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Articles tagués “lumière

Astrid Waliszek – ludion


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petit feu, ludion joueur,

à faire flamber le soir

à jouer avec l’écume

ma lampe de poche

les vaguelettes dansent

sous ton sourd flambeau

au loin le bateau de pêche

te prend pour un phare

petit jeu de nuit

à Trouville sous la pluie

sous les rires d’enfant

feu d’artifice, étoiles filant

minuscule joie, petite étincelle

dialogue sans paroles, un rien

une lame d’eau ondule

une frise se dessine

l’enfant regarde, l’enfant dit

les monstres sont couchés

tu peux t’arrêter, je l’ai vue

ta petite lumière dans ma nuit.

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photo    Richard Vantielcke- voir son site

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Cathy Garcia – Luciole


 

 

 

photo paige de Ponte, extraite  de Gaia

photo        Paige de Ponte,        extraite de Gaia

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Tu es
beau
de cette beauté brute
encore un peu gauche
bougonne
farouche
tes pommettes tes yeux
me parlent d’un ailleurs
que j’ai déjà connu

comment pourquoi
résister
tendre esquisse de vol
les gestes en équilibre
étonnés d’eux-mêmes

comment pourquoi
oublier
cette lumière
au dedans
au-dehors
le vent qui berce
sur nos têtes
les arbres en partance
imaginaire

le parfum du bois
le grognement de la chienne
et la nuit soûle
d’étoiles
qui se roule à terre

comment pourquoi
s’arracher des lèvres
ce goût d’effraction ?

tu es
vois-tu

de ceux qui me voient
comme je me rêve

l’illusion
est si belle

vaut bien la blessure
que tu ne manqueras pas
de me faire

 

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Les pensées qui tanguent ( RC )


art: Brice Marden, montagne froide - 1991. huile sur toile

art:          Brice Marden, montagne froide – 1991.   huile sur toile

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Les pensées qui tanguent s’entremêlent de rêves;
Ce que tu écris, – les échos de sève -
Portées de musique et les mots défilent
en constructions fragiles,
tendues en liens de dentelles,
comme deux plantes s’emmêlent…

Je ne sais distinguer de qui se débride,
De tes fièvres rouges ou paroles limpides,
Des mots jetés et paroles farouches…
A chaque arbre, ses racines,  sa souche…
Les plantes en symbiose sont en voisinage,
Et cohabitent sans se faire ombrage.

L’une , de l’autre ose aller plus loin
Vers la lumière, c’est donc un besoin
Toujours renouvelé
De la parole descellée,
A partager la soie et le satin,
Pour les draps étendus de beaux lendemains.

en dialogue avec Phedrienne
Le ruban de tes pensées m’obsède,
Déroulant ses volutes de neurones entêtants,
Passant, galonné de dentelles,
Ou crocheté de fièvres rouges,
Où flamboie la connectique
De tes contradictions majeures…..
J’y surnage, brassant de mes idées farouches
Ton alternatif courant,
Tanguant de satin en soie saumonée,
De coton dur en voile satiné,
Craignant de déchirer au tranchant de mes synapses
L’organza trouble de tes chimères osées…
Le ruban de tes pensées m’enlace,
Noue de ses ligatures serrées,
Un bout de mon cœur oppressé,
Liane mes caprices débridés,
Et dans cet entrelacement sauvage,
Douceur et rudesse mêlées,
Se tisse un dialogue endiablé !

voir  son   "Ruban"…

 

 

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Leon Felipe – le poète prométhéen


LE POETE PROMETHEEN

Joseph Marie Thomas Lambeaux (1852-1908) : « Prométhée »

Le poète prométhéen… vient rendre témoignage

de la lumière…
Et la Poésie entière du Monde… il se peut que ce soit la
Lumière…
Je pense que c’est un Vent enflammé et génésique
qui tourne sans cesse tout au long de la grande courbe de
l’Univers…
Quelque chose de si objectif, si matériel et si nécessaire…
comme la Lumière… Peut-être est-ce la Lumière…
La Lumière !
La Lumière dans une dimension que nous-mêmes nous ne connaissons pas encore.

Lumière…

Quand mes larmes t’atteindront
la fonction de mes yeux…
ne sera plus celle de pleurer…
mais de voir… Marin…larmes… larmes… larmes… le nuage… le fleuve… la mer… Là-bas…au-delà de la Merà la fin de mes larmes…se trouve l’île que cherche le navigateur.

Dans quel but nos yeux sont-ils faits pour pleurer et pour voir ?…

Je demande ça, comme ça.
Pour quelle raison, de ces deux œufs petits et blanchâtres
qui se cachent dans nos cavités ténébreuses sous
le front, comme deux nids à l’aine de branches d’arbre,
naissent au même moment et les pleurs et la
clarté resplendissante ?
Je demande, seulement.
Pourquoi dans la goutte amère d’une larme l’enfant voit,
pour la première fois, comment se brise un minuscule rayon
de soleil… et comment en partent, en s’envolant pareils à sept
oiseaux, les sept couleurs de l’arc-en-ciel ?
Je demande simplement.
Dans quel but naît la Lumière… cette pauvre lumière que nous
connaissons… avec la première larme de l’homme ?
Et pourquoi ne doit-elle pas naître, l’autre… la poétique… celle
que nous cherchons… avec la dernière larme du Monde ?

***Le poète prométhéen doit toujours mourir  bafoué et lapidé. Calomnié… crucifié et maudit !Le véritable poète est le Verbe… le Fils.La Poésie est la parole… Mais quand les marchands et les pharisiens du temple l’eurent salie et corrompue en l’utilisant pour vanter leurs marchandises et faire respecter les ordres injustes du Grand Prêtre… le Christ se mit à parler en paraboles… La parabole…n’est pas encore corrompue.La parabole est une façon oblique de parler par périphrases que les marchands ne peuvent utiliser

parce qu’elle ne s’adapte pas au mécanisme éhonté et cynique de leurs transactions.

 

Avec une parabole, je veux définir la Poésie et expliquer les trois classes de poètes qui existent

et qui ont existé dans le monde. Avec la parabole du Fils Prodigue. Le Christ, dans les Evangiles, ne rapporte que la première partie…

Mais il y a trois actes… Je vais la raconter ici dans sa totalité…Avec humilité et respect…Il n’y  rien d’hérétique dans ce que je vais dire…

Le Christ raconte cette parabole du Fils Prodigue pour glorifier le Père…

La miséricorde du Père… Quand les pharisiens commençaient à dire de Jésus qu’il s’asseyait à manger avec les prostituées et les publicains…

Mais on peut la raconter aussi pour glorifier l’Esprit…
C’est celle-là, la parabole complète :
En ce temps-là, il y avait un père qui avait de grandes richesses
et de la sagesse… Il avait aussi trois fils… Trois. Et les trois,
un jour, réclamèrent leur héritage et, avec cet héritage
sur l’épaule, chacun d’eux, l’un après l’autre, s’en alla
d’aventure de par le monde.
Le premier… nous le connaissons… il revint à la maison
terrorisé par un nuage noir qui passait… et avec la dernière
caravane du soir…
Le père, plein de pitié, le voyant de retour, fit sacrifier le
veau gras de cette année-là… et il y eut un festin et des
actions de grâce dans le clan car le père était riche et
respectait la loi… et parce qu’il était miséricordieux.
Là s’arrête la parabole évangélique, qui, davantage que la
parabole du fils est la parabole du père, la parabole où on
glorifie le père, la parabole du pardon qui sait parler ainsi :
« Bienheureux les pauvres d’esprit »…
Car il n’était autre qu’un « pauvre d’esprit » ce fils
qui en avait été réduit à n’être, après avoir dilapidé son avoir
avec prodigalité, qu’un gardien de cochons et à dormir dans
une porcherie… Un jour, à bout de force, il était retourné au
foyer paternel porté par les sirènes domestiques. Le père,
lorsqu’il l’avait vu prosterné à genoux sur les dalles de la cour
et arrosant le sol de ses larmes, avait ouvert grands ses bras et
l’avait relevé, miséricordieux… Mais il s’était senti triste et
affligé de son retour.
Le second fils demeura seul et épuisé dans un pays dur  et sec
où ne passaient ni marchands ni voyageurs. Lorsque
la nuit tomba sur cette terre dure, il s’endormit. Il fit un rêve.
Dans ce rêve, un aigle et un serpent se battaient. Le matin,
lorsqu’il s’éveilla, il dit : Je resterai ici. Et à cet endroit, il
planta sa tente. Autour de sa tente grandit une ville puissante.
Il aima et eut sept fils… Sept fils qu’il se prit à élever avec
les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Puis il les  éleva encore
avec une flûte. Il fut l’inventeur de la parole, de la peinture
et de la chanson. Il mourut crucifié. On l’enterra parmi les
arbres et il se décomposa sous l’herbe.
Ce fils ne revint jamais… mais le père sut ce qu’il en était
advenu. Quand des marchands étrangers lui apprirent
qu’il était Prince d’une ville lointaine merveilleuse, pour
glorifier son fils, rempli d’allégresse, il ordonna le
sacrifice du veau gras de cette année-là et il y eut festin et
prières d’actions de grâce dans le clan, car le père était
homme riche qui observait la loi et… avait l’orgueil de
sa caste.
Cette parabole, c’est la parabole du fils, la parabole du
Verbe, du Verbe fait chair, de la chair multipliée qui se
plante dans la terre, s’enterre et se décompose dans la terre
pour que l’esprit se libère.
Le père avait su ce qu’il lui était advenu. Il avait écouté
son histoire, bouleversé, mais il s’était senti heureux et
satisfait parce que ce fils-là, vainqueur de la tentation des
sirènes domestiques, avait élevé sa propre maison loin du
clan, de nuit, dans le désert et dans la tempête…
Le père vit avec pitié le retour du premier fils… et avec
orgueil que le second ne soit jamais rentré… qu’il se soit
multiplié sur la terre, que la terre l’ait enseveli et qu’elle
l’ait recouvert comme une graine.
Le troisième fils ne revint pas, lui non plus… mais
c’est celui qui doit venir. Il s’est perdu comme Elie, rabattu
par le Vent sur la route du Soleil (Elie-Hélios)… Il reviendra
au Père quand l’Histoire sera consumée en faisant le tour
du monde et en fermant son cycle par le soleil.

Il est sorti de nuit par la petite porte du jardin et il entrera de jour quand les ombres s’en seront allées par l’escalier principal.

Il a embarqué avec la Lumière… et sur la Lumière il arrivera au Père mais par l’autre côté du Soleil… Il est l’argonaute des grandes promesses et des découvertes stellaires. De la rotondité de la terre, de la sphère et de la quatrième dimension … où il n’existe ni temps ni lieu, où l’on marche en suivant la lumière sans déclivité.

Ceux qui naviguent avec lui perdront un jour la foi, voudront l’assassiner comme ils voulurent assassiner Colomb et l’un d’entre eux ira jusqu’à dire : Tuons le Capitaine qui nous trompe car il n’y a pas d’autre terre ni d’autre monde et parce que l’ombre et les eaux noires n’ont pas de fin… Mais lui, il se sauvera, car il est l’évidence de la lumière.

Le père l’attendra tourné vers le couchant où il s’en était allé, mais il reviendra dans l’aurore, par l’autre côté de la terre. Le père sera de dos et ne le verra pas arriver et quand il se retournera, surpris, pour l’embrasser, le Fils ne s’agenouillera pas, et une colombe blanche scellera leur embrassement.

Alors, et pour glorifier l’Esprit par la grande fête de la Lumière, nous sacrifierons le veau prémicial. Parce que la voilà la parabole de l’Esprit où il est dit que le Fils ne retourne pas à la terre mais au Père, qu’il ne revient pas pour être pardonné par le Père mais pour fusionner amoureusement avec Lui…

Voilà la synthèse du grand processus poétique de l’Esprit qui marche parallèle au processus dialectique de la matière. Parce qu’ils sont trois : Le Père, le Fils et l’Esprit… la Thèse, l’Antithèse et la Synthèse.

Et les poètes sont trois selon cette dialectique spirituelle : Le domestique, le pauvre d’esprit qui reste là tout seul pour glorifier le Père, pour mettre à découvert son côté tendre et miséricordieux, pour faire voir ses entrailles amoureuses.

Une fois de retour et pour toujours dans sa maison, ce poète composera des complaintes et des chansons pour la liturgie orthodoxe en grande pompe rhétorique.

Ce sera un scribe… et un bon citoyen. L’autre, le second, est le Poète Prométhéen… le rebelle, le véritable rebelle… le Verbe… Le Fils. Il est né de l’imagination.

Il est sorti du mythe et des entrailles des livres sacrés… Puis il s’est fait réalité historique… les Grecs l’appelèrent Prométhée… plus tard Œdipe… c’est le Christ… et en Espagne il a pris le nom et la figure grotesque de Don Quichotte de la Manche…Le troisième est la parole lancée dans le Vent… la Lumière dans ses quatre dimensions remplissant l’Univers…

la Poésie, de l’Homme et de tous les Hommes dorénavant, sous toutes les latitudes de l’espace et du temps… la Sagesse amoureuse et musicale… la loi des sphères et de la larve dans le sang de l’homme, tout comme celle de l’instinct et de la grâce…

La synthèse ultime…Mais ce monde n’est pas encore notre monde.Parlons seulement du Poète Prométhéen pour le présent.

Le Poète Prométhéen est l’antithèse toujours … Le Fils, celui qui s’oppose à son Père, ce qui est la première 

affirmation créatrice, cruelle et non-miséricordieuse.

Il représente l’amour contre le froncement de sourcil menaçant de Jéhovah dans la Bible…

Et l’amour chez Prométhée contre la dictature capricieuse de Jupiter chez les Grecs…

Et l’amour chez Œdipe contre les ombres préhistoriques et subconscientes…

Et l’amour passionné et fou de l’Espagne chez Don Quichotte contre la raison absolutiste et froide de

l’Europe de la Renaissance.

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Marcel Bealu – Qui chuchote et parle dans le vent


art - Arman  -  crédit Suisse  -  Lyon

art – Arman –                      Société Suisse – Lyon

 

 

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Qui chuchote et parle dans le vent
Qui s’agite et court dans la nuit ?
N’était-il qu’un reflet
Ce timide pinceau de lumière,
Ce ruissellement infinitésimal
Que la vague déjà efface ?

 

Marcel Bealu

montage perso  d'après photo

montage perso d’après photo

 

 

 

 

 

 

 

 

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Keith Barnes – Mr Soleil


peinture: enfant de maternelle, année  1975, Lyon

peinture: enfant de maternelle,    année 1975,     Lyon

 

 

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M. Soleil ce matin tu ressembles à un dessin d’enfant –
Ébahi par tes propres points d’exclamation
Aussi étonné de te sentir radier
Que moi qui marche dans ces rues bien tracées
Éclatées en étoiles à l’Opéra à la Bastille
L’Arc de Triomphe République Italie
Ce matin c’est comme si pour t’imiter
Tout se mettait à rayonner
Tu en doutes ? – La preuve ! Je lance un caillou
Dans la Seine
Juste là où tu surprends les vitraux de Notre-Dame
D’elle-même la rosace s’ouvre dans ta lumière
Et projette sur la pierre une autre floraison
Même les grilles des arbres miment
Ta manière de t’épanouir
Autour d’elles les pavés se mettent à onduler
Ils s’ouvrent en éventail se soulèvent vague après vague –
Et moi M. Soleil je baigne dans le bonheur

 

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Vitrail médiéval  Cathédrale de Chartres

Vitrail médiéval         Cathédrale de Chartres     zodiaque -       poissons


Tendre le bras vers les étoiles ( RC )


 

 

 

S’il y a du souffle et de la poussière
Pour tendre le bras vers les étoiles
Modifiant tout à coup l’équilibre planétaire
La trajectoire des corps, mettant les voiles

La tête au milieu des nébuleuses
Le ciel s’est enflé de lumière violette
Echo d’Orion vers Betelgeuse
Du fracas d’une comète

A la verticale de l’été
Au fond de tout ce noir
Pour perdre ses droites allées
Et la lumière de l’espoir

Le matin confisque son charme
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes
– pour une autre aventure -

Je ne sais pas si tendre les bras suffit
A jouer avec les astres
Aveuglé, je ne vois que la nuit
Et du matin qui s’en va,… le désastre…

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RC  – 2 février 2013

 

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Cristina Campo – été indien


photo  auteur non nidentifié

photo :  auteur non identifié

 

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Octobre, fleur de mon péril
printemps chaviré dans les fleuves

Parfois la mort même m’est indifférente
- l’ érable a interrompu son vol, les feux s’obscurcissent -
parfois m’assaille la terreur d’exister,
rayonnante, comme l’aster rouge.

Tout est déjà connu, la marée prévue,
pourtant tout s’enténèbre et s’éclaire
d’un frais désespoir, d’une merveilleuse fermeté…

La lumière entre deux pluies, sur la pointe
du fleuve qui me transperce entre corps
et âme, est une lumière de nuit
- la nuit que je ne verrai pas -
claire dans les forêts.

Cristina Campo
" Le tigre abscence " ed Arfuyen


Leon Felipe – nous sommes en pleurs


peinture: Fr de Goya –         The Last Communion of St Joseph Calasanctius

NOUS SOMMES EN PLEURS

Evêques ambulants
remettez votre camelote à sa place :
les idoles à la poussière
et l’espérance à la mer.

Je sais.
Je sais que vous avez peint
un siège dans les nues
et une flamme de souffre
au fond du puits.
Mais je ne suis pas venu
quémander une place dans la gloire
ni mettre la peur
à genoux.
Je suis de nouveau ici
pour faire valoir par mon sang
la tragédie du monde,
la douleur de la terre,
pour crier avec ma chair :
Cette douleur aussi est mienne.
Et puis pour ajouter :
Au commencement étaient les pleurs…
et nous sommes dans les pleurs.
-Au commencement était le Verbe.
-Le Verbe est la pioche
qui se plante dans l’ombre,
la pioche
qui perfore l’ombre,
le levier
qui fait tomber les portes,
l’outil…
qu’attendait la glaise,
qu’attendent encore les pleurs
et que l’ombre attend toujours.
Le Verbe vint et dit : Voici la glaise ;
que la glaise se fasse pleurs
(non pas que se fasse la lumière).
Et la glaise se fit pleurs.
Au commencement était la glaise…
La glaise faite pleurs !
la conscience des pleurs !
la douleur de la Terre !
-A qui parles-tu ainsi ?
-A celui qui jeta le premier œuf
dans la glaise visqueuse de la mare,
à celui qui féconda la première mare du monde,
à celui qui fit pleurs la glaise.
-Et qui es-tu, toi ?
-La glaise de la mare,
la glaise faite pleurs,
terre de larmes…
comme toi.
Personne n’est allé plus loin.
Au commencement étaient les pleurs
et nous sommes en pleurs.
Car le Verbe n’a pas encore dit :
Que les pleurs se fassent lumière.
-Il le dira ?
-Il le dira, sinon,
à quoi sert la mer ?
(Nos pleurs sont les fleuves
qui vont se jeter à la mer…)
Ou la vie peut-elle éternellement
être une lamentation enfermée dans une grotte ?
Dieu est la mer,
Dieu est le sanglot des hommes.
Et le Verbe se fit pleurs
pour mettre la vie debout.
Le Verbe est dans la chair
douloureuse du monde…
Regardez-le, là, dans mes yeux !
Mes yeux  sont les sources
des pleurs et de la lumière !
Et nous sommes en pleurs…
Nous continuons l’ère des ombres.
Qui est allé au-delà ?
Qui a ouvert une autre porte ?
Toute la lumière de la terre
l’homme la verra un jour
par la fenêtre d’une larme…
Mais le Verbe n’a pas encore dit :
Que les pleurs se fassent lumière !

Mexico, 1939

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Indentifier les étoiles éteintes par des points ( RC )


– photos   origine  -             futura sciences  -

Si toutes les myriades d’ étoiles réunies
Ajoutaient leur lumière infinie
Notre voûte serait blanche,
On n’y verrait goutte, dans un ciel étanche
Mais l’infini a ses faiblesses
Et les lueurs pâlissent en détresse

Si toutes les lettres grecques répondent à des couleurs
La physique nous apprend avec douleur
Que l’absence de lumière les fond dans l’uniformité
Il en est ainsi des trous noirs dans l’immensité..
On n’identifie plus les étoiles éteintes que par des points
Car le noir n’est jamais loin.

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RC – 16 janvier 2013

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Leon Felipe – Le mot


photo auteur non identifié: provenance carte postale

photo auteur non identifié: provenance carte postale

 

 

LE MOT

Mais que disent-ils du mot, ces poètes, là ?
Toujours dans des discussions de modiste :
sans ceinture, peut-être… ou serré, plutôt…
pourquoi pas la tunique… ou bien la casaque…
ça suffit ! Le mot est un pavé, une brique. Vous m’entendez ?…
Vous m’avez entendu, Monseigneur ?
Une brique. Une brique pour élever la Tour… il faut que la Tour soit haute… haute… haute…
jusqu’à ne plus pouvoir être plus haute.
Jusqu’à ce qu’elle arrive à la dernière corniche
de la dernière fenêtre
du dernier soleil
et qu’elle ne puisse pas être plus haute.
Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une seule brique, un seul mot… l’ultime brique… le  mot ultime
qu’on lance alors sur Dieu à toute volée
avec la force du blasphème ou de la supplique…
et qu’on lui défonce le front… pour voir si, dans son crâne,
se trouve la Lumière… ou se trouve le Néant.

 

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Christian Bobin – un peintre


peinture: Rembrandt:  mère de l'artiste, lisant

peinture: Rembrandt: mère de l’artiste, lisant

« Un peintre c’est quelqu’un

qui essuie  la vitre

entre le monde et nous

avec de la lumière,

avec un chiffon de lumière

imbibé de silence.  »

 

extrait  de  "l’inespérée."


Miguel Veyrat – une peur blanche


image: spectacle de la compagnie Luc Amoros:             N’ayez pas peur de la page blanche

 
Une peur blanche

Je suis allé là où la beauté semble être toute nouvelle
pour toujours, et le dernier jour, j’ai trouvé
le premier. Celui qui tombe dans la lumière allumée fauve
nue et douce, avec le son de sa jeunesse
dans l’air.
Belle bien qu’elle cache le bas du visage
dans la première ombre répandue sur la page vierge.
Je me suis retiré vers nulle part
comme un corps  dans l’abîme,
à la recherche d’un  signe pour le copier sur la
première page disparue ce premier jour.
Ainsi l’aube nous ment dans son écriture cachée,
qui n’annule jamais les pas de la nuit en sa première ombre.
Au moment précis où  la beauté se brise en vain
contre le mur du désir qui a effrayé le léopard -
quand nos poitrines se révoltent
en face de la puissance de la Nature
qui règne seulement pour le malheur, et l’ infinie vanité de tout.

trad  RC -

-He ido donde la belleza pareció ser toda nueva
para siempre, y en el último día hallé
el primero. Aquel que cae al fulvo ardor de luz
desnudo y leve, con su juvenil sonido
por el aire. Hermoso aunque se emboce
en la primera sombra derramada sobre la página
en blanco. He retrocedido a ninguna parte
como el salto de un cuerpo en el abismo,
que busca su signo para copiarlo en la página
esfumada de aquel día inaugural. Así nos miente
el alba en la escritura oculta que jamás cancela
los pasos de la noche en su primera sombra.
Momento exacto en que la belleza se estrella
en vano contra el muro del deseo que espantó
a Leopardi —cuando nuestros pechos se amotinan
frente al poder de la Naturaleza que impera
solo para el mal, y la infinita vanidad del Todo.

 

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Dans la nuit livide ( RC )


photo : Tom Stanley Janca

Dans la nuit livide où je suis parvenu ,
sous le dais circulaire d’une terre,

Elle porte, en ses fantomatiques vergers .
La trahison du jour, ne laisse qu’un disque d’eau, mouvante
Cette chose sombre sans lumière pour l’éclairer
Capte cependant ma silhouette incertaine ,

A son bord, une sombre matière électrique
une chose

Grimaçait au fond de ma conscience,
m’appelait, tel un Narcisse des profondeurs

Et jouait de son œil vague, lassé d’un univers
d’où je n’étais, plus qu’un étranger à ma propre image,
Lassé des étoiles et des ailleurs

-

RC -  25 avril 2012

-


Henri Bauchau – Matines


 

arrivée de lumière dans une grotte -  photographe non identifié

arrivée de lumière dans une grotte – photographe non identifié

 

Matines

 

 

Que l’homme dans le temps utile

Soit l’impatience d’exister

Et l’âme dans les eaux nubiles

Ouverte à l’immobilité

Peu de préceptes, la clarté

Peu de paroles de prière

Et cette sobre ébriété

Dans l’abondance de lumière.

 

 


G M Chenot – Au toucher ou à l’ouïe


photo perso:             marché de Guelwongo, Burkina Faso,  village  frontière avec le Ghana

 

 

 

AU TOUCHER OU A L’OUÏE

 

 

L’Afrique en bandoulière

Et les yeux émerveillés

Par de tant de couleurs

Ou de nuances de noir

 

La lumière en héritage

Comme la douceur d’un fardeau

Qui s’évapore en souriant

Dans l’ombre des frondaisons

 

Et cette voix de femme ensorceleuse

Dont on fait des miracles

Des baisers ou des caresses

Dans la saveur de l’instant

 

 

-

écrit provenant du riche  blog poétique  de GMC

 

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Mur ment ( RC )


photo:              destruction du mur de Berlin

Il a poussé ,         cette nuit
Un mur ,  au fond de l’allée
Il barre le jardin ,    de gris
Et même          l’allée  dallée

Si je ne peux pas passer au travers
Et te voir                 de l’autre  côté
Comme           d’une paroi en verre
Avec l’échelle des songes ,  l’ôter

—–>  Je vais  l’habiller  de lierre
Ou           le peindre de ton visage,
Enlevant une par une, ses pierres
Qui bousculent le paysage.

Je vais dessiner        une  fenêtre
Pour                que rentre la lumière
C’est  quand même ,   peut-être
Somme toute, affaire  d’imaginaire

Le coucher  sur le sol,
Le mettre en suspension,
Et faire           que s’envole
L’ombre     et l’oppression…

Tout ce que les murs murent,
Et l’ennui,           l’enfermement
Ce que le prisonnier    endure,
Quand durement , le mur ment.

Il n’y aura plus,   sur place
Que son dessin dans le jardin,
–Ton sourire  qui remplace,
Tout ce que j’avais peint.

-
RC  – 26 novembre  2012

document visuel: Jean-Pierre Tingaud


Brigitte Tosi – Et si tout disparaissait ( suivi de ma "réponse" )


 

 

 

 

 

 

photo :   auteur non identifié

 

 

 

 

-

Et si tout disparaissait

La sève de nos arbres

Celle de nos vies

Les traces de nos pas

Les flocons de poussière

Le trop plein du regard

Le silence du ciel

L’ombre des lumières

Prolongeant nos fenêtres

Le poids de nos enfants

Endormis sur nos joues

 

Si rien ne profilait

Notre horizon muet

Qu’adviendrait-il du mot

De la beauté du monde

Tendus haut par les mains

Du poète tremblant ?

 

B T.  19 juillet 201

 

Si rien ne profilait
A  l’ horizon muet
Les mains du poète
Modéleraient le monde
Et des flocons de poussière
Recréerait, de lumière
La beauté du monde,
Un nouveau  chemin,
Et les premiers pas
Inventés des enfants
Que nous sommes.

 

RC   – 25 novembre 2012


Jacques Ancet – A Schubert et autres élégies


photo: auteur inconnu – carte postale – lectrice au bord de l’eau

A Schubert et autres élégies (1987-1997)


CELUI QUI SE SOUVIENT de la lumière
regarde en lui le vide. Ses mains sont
seules d’avoir poursuivi l’air. Il parle
par énigmes, sourit parfois, de loin,
comme quelqu’un qu’il aurait reconnu
s’approchant dans le soir. Puis il s’éloigne.
Quelques traces demeurent: une chaise
déplacée, sur la vitre une ombre, un mot,
(le silence soudain est plus profond)
quelque chose de bleu, comme la mer.

(Wanderer)

-


Bassam Hajjar – tes mains contiennent mon corps


 

 

 

 

Petites sont tes mains, mais elles contiennent mon corps tant il s’est amenuisé,

tant tu es présente dans mon absence.

 

Je n’ai pas peur à présent qu’un rêve gris m’emporte vers un gouffre sans fond, je sais que la paume de ta main droite m’ouvre une porte vers le double de la lumière, et que mon visage conserve, comme un embrasement, le contact de ta paume gauche.

Étais-je absent à ce point ? Je veux dire que je ne trouvais personne pour me conduire vers mon sommeil. (…)

peinture:    Nikewen

Il a suffi que tu soulèves, d’une caresse, le marbre du lourd sommeil. Et que tes mains m’emportent, pas tant que ça, juste à la mesure à laquelle je vis. Il a suffi que tu essuies mes lèvres du bout de ton index pour que parler cesse de me faire souffrir.


La plume vagabonde ( 2 ) – ( RC )


jardin zen -             wallpaper de wallpowper

La plume vagabonde (2)

J’ai  récupéré un morceau de papier
Qui m’attendait là, où on n’attend plus
Qu’un remous originel,
…  et parfois longtemps,
que fleurisse
…  Mais en quelle  saison était-ce déjà ?
Le don de la lumière
La couleur qui s’annule, en flocons,
Autant les mots s’enchevêtrent,
Et disputent à la nuit,
Leur encre  sympathique …

Il fallait contourner un rocher solitaire,
Déplacer en un mouvement circulaire
Ces graviers en nappes,   étendus
A l’ombre des bambous,
Agités par un souffle,
Qui me fit d’écriture,
Et,  détachés  du sol,
L’encre mouvante des nuages
D’étourneaux,
Délivrés du souvenir de l’été.

Etant ,   des deux
( rocher et  papier,
son ombre et l’esprit
en cavalcade ) – pris au geste,
Le râteau ordonne les mots
Comme ils viennent,
Ou la brosse d’encre
Effleurant la surface des choses, —-
———–Il n’y avait pas de choix possible,
Plus d’envers et d’endroit

Sur la feuille  aérée prenant son envol,
Au jardin de la plume …
Le texte  s’est fait sensation,
Et l’émotion image

Avec ( ou malgré) moi.

RC  -  11 novembre 2012

 

la "plume vagabonde",  a fait l’objet d’un "premier épisode", publié ici


Lambert Savigneux – lueur


lueur

 

 

 

 

visible  dans  sa page Lamazezen)

septembre 10, 2011 by | 3 Comments

deux lueurs

à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

une seule lumière

le moment et le ciel

vibre

un seul ciel toi et moi

des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

-

photo de Richard Mitchell:                  visible sur le blog Touching light


Brigitte Tosi – Un jour la mer ne viendra plus


 

 

 

 

 

 

 

 

 

-

 

Un jour la mer ne viendra plus

Frapper à la porte de mes yeux

 

Je battrai des paupières,

Oscillant sur la vague

De mon humeur vitrée,

Croyant retenir, encore,

Un peu de vie et de lumière

 

Le vent coudra ma bouche,

Cette fissure du visage,

Ce rouge murmure,

Cette pâle plainte

De mots hasardeux

Un coup de lune foudroyant

Viendra lisser mon front paré

De tôle grise ondulée

 

Un jour la nuit viendra

M’échouer dans la mer 

La marée haute engloutira

Les chairs mortes de mon corps

 

Un promeneur distrait

Lancera sur la vague

Les galets de mes yeux

Endormis sur la plage

 

Un jour le mot

ne viendra plus

 

-

 

Brigitte Tosi

 

 


Niels Franck – Une seule voie


-

 

- une  seule  voie  -    extrait  du blog  de J M Maulpoix

 

 

-

J’oublie Gaza
la Tchétchénie
Guantanamo.

J’oublie les écoles incendiées et les enfants brûlés vifs
les parents aux yeux éteints
- d’où toute lumière a soudain disparu.

J’oublie les enfants bourrés de résidus chimiques
ceux qui à chaque instant frappent à la frontière
d’une vie inconnue. Mais personne ne leur ouvre.

J’oublie le fanatisme des matches de football
l’éternelle bousculade les braillements des spectateurs qui veulent leur mamelle.

J’oublie ceux qui luttent pour davantage de vacances
davantage de temps sans les autres.

J’oublie qu’une cuite est déjà un petit séjour
à la clinique de désintoxication (aussi nommée la Cale sèche).

J’oublie les milliers d’antennes de télé plantées partout
espèce d’extincteurs qui crachent des images de rêve
jusqu’à ce que les rêves explosent dans toutes les           têtes.

J’ai déjà mentionné les politiciens

mais j’oubliais de dire qu’ils font partie de la bêtise
du cynisme
de l’étroitesse d’esprit
de l’hypocrisie
du calcul glacé

de ce qui mène directement au pouvoir.

Les terroristes aussi je les ai mentionnés
mais j’oubliais de dire qu’ils font partie de la bêtise
du cynisme
de l’étroitesse d’esprit
de l’hypocrisie
du calcul glacé

de ce qui mène directement au martyre.

-

La langue aussi je l’ai oubliée au milieu de tout ça
et la jouissance retorse que l’on éprouve à retourner ses mots et ses idées. Retourner. Retourner
si bien que pour finir rien n’est ce qu’il paraît être.

Rien : toujours déguisé autrement.

J’oublie que la langue n’est plus fiable
cette langue retouchée et archi-pelotée
une langue pleine de coupures, d’ajouts et de           recollages.
Une langue qui ne sait plus que citer le mensonge.

J’oublie que la guerre des religions ne finit jamais
parce qu’on n’en finit pas de se battre pour la vérité.
J’oublie que tous ceux qui croient ont vu la lumière
trouvé la vérité.

J’oublie qu’ils sont toujours sur la bonne voie.
Tous les autres ont trouvé le mensonge
et doivent avancer à tâtons dans une obscurité éternelle
prendre la route qui mène directement au vide
à l’inanité
à l’insanité.

Comme si la seule manière d’éviter le vide
était de s’enrôler dans la guerre.

J’oublie les services secrets et leurs officiers
attachés au secret.

J’oublie les centrales nucléaires
photographiées par un lointain satellite.

J’oublie que le premier secret
dévoile en secret le deuxième.
J’oublie les nationalistes furieux
pour lesquels la nation n’est qu’une famille contrefaite
malheur à qui n’en est pas membre :
il faudra le chasser avant potron-minet
à l’aide du balai, de la poële et de torchons mouillés s’il le faut.

J’oublie tout ce qu’une haine peut renfermer de détresse
même si la détresse ne renferme aucune haine.
La détresse est toujours toute seule : privée de compassion
privée d’avenir aimé
privée de sens aimé.

J’oublie les femmes obligées de vivre toute une vie voilées
parce que les hommes tremblent de peur devant leur propre lubricité.
Pas de corps aimé. Pas de caresses.
J’oublie le suicide par internet
les fonds de spéculation
les empires médiatiques.

J’oublie les procès intentés aux dictateurs affaiblis
pour qui l’enfance de l’art est de simuler la folie.
J’oublie les images glacées des réclames montrant le chemin qui mène tout droit au bonheur

- Oh, le bonheur !

J’oublie combien le monde est merveilleux.
Pardon si j’ai dit
autre chose.

 

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Niels Franck

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