembre 2012
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Philippe Delaveau – Jean-Sebastien Bach
peinture : Fr Kupka
JEAN-SÉBASTIEN BACH
Au commencement et à la fin de la phrase,
c’est ton visage qui attend vieux maître et ton regard
sous la chandelle au grenier – presque aveugle.
Avec ces bruits d’enfants nombreux entre querelle et rires
dans la maison comme une fugue où se perd
le nom dilaté par les voix de musique,
de tant de signes sur les cinq traits où ta main s’est posée.
L’été qui a mûri les fruits et l’harmonie du monde
offre un répit sur le gué de l’accord au vaste hiver.
Le fil de soie de la mélodie élabore
un chemin sombre et clair sur les décombres
du thème au préalable inscrit et simple
au blason gris des bémols ou des dièses.
Avant l’épuisement de ses détours et la résolution
sur le clavier d’ivoire de la tonique.
Ici ta main rature de sa plume : Seigneur
si ton Nom est grand et pauvre, mon espérance.
Que la joie qui redescend de la voûte avec les cors
et les voix d’anges. Mais dimanche s’approche.
Il faut dans l’harmonie ingérer l’air et que le souffle
illumine un chemin vrai du cœur au cœur.
Puis un accord résout longuement au point d’orgue
le commencement à la fin de la phrase.
Son nom secret d’une musique, Philippe Delaveau, éditions Gallimard, 2008.
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Boîte à idées – ( RC )

boîte: Dave McCoy - The Great Debate (1999)
Dans ma boîte à idées, y a tout l’temps des trucs
Je refais l’monde à l’envers, je mets de l’eau dans les vermicelles,
j’en tire deux bouts d’ficelle…
J’arrête les chutes d’eau dans leur élan vertical,
- pourquoi seraient-elles verticales -?
Et y a l’homme à la valise, sur le quai de la gare, la femme qu’est partie d’un au-revoir pluvieux,
Le tout sous le regard des anges ( je les avais convoqués) – parfait
Ca valait l’coup d’être écrit, et ben voila c’est fait.
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Maintenant y a aussi les blessures et les drames, qui sont au catalogue,
Je vais bien leur faire fête, et reprendre ma chanson,en dialogues
Je reprends le manuel, je connais la musique, c’est l’coup blues du mardi soir
Qui vaut désespoir,
et puis seaux d’eaux;
J’vais remettre les Platters, on dansera le slow.
T’en fais pas, ma jolie, j’ai encore plein de choses,
Dans ma boîte à idées , des crayons, et puis des roses…
RC – 11 septembre 2012
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Jean-Pierre Duprey – Sommeil dont j’ai peur
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Un jour je dormirai du sommeil dont j’ai peur
Pour ne plus m’éveiller
Je descendrai au fond de ces temps oubliés
Où les sirènes pleurent.
Et les très longs voyages repliés dans ma tête
Seront chiffons de rêve
L’archange qui nous garde et sans nous ne s’élève
Sera l’ange de la fête
Puisse durer longtemps le phare du vaisseau
Qui nous porte sur terre
L’abri que se construisent les marins sous les flots
Me semble bien précaire
Allégés de leur poids ils sont bulles de verre
Portés par les anges
Un rêve qui les cogne claque comme une orange
Entre deux bras de mer.
Jean-Pierre Duprey
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Roland Dauxois – Circonférence des exclus
sève chaude en nos veines,
cette vie se précipitant
en ce vaste corps incarcéré.
Chant de mise au tombeau,
chute d’un homme pour une parcelle de terre brûlée,
chant où se pleure l’arbre et la mer.
en ces usines du ciel,
armées d’encre et de fer,
trafiquantes de venins
œuvrant pour des cieux mécaniques.
"Circonférence des exclus"
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Le côté lisse ( RC)
Déployer ses ailes et quitter la terre
C’est de l’altitude, quand rien nous soutient
Que la brume, les nuées des airs
Un autre aspect, une autre vision qui nous vient
A vouloir faire des prouesses
Jouer aux Icare de service
Faire concurrence aux déesses
Et ne voir de l’univers que son côté lisse
Peinture: J Bosch - chute des anges rebelles
- Voir aussi le film de Luc Besson: AngelA
Cathy Garcia – Suture
Cathy Garcia, poète, a aussi son blog, où beaucoup d’informations peuvent être trouvées sur son oeuvre éditée
SUTURE
Lunes de cire
Echo des frontières
Tracées au khôl
Nuit émaciée
Aux éclats de souffre
La langue des anges
Dérange les nerfs
Prend la douleur
Trois fois nouée
Mots souillés
Paupières éparpillées
Aux portes
Langues humaines
Langue de la soif
Première
Obstinée
Rapprocher les lèvres
Recoudre le mot
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La plaie le meurtre
Par un baiser
Ou le silence




