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Les papiers et le sel ( RC )


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Tout à l’heure, en rangeant la vaisselle
J’ai vu la table débarrassée  ( ayant mangé dans un coin)
Le reste occupé, par un tas de papiers

Toujours des choses dont l’urgence attend
Qu’on veuille bien s’occuper d’elles
Ces papiers éparpillés ont même recouvert
Des livres, dont la couverture me rappelle

"La revanche de la pelouse"
Le récit de Brautigan
Dans sa version originale
Avec un cadre vert
Et une fille qui sourit.

Tiens , j’ai laissé le sel
A côté d’une facture.
Il me faut une enveloppe, et un timbre…
Je dois bien avoir ça quelque part,
Dans la pièce à côté…

RC     – 30 janvier 2013

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Lettre habillée ( RC )


enveloppe mail-art
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Un souffle de vent
Et les petits papiers  s’envolent
C’est une lettre,        qui prend en chemin
Des détours                              fantaisistes
A parcourir monts et vallées
Pour aller                          repeindre
Des jardins ensoleillés
Aux yeux  de l’écriture
                     De la lettre habillée
Des couleurs de fête
Et de coeurs qui s’ouvrent
-  et j’ai envoyé mes mots
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Poussés vers l’avant
Des dits qui rigolent
C’est une lettre, que l’on prend dans la main
Des écrits ,               qui consistent
En deux strophes  avalées
Et qui vont atteindre
Des lieux  éloignés
Parcourus d’eau pure
                       – les yeux  émerveillés
Les poèmes en tête
Aux lignes qui se recourbent
……………….Comme des escargots.
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RC –   17 novembre 2012
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Martin Ritman – notre monde commence


notre monde commence

dessin – en provenance du spectacle de Gorky            ( Frederic Pradal)…

notre monde commence
toujours sous les pouvoirs ta page
pleine de voix je t’aime
décrire comme mécrire rien que littérature
sans entendre
les silences du cri renouent nos sanglots longs
et ils disent le printemps quand tu fais la petite
lumière au fond des jours nos nuits
expertiser comme maîtriser des discours
sans paroles
ils disent au mégaphone médiatique les violons
et tu scates les automnes de mes onomatopées
quand on fait l’amour en guerre sociale
s’écrire comme s’enfuir en pays inconnu
sans bagages
ils disent sans papiers et rétention les camps
no man’s land monotones s’entendent nos enfants
dans leurs mains tu m’envoles ce poème
avec une relation avec Gorky, qui dans son spectacle, mêle jonglerie et dialogues au sujet des sans – papiers  et centres  de rétention,  dont  voici un extrait qu’on peut  retrouver  sur  sa présentation:
J’entends «bonjour» alors je retourne comme ça. Il était trois et il me dit
« est ce que on peut voir vos papiers s’il vous plait? »
et il attendait je dis quelque chose je crois.
Moi je pouvais pas rien dire. Richard il me regarde  comme ça et
Je crois il pouvait pas rien dire non plus.

Les Polices ils m’emmènent dans le commissariat et il me met à côté lui pour  bien me garder à la vue.

Après il me met dans la voiture, je sais pas où il  m’emmène mais c’est très long, et je sais pas où il m’emmène.
C’est la nuit depuis longtemps quand il me faît descendre, il y a les murs avec tous les  barbelles.
C’est après je sais ça s’appelle un centre de la rétention  administrative, oui « administrative »
je sais pas c’est pourquoi.

Dans l’intérieur c’est le couloir avec la lumière forte.

Il y a la salle avec la télévision avec les hommes partout. Il y avait les hommes de l’Afrique,
de la Chine, les indiens; les cowboys… Non il y avait pas les cowboys.

il m’emmène dans le bureau et l’homme il est là, il est grand même assis, il me fait le sourire et… il est beau.

Il me dit tu es qui ? Je dis Gorky. Et tu viens d’où ? Alors Moi je lui dis ma vie.
Et c’est bien parce que il écoute bien.

Je dis quand je suis le bébé, tu sais le bébé j’ai pas les parents alors c’est la famille elle me prend ,

elle fait le voyage  des fois un autre pays.

Elle me donne  une autre famille, et un autre pays une autre famille comme ça plusieurs.
Et quand je suis comme ça ou peut être comme ça je sais plus je dis mais je viens  d’où.
Et personne il peut me dire. Personne il sait. Mais c’est pas grave je lui dis
parce que je sais pas où je vais non plus alors ça va.
Et là II me demande si je fous sa gueule…

photo perso -              Gorky 48è de rue,,         Mende 2012