Que faire des idées qui encombrent ? ( RC )

peinture : Paul Klee – maisons rouges et amaryllis - Tunis 1914
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Que faire des idées qui encombrent ?
Et venir en tableau blanc…
Où tout est à inventer.
A construire le réel au souffle de la couleur,
Ce qui n’est pas tout à fait la réalité,
Puisque je l’ai inventée…
L’innomable a suivi :
On peut saisir et toucher de la main
Ce qui n’existait pas , un instant avant
Des calligraphies jetées sur le papier
A la douceur des peaux de marbre,
Creusées dans le bloc brut de carrière
Que faire des images qui encombrent ?
Avec le tableau vierge ?
C’est ré-inventer le langage d’origine
Et le chercher là où personne ne l’a entendu
La réalité inventée
Celle des tableaux de Klee
Celle d’un intérieur enfoui quelque part
Et soudain se donne à voir
———– sans jouer au miroir…
Tout est fiction peut-être
Et, qui ouvre la fenêtre
Met au jour l’esprit de l’enfance,
S’aventure sans méfiance .
.. Si c’est musique , - des accords inouïs…
Pour les artistes , aucun mot ne traduit
L’invisible devenu visible, et si oui,
Résumer que le peintre a jouï,
Rejetant dans les étoiles
Et la culture et les idées bancales.
C’est une fiction, peut-être,
En nous portant, pourtant, elle nous fait renaître..
Et s’il est question d’écrire,
Je laisse les mots advenir
Avancer, reculer, avancer,
—– et enfin nous bousculer..
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RC - St Louis - 25 février 2013 —
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Cribas – Brûlure indigeste
Brûlure indigeste ou Impitoyable farniente
- Cribas 2010 – Lien permanent
Il y a le temps qui s’arrête
La télévision
Les Monk et autres merveilles
Les histoires secrètes
Un peu de musique
Parfois un livre
Pas trop près des yeux.
Deux mois sans vivre à l’extérieur
Et mon fort intérieur
Agrandit ses remparts :
Ces petits riens nulle part
Avides de bonheur.
Il y a la mélancolie
Cette sournoise silencieuse
Se prêtant au jeu, rieuse,
De l’âme tout contre sa folie.
Il y a enfin la vie
L’invisible
Celle qui est toujours en fuite
Celle qui gicle.
Il y a le temps à terre
En noir
Et blanc vers les cieux
Entre les deux
Ça fait plutôt pissotières.
La fatigue use
Et la terre tourne
Encore et toujours autour des fusées
Séjourne le soleil sans ruse.
Il faut se battre
Comme la lumière au travers des volets,
En frappant fort
Sur son corps déjà violet.
Un peu de vin
De la musique
Beaucoup de musique
Autant de vin
Je bats l’enfer lorsqu’il est froid
Je prévoirai demain.
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Cribas Par Cribas le samedi 17 juillet 2010.2010
Hasia – Quête aveugle

Figé
ton visage marqué
un instant se retire
au creux de la solitude
exilée
à l’obscur de ton corps
parmi traces et cicatrices
intenables
Défaite des étoiles
dans la nuit immobile
l’heure livre
ses béatitudes instantanées
tandis que le fleuve du temps
sculpte notre présent
sur le versant corrodé
des survivances
Au bord du monde
nos incertitudes
enfouies dans l’absence
occupent la noirceur de la vie
seul le silence intérieur
creuse cette brèche
qui nous retient
et nous sauve un peu
en cet abri
qu’est l’amour
en nous
–Hasia
( Hasia publie ses textes dans toutelapoesie… voir ses écrits ici)
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Christine Clairmont – le pays
Le pays que je préfère
Est à l’intérieur de moi
La montagne des chimères
Plantée d’arbres à pourquoi.
Il faut tracer un chemin
Dans un bois impénétrable
Sous l’écorce du destin
Chercher le sens de la fable.
Trouver l’harmonie du Temps
Dans les branches du mélèze
Pour que la peine d’antan
Au vif du printemps se taise.
Découvrir sous la fougère
La pervenche aux yeux d’enfant
Qui dans le feu de la guerre
Gardait son contentement.
Aboutir dans la clairière
Où dort l’étang du futur
Tandis que la pensée mère
Monte sans frein vers l’Azur.
Christine Clairmont. "Sur un air d’éternité" 1986
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G Titus-Carmel – Ici est le pays sans déception
« Ici est le pays sans déception.
Car la nuit, toujours souveraine, se montre magnanime : elle se déverse généreusement en nous, sans mesure ni remords, et rafraîchit celui qu’une trop forte passion consume à l’intérieur.
Chaque soir, elle s’ouvre ainsi qu’une vaste et accueillante étendue d’eau noire, plus vastement encore que les plus larges fleuves connus, plus sombre que les grands lacs, avec des berges qui s’ourlent de lointain dès qu’on avance.
Et c’est de tout son mystère qu’elle nous introduit à sa lumière ― à son «obscure clarté» au sein de quoi se dilue notre ardent désir de paix et d’oubli.
On dit alors qu’on a la nuit au corps.
Eugenio de Andrade – le sourire

peinture: André Derain: la nièce du peintre, assise , musée de l'Orangerie
Eugénio de Andrade – Le Sourire
Je crois que ce fut le sourire,
le sourire, lui, qui ouvrit la porte.
C’était un sourire avec beaucoup de lumière
à l’intérieur, il me plaisait
d’y entrer, de me dévêtir, de rester
nu à l’intérieur de ce sourire.
Courir, naviguer, mourir dans ce sourire.
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plus d’informations sur E de Andrade , voir l’article des éditions de la Différence.
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