Ahmed Mehaoudi – la fin d’une parenthèse

Arcs ; sculpture -installation extérieure: Bernar Venet
c’est mieux la rose et l’eau
à ce ciel de soleil
on rira
au crépuscule
on pleura l’ami
qui dira mieux à l’eau de rose
c’est mieux que d’aller fouiner dans la nuit
meilleur qu’un oiseau de bonne augure
à ce visage d’idée
sans arrière boutique
c’est mieux d’écouter un grillon
éplucher une orange
lire en dormant
fermer la porte en baillant
c’est mieux de laisser closes les latrines
car c’est mieux de couler
dans les bras du printemps
vieillir au silence des étoiles
écrire se taire à l’impératif…
-
Dylan Thomas – Et la mort n’aura pas d’empire
-

peinture: Mark Rothko
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- Les morts nus feront foule
- Avec l’homme dans le vent et la lune rousse ;
- Quand leurs os blanchiront et leurs os blancs partiront,
- Ils auront des étoiles au coude et au pied ;
- Même s’ils sont fous, ils seront sains d’esprit,
- Même s’ils sont perdus en mer, ils reviendront ;
- Les amoureux seront égarés mais l’amour restera;
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- Sous les rouleaux de la mer
- Ils demeureront à l’abri de la tourmente ;
- Torturés pour que lâchent leurs nerfs,
- Attachés à une roue, ils ne cèderont pas ;
- La foi en leurs mains éclatera,
- Et les diables cornus les piétineront ;
- Écartelés de toute éternité, ils ne céderont pas ;
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- Plus aucun cri de mouette à leurs oreilles
- Ou le déferlement des vagues sur les rivages ;
- Où la fleur s’épanouit peut-être qu’aucune fleur
- Ne lèvera son front aux coups de la pluie ;
- Bien qu’ils soient fous et raides comme des clous,
- Leurs têtes laboureront les champs de marguerites ;
- Brisés par le soleil jusqu’à ce que le soleil se brise,
- Et la mort n’aura pas d’empire.
- -
Massimo Pastore – Abstrait palpable
-
Ho donato la mia spalla nuda
alla notte, quando le stelle
si facevano spazio coi denti
tra le inquietudini del cielo
allora cantavo una canzone lenta
sillabata, quasi come se le parole
scuotessero la lingua
mutando stagioni, dissapori e assolute verità
e con le scarpe sugli occhi
andavo legando, slegando sotto il cielo
montagne di teoremi
o piccole poesie.
Massimo Pastore, da Gesù dei carruggi, 2001
.
Lucien Clergue, Vénus d’Arles
J’ai donné mon épaule nue
à la nuit, quand les étoiles
ouvraient l’espace de leurs dents
parmi les inquiétudes célestes
je chantais alors une chanson lente
syllabée, presque comme si les mots
bousculaient la langue
transmuant saisons, brouilles et vérités absolues,
et, souliers sur les yeux,
j’allais liant, déliant sous le ciel
des montagnes de théorèmes
ou de menues poésies.
Massimo Pastore, extrait de Gesù dei Carruggi
(trad. Valérie Brantôme)
-
Thomas Pontillo – Il suffirait qu’un peu de ciel
extrait de Ce qu’ a dit la beauté
-
Il suffirait qu’un peu de ciel
appelle d’une voix d’eau ou de vent
pour que l’air ouvre des portes battantes
vers la mer nourrie de larmes,
pour que tout se révèle,
troué d’étoiles éblouies et de joie.
Mais les oiseaux se sont tus,
le ciel est noir et vide,
les décombres s’entassent près de nos murs,
plus personne n’ouvre les yeux,
car la chair nous a quittés.
à lire parmi beaucoup de très beaux textes de Thomas Pontillo, visibles ici
-
Des gestes et des ombres ( RC )

image : flotte galactique de joeliah.amie-des-anges
-
Sur le tableau de la nuit,
perforent des étoiles,
qui disent les mondes
- lointains-
propices aux imaginations
Et même les euphories,
Les joies et désespoirs
Déploient en méconnaissance de cause
Légèreté et ténèbres.
C’est un esprit vulnérable,
Qui se développe aussi en corps
Et voyage en solitaire
Sans savoir où les gestes portent
Ni qu’ils s’engluent parfois
Dans une toile d’araignée
Dont on n’a pas détecté la présence
Au coeur de la nuit.
Il faut replier ses ailes
Et plonger dedans
- dedans soi-
Pour trouver d’autres étoiles
-
RC – 2 avril 2013
-
Charlotte Monégier – Deux, quatre et vins

Deux, quatre et vins
Toi :
Deux mains s’entêtant
A figer l’été pour le conduire en hiver
Par des jeux d’amant
Des histoires chaudes qui fécondent l’éther
Deux pieds se posant
Sur un coin de ciel, d’étoiles en pouponnière
Par des yeux volant
Le refuge du temps pour m’en faire un frère
Deux doigts s’enivrant
Du décolleté fin que j’arbore si fière
Et te désirant
J’arrondis mes deux lèvres pour t’offrir un ver
Nous :
Quatre mains s’aimant
Quatre pieds réchauffés dans l’interstice clair
Vingt doigts s’écrivant
Des contes légendaires, des recoins d’univers
Moi :
Une bouche lente
A dire ce qui se tait dans son palais clos
Des mots qui la chantent
Qui chantent tout bas l’amour qui te rend si beau
Fin :
Une bouche chut… !
Tout en silence les deux et les quatre virent
En vins bien trop bus
Pour qu’un baiser soit vrai, pour que mon cœur chavire
Une bouche, c’est tout
Une bouche c’est rien et même que l’éther
Posé sur ta joue
S’est joué de mon corps pour le jouir en enfer
Et même que ce frère, de visage vénusien
S’est fondu d’alcool
Armant ses sourires de cigares malsains
Suis devenue folle
Et même que tes regards protecteurs d’idées
Naissant dans les maux
N’ont su capturer qu’un lacté passé d’été -
L’hiver et les mots.
Peu de gestes purs
Dans l’indécence de cette nuit de regrets
Parce que tout dure
Lorsqu’on s’égare une fois dans de faux reflets
Charlotte Monégier
-
Danse des lucioles ( RC )

-Il faut bien le dire,
Tu m’as aidé à ôter la robe
Celle des nuages, recouvrant les étoiles
Et dans la nuit scintillante; qui m’attendait
S’échangent les avions d’argent
Vers les destinations lointaines
Peut-être celles des bonheurs partagés
Et la danse des points dans le sombre,
Celle des lucioles
S’appuie sur les traits fugaces
Des comètes, dessinant à la lumière
Sans les craies, sur la tableau d’ardoise de la nuit.
Et tu rassembles aussi les clins d’oeil,
Des lucioles,— la danse des anges,
Avec le pont des heures couchées
Sans les ballerines, avec la forme de ton sourire
En équilibre, quelque part – ballon léger
Au dessus,corsage transparent, de mon sommeil….
RC – 03 mars 2013
–
inspiré du texte de Colette Fournier,( Phedrienne ) ci dessous, …………..et visible sur http://colettefournier.com/2013/01/27/5-heures-du-matin/
-
J’ai parcouru la nuit à grandes enjambées
Franchi le pont des heures couchées
La nuit est amicale, elle sourit à la vie
Cachée sous les étoiles, et puis,
Elle a une allure folle dans sa robe ajustée
Son corset bleu marine et ses douces ballerines
Je l’ai suivi marchant à pas silencieux
Sur ses traces fuyantes de danseuse invisible
Et me voilà debout sur une crête noire
Un si drôle de perchoir, où je ne pense plus
Mais laisse traverser les comètes en goguette
Quelques anges déchus aux ailes harassées
Moi je suis sans fatigues, mais aussi sans idées
Une tête noctambule, ballon hydrogéné
Qui implosera peut-être en laissant dériver
Une petite luciole espiègle et inspirée !
—
Horatu, traduction du mot luciole en japonais, est un astre qui vole au bord de l’eau et annonce l’été aux japonais. Deux sortes de lucioles différentes par leur "style de vie" : le genji-botaru (12 à 18 mm) qui vit au bord de l’eau douce et le heike-botaru (8 à 10 mm) qui préfère les rizières et les eaux stagnantes, se nourrissent de colimaçons. Elles font partie des espèces aquatiques au stade larvaire parmi les dix répertoriées dans le monde, ce qui semble normal étant donné la géographie du Japon et des iles environnantes.
Lucien Blaga – j’attends mon crépuscule

from Universetodayregard, soleil,
J’ATTENDS MON CRÉPUSCULE
Voûte étoilée où nage mon regard -
et je sais qu’en mon âme aussi je porte
étoiles en myriades
et voies lactées,
merveilles des ténèbres.
Mais ne puis les voir,
j’ai tant de soleil en moi
que ne puis les voir.
J’attends que se couche mon jour
et que mon horizon ferme ses paupières,
j’attends mon crépuscule, nuit et douleur,
que s’enténèbre mon ciel tout entier
et qu’en moi se lèvent des étoiles,
mes étoiles,
que je n’ai encore
jamais vues.
-
Tendre le bras vers les étoiles ( RC )

S’il y a du souffle et de la poussière
Pour tendre le bras vers les étoiles
Modifiant tout à coup l’équilibre planétaire
La trajectoire des corps, mettant les voiles
La tête au milieu des nébuleuses
Le ciel s’est enflé de lumière violette
Echo d’Orion vers Betelgeuse
Du fracas d’une comète
A la verticale de l’été
Au fond de tout ce noir
Pour perdre ses droites allées
Et la lumière de l’espoir
Le matin confisque son charme
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes
– pour une autre aventure -
Je ne sais pas si tendre les bras suffit
A jouer avec les astres
Aveuglé, je ne vois que la nuit
Et du matin qui s’en va,… le désastre…
-
RC – 2 février 2013
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Indentifier les étoiles éteintes par des points ( RC )

– photos origine - futura sciences -
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Si toutes les myriades d’ étoiles réunies
Ajoutaient leur lumière infinie
Notre voûte serait blanche,
On n’y verrait goutte, dans un ciel étanche
Mais l’infini a ses faiblesses
Et les lueurs pâlissent en détresse
Si toutes les lettres grecques répondent à des couleurs
La physique nous apprend avec douleur
Que l’absence de lumière les fond dans l’uniformité
Il en est ainsi des trous noirs dans l’immensité..
On n’identifie plus les étoiles éteintes que par des points
Car le noir n’est jamais loin.
-
RC – 16 janvier 2013
-
Eugene Durif – l’étreinte, le temps – 10
Nous ne faisions que nous éloigner,
les étoiles dans le bleu,
prises comme d un tremblement,
et nos mains de glace.
Marchant,
allant, cela suspendu,
cela de nos gestes qui aurait fait de chaque parole une étreinte.
Les bois morts frappés de foudre
(le chemin du remembrement)
signes d abandon.
-
Alda Merini – poètes travaillant de nuit
Alda Merini | I poeti lavorano di notte…
I poeti lavorano di notte
quando il tempo non urge su di loro,
quando tace il rumore della folla
e termina il linciaggio delle ore.
I poeti lavorano nel buio
come falchi notturni od usignoli
dal dolcissimo canto
e temono di offendere Iddio.
Ma i poeti, nel loro silenzio
fanno ben più rumore
di una dorata cupola di stelle..
—
tentative de traduction ( RC )
Les poètes travaillent de nuit
lorsque le temps ne les bouscule pas ,
quand la rumeur de la foule et le silence
se termine le lynchage d’heures.
Les poètes qui travaillent dans l’obscurité
comme les faucons ou les rossignols nocturnes
de la plus belle mélodie
et la crainte d’offenser Dieu.
Mais les poètes, dans leur silence
font beaucoup plus de bruit
qu’un dôme doré des étoiles …

Yavuz – Saskia Pintelon
Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )
photo Phillip Stearns : Hadar_Solar_Acacia
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Fleurs d’acacia -
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit
Setsuko Shimizu
Federico Garcia-Lorca – chanson de l’oranger stérile

peinture Gisele Gautreau
-
Bûcheron.
Coupe moi de mon ombre,
Libère-moi du tourment
de me voir sans fruit.
Pourquoi suis-je né parmi les miroirs?
La journée fait des cercles autour de moi,
et la nuit me copie
dans toutes ses étoiles.
Je veux vivre sans me voir.
Et je vais rêver que les fourmis
et des bavures des chardons sont
mes feuilles et mes oiseaux.
– traduit de la version anglaise suivante par RC:
Song of the Barren Orange Tree
Woodcutter.
Cut my shadow from me.
Free me from the torment
of seeing myself without fruit.
Why was I born among mirrors?
The day walks in circles around me,
and the night copies me
in all its stars.
I want to live without seeing myself.
And I will dream that ants
and thistle burrs are my
leaves and my birds.
Woodcutter.
Cut my shadow from me.
Free me from the torment
of seeing myself without fruit.
"Song of the Barren Orange Tree"
-
-
Ahmed Mehaoudi – ombrage chanté

peinture; Georges Braque; oiseau noir sur fond bleu
comment arrive t-il de ses ailes
à venir décrire de ses yeux de songeur
le feu nourri de nos théoriques certitudes
la course évidente du monde qui passe
comment arrive t-il
à murmurer sur nos lits fermer au soleil
la verité du livre des vérités
puis à l’aurore siroter
la ligne blanche de la nuit
où se croisent étoiles partantes
et lumière du matin
comment de ses ailes
atterrir
clamer que l’homme est le dernier à rire
quand c’est aux oiseaux d’en être les derniers
chanter au plus profond de la gorge
que c’est sa jeunesse qui fait défaut
et alors s’envoler à nouveau
là haut à l’écoute d’autres chants mystérieux…
-
-21 novembre 2010
-
Mobile ( RC )

-
Il y a des perles rouges
Que l’on suit à distance
Et des étoiles de lumière
Filant de l’autre côté
Avec leur traînée blanche
Qui balaie un instant la route
En courbes pointillées,
Du contour des collines.
La nuit est tombée doucement,
Enveloppant le parcours,
L’habitacle, une bulle bercée
Du ronronnement du moteur…
Les kilomètres s’alignent,
Les villages lentement bougent
De l’autre côté de la vallée,
Et défilent en nombre.
Les maisons alignées,
Les tours illuminées,
Les avenues orange, et
Les néons des enseignes,
Bataillent contre le sombre,
Et disparaissent soudain
Au détour de la route,
Ou derrière un rocher,
Avalés par la distance
Et le sillon goudronné
Qui, lentement se déroule
En suivant le fil du temps,
Frêle ruban de la nuit
Se déplaçant, parallèle,
Aux efforts mesurés
De mon automobile.
-
RC – 9 novembre 2012
-
Ps : "au fil du temps", est un film ancien de Wim Wenders

photo; grandereveuse
Vertiges – de fileuse de lune
- photo : H Cartier-Bresson Arbres en Brie
A voir sur le blog ( de fileuse de lune)
Vertiges
éclaboussures
traversées
J’habite ces parages
de peu de densité
où l’éclair d’un regard
chavire l’horizon
Membranes soulevées
sur le dos des fleuves
s’éparpillent en rémiges
en consonnes
brunes et vigoureuses
Se déversent les langues
dans une amphore
se délecte le ciel
d’être à nouveau
en crue
Pour apprivoiser les pinèdes
en maraude
les forêts de silex
il faut tailler son nom
dans le tronc le plus vieux,
habiter son élan
Dans les prairies de l’Homme
je sais un abreuvoir
où se rassemblent troupeaux
de hautes sèves
clameurs de laines
blanches et bouclées
J’y porte l’épaisseur
de mes murs
la lourdeur de mon sang.
Une odeur de suint
ocre et tenace
rassure les ancêtres
Claquante
comme une étreinte
la parole éperonne
les flancs fumants
de ce matin tout neuf
Tourbillon
ivresse pure
je virevolte, à cru,
sur des phrases de sel
m’accouple à leur écorce
et hurle
source vive !
J’ouvre,
dans ma poitrine,
des fenêtres
aux giboulées de grives,
de raisins et d’étoiles,
aux rafales d’ardoises,
aux foules écervelées
des déserts, des pierres
et des jardins
Là, dans cet espace
consenti à l’incandescence,
la bruine déploie
mon feuillage
gâche sa salive
à ma résine
Sur mes berges
calleuses
faseyent quelques saules
Guetter l’exubérance
étirer les limites
de son sang
de sa peau
pour être ampleur
luxuriance
et faire tomber de soi
jusqu’à la moindre
ténèbre
Et puis
se rencogner
dans l’angle juste
de la légèreté,
retrouver sa foulée
d’osier souple et de vent
Taire le silence ( RC )
Si j’apprends à taire le silence
En jetant quelques cailloux dans l’eau
Alors, la surface remue, et se souvient
En cercles concentriques, des éclaboussures
Et des gestes ténus,
Qui repoussent quelques secondes la léthargie,
En laissant , une place à la vie.
Mon geste n’est plus là, mais seulement sa trace
Comme lorsque je passe un doigt distrait
Sur la couche de poussière recouvrant le buffet.
J’apprends à lire, les instants fugitifs,
Le murmure de l’histoire, et l’invisible est crédible
Les brioches dorées, le zeste des parfums,
Le sillage d’un regard, au détour d’un reflet,
Le souffle des choses, agitant les feuillets
Les chapitres du bonheur, que révèle
Un pinceau de lumière à travers les nuées
Eloignées des étoiles, et dénuées
De l’ombre - qui fait l’importance.
Si j’apprends à taire le silence,
C’est pour mieux traduire
Une langue d’avant qui te ressemble
La prolongation d’une grâce
Que n’offrent ni les mots
Ni la parole rhétorique,
Les doigts ouverts de l’invisible
Quand ils te dessinent à mes yeux:
Une veine qui palpite à ton front,
Et la courbe d’une hanche…
J’apprends à lire, les instants fugitifs,
A rassembler les indices,
Peut-être à inventer,
A rajouter des brillances
Et des couleurs de voix,
Imiter rivières et cascades,
Et l’ombre des collines
Qui dessine des courbes
Sur le désir de l’instant
Que les lèvres promettent.
RC – 6 octobre 2012 ( évocation d’une démarche créative… je pensais à la photographie )
-
José Gorostiza – mort sans fin – extr 01
-
O, quelle joie aveugle,
Quelle soif d’utiliser à fond
L’air que nous respirons,
La bouche, l’oeil, la main.
Quelle démangeaison vive
De dépenser tout de nous-mêmes
En un seul éclat de rire.
O, cette mort impudente, insultante,
Qui nous assassine de très loin,
Par delà le plaisir d’avoir envie à mourir
D’une tasse de thé…
D’une petite caresse.
***
… ce mourir entêté et incessant,
cette mort vivante,
qui te poignarde, ô mon Dieu,
dans ton travail rigoureux,
dans les roses, dans les pierres,
dans les étoiles indomptables,
et dans la chair qui se consume
comme un feu de joie allumé par une chanson,
un rêve,
une nuance de couleur qui attire l’oeil,
… et toi, toi-même,
tu es peut-être mort depuis une éternité, là-bas,
sans que nous le sachions,
nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi ;
toi qui es encore présent,
comme une étoile cachée par sa propre lumière,
une lumière vide sans étoile
qui vient à nous,
camouflant
son désastre infini.

peinture: A Manessier: Passion
(Mort sans fin)
–
Eugenio de Andrade – apprendre à la main
Tu pourrais apprendre à la main
Un autre art,
Celui de traverser le verre ;
Tu pourrais lui apprendre
À creuser la terre
Dans laquelle tu suffoques syllabe après syllabe ;
Et même à devenir eau,
Là où, à force d’être regardées,
Les étoiles tombaient.
extrait de "Matière solaire"
-
S’ouvre le balcon du ciel ( RC )

Peinture: J Mirò : femme, oiseaux, étoile… Metroplitan Mus of Art N Y C
-
-Si soudain, s’ouvre le balcon du ciel,
Et , que la crampe du soleil, me fixe,
D’un oeil morne alors une vie
A détacher ses ailes
Pour chuter dans le haut
Aspiré par les nuages
Je me verrais ange déchu
Regagner l’ivresse du vent
Le baiser des oiseaux,
Et bientôt la nuit
Piquetée d’étoiles
Pour tutoyer Orion,
Pégase et Cassiopée
Et peut-être, je te verrai
Habillée d’aurores boréales,
Jouer au billard
Avec les planètes,
Rire des comètes…..
Si soudain, s’ouvre ta fenêtre
Et qu’un oeil de lumière me fixe
Au dessus de ta silhouette, alors une vie
Pour me pousser des ailes
Et chuter vers le haut
Aspiré par ton balcon,
Je me verrais, ange nouveau
Appuyé sur le vent
Aux baisers de l’ aimée..
( … et bientôt la nuit
Piquetée d’étoiles
—–Tu aurais laissé suspendue
Ta robe boréale…. —-> )
-
RC – 19 septembre 2012
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