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L’été est trop grand pour moi- ( RC )


peinture: Helen Frankenthaler  - Alloy, 1967

peinture:           Helen Frankenthaler –             Alloy, 1967

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Une étendue jaune, se cuit dans la langueur de l’été,

Le temps s’étire aux journées allongées,

De l’aube au couchant

L’esprit flottant, entre soleil et son reflet

L’été est trop grand pour moi,

Et mes habits flottent tout autour,

Il n’y a de printemps  que toi, mais

La solitude se glisse, entre la peau et la chaleur.

Et même les humeurs étoilées de la nuit.

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RC    14 mars 2013

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Astrid Waliszek – ludion


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petit feu, ludion joueur,

à faire flamber le soir

à jouer avec l’écume

ma lampe de poche

les vaguelettes dansent

sous ton sourd flambeau

au loin le bateau de pêche

te prend pour un phare

petit jeu de nuit

à Trouville sous la pluie

sous les rires d’enfant

feu d’artifice, étoiles filant

minuscule joie, petite étincelle

dialogue sans paroles, un rien

une lame d’eau ondule

une frise se dessine

l’enfant regarde, l’enfant dit

les monstres sont couchés

tu peux t’arrêter, je l’ai vue

ta petite lumière dans ma nuit.

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photo    Richard Vantielcke- voir son site

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Claude de Burine – Montagne


peinture Karl Fredrieck Hill

peinture      Carl Fredric Hill

Montagne 

Peut-être
Qu’en se mettant
En face
En face du soleil
Dans la merveille du sang
Pourrons-nous
Traverser la nuit
Pourrons-nous écrire
Les mots les plus simples
Comme quelqu’un
Qui met ses sandales
Pour aller dans l’herbe.

 

 

Claude de Burine

poétesse dont on trouve des productions sur le site lieucommun

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Gilles- Marie Chenot – Scot


SCOT

photo perso  argentique  1978

photo perso argentique             tourbe  sur l’île  de Skye    1978

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Roule tout au long

Des rues d’Edimbourg

Suivant le temps qui farde

Les nuances de ta voix

 

Dans un monde où tout

S’efface dans la mouvance

Des reconstructions en tous genres

Et des équations insolubles

 

Pas de deux pour tout en un

La danse des traceuses

S’effeuille ligne après ligne

Sur la clarté obscure de la nuit

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photo perso  argentique   Ecosse 1978

photo perso argentique           Edinburgh  Ecosse 1978

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Gilles- Marie Chenot , alias  Gmc, nous propose  sous son blog  de beaux textes poétiques,  que je vous propose  de visiter.

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Des gestes et des ombres ( RC )


image :           flotte galactique de joeliah.amie-des-anges

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Sur le tableau de la nuit,
perforent des étoiles,
qui disent les mondes
- lointains-
propices aux imaginations

Et même les euphories,
Les joies et désespoirs
Déploient  en méconnaissance de cause
Légèreté  et ténèbres.

C’est un esprit vulnérable,
Qui se développe  aussi en corps
Et voyage en solitaire
Sans savoir où les gestes portent

Ni qu’ils  s’engluent parfois
Dans une toile  d’araignée
Dont on n’a pas détecté la présence
Au coeur de la nuit.

Il faut replier ses ailes
Et plonger dedans
-  dedans  soi-
Pour trouver d’autres  étoiles

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RC   – 2 avril 2013

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Prisonnier de la petite condition ( RC )


 

 

 

peinture perso.  Détail

peinture perso   1998. Détail

Prisonnier  de la petite condition,
De ma fatigue, l’essence de la vie
Je rayonne moins  qu’un cheval au galop,
Et moins encore qu’un train,
Un assemblage de mécaniques,
qui ne pose aucune question,
Ainsi se délimite
Le contour des choses,
Le rayon d’action,
Ce qui est à portée  de mains,
Ou de geste.

Je me rappelle, comment la base des arbustes
Est taillée régulièrement
Dès lors que les chèvres  s’en chargent
Pas plus loin que ce que permet
L’extension maximale  de leur corps,
Et de même
Ayant rassemblé mes esprits
Mes idées  éparpillées,
Utilisant le jour,
Comme le permettent mes forces,
Je  délimite un espace

En empiétant sur la nuit,
Qui fuit de temps à autres,
Mais si peu,
La cellule mobile
Que je tapisse
De couleurs
Et de songes
Matériellement , peu définie,
Mais qui reste
Comme un costume
A ma mesure.

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RC-  23 mars 2013

 

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Marcel Bealu – Qui chuchote et parle dans le vent


art - Arman  -  crédit Suisse  -  Lyon

art – Arman –                      Société Suisse – Lyon

 

 

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Qui chuchote et parle dans le vent
Qui s’agite et court dans la nuit ?
N’était-il qu’un reflet
Ce timide pinceau de lumière,
Ce ruissellement infinitésimal
Que la vague déjà efface ?

 

Marcel Bealu

montage perso  d'après photo

montage perso d’après photo

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lucien Blaga – j’attends mon crépuscule


from Universetodayregard, soleil, 

 

 

 

J’ATTENDS MON CRÉPUSCULE

Voûte étoilée où nage mon regard -
et je sais qu’en mon âme aussi je porte
étoiles en myriades
et voies lactées,
merveilles des ténèbres.
Mais ne puis les voir,
j’ai tant de soleil en moi
que ne puis les voir.
J’attends que se couche mon jour
et que mon horizon ferme ses paupières,
j’attends mon crépuscule, nuit et douleur,
que s’enténèbre mon ciel tout entier
et qu’en moi se lèvent des étoiles,
mes étoiles,
que je n’ai encore
jamais vues.

 

 

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Nuit d’eden ( RC)


dessin – Edward Münch: baiser

Empire de la nuit
Des thés parfumés au jasmin
Ne comptent plus, les heures dans tes mains,
Celles qui ont fui

Et de quels mondes enchantés
Le rêve planétaire
En oubliant la terre
Et les moissons à planter…

Les arbres et leurs gousses,
Le contenu du tiède
Un grand  intermède
Celui de  la nuit douce,

Je m’appuie  sur ton sourire,
Une collision exquise,
Appuyée  d’indécise
Ce qu’il faut pour  ouvrir

Les ciels  emmêlés,
A cueillir les fruits
Aux portes de la nuit
-    Et les baisers scellés.

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RC  – 14 février 2013

dessin: Aline Mori couple

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Tendre le bras vers les étoiles ( RC )


 

 

 

S’il y a du souffle et de la poussière
Pour tendre le bras vers les étoiles
Modifiant tout à coup l’équilibre planétaire
La trajectoire des corps, mettant les voiles

La tête au milieu des nébuleuses
Le ciel s’est enflé de lumière violette
Echo d’Orion vers Betelgeuse
Du fracas d’une comète

A la verticale de l’été
Au fond de tout ce noir
Pour perdre ses droites allées
Et la lumière de l’espoir

Le matin confisque son charme
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes
– pour une autre aventure -

Je ne sais pas si tendre les bras suffit
A jouer avec les astres
Aveuglé, je ne vois que la nuit
Et du matin qui s’en va,… le désastre…

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RC  – 2 février 2013

 

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Refaire ses premiers pas ( RC )


peinture; Francesco del Cossa - Triomphe de  Vénus  - détail

peinture;        Francesco del Cossa -     Triomphe de Vénus –      détail

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Avec l’impression de ne plus savoir rien faire.
Etat stationnaire.
J’ai dans l’esprit, les bruits et saveurs de la rue.
Et la nuit des fourmis, trottent menu.

Je voisine  la nuit et la fatigue,
et les fantômes du matin, qui se liguent,
Ou combattent mon existence.
Le doute de soi , avancer avec méfiance,

Et se posent, et les jours  s’engluent….
Il est toujours un inconnu
Qui chante le même  refrain
En me demandant le chemin,

En équilibre sur le hasard
Parfois à la sortie du bar.
Se hasarder dans le monde
Funambule des ères vagabondes

Fil à couper  les largeurs
S’étirer au fil des heures;
…..Ce qu’il faut de vouloir …
Pour franchir,   l’obscurité du couloir  !

Les équivalences des saisons
Qu’on lit encore, sans comparaisons;
Si encore, tout est étal
…Que l’on poivre ou on sale

A sentir la différence
Je dirais  -         convalescence,
Et refaire ses premiers pas
Sur un chemin étroit —–

S’il faut quitter               le chant des ruines
Distinguer            son reflet dans une vitrine,
Je suis sans doute        sous influence
Celle même , d’une naissance…

Au seuil de nouvelles portes,
Ces autres sensations, qui se heurtent
Et ces nouveaux premiers pas,
- …  Me rapprochent peu à peu de toi

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RC-  26 janvier 2013

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en relation avec un extrait de  "on a affaire à l’existence" …  de Robert Piccamiglio, dont on sait,

par mes articles précédents, notamment les extraits de "Midlands", mon attachement.

8/ Plein d’images

Je laisse venir plein d’images dans ma tête. La petite vitrine du cerveau est toujours bien propre. Nettoyée chaque matin au lever et le soir au coucher. Parfois tour de même, il faut bien l’avouer malgré la transparence, c’est difficile de voir à travers la petite vitrine. Toujours la pluie. Toujours novembre qui file des coups de balai répétés sur le paysage tout en équinoxes et qui fabrique tranquille des équivalences et des saisons. Le ciel est un voisin souriant ainsi que la tête en délicatesse avec la nuit et la fatigue. Dormir les yeux ouverts pour laisser entrer quelques rêves qui font la part belle au hasard que je n’arrête pas de transformer en destin. Encore à me dire que tout est déjà écrit par avance et qu’on ne fait que suivre le mouvement des jours, bons ou mauvais. Les images s’impriment dans la tête. Mécanique compliquée et évidente tout à la fois. Comme pour les femmes qu’on quitte et celles que plus tard on aime pour ce qu’elles portent gracieusement dans. leurs ventres et dans leurs yeux dénudés où la beauté s’aventure.


Cristina Campo – été indien


photo  auteur non nidentifié

photo :  auteur non identifié

 

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Octobre, fleur de mon péril
printemps chaviré dans les fleuves

Parfois la mort même m’est indifférente
- l’ érable a interrompu son vol, les feux s’obscurcissent -
parfois m’assaille la terreur d’exister,
rayonnante, comme l’aster rouge.

Tout est déjà connu, la marée prévue,
pourtant tout s’enténèbre et s’éclaire
d’un frais désespoir, d’une merveilleuse fermeté…

La lumière entre deux pluies, sur la pointe
du fleuve qui me transperce entre corps
et âme, est une lumière de nuit
- la nuit que je ne verrai pas -
claire dans les forêts.

Cristina Campo
" Le tigre abscence " ed Arfuyen


J. P. Salabreuil – Je suis là


Volume: Leo Copers - flamme éternelle

Volume: Leo Copers – flamme éternelle

 

 

Je suis là

Vous me croyez vivant
Je laisse mes yeux ouverts
Je regarde la nuit
Et je sais pour vous plaire
Y poster deux hiboux
Je les poudre d’étoiles
Et les chemins sont fleuves
Entre berges de boue
Je suis là je murmure
Et ces mots vous comprennent
Comme comprend le vent
Ce mélèze où nous sommes
Inondés de fraîcheur
Mais moi je suis ailleurs
Je ne suis pas vivant
Je suis mort et transi
Je ne suis pas ici
Simplement je vous parle
Et vous écoutez sans savoir
Combien ces choses sont lointaines
Combien me font ces feuillages d’ennui
Qui nous dépassent dans la nuit
Et demain seront les traces
De mes pas dans l’autre nuit.

J. P. Salabreuil


Elle, dans le miroir ( RC )


photo Sciences et Avenir:         lune en croissant se déplaçant

Bascule  doucement l’horizon
Qui s’étire au fil des heures…

Il y a plus haut, une course
Entre deux cercles

L’un s’éteint  d’orange, et l’autre
Monte blanchâtre en son halo

Partie de ping-pong dans les nuages
Et lentement se déplace

Il paraît même  qu’elle me regarde
Le dos à la fenêtre, quand  j’écris

C’est ce que  me dit le miroir
En face

Au dessus du reflet de ma lampe
Quand arrive la nuit

Qui l’enveloppe
Et lui sourit

-

RC -  25 décembre  2012

-

Softly Toggles the horizon
Stretching over hours …

There is above, a race
Between two circles

One turns off orange, and the other
Rises whitish in
its halo


A part of ping-pong in the clouds
And slowly moves

It even seems to me that it looks at me
Back to the window, when I’m writing

That is what the mirror tells me
in front of me

Above the reflection of my lamp
When the night comes

Which envelopes it
And smiled at it.

 

-


Roland Dauxois – L’étrange nuit des pierres


 

 

 

 

Encre sur papier:                         Roland Dauxois, voir son site de reproductions

 

-

 

Soumis nous sommes


à l’étrange nuit des pierres,


à l’étrange loi des
incendies

,
qui ruinent parfois nos yeux


sous nos paupières.


La nuit travaillée

 


Alda Merini – poètes travaillant de nuit


peinture: Euan Uglow

peinture: Euan Uglow

Alda Merini | I poeti lavorano di notte…

I poeti lavorano di notte
quando il tempo non urge su di loro,
quando tace il rumore della folla
e termina il linciaggio delle ore.

I poeti lavorano nel buio
come falchi notturni od usignoli
dal dolcissimo canto
e temono di offendere Iddio.
Ma i poeti, nel loro silenzio
fanno ben più rumore
di una dorata cupola di stelle..

tentative de traduction  ( RC )

Les poètes travaillent de nuit
lorsque le temps ne les bouscule pas ,
quand la rumeur de la foule
et le silence

se termine le lynchage d’heures.

Les poètes qui travaillent dans l’obscurité
comme les faucons ou les rossignols nocturnes
de la plus belle mélodie
et la crainte d’offenser Dieu.
Mais les poètes, dans leur silence
font beaucoup plus de bruit
qu’un dôme doré des étoiles …

Yavuz – Saskia Pintelon


James Sacré – l’arbre aux coings


Soudain cet arbre très loin

Pourtant comme un coeur avec ses coings

Pelucheux gros je m’en souviens

Un arbre qui est l’odeur dans la nuit foin

Resté dans les buissons d’une enfance au loin

Jardins abandonnées, maisons soins

Que      soudain le froid solitude branlée coing

Dans les mains le coeur défait presque rien .

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extrait de "Affaires d’écriture"             (Ancrits divers) : ed  Tarabuste

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Dans la nuit livide ( RC )


photo : Tom Stanley Janca

Dans la nuit livide où je suis parvenu ,
sous le dais circulaire d’une terre,

Elle porte, en ses fantomatiques vergers .
La trahison du jour, ne laisse qu’un disque d’eau, mouvante
Cette chose sombre sans lumière pour l’éclairer
Capte cependant ma silhouette incertaine ,

A son bord, une sombre matière électrique
une chose

Grimaçait au fond de ma conscience,
m’appelait, tel un Narcisse des profondeurs

Et jouait de son œil vague, lassé d’un univers
d’où je n’étais, plus qu’un étranger à ma propre image,
Lassé des étoiles et des ailleurs

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RC -  25 avril 2012

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Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )


photo Phillip Stearns :           Hadar_Solar_Acacia

 

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Fleurs  d’acacia -
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit

Setsuko Shimizu

publiée  dans la lettre  du haïku  n°59


François Corvol – Setis


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illustration-  à partir  d’éléments  rappelant les estampes japonaises

Setis

24 août 2012

Je me souviens d’elle allumant la nuit rouge-bleue
en tirant sur la corde
la plante des pieds sur les tuiles froides
assise sur la cheminée de grès
des chats transalpins nombreux sur ses jambes s’emmêlaient
les crayons de ne plus savoir s’ils voulaient une caresse ou le lait
du nuage de son essor ou de son corps
ou de ses cheveux parsemés de photophores je lui dit
ceci -Chaque nuit des fantômes
mille fois plus vivants retombent
de tes arceaux, je veux moi aussi
ma part de bonheur sur la Terre mon rêve mon rêve-
mais elle ne compris pas elle ne compris rien
de mon langage et d’un coup sec
tira sur la corde afin que la nuit tombe
coule
le lait.

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on peut  retrouver  les  écrits  de François Corvol dans   décadences.net

 

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Jorge Luis Borgès – Tankas


 

 

 

 

 

peinture:    Max Beckman:   le rêve du soldat        1942

Tankas
.
.
1
.
En haut sur la cime
Le jardin entier est lune,
Lune d’or.
Plus précieux le frôlement
De ta bouche dans l’ombre
.
2
.
La voix de l’oiseau
Que la pénombre recouvre
On ne l’entend plus.
Tu marches dans ton jardin
Quelque chose, oui, te manque.
.
3
.
La coupe d’un autre,
L’épée qui fut une épée
Dans une autre main,
La lune de cette rue,
Dis-moi, n’est-ce pas assez ?
.
4
.
Il est sous la lune
Le tigre fait d’or et d’ombre
Il fixe ses griffes
Il ne sait pas qu’au matin
Elles ont tué un homme.
.
5
.
Triste cette pluie
Qui sur le marbre s’égoutte,
Triste d’être terre.
Triste, n’être pas les jours
De l’homme, le rêve, l’aube.
.
6
.
N’être pas tombé
Comme d’autres de ma race,
Au champ de bataille.
Être dans la vaine nuit
Seul à compter les syllabes.
.
.


Ahmed Mehaoudi – ombrage chanté


peinture;                 Georges Braque; oiseau noir sur fond bleu

 

 

comment arrive t-il de ses ailes
à venir décrire de ses yeux de songeur
le feu nourri de nos théoriques certitudes
la course évidente du monde qui passe
comment arrive t-il
à murmurer sur nos lits fermer au soleil
la verité du livre des vérités
puis à l’aurore siroter
la ligne blanche de la nuit
où se croisent étoiles partantes
et lumière du matin

comment de ses ailes
atterrir
clamer que l’homme est le dernier à rire
quand c’est aux oiseaux d’en être les derniers
chanter au plus profond de la gorge
que c’est sa jeunesse qui fait défaut
et alors s’envoler à nouveau
là haut à l’écoute d’autres chants mystérieux…

-

 

 

-21 novembre 2010

 

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poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )


peinture perso: maternelle  age  5 ans  (  j'ai probablement  été fortement aidé...  toujours est-il que j'ai  toujours cette peinture,  d'un format 50x65 cm)

peinture perso:            maternelle                   age 5 ans          ( j’ai probablement été fortement aidé…                 toujours est-il que j’ai toujours cette peinture,    d’un format 50×65 cm)

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Feu

 

« Feu que les hommes regardent dans la nuit, dans la nuit profonde,

Feu qui brûles et ne chauffes pas, qui brilles et ne brûles pas.

Feu qui voles sans corps, sans coeur, qui ne connais case ni foyer,

Feu transparent des palmes, un homme sans peur t’invoque.

Feu des sorciers, ton père est où ?      Ta mère est où ?       Qui t’a nourri ?

Tu es ton père, tu es ta mère, tu passes et ne laisses traces.

Le bois sec ne t’engendre, tu n’as pas les cendres pour filles, tu meurs et ne meurs pas.

L’ âme errante se transforme en toi, et nul ne le sait.

Feu des sorciers, Esprit des eaux inférieures, Esprit des airs supérieurs,

Fulgore qui brilles, luciole qui illumines le marais,

Oiseau sans ailes, matière sans corps,

Esprit de la Force du Feu,

Ecoute ma voix :                 un homme sans peur t’invoque »

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Poème Bantou

(traduit par Léopold Sedar Senghor)

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Ismaël – la page de Tunis


peinture- graphisme: Bachès

 

 

 

 

 

 

la page de tunis                par ismaël

Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant,
opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est
pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle
ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la
nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que
chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre,
qui vaille la peine d’oublier l’horizon.

Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser
au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même
rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau.
Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.

Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas
imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien
peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à
eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.

Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en
rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée,
aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par
se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.

 

 

parution collectifdixit

 

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