Les couleurs endormies sous les laines – ( RC )

Sculpture-jouet: Roland Roure – équilibriste - photo perso retravaillée
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Le funambuliste pose doucement ses mains sur le ciel.
Il quitte la corde pour accrocher un rayon de soleil
Et réchauffer, hors des habits gris
Les couleurs endormies sous les laines.
Une petite dame à la coiffure d’or,
S’empare des morceaux solaires.
On peut dire qu’elle se les approprie
Pour poser ses mains sur ma poitrine.
Elle a recourbé le ciel autour de moi,
Et fait de l’espoir un printemps,
En ôtant les laides laines d’hiver,
Suspendue aux nuages, nouvelle équilibriste.
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RC – 17 mars 2013
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G M Chenot – Au toucher ou à l’ouïe
AU TOUCHER OU A L’OUÏE
L’Afrique en bandoulière
Et les yeux émerveillés
Par de tant de couleurs
Ou de nuances de noir
La lumière en héritage
Comme la douceur d’un fardeau
Qui s’évapore en souriant
Dans l’ombre des frondaisons
Et cette voix de femme ensorceleuse
Dont on fait des miracles
Des baisers ou des caresses
Dans la saveur de l’instant
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écrit provenant du riche blog poétique de GMC
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Claude Esteban – l’immobile qui devient une fiction

photo Willy Ronnis quai Malaquais
Ne garderai-je du jour que cette longue lassitude et la poussière des chemins au fond des yeux ?
Je m’assiérai n’importe où, je tenterai seulement de reprendre souffle, sans hâte et comme pour mieux me souvenir. L’espoir, quand on s’arrête de marcher, devient inutile, mais le vieux désir d’être encore ne disparaît pas avec lui.
Et je suis là, comme quelqu’un qui s’étonne que son corps le soutienne et le défende,
ce corps meurtri, ce corps appesanti, le mien pourtant, et que je méprisais.
Les grandes lois du soleil et de l’ombre nous échappent, nous mesurons l’espace
aux battements d’un coeur quand il est neuf, mais que la machine au-dedans hésite ou s’emballe, les repères se dissipent
et chaque pas devient une épine dans la chair.
N’importe, je suis là, je regarde mes mains, je n’oublie pas qu’elles ont touché la splendeur intacte du monde et qu’il y eut des moments d’allégresse à sentir la sève trembler sous les doigts.
Non, la mémoire ne se résume nullement à la somme des choses mortes entassées dans la tête.
Elle est tapie au creux d’une odeur, d’une feuille froissée par la pluie, d’un murmure.
Et que l’on fasse taire en soi le bruissement de la pensée; qu’on s’arrache à ce théâtre de mauvais rêves, le paysage se recompose, les formes s’animent, les couleurs recommencent à vibrer.
Rien ne bouge pour celui qui se détourne, tout s’éveille au-devant de celui qui reste à l’écoute et il ne craint plus.
On cherche à l’endroit d’une ancienne blessure, et c’est à peine si la peau tressaille.
Et c’est à présent l’immobile qui devient une fiction, et cette lassitude d’avoir tant vécu comme une invitation à poursuivre encore.
Claude Esteban, La mort à distance, Gallimard, 2007
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Ciels amnésiques ( RC )
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Quel regard oubliera
les ciels amnésiques
oublieux des brillances
Et du partage de la lumière ?
Quel cœur ne regretterait pas l’émotion de la palette délaissée
D’ un peintre au baroque monochrome
Qui n’aurait de symphonie
Qu’un gris ayant éteint toutes les couleurs
En dehors des saisons,
En dehors d’un avenir de lumière et fulgurance
Si aujourd’hui est semblable à demain…?
Comment continuer, à clore les yeux et l’âme
Sans l’exhaltation des possibles
Qui portent ce pas et le suivant *
La nuit juste avant la clairière
Vers de meilleurs lendemains?
RC 8 juin 2012
* ( ce pas et le suivant, est la titre d’un ouvrage de Pierre Bergounioux).
- sur l’incitation du regard sur l’automne, de H Soris-
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Marie Hurtrel, dont je viens de visiter les écrits, , nous communique un de ses textes, qui présente quelques affintés…
L’ivre livre
Il y avait trois mots qui voulaient se perdre
entre un ciel inutile
et la terre roulant ses étreintes
Comme revient une hirondelle
quand le vent se lève sur l’horizon
c’est parce que j’ai vu tes sommets sous les nuages
que son vol couche la saison
Et dans le lit des doutes se relie la route
près de là-bas
par ce sol qui m’enterre à m’attendre
la route au désert
et la source entre ses pages
c’est un livre qui attend
D’une terre un ancrage
il y a demain de là
une ode rouge entre les veines
et mon sang sans arrimage
au silence recompose la voie
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© Marie Hurtrel
Les instants recourbés, animés par le vent (RC)
Les instants recourbés, animés par le vent
Déposent en collier aux fronts des pêchers
Des nuées de roses, saluées par les oiseaux
Qui préparent une fête, au futur de l’été.
C’est une odyssée, qui renouvelle chaque année
Dessinée d’habits neufs, de frondaisons franches
Où se déverse la lumière, en corne d’abondance
Etalée de tout son poids, sur la terre avide
Que déménage en douceur, la fête des pousses
A jouir du printemps, c’est une course
A prendre les devants de chaque instant
Et oublier l’hiver, en virée des couleurs.
RC
Yves Bonnefoy – le désir poétique
Dans un Entretien de la revue "levure littéraire" , j’ai extrait ces propos d’ Yves Bonnefoy,
Ce fut à partir d’un certain jour, dans le pays des étés d’enfance, un arbre vu au sommet de la colline d’en face; et cet arbre, ce n’était pas simplement une part de l’horizon, il se dressait là-bas comme un être, il semblait m’indiquer qu il avait avec moi un rapport tout à fait personnel, me promettre qu’il allait m’accompagner dans ma vie, et je pouvais ainsi l’aimer comme un compagnon, sentiment nouveau, sentiment jusqu’à ce jour inconnu.
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par ailleurs, j’écrivais dans
DISPOSANT SUR MA TOILE DES COULEURS HABITÉES
La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets
Buées du vacarme salin des rafles sur l’espace
Ce qui nous tient éveillés, et rend sagaces
Sous cet après-midi luxueusement malaxés,
L’ajout et le reflux, matières minières
À laisser la mer nous envahir d’hier :
Le petit carré d’ocre résiste sans pensées
Mais en couleurs seulement dépensées
Sans paroles, et sans la moiteur intruse des terres d’été
En cet instant unique, à l’ombre évasive des oliviers,
Témoins millénaires de l’Italie proche de Sicile,
Du monde en regard mythologique, et en îles…
Immobile encore, sous les saccades du vent
Témoin de notre passage et notre instant
Sans pour autant me risquer à convier l’éternité
Disposant sur ma toile, des couleurs habitées…
René Chabrière
( en réponse à Jean-Jacques Dorio qui commentait ma "grande bleue")
La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets,
Ceci, cela, en somme, qui nous tient éveillés.
jj dorio
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je renverrai aussi à l’article -poème que j’ai écrit à mon retour du Burkina-Faso:
Installé sur ton arbre (RC)
En réponse à "cette nuit…", le poème d’Adeline que l’on peut lire ici…
Comme je voletais de ci de là
J’ai trouvé l’espace libre et je m’y suis mis
Installé sur ton arbre, la branche amie
Elle était douce, moelleuse comme matelas
L’automne avait déserté le deuil
Les couleurs étaient en tapis de peinture
Autour de ton tronc, belle garniture
Le vieux chêne gardant quand même quelques feuilles
La baie s’appelera aurore
Au mystère d’écriture je te lirai
Et d’un grand orage je m’ennivrerai
Aux pages feuilletées, il sera décor.
DISPOSANT sur ma toile, des couleurs habitées ( RC)
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texte publié sur l’anthologie poétique de JJ Dorio: JJ DForio ayant lui-même écrit qq chose sur cette peinture, visible aussi dans rechab-art-encore
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La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets
Buées du vacarme salin des rafles sur l’espace
Ce qui nous tient éveillés, et rend sagaces
Sous cet après-midi luxueusement malaxés,
L’ajout et le reflux, matières minières
À laisser la mer nous envahir d’hier :
Le petit carré d’ocre résiste sans pensées
Mais en couleurs seulement dépensées
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Sans paroles, et sans la moiteur intruse des terres d’été
En cet instant unique, à l’ombre évasive des oliviers,
Témoins millénaires de l’Italie proche de Sicile,
Du monde en regard mythologique, et en îles…
Immobile encore, sous les saccades du vent
Témoin de notre passage et notre instant
Sans pour autant me risquer à convier l’éternité
Disposant sur ma toile, des couleurs habitées…
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la peinture jointe, bien que datant de 2000, précède ce texte qui lui fait écho, notamment aux couleurs de l’Italie du Sud, – Polignano a Mare ( Pouilles)
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Et le texte est un écho à celui de Jean-Jacques Dorio;
sur un coin de table la grande bleue
sur l’aire des poudroiements
quand se déploie la liberté
d’interpréter le monde
tel jour telle heure en telle année
la fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets
ceci cela en somme qui nous tient éveillés
flux et reflux matières manières
de laisser la mer nous imaginer :
sans pensées et sans paroles
nous aurons été en cet instant unique
ce petit carré d’ocre et de bleu…
et pour l’éternité














