L’été est trop grand pour moi- ( RC )
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Une étendue jaune, se cuit dans la langueur de l’été,
Le temps s’étire aux journées allongées,
De l’aube au couchant
L’esprit flottant, entre soleil et son reflet
L’été est trop grand pour moi,
Et mes habits flottent tout autour,
Il n’y a de printemps que toi, mais
La solitude se glisse, entre la peau et la chaleur.
Et même les humeurs étoilées de la nuit.
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RC 14 mars 2013
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Astrid Waliszek – ludion
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petit feu, ludion joueur,
à faire flamber le soir
à jouer avec l’écume
ma lampe de poche
les vaguelettes dansent
sous ton sourd flambeau
au loin le bateau de pêche
te prend pour un phare
petit jeu de nuit
à Trouville sous la pluie
sous les rires d’enfant
feu d’artifice, étoiles filant
minuscule joie, petite étincelle
dialogue sans paroles, un rien
une lame d’eau ondule
une frise se dessine
l’enfant regarde, l’enfant dit
les monstres sont couchés
tu peux t’arrêter, je l’ai vue
ta petite lumière dans ma nuit.
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photo Richard Vantielcke- voir son site
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Claude de Burine – Montagne
Montagne
Peut-être
Qu’en se mettant
En face
En face du soleil
Dans la merveille du sang
Pourrons-nous
Traverser la nuit
Pourrons-nous écrire
Les mots les plus simples
Comme quelqu’un
Qui met ses sandales
Pour aller dans l’herbe.
Claude de Burine
poétesse dont on trouve des productions sur le site lieucommun
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Gilles- Marie Chenot – Scot
SCOT
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Roule tout au long
Des rues d’Edimbourg
Suivant le temps qui farde
Les nuances de ta voix
Dans un monde où tout
S’efface dans la mouvance
Des reconstructions en tous genres
Et des équations insolubles
Pas de deux pour tout en un
La danse des traceuses
S’effeuille ligne après ligne
Sur la clarté obscure de la nuit
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Gilles- Marie Chenot , alias Gmc, nous propose sous son blog de beaux textes poétiques, que je vous propose de visiter.
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Des gestes et des ombres ( RC )

image : flotte galactique de joeliah.amie-des-anges
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Sur le tableau de la nuit,
perforent des étoiles,
qui disent les mondes
- lointains-
propices aux imaginations
Et même les euphories,
Les joies et désespoirs
Déploient en méconnaissance de cause
Légèreté et ténèbres.
C’est un esprit vulnérable,
Qui se développe aussi en corps
Et voyage en solitaire
Sans savoir où les gestes portent
Ni qu’ils s’engluent parfois
Dans une toile d’araignée
Dont on n’a pas détecté la présence
Au coeur de la nuit.
Il faut replier ses ailes
Et plonger dedans
- dedans soi-
Pour trouver d’autres étoiles
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RC – 2 avril 2013
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Prisonnier de la petite condition ( RC )
Prisonnier de la petite condition,
De ma fatigue, l’essence de la vie
Je rayonne moins qu’un cheval au galop,
Et moins encore qu’un train,
Un assemblage de mécaniques,
qui ne pose aucune question,
Ainsi se délimite
Le contour des choses,
Le rayon d’action,
Ce qui est à portée de mains,
Ou de geste.
Je me rappelle, comment la base des arbustes
Est taillée régulièrement
Dès lors que les chèvres s’en chargent
Pas plus loin que ce que permet
L’extension maximale de leur corps,
Et de même
Ayant rassemblé mes esprits
Mes idées éparpillées,
Utilisant le jour,
Comme le permettent mes forces,
Je délimite un espace
En empiétant sur la nuit,
Qui fuit de temps à autres,
Mais si peu,
La cellule mobile
Que je tapisse
De couleurs
Et de songes
Matériellement , peu définie,
Mais qui reste
Comme un costume
A ma mesure.
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RC- 23 mars 2013
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Marcel Bealu – Qui chuchote et parle dans le vent
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Qui chuchote et parle dans le vent
Qui s’agite et court dans la nuit ?
N’était-il qu’un reflet
Ce timide pinceau de lumière,
Ce ruissellement infinitésimal
Que la vague déjà efface ?
Marcel Bealu
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Lucien Blaga – j’attends mon crépuscule

from Universetodayregard, soleil,
J’ATTENDS MON CRÉPUSCULE
Voûte étoilée où nage mon regard -
et je sais qu’en mon âme aussi je porte
étoiles en myriades
et voies lactées,
merveilles des ténèbres.
Mais ne puis les voir,
j’ai tant de soleil en moi
que ne puis les voir.
J’attends que se couche mon jour
et que mon horizon ferme ses paupières,
j’attends mon crépuscule, nuit et douleur,
que s’enténèbre mon ciel tout entier
et qu’en moi se lèvent des étoiles,
mes étoiles,
que je n’ai encore
jamais vues.
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Nuit d’eden ( RC)

dessin – Edward Münch: baiser
Empire de la nuit
Des thés parfumés au jasmin
Ne comptent plus, les heures dans tes mains,
Celles qui ont fui
Et de quels mondes enchantés
Le rêve planétaire
En oubliant la terre
Et les moissons à planter…
Les arbres et leurs gousses,
Le contenu du tiède
Un grand intermède
Celui de la nuit douce,
Je m’appuie sur ton sourire,
Une collision exquise,
Appuyée d’indécise
Ce qu’il faut pour ouvrir
Les ciels emmêlés,
A cueillir les fruits
Aux portes de la nuit
- Et les baisers scellés.
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RC – 14 février 2013

dessin: Aline Mori couple
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Tendre le bras vers les étoiles ( RC )

S’il y a du souffle et de la poussière
Pour tendre le bras vers les étoiles
Modifiant tout à coup l’équilibre planétaire
La trajectoire des corps, mettant les voiles
La tête au milieu des nébuleuses
Le ciel s’est enflé de lumière violette
Echo d’Orion vers Betelgeuse
Du fracas d’une comète
A la verticale de l’été
Au fond de tout ce noir
Pour perdre ses droites allées
Et la lumière de l’espoir
Le matin confisque son charme
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes
– pour une autre aventure -
Je ne sais pas si tendre les bras suffit
A jouer avec les astres
Aveuglé, je ne vois que la nuit
Et du matin qui s’en va,… le désastre…
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RC – 2 février 2013
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Cristina Campo – été indien
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Octobre, fleur de mon péril
printemps chaviré dans les fleuves
Parfois la mort même m’est indifférente
- l’ érable a interrompu son vol, les feux s’obscurcissent -
parfois m’assaille la terreur d’exister,
rayonnante, comme l’aster rouge.
Tout est déjà connu, la marée prévue,
pourtant tout s’enténèbre et s’éclaire
d’un frais désespoir, d’une merveilleuse fermeté…
La lumière entre deux pluies, sur la pointe
du fleuve qui me transperce entre corps
et âme, est une lumière de nuit
- la nuit que je ne verrai pas -
claire dans les forêts.
Cristina Campo
" Le tigre abscence " ed Arfuyen
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J. P. Salabreuil – Je suis là
Je suis là
Vous me croyez vivant
Je laisse mes yeux ouverts
Je regarde la nuit
Et je sais pour vous plaire
Y poster deux hiboux
Je les poudre d’étoiles
Et les chemins sont fleuves
Entre berges de boue
Je suis là je murmure
Et ces mots vous comprennent
Comme comprend le vent
Ce mélèze où nous sommes
Inondés de fraîcheur
Mais moi je suis ailleurs
Je ne suis pas vivant
Je suis mort et transi
Je ne suis pas ici
Simplement je vous parle
Et vous écoutez sans savoir
Combien ces choses sont lointaines
Combien me font ces feuillages d’ennui
Qui nous dépassent dans la nuit
Et demain seront les traces
De mes pas dans l’autre nuit.
J. P. Salabreuil
Elle, dans le miroir ( RC )

photo Sciences et Avenir: lune en croissant se déplaçant
Bascule doucement l’horizon
Qui s’étire au fil des heures…
Il y a plus haut, une course
Entre deux cercles
L’un s’éteint d’orange, et l’autre
Monte blanchâtre en son halo
Partie de ping-pong dans les nuages
Et lentement se déplace
Il paraît même qu’elle me regarde
Le dos à la fenêtre, quand j’écris
C’est ce que me dit le miroir
En face
Au dessus du reflet de ma lampe
Quand arrive la nuit
Qui l’enveloppe
Et lui sourit
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RC - 25 décembre 2012
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Softly Toggles the horizon
Stretching over hours …
There is above, a race
Between two circles
One turns off orange, and the other
Rises whitish in its halo
A part of ping-pong in the clouds
And slowly moves
It even seems to me that it looks at me
Back to the window, when I’m writing
That is what the mirror tells me
in front of me
Above the reflection of my lamp
When the night comes
Which envelopes it
And smiled at it.
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Roland Dauxois – L’étrange nuit des pierres

Encre sur papier: Roland Dauxois, voir son site de reproductions
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Soumis nous sommes
à l’étrange nuit des pierres,
à l’étrange loi des incendies
,
qui ruinent parfois nos yeux
sous nos paupières.
La nuit travaillée
Alda Merini – poètes travaillant de nuit
Alda Merini | I poeti lavorano di notte…
I poeti lavorano di notte
quando il tempo non urge su di loro,
quando tace il rumore della folla
e termina il linciaggio delle ore.
I poeti lavorano nel buio
come falchi notturni od usignoli
dal dolcissimo canto
e temono di offendere Iddio.
Ma i poeti, nel loro silenzio
fanno ben più rumore
di una dorata cupola di stelle..
—
tentative de traduction ( RC )
Les poètes travaillent de nuit
lorsque le temps ne les bouscule pas ,
quand la rumeur de la foule et le silence
se termine le lynchage d’heures.
Les poètes qui travaillent dans l’obscurité
comme les faucons ou les rossignols nocturnes
de la plus belle mélodie
et la crainte d’offenser Dieu.
Mais les poètes, dans leur silence
font beaucoup plus de bruit
qu’un dôme doré des étoiles …

Yavuz – Saskia Pintelon
James Sacré – l’arbre aux coings

Soudain cet arbre très loin
Pourtant comme un coeur avec ses coings
Pelucheux gros je m’en souviens
Un arbre qui est l’odeur dans la nuit foin
Resté dans les buissons d’une enfance au loin
Jardins abandonnées, maisons soins
Que soudain le froid solitude branlée coing
Dans les mains le coeur défait presque rien .
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extrait de "Affaires d’écriture" (Ancrits divers) : ed Tarabuste
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Dans la nuit livide ( RC )

photo : Tom Stanley Janca
Dans la nuit livide où je suis parvenu ,
sous le dais circulaire d’une terre,
Elle porte, en ses fantomatiques vergers .
La trahison du jour, ne laisse qu’un disque d’eau, mouvante
Cette chose sombre sans lumière pour l’éclairer
Capte cependant ma silhouette incertaine ,
A son bord, une sombre matière électrique
une chose
Grimaçait au fond de ma conscience,
m’appelait, tel un Narcisse des profondeurs
Et jouait de son œil vague, lassé d’un univers
d’où je n’étais, plus qu’un étranger à ma propre image,
Lassé des étoiles et des ailleurs
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RC - 25 avril 2012
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Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )
photo Phillip Stearns : Hadar_Solar_Acacia
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Fleurs d’acacia -
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit
Setsuko Shimizu
François Corvol – Setis
Setis
Je me souviens d’elle allumant la nuit rouge-bleue
en tirant sur la corde
la plante des pieds sur les tuiles froides
assise sur la cheminée de grès
des chats transalpins nombreux sur ses jambes s’emmêlaient
les crayons de ne plus savoir s’ils voulaient une caresse ou le lait
du nuage de son essor ou de son corps
ou de ses cheveux parsemés de photophores je lui dit
ceci -Chaque nuit des fantômes
mille fois plus vivants retombent
de tes arceaux, je veux moi aussi
ma part de bonheur sur la Terre mon rêve mon rêve-
mais elle ne compris pas elle ne compris rien
de mon langage et d’un coup sec
tira sur la corde afin que la nuit tombe
coule
le lait.
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on peut retrouver les écrits de François Corvol dans décadences.net
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Jorge Luis Borgès – Tankas

peinture: Max Beckman: le rêve du soldat 1942
Tankas
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1
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En haut sur la cime
Le jardin entier est lune,
Lune d’or.
Plus précieux le frôlement
De ta bouche dans l’ombre
.
2
.
La voix de l’oiseau
Que la pénombre recouvre
On ne l’entend plus.
Tu marches dans ton jardin
Quelque chose, oui, te manque.
.
3
.
La coupe d’un autre,
L’épée qui fut une épée
Dans une autre main,
La lune de cette rue,
Dis-moi, n’est-ce pas assez ?
.
4
.
Il est sous la lune
Le tigre fait d’or et d’ombre
Il fixe ses griffes
Il ne sait pas qu’au matin
Elles ont tué un homme.
.
5
.
Triste cette pluie
Qui sur le marbre s’égoutte,
Triste d’être terre.
Triste, n’être pas les jours
De l’homme, le rêve, l’aube.
.
6
.
N’être pas tombé
Comme d’autres de ma race,
Au champ de bataille.
Être dans la vaine nuit
Seul à compter les syllabes.
.
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Ahmed Mehaoudi – ombrage chanté

peinture; Georges Braque; oiseau noir sur fond bleu
comment arrive t-il de ses ailes
à venir décrire de ses yeux de songeur
le feu nourri de nos théoriques certitudes
la course évidente du monde qui passe
comment arrive t-il
à murmurer sur nos lits fermer au soleil
la verité du livre des vérités
puis à l’aurore siroter
la ligne blanche de la nuit
où se croisent étoiles partantes
et lumière du matin
comment de ses ailes
atterrir
clamer que l’homme est le dernier à rire
quand c’est aux oiseaux d’en être les derniers
chanter au plus profond de la gorge
que c’est sa jeunesse qui fait défaut
et alors s’envoler à nouveau
là haut à l’écoute d’autres chants mystérieux…
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-21 novembre 2010
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poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )

peinture perso: maternelle age 5 ans ( j’ai probablement été fortement aidé… toujours est-il que j’ai toujours cette peinture, d’un format 50×65 cm)
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Feu
« Feu que les hommes regardent dans la nuit, dans la nuit profonde,
Feu qui brûles et ne chauffes pas, qui brilles et ne brûles pas.
Feu qui voles sans corps, sans coeur, qui ne connais case ni foyer,
Feu transparent des palmes, un homme sans peur t’invoque.
Feu des sorciers, ton père est où ? Ta mère est où ? Qui t’a nourri ?
Tu es ton père, tu es ta mère, tu passes et ne laisses traces.
Le bois sec ne t’engendre, tu n’as pas les cendres pour filles, tu meurs et ne meurs pas.
L’ âme errante se transforme en toi, et nul ne le sait.
Feu des sorciers, Esprit des eaux inférieures, Esprit des airs supérieurs,
Fulgore qui brilles, luciole qui illumines le marais,
Oiseau sans ailes, matière sans corps,
Esprit de la Force du Feu,
Ecoute ma voix : un homme sans peur t’invoque »
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Poème Bantou
(traduit par Léopold Sedar Senghor)
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Ismaël – la page de Tunis
la page de tunis par ismaël
Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant,
opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est
pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle
ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la
nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que
chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre,
qui vaille la peine d’oublier l’horizon.
Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser
au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même
rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau.
Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.
Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas
imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien
peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à
eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.
Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en
rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée,
aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par
se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.
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