
peinture: James Rosenquist -The Light That Won’t Fail
Tu verras bien au loin ,
les temps qui s’abîment,
Les photos qui noircissent
Et le goût du vin,
Que l’on boit sans plaisir
Attablé au comptoir, Les journaux de la veille
Une coupelle presque vide.
Le sel poudreux,
Et quelques cacahuètes qui traînent.
Ils sont une demi-douzaine de seuls
A ne savoir quoi faire de leur regard,
Alors ils errent, sur la télé du bar
Et les infos sommaires qui défilent
Sur les évènements de la journée
En lettres blanches qui s’égarent.
J’ai beau m’envelopper
Dans mon manteau humide
Les carreaux tristes,
Livrés aux courant d’air
Dialoguent à l’envers
Des couleurs des néons
De la pub, qui vante
Le nouvel apéro.
Encore deux heures à tuer,
Avant le prochain départ.
Trois rues à parcourir,
Pour atteindre la gare.
RC – 11 et 20 mars 2013
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03/22/2013 | Catégories: Art, fine arts, peinture, self creation | Tags: apéro, bar, cacahuetes, chabreière, comptoir, gare, manteau, néons, télé, triste | 1 commentaire »

boîte: Dave McCoy - The Great Debate (1999)
Dans ma boîte à idées, y a tout l’temps des trucs
Je refais l’monde à l’envers, je mets de l’eau dans les vermicelles,
j’en tire deux bouts d’ficelle…
J’arrête les chutes d’eau dans leur élan vertical,
- pourquoi seraient-elles verticales -?
Et y a l’homme à la valise, sur le quai de la gare, la femme qu’est partie d’un au-revoir pluvieux,
Le tout sous le regard des anges ( je les avais convoqués) – parfait
Ca valait l’coup d’être écrit, et ben voila c’est fait.
-
Maintenant y a aussi les blessures et les drames, qui sont au catalogue,
Je vais bien leur faire fête, et reprendre ma chanson,en dialogues
Je reprends le manuel, je connais la musique, c’est l’coup blues du mardi soir
Qui vaut désespoir,
et puis seaux d’eaux;
J’vais remettre les Platters, on dansera le slow.
T’en fais pas, ma jolie, j’ai encore plein de choses,
Dans ma boîte à idées , des crayons, et puis des roses…
RC – 11 septembre 2012
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09/15/2012 | Catégories: Art, d'images, les arts nous parlent, self creation | Tags: anges, blessure, blues, boîte, chabriere, ficelle, gare, Platters, roses | Poster un commentaire »

J’aurais aimé pourtant encore
la rue Paul-Sysley et la gare de l’Est
les voies de triage désaffectées
l’entrepôt à ciel ouvert sous les garages d’arbres
le lierre sous la varangue, désastre musical
l’odeur de mazout et le cri rauque de la micheline
à midi dans le tremblé très seul du lilas
mais il est tard
tout est détruit
les trains ne partent plus
le mal d’un siècle divague
comme une éternité jetée à quai
dans le soir inépuisable
qui ne sait plus où poser ses pas
In “Le Sentiment d’être seul” © Paroles d’Aube, 1997

photo perso – Daugavpils 2011
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07/09/2012 | Catégories: auteurs à découvrir, photography | Tags: arbres, gare, lilas, mazout, micheline, Patrick Laupin, train, triage | Poster un commentaire »
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Quelques pas dans le couloir,
L’écho lointain du parloir
Se déplace avec le son
Cliquetis , le trousseau du maton
La démarche lente,
Les chaussures traînantes…
Et l’ouverture du volet de la porte
Sa face grasse encadrée de la sorte
Et le parcours de son regard louche
Traverse l’espace comme une mouche
Une lumière un peu terne
Qui s’efface quand il ferme.
Je parcours le décor hideux
Des murs d’un vieux vert huileux
Par endroits graffités
La couverture sur le lit, mitée,
La table bancale dont j’ai hérité
Le formica de ses coins, effrité
Et mes poèmes qui s’empilent
Peut-être bientôt, mille…
- Grand bien me fasse -
Le long du temps qui passe…
Ajoutons , la vieille chaise en fer
Trois livres sur l’ étagère
Pour décrire l’austère
De mon univers
–*
La fenêtre carrée du troisième étage
A pour avantage
D’avoir une vue panoramique
Sur les arbres rachitiques
Et l’herbe pelée
Derrière les barbelés
Puis les miradors
S’ajoutent au décor
Au coin j’ai la vue
Sur une avenue
Un peu à l’écart
Du quartier d’la gare
Un quartier hostile
Du nord de la ville —
Les barreaux s’enlacent
Y a des bras qui passent
A travers l’acier
Du pénitencier
Exposées en rage
Des mains issues des cages
Demandent conseil
Aux rayons du soleil
S’accrochent à un ailleurs
Qu’on voudrait meilleur
De ceux qui appellent
De ces moignons d’ailes
—
Pauvres garde-mangers
Il y a des rangées
De sacs plastiques blancs
Ballotés par le vent
On dirait que, des cellules
S’échappent des bulles
De la monotonie, du morne
Et de l’uniforme
Et quelques gardiens
Promènent leurs chiens
Quartier artificiel
Qui grillage le ciel
Quartier d’sécurité
" Tu l’as bien mérité ! "
Pendant que les heures agacent
Se retournent et prélassent
Je suis égaré
Dans quatre mètres- carrés
Etant dans mes chaînes
A purger ma peine
Le temps s’est entêté
Et semble s’arrêter
En étant à l’ombre
A broyer du sombre
Bientôt trois années
Assis à ruminer
Elucubrations, divagations
A chaque occasion
" En avant toute ! "
Pendant que les gouttes
De cette satanée fuite
Dessinent et délimitent
Comme une sorte d’Afrique
Géographie maléfique
Ou bien une Asie
Sentant le moisi
Un contour sordide
Tout autant humide
Glissant sous la cloison
En rêves d’évasion…
–
RC 4- 03 -2012
–
Et je remercie Brigitte pour son commentaire poétique…
Du coup je mets aussi ce poème de Armando Valladeres ,( poète cubain ) qui passa 22 années en prison (1960-1982) pour ses convictions chrétiennes et politiques. Armando Valladeres a écrit des poèmes d’une haute portée contre la dépossession humaine. L’un de ses textes porte les couleurs de la résistance et mérite qu’on s’y arrête:
« Ils m’ont tout enlevé , les porte-plumes
les crayons, l’encre
car, eux,
ils n’aiment pas que j’écrive.
Et ils m’ont enfoui
dans cette cellule de châtiment
mais même ainsi
ils n’étoufferont pas ma révolte.
Ils m’ont tout enlevé
– enfin, presque tout –
car il me reste le sourire
l’orgueil de me sentir un homme libre (…)
Ils m’ont tout enlevé, les porte-plumes , les crayons.
Mais il me reste l’encre de la vie
– mon propre sang-
et avec lui,
j’écris encore des vers. »
extrait de quand les mots dénoncent les maux…
—
voir aussi ce nouveau post, avec un autre texte de l’auteur cubain...
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03/05/2012 | Catégories: photography, self creation | Tags: acier, Armando Valladeres, étagère, évasion, barreau, chabriere, chaise, fer, fuite, gare, grillage, heures, hostile, maléfique, mirador, moisi, mouche, pénitencier, plastiques, poème, prison, rachitique | 9 Commentaires »

Gare Hamburger de Berlin: installation lumineuse de Dan Flavin
La gare
Ma non-arrivée dans la ville N
s’est passée à l’heure ponctuelle
Je te l’avais annoncé
par une lettre non envoyée.
Tu as eu tout le temps
de ne pas arriver à l’heure
Le train est arrivé quai trois
un flot de gens est descendu.
La foule en sortant emporta
l’absence de ma personne
Quelques femmes s’empressèrent
de prendre ma place dans la foule
Quelqu’un que je ne connaissais pas
courut vers une d’entre elles
qui la reconnut immédiatement.
Ils échangèrent un baiser
qui n’était pas pour nos lèvres.
Entre temps une valise disparut
qui n’était pas la mienne
La gare de la ville N a passé
son examen d’existence objective
Tout était parfaitement en place
et chaque détail avançait
sur des rails infiniment bien tracés.
Même le rendez-vous a eu lieu.
Mais sans notre présence.
Au paradis perdu
de la probabilité
Ailleurs
ailleurs.
Combien résonnent ces mots.
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03/03/2012 | Catégories: auteurs à découvrir, auteurs étrangers, photography | Tags: ailleurs, baiser, foule, gare, paradis, rendez-vous, train, Wislawa Szymborska | Poster un commentaire »

Steve Messan drop, - voir some-landscapes.blogspot.com
Attendre , debout, dans la gare
Aux mouvements pressés des passagers
Venant tous d’un ailleurs,
Ou se cherchant une voie d’ailleurs
Et pensant que seul le décor changerait
Comme un tapis des villes et des champs
Et qu’une foule de personnes identiques
Serait reportée dans un ciel de Magritte
Attendre dans la salle vide
Sous le regard rond de la pendule
Et l’alignement régulier des chaises
Au faux air d’objets soumis
Attendre dans la salle pleine
Sous le regard pressé de la pendule
Et l’alignement défait des chaises
Soupirant sous le poids des personnes
Attendre au carrefour où les autos
se traînent ,et le bus qui ne vient pas
la poussière des champs sur l’asphalte
Et mon ombre pointant avec le soleil.
Attendre que se dilue le temps
Marqué par les heures sentinelles
En un reflet de pierres, en, suspension
En patience de lac endormi.

Art: sentinelles de sel Jean-Pierre Formica photo Eric Preau
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02/10/2012 | Catégories: d'images, photography, self creation | Tags: asphalte, chabriere, chaises, gare, lac, Magritte, ombre, pendulme, pierres, reflet, suspension | 1 commentaire »