voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “liberté

Armen Tarpinian – La vérité du cygne


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L’horizon est un mot qui sans cesse s’invente,
Une source où la soif rêve de s’étancher mais qu’elle éloigne.
Cygne, sur la mer libre entraîne la pensée !
Qu’elle apprenne l’amour comme un seuil tracé dans le repos du temps.
Et l’horizon bu, dépassé, les yeux fermés.
Miroir à notre cœur, ta liberté nous engage.
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Exode ( RC )


population en exode – Syrie

Exode, et
Les saisons  qui blessent….
-        Dirigeants et chefaillons
Empereurs, colonels, et dictatures
Jettent sur les routes,
Pour la gloire des conquérants,

Des colonnes de fuyards
N’emportent  rien,
Ou si peu de choses,
Quelques effets,
Valises entrechoquées
Vieux matelas enroulés

Quand la route est longue
Le chemin vers la liberté
Traverse villages incendiés
Véhicules renversés
Et les lieux marqués par l’hostile
Où chacun marche pour une survie.

Bien sûr il y a d’autres pays
Au-delà des montagnes
Mais est encore si ténu,
-       Le fil que l’on espère
suivre, au-delà des frontières
Vers des ailleurs qui rient…

Et le vaste océan
Si vaste qu’il promet
Au-delà des tempêtes,
Que l’histoire prenne une autre couleur
Même s’il faut couper ses racines
Perdre sa langue pour une autre.

Et poursuivre sa quête,
Hors de soi-même    -  en exode .

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RC    – 6 février 2013

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peinture Sigmar Polke, ss titre 1999

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Ernest Pépin – Le vent m’a demandé


photo KEYSTONE -  le nouvelliste
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Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
C’est une histoire de vents et de mers enchaînés
Une histoire de caravelles et de bateaux négriers
Une histoire d’îles volées et de cimetières d’eau salée

Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
C’est une histoire de cannes et de jardins créoles
Une histoire de maîtres et d’esclaves tourmentés par l’histoire
Une histoire des couleurs du monde
Une histoire de peuples qui déménagent les greniers du monde
Une goutte d’île dans l’histoire des continents

Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
C’est une histoire de crabes amarrés et de liberté
Une histoire des droits de l’homme et de femmes violées
Une histoire de citoyens à part
Une histoire d’îles à part

Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
C’est une histoire de révoltes et de nègres marrons
Une histoire de langue que j’ai inventée avec des restes de langues et des étincelles de mer
Une histoire d’épices et de cuisine créole
(Toute chose brûlante au midi de la faim)
Une histoire de femmes sans ailes et d’enfants arc-en-ciel
Une histoire d’êtres humains à réinventer

Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
C’est une histoire de salaisons
Une histoire de rhum et de sucre amer
C’est une histoire de marchandises importées et d’idées toutes neuves
Une histoire de cyclones
De mémoire de volcans
De gens contrariés
Une histoire d’île en somme
Qui cherche son chemin sur la carte des oiseaux-malfinis

Le vent m’a demandé
Quelle est ton histoire
J’ai répondu
C’est l’histoire d’un vent fou de colère contre des siècles d’histoire

Querbes, le 07 août 09


Aron Kibedi – beauté nue vérité nue ( d’être mot )


 

montage et photos RC

 

 

 

 

 

beauté nue vérité nue pauvreté image des excès rebelles opiniâtres

corps faux-semblant faux-semblant de l’esprit de l’existence images

hypostases du nom précis de falsification des images débauche

monotones des manuels utiles et des pronoms  il est question de noms

prénoms dans l’ordre la harpe de David le coursier du grand Alexandre

les soldats de la liberté devant le peloton d’exécution

le domestique déchiffre une lettre la cornue détrousse l’énigme

le copiste a pour vie le silence  la figure est belle mais plus encore

l’infigurable pourvoit les jours sous le nom dissimule la beauté sa misère

 

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camisole ( RC )


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Ouvre donc ces portes  , que le vent  s’engouffre

Qu’un peu d’air glisse  sur  ces carreaux lisses  !!

Que je sente  un peu du dehors  les bruits qui frappent  !!

Un peu au mur de la vie, celle qui est à l’écart…

 

Ouvrez donc un peu, que mon regard  franchisse

La salle, et les couloirs,  et les carreaux blancs encore,

Il y a trop de monde dans ma tête qui se heurtent à ces murs blancs.

 

A ce monde préservé, sans aménité.

C’est d’un neutre,  cette absence, en blanc,

Cette perte de fantaisie, de vie, de chaleur

 

C’est peut-être  tout ce blanc, pour mieux  repérer mes cris, la solitude  qui se blesse aux arrondis de chromes.

Qui se répercute aux fenêtres hautes, garnies de grillage fin,

pour l’oiseau en cage.

C’est aussi pour me maintenir là,

Sur place, immobile,  maintenue par des épingles  sur  un socle, comme les papillons.

 

Les échos des voix des infirmiers  me rendent plus atone que leurs piqûres, et les grands  couloirs.

Récurés journellement  à renfort de  désinfectant.

Drôle  de vie que celle, empêtrée dans  du blanc, du blues blanc plein les dents,

 

Et ma tête qui cogne, si loin de cet endroit, où seules les hirondelles  me font signe,

Rayant la fenêtre haute, à coup de liberté.

Isolée dans ma camisole.

 

 

RC  – 4  juillet  2012

 

 

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Jean-Marc La Frenière – Difficile


peinture: Sean Scully 2002 –mur de mer  ( commme quoi  tout  n’est pas blanc ou noir..)

Après mon post  "facile"… , voila  l’inverse

Difficile

Difficile d’aimer l’homme en treillis de combat, la fillette en poupée, le môme qui fait l’homme. Difficile d’aimer l’homme quand il compte ses sous, tuant l’air qu’il respire, saccageant la forêt, affamant l’océan, mettant l’espace en carte et l’espérance en berne.

Difficile d’aimer l’homme quand il lance des pierres au lieu de caresser, transformant la terre des ancêtres en cimetière d’autos, l’œuf de Colomb en grippe aviaire, l’herbe folle en vache folle et les bonhommes de neige en oxyde de carbone.

Difficile d’aimer la femme grimpant l’échelle sociale sur la hauteur des talons et l’échelle d’un bas, transformant la caresse en argent, le cœur qui pique en château de cartes et le sexe en tirelire.

Difficile d’aimer l’acteur quand il renie Gauvreau pour jouer le bleuet dans un bol de céréales, le peintre quand il peint avec un signe de piastre. Difficile d’aimer Dieu transformant l’air en or, la prière en pétrole, la sourate en diktat, l’espérance en djihad, la caresse en enfer, le visage en burqua, le missel en mitraille et la marelle en roulette russe. Le temps se perd dans le zapping, l’espace dans le zoom.

La force de la poésie est dans sa liberté. Elle préfère les faux pas aux bêlements des foules. Enfant impitoyable, sa rectitude se tient debout entre ses lignes, loin des lignes de parti, des lignes éditoriales, des lignes de montage, des lignes blanches et des colonnes de chiffres. L’âme est trop grande pour le corps. Le ciel doit descendre manger les pissenlits par la racine.

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Raôul Duguay- l’île


Christo & Jeanne-Claude Ile entourée... projet dessiné

L’île

Il y a si longtemps que j’ai bu à l’amour
Coulent et coulent les jours
En attendant sur l’île de ma vie
je vide la mer dans un grand verre
Je la bois je pense que c’est toi
qui pleut de mes yeux une peine infinie
sur l’île de ma vie

Il y a si longtemps que je t’écris sur le sable
les mots les plus aimables et qu’efface le vent
Graverai dans la pierre la forme de ton corps
M’endormirai encore en chantant la prière
que tu reviennes un jour sur l’île de ma vie

On aura tout le temps de devenir des enfants
des amants de l’amour à tout moment
sur l’île de la vie
Nous réapprendrons la magie
le pouvoir de vivre transparents
dans la vérité et dans la liberté
sur l’île de l’amour

-  voir  le site  du compositeur  chanteur , écrivain,  québécois              Raôul Duguay

 

( qui m’a précisé  que ce texte  était celui d’une chanson, avec la musique de Guy Richer).

 

 

Christo & Jeanne-Claude: île entourée, réalisation: photo National Geographic


Liberté et langue de bois (RC)


image: montage perso

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Le paradoxe de la liberté
C’est de vouloir la regagner

Mais qui a dit qu’on l’avait une fois gagnée?
Ou si on en a l’idée, seulement en petite quantité …

Elle est effectivement délimitée
En actualités et calamités

Et quand on la saisit, c’est de joie
— et quand on la perd, nous sommes aux abois

Aussi tant que peut se faire
Ne pas en faire de mystères ( ni se taire)

C’est l’inverse des politiques et rois
Oui, justement, les grands discours en langue de bois

Une langue ,où parler équivaut à ,ne rien dire
– je préfère dans ce cas un concert de poêles à frire

Et garder la liberté de penser… plutôt que celle, mitée
Des discours des phraseurs (tout en habiletés )

Car même en captivité , l’esprit humain s’échappe
Les colombes volent, et personne ne les attrape

 

RC  11 avril 2012

 

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Rien, et si peu (RC)


Photo S Expilly

 

 

On est un rien, et si peu de chose
Aux pétales engourdis, mon amie la rose.

Au froid qui pénètre ta demeure
Les saisons ont basculé leur heure

Et semblé oublier jusqu'au souvenir d'été
Et voilà figé en liberté

Le buisson de fleurs qui fane
Mais dont l'odeur encore émane

A mordre la griffe du destin
C'est attendre le lendemain

Les fruits de l'aubépine
Graines de nouveau, sans épines

Qui guettent par essence
De meilleurs temps, la renaissance.

Tu n'es rien, mais , tout, hors de la glace
Volant toujours, avec le vent en face

A ta chanson , à ton refrain
C'est du printemps attendu, le regain,

Dont je me fais porteur, léger décalage
A tes rimes, parfums de roses - et davantage (s).

 

–RC   le 31/01/2012

 

en écho  à

http://pantherspirit.centerblog.net/91-Juste-une-Chanson–Juste-un-Refrain

 

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gravure: Jacques Villon


Armando Valladeres – cavernes de silence


Faisant  suite à ma publication:  "à l’ombre",

j’ai trouvé un nouveau texte  du poète cubain Armando Valladares, qui va dans ce sens, et qu’on peut  lire  ici…

- j’ai fait une  légère modification (  à la fin) sur la traduction proposée..  voir

Armando Valladares.Poeta cubano. « Cavernas del silencio »1983

Tu dis être libre
-je ne sais pas si tu y crois
mais au moins le dis-tu.-
La liberté n’est pas espace
où l’on peut marcher
pas même un lit
où coucher à deux.
Tu dis être libre
et tu n’as pas de mots
car tu ne fais que répéter
-bouche fermée-
ceux qui te sont donnés.
La liberté n’est pas un pain
-parfois sur la table-
ni un peu de bière
ou de quoi fumer un peu.
La liberté c’est faire ceci :
écrire ce que tu penses
hurler ce que tu détestes
même si tu dois le payer
par des années de torture
même si tu meurs de l’enfermement
dans cette solitude.


Hommes ingénus, – temps, trouble-fête (RC)


peinture: aquarelle – Andrew Wyeth Helga aux cheveux libres 

 

 

 

Si le ciel t’est tombé sur la tête
Cela a dû faire dégoulinade
Il a joué les trouble fêtes
Avec tes cheveux libres , en cascade

Et comment de même, les condamnés
D’une errance passée, trépassée
Peuvent laisser passer l’orage d’années
Et utiliser, de ce qui leur reste amassée

Du sentiment de liberté retrouvée , comme
Aux portes ouvertes sur l’espace inconnu
D’un temps qui a coulé sans eux, hommes
Mis entre parenthèses, quelque part ingénus

6 nov 2011

 


les " Icare " d’Alice ( de rêves d’écriture)


Alice dans son blog http://revesetecrituresdalice.over-blog.com/

nous offre ses variations sur le mythe d’Icare...

La chute d’Icare

A l’approche du soleil rougeoyant

Les battements désordonnés de tes ailes

Apportent le froid dans ton cœur, du vide annoncé

Proche des flots noirs

Se désarticule ton corps vulnérable

Tes bras se tendent vers l’éternité.

 

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Alice

———

 

 

Vendredi 19 février 2010

L’envol d’Icare

La Terre quittée, à l’ombre des bras-ailés

Se tend ton corps fragile vers le ciel azuré

Loin du flamboiement mortel

Une douce chaleur attise ta quête de liberté

Les lents battements d’ailes grisent

Ce voyage vers l’éther

homme ailé,  d'après un dessin d'Odilon Redon,  vu à la grande  expo Redon été  2011  Montpellier, Musée abre..  technique utilisée   encre

Alice

 

 

voir aussi l’article précédent ( sur Apollon et sa concurrence à Icare)…

 

Pour Juliette En Résonnance : L’envol d’Icare

 

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La victoire de Samothrace (RC)


 

 

Samothrace envahit l’espace.

Les ailes immenses  déployées,  fougueuse

outrepassant la pierre, moulant l’empreinte des siècles.

Pas d’oiseau, pas de bec

Elle est absolu,  ailes sont majestueuses,

elle  n’a que faire de sa tête

Cela ne dépare pas sa silhouette

Elle est transe., élégance..

Immense.

Elle plane  sur mon passé.

Sur celui des vivants, des trépassés.

Envolée, presque  échappée des mains

D’un sculpteur anonyme —–  hier, c’était demain

D’un espoir sublimant le voyage.

Il n’y a pas d’otage, ni de mise en cage.

Pas de captivité,

Juste le chant de la liberté.

la victoire de Samothrace, musée du Louvre, Paris