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Articles tagués “barque

Barque sur le lac ( RC )


Quelque part sur un lac,
Les rames  se reposent…
S’est arrêtée la barque

Suspendue quelque temps
Entre ciel et eau,
Atmosphère de brume

Que ne cerne aucun repère,
Où,  même situer le matin,
N’est pas utile,

Alors que s’installe le silence,
Sur l’étendue d’eau.

Juste le reflet de la coque
Si je me penche,

Et quelques  herbes visibles
Que l’on devine

Prolonger par dessous
Leur vie aquatique.

De temps à autre, une vaguelette
Vient lécher le bord,
Fait grincer une planche ;

Un chapelet de petites  bulles,
vient  crever à la surface,

Echo peut-être d’une carpe
Dont l’ombre lasse se déplace.

Ainsi lentement le temps passe…
Ou je passe à travers lui,
Quand  doucement je dérive

Et que les  saules penchent
Leur tête par-dessus la barque
En annonçant la rive

Que j’avais oubliée
Un instant où l’immobile
Glisse vers le temps  dilué.

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RC-   18  fevrier  2013

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Fernando d’Almeida – Au seuil de l’exil


Fernando d’Almeida

art; Judith Reigl : l’Egyptien

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AU SEUIL DE L’EXIL

Une cloche de deuil a sonné au seuil de l’exil
et la tornade du matin a tonné vers la mer

(…)
Tu marcheras le cœur au poing
tu mâcheras un soir l’amer kola du veuvage
sur le désert nostalgique de ta naissance
une cloche d’alarme une cloche d’alarme
qu’importe l’aigreur des mots hongres
tu seras ici au carrefour des vents dénudés
sur la barque qui tangue
sur la pirogue qui chavire
tu viendras au bout du petit matin
écouter le chant du griot
entendre la voix des eaux
ton royaume sera de nostalgie
ton langage la prison d’un exil
Absente Absente Absente
l’harmattan est venu
l’harmattan est venu
un matin
un câlin
matin
et le ressac de mer
et la peur de dire
et la peur de tuer…

Une cloche de deuil a sonné au seuil de l’exil
et la tornade du matin a tonné vers la mer

(…)
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Francis Combes – Le cerisier du Japon


 

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Le cerisier du Japon

 

 

J’ai fait la connaissance d’un cerisier du Japon,
(un sakura autrement nommé prunus serrulata),
planté sur la terrasse
au sommet de la Tour Périscope
avenue d’Italie
dans le treizième arrondissement.
Assis dans la salle de réception du dernier étage
nous sommes entourés de baies vitrées qui dominent Paris,
Paris qui se cache tout en bas
dans un brouillard gris et doré
comme si le monde entier
souffrait de cataracte.
A côté de nous, une piscine
à l’œil bleu et clair, dort,
transparente et tranquille,
sans une vague.
Nous sommes loin du tsunami,
loin du tremblement de terre
et de l’accident nucléaire…
Pendant la lecture de poésie,
je regarde le prunus à travers la vitre épaisse.
Ses branches lourdes de fleurs roses en grappes serrées,
que bousculent les bourrasques et les giboulées…
Le prunus tient bon
au milieu des courants d’air contraires, dans le vent des hauteurs.
Ambassadeur, malgré lui, d’un pays qu’il ne connaît pas.
Et je me dis, même si certains le nient,
que nous sommes bien sur le même bateau,
chahuté par la tempête.
La planète comme la barque de bois clair
que nous porte le serveur du restaurant de sushis
et nous,
qui nous serrons à bord.
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Phrases flottantes, en brume ( RC )


peinture perso: "sur l’angle" 1990 – acrylique

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Aux murmures suggérés

Les airs , à travers les doigts des feuilles

Et capter d’une oreille attentive

Les sons d’une harpe de brume

Lent glissement  d’une barque

Au gré d’une errance suspendue

Du gris, sur le gris

La parole  chuchotée,

Du mystère des mots

Qui s’assemblent en phrases.

Bribes assemblées,

Un instant flottantes,

Gouttes  d’encre

Et qui prennent leur envol,

Quand  s’écarte le ciel…

Dissipation des brouillards matinaux,

Lorsque  se construit la page.

RC –   19 juin  2012


Bernard Dimey – Les enfants de Louxor


sarcophages égyptiens, Musée du Louvre

 

 

Bernard Dimey,  a une belle oeuvre poétique…,

il est l’auteur  de nombreux  textes  dont  des paroles  de chansons,  chantées par les  "célébrités"; par exemple, Juliette Gréco, B Lavilliers,  et aussi Jehan, injustement méconnu… dont je suis grand  amateur,

et qui lui a consacré un album entier  " Jehan chante Dimey"

 

voir  ce site  sur les  auteurs  compositeurs interprètes  de la chanson française en particulier  ( la page Dimey)

 

 

LES ENFANTS DE LOUXOR,

http://www.deezer.com/listen-275073Quand je sens, certains soirs, ma vie qui s’effiloche
Et qu’un vol de vautours s’agite autour de moi,
Pour garder mon sang froid, je tâte dans ma poche
Un caillou ramassé dans la Vallée des Rois.
Si je mourrais demain, j’aurais dans la mémoire
L’impeccable dessin d’un sarcophage d’or
Et pour m’accompagner au long des rives noires
Le sourire éclatant des enfants de Louxor.

À l’intérieur de soi, je sais qu’il faut descendre
À pas lents, dans le noir et sans lâcher le fil,
Calme et silencieux, sans chercher à comprendre,
Au rythme des bateaux qui glissent sur le Nil,
C’est vrai, la vie n’est rien, le songe est trop rapide,
On s’aime, on se déchire, on se montre les dents,
J’aurais aimé pourtant bâtir ma Pyramide
Et que tous mes amis puissent dormir dedans.

(…)

Les enfants de Louxor ont quatre millénaires,
Ils dansent sur les murs et toujours de profil,
Mais savent sans effort se dégager des pierres
À l’heure où le soleil se couche sur le Nil.
Je pense m’en aller sans que nul ne remarque
Ni le bien ni le mal que l’on dira de moi
Mais je déposerai tout au fond de ma barque
Le caillou ramassé dans la Vallée des Rois.

Catégorie Dimey Bernard,

 

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sculpture tête d'Akhenaton


Jean-Yves Fick – feuillet 41


25 décembre 2011

feuillet 41

peinture : arche de Noé -- fresque romane, St Savin sur Gartempe, Vienne By Jean-Yves Fick

 

viennent les passes
noires et nues
où voguer vers
quelle terreur

                                              à la proue

on savait que
l’étau des roches
allait broyer
la nef entière

                                            corps et âme

pour peu que ne
franchissent pas
les ailes blanches
pour peu que ne

                                         dans l’écume

se montre pas
la main suprême
qui porterait
plus loin la barque

                                        imprévisible

poupe brisée
mais le haut-vol
possible dans
l’étrave intacte

                                     quels seuls visages

hors du royaume
où ne sont qu’ombres

                                      vont apparaître.

à noter que la mise en page, que j’ai essayé  de respecter,  est un des éléments importants de l’expression poétique  contemporaine,  qui induit, un autre regard, une  autre lecture

provenance:  http://jeanyvesfick.wordpress.com/2011/


Yves Bonnefoy,- dans le leurre du seuil 02


peinture: Arnold BÖcklin , l'île des morts

Plus avant que le chien
Dans la terre noire
Se jette en criant le Passeur

Vers l’autre rive.,
La bouche pleine de boue

Les yeux mangés,
Pousse ta barque pour nous
Dans la matière.
Quel fond trouve ta perche, ‘tu ne sais,
Quelle dérive
ni ce qu’éclaireront, saisis de noir
Les mots du livre.
Plus avant que le chien
Qu’on  recouvre rnal
On t’enveloppe, passeur’

Du manteau des signes.
On te parle, on te donne
Une ou deux clefs, la vaine
Carte d’une autre terre-
Tu écoutes, les yeux dejà, détournés
Vers l’eau obscure.
Tu écoutes, qui tombent,
Les quelques pelletées.
plus avant que le chien
Qui est mort hier
On veut planter, passeur,
Ta phosphorescence.
Les mains des jeunes filles
Ont dégagé la terre
Sous la tige qui porte
L’or des grainées futures.
Tu pourrais distinguer encore leurs bras
Aux ombres lourdes,
Le gonflement des seins
Sous la tunique.
Rire s’enflamme là-haut
Mais tu t’éloignes.

Tu fus jeté sanglant
Dans la lumière,
Tu as ouvert les yeux, criant,
Pour nommer le jour,
Mais le jour n’est pas dit
Que déjà retombe
La draperie du sang, à grand bruit sourd,
Sur la lumière.
Rire s’enflamme là-haut,
Rougeoie dans l’épaisseur