L’inspire se dévide ( RC )

l’inspire se dévide, et il pense danse
- des graffitis sur le mur ,
essuie, il faudrait une gomme
- en attendant,
- ou un peu de toile émeri,
pour revenir au vert d’eau,
qui surmonte les carreaux.
Et chacun, passe , et y ajoute ses mots,
ce sont des obscènes
qu’on ne trouve pas en poèmes.
Ou bien la calligraphie grasse
des feutres, ceux qui arrivent à dégouliner,
- et s’obstinent, entre la chasse,
et la cuvette , dont l’abattant pend.
Le bonheur des mouches, qui se mirent
dans les lignes d’eau,
jointoyure incertaine au creux des carreaux,
que le sol a recueilli,
– restes de rouleaux roses.
Voila de nouveaux parchemins , pour donner
libre-cours - aux talents d’écriture,
quel dommage de négliger ainsi , – qui cristallise
l’avancée de l’esprit !!. -
Mais c’est faute au confort, ce papier rose
qui s’enfonce,
sous la pointe revêche du stylo,
ou même la mine de plomb – crayon.
Il semaillerait des mots,
l’inspiration du moment,
un moment bien choisi,
au regard du bruit de la rue,
- drôle d’endroit pour régler sa montre -
derrière la porte épaisse , – bois, qui arrive à mi-tête,
targette branlante,
la place , déserte à cette heure
pourtant, oui, il reste encore
les trognons des choux-fleurs
et des morceaux d’orange moisis , - après le marché
et des cagettes enchevêtrées,
- la balayeuse ne va pas tarder à passer
dans les guenilles de la ville- ,
et les mots en cascade qui dérapent,
comme pas permis, - se dilapident les pensées,
les pleins et délirés ——- que tout rentre
dans l’ordre lorsque qu’il sort ! -se trouver
quelque chose à dire,
pour coller l’avalanche cataplasme d’écriture,
il te faut ce beau papier,
— mais où sont-ils, justement
ces mots qui te venaient en flammes ?
-
RC avril 2013
-
James Sacré – Un mur s’est éboulé
-
Un mur s’est éboulé
C’est comme des mots (mais tombés d’où ?)
La douceur du ciel continue son bleu
On dirait qu’on peut rêver
À travers les choses défaites, les trous du poème.
Quelquefois la campagne pense à la ville
à cause de ses hangars chavirés)
Elle se sent le coeur tout contre
Un atelier (brique et verrière)
Au fond d’une impasse, les murs sont sales
Avec des traces de pisse et de peinture, une vieille
herbe.
Qu’est-ce qui s’effrite vraiment ?
Ni paysage ni poème, plutôt
(C’est difficile à dire) quelque chose
Comme une musique, à la ville dans la campagne,
Une musique, faut pas pousser !
Est-ce que c’est même un sourire ?
-
James Sacré extrait de "Affaires d’écritures"
-
Le regard dans ton miroir ( RC )

sculpture-trace : Giuseppe Penone – Soffio I, 1978. Amsterdam 2004
-
Voilà sortie de la terre, ma silhouette ,
ou bien moulée dans un coffrage de béton,
C’est dire que le monde m’enveloppe
Et ainsi , suis l’île
Offerte à l’éternel chronophage…
-
Ile flottante, épave et barquette,
Amusette aux voisinages du plancton
Sous-marin, périscope
A mes risques et périls
Emerge le bout de mon visage….
-
Et s’il se trouve ainsi , que je passe
…. Hasard des trajectoires
- s’est égarée une flèche -
Au coeur des « je t’aime »
… Cible atteinte pour Cupidon?
-
Si j’apparais dans la nasse
Mon regard dans ton miroir,
C’est aller à la pêche,
- Et peut-être un poème ?
Dont nous ferons chanson…
-
RC mars 2013
-

peinture: Lorenzo Lotto – 1480-1550 – Venus et Cupidon – Met mus of Art N YC
Coeur améthyste ( RC )

Coeur graffiti pour sac à main mandelia
-
Le coeur de la terre
Va tourner en rond
Brillant comme l’enfer
On n’en connaît pas le fond.
Et le coeur des choses,
Celui du milieu,
C’est à petites doses,
Ce qu’il y a de mieux.
Le coeur à l’ouvrage,
C’est bien, travailleur,
Celui qu’on partage,
Et met en valeurs
Le coeur voyageur,
Qui joue au touriste
Traverse sans douleur
Des épaisseurs de schiste.
A coeur et à cri,
Empruntant le train,
C’est un nouveau pari,
Ouvert sur demain.
Le coeur d’artichaud
S’ouvre de lui-même
Dès qu’il fait un peu chaud
Au chant des "Je t’aime".
Les coeurs dilatés
Gravés au pied de l’arbre,
Gagnent en vitalité
Par rapport à ceux du marbre
Le coeur des amants
Se prend dans la main
Ils ont tout le temps
D’assouvir leur faim…
Le coeur améthyste
Taillé en facettes,
Celui qui résiste
Se porte en amulettes.
Quand le coeur est triste
Ou bien mal en point,
C’est un jeu de pistes
J’en suis le seul témoin.
A résoudre les problèmes,
Je te donne ces vers,
vers le coeur du poème,
Pour repousser – je crois – les murs de l’hiver.
-
RC – février 2013
-
Très-haut et Très bas ( RC )
Le Très-Haut nous dicte ici-bas
le poème de vivre,
Comme nous sommes encore des élèves
Courbés sous la dictée
Le tout – temps limité -
Il faut obéir au poème de vivre
Et découper en paragraphes
Tranches de vie ( trancher dans le vif)
Le temps imparti qu’il nous reste à vivre
Sans fautes d’orthographe;
Si le très haut est tombé de l’escabeau
Nous sommes en quète d’idéaux
Et faisons feu de tout bois,
Toutes flèches dehors, se perdant sans remors
Dans une nuit d’incertitude,
Puisqu’il ne nous est pas possible
( un petit tour et puis s’en va )
De bénéficier – circonstances atténuantes
D’autres vies, comme celles offertes, des jeux
Vidéo, des idéaux.
Game is over..;
( Vous auriez pu mieux faire !! )
En attendant montrez donc votre bilan
Avez-vous bien appliqué le théorème ?
L’avenir est atteint, il se roule sur nous-même
Et nous voici, blessé, face à nôtre anathème..
Thème astral, ….et sous quel signe, ….quel est le problème ?
Faute de le résoudre, – méditez donc, en poèmes…
Les constellations se fichent des coeurs et des amours,
( s’il faut croire que notre existence a de l’importance ).
-
RC – 24 janvier 2013
-
En réponse au "Poème de vivre " de Henri-Etienne Dayssol
-
-
Michel Camus – proverbes du silence et de l’émerveillement – la maternelle vacuité du silence
-
Absolue la maternelle vacuité du silence
Imprononçable le mot de l’énigme au cœur de la vie
Indéchiffrable le signe muet de sa présence
Abyssal le songe éternel du regard
Immortelle la part de silence au cœur de l’homme
Quel poète n’est pas écartelé par l’exil de sa langue
dans l’éden du silence
Le poème comme instrument du silence dans la musique de la langue
Le silence, dites-vous, est un concept
Et si le concept était un germe issu du silence
Loin d’être la négation de la langue le silence est son double secret, germe intime et matrice infinie
Car du corps-du-silence naît le souffle et du souffle la parole
que le sens insensé du silence ensemence
Que sait-on sans mot dire
Par le silence le poète s’efface par la poésie le silence se dépasse
Duplicité du silence, duplicité du poème nous comblent d’incertitude
-
Proverbes du silence et de l’émerveillement , Éd. Lettres Vives, coll. Terre de poésie
-
Fabienne Verdier Calligraphe ( RC )

A l’apprentissage
du labeur quotidien
haiku , l’air de rien
Science – infuse ?
sur la page vierge
le geste fuse
Gestes libres
Poignet en mouvements
Effleurement de page
Le pesé, le léger
Le pinceau, la main
Le rapide, le retourné
Mes mots sont mon encre
Et mon encre mes mots
Graphie sans retour
Grains de surface
Calligraphie – l’unique
Poème d’encre
-
![]()
RC - 2 avril 2011
– voir aussi les articles consacrés à F V dans les carnets de JLK ( Jean-Louis Kuffer)
-
Antonin Artaud – éparpillement des poèmes

photo Deidi von Schaewen, placée en extérieur rencontres photographiques Arles 2012 – re-photo perso
Cet éparpillement de mes poèmes, ces vices de forme, ce fléchissement constant de ma pensée,
il faut l’attribuer non pas à un manque d’exercice, de possession de l’instrument que je maniais,
de développement intellectuel; mais à un effondrement central de l’âme,
à une espèce d’érosion, essentielle à la fois et fugace, de la pensée,
à la non-possession passagère des bénéfices matériels de mon développement,
à la séparation anormale des éléments de la pensée (l’impulsion à penser,
à chacune des stratifications terminales de la pensée, en passant par tous les états,
toutes les bifurcations de la pensée et de la forme)."
-
A Artaud – Correspondance avec Jacques Rivière
-
incitation: le film "regard sur la folie", de Mario Ruspoli, dans lequel Michel Bouquet en voix off, nous dit ce superbe texte de Artaud..
Philippe Delaveau – Bistrots de Paris

BISTROTS DE PARIS
On est debout devant le zinc et sous l’œil simple
et bleu du patron qui s’active il arbore
une moustache artistique en balai-brosse
tandis que l’ivresse égare un monde incertain
qu’alimente la truelle d’un monologue à son propre rythme
lent parfois pâteux de bâtisseur de mondes ce sont les vignes
venues à Paris déverser leurs vendanges vers le métal
des tubes et des sièges les glaces réfléchissent les visages blancs
la sueur au front qui perle chez ceux qui reconstruisent
patiemment mais le poème est mort et les murs s’écroulent
éclairant par gouttes les fronts rien ne visite les solitudes
ni la bière barbue ni le petit rouge qui danse sur son ballon
ni le blanc sec en renversant la tête ou le café dans son corset d’ébène
-
Marina Tsvetaïeva – les poèmes non écrits
Brigitte Tosi – Avant le dernier jour

peinture: Jerome Bosch: le jardin des délices ( détail )
Au jour d’avant le dernier jour
Il y aura toutes ces heures
Volées aux ombres du silence
Et tous ces mots étreints
À la force des mains
La vie sera veuve
Fauve le miel rouillé
Au dernier jour d’avant la nuit
Il y aura tous ces poèmes
Gravés à l’ombre des cailloux
Comme un bouquet d’adieux
Aux limites du monde
La vie sera seule
Pauvre le ciel oublié
Et l’oubli
tatoué
Aux herbes rases de nos chairs.
–
petit chaperon des poèmes ( RC )
-
Aux lectures poétiques, si ce n’est pas un leurre
Ce plaisir ,il ne faut pas le renier
Plutôt que le garder dans ton panier
Un p’tit recueil, une plaquette de beurre
Et une galette de poèmes
Tout ce qu’il fait pour tenir le coup
Sans limites – je dirai "beaucoup"
Allez " Tu peux te r’servir en crème"
Et même y mettre les doigts
Puisqu’on parlait de beurre
On va pas renier son bonheur
Ici ce sont les mots qui font foi
On s’en échange et on lit ( c’est la loi)
Une soupe de lettres , c’est le partage
De fin potage, personne n’en est otage
Aux faim – becs, sans prise de poids…
C’est le mot de la fin, déguster la lecture
En fin gourmet, en petites doses
Que celà croise rimes ou prose
Mère-grand peut se mettre à l’écriture
" – Que tu as de beaux yeux, mon enfant !"
‘ – C’est pour mieux dévorer ce que tu écris"
" – Que c’est beau ce que tu dis, quand tu cries!"
" – C’est pour faire danser tes oreilles, mère-grand"
" – Et quel appétit, avec cette petite bouche rose !"
" – C’est pour partager ma pensée, en prose
" – Que tu as de beaux doigts, mon enfant!"
" – C’est grand-mère, pour faire plus élégant"

C’est ainsi que chaperon rouge , en fil d’échanges
Le casse croûte, au bénéfice de l’art poétique
Avec Mère grand au demeurant fort sympathique
Se mettent à la table des lettres, et mangent…
… toute la bibliothèque, et de ses livres
à s’en faire ivres.
On dirait même qu’elles dévorent
Tout le panier, et ces paroles d’or
—
–
29 mai 2012
"
Ulysse – Ode à ma plume
Ulysse nous fait partager sa "plume", c’est le cas de le dire, avec le titre choisi…
il participe au forum "En Attendant la fin du monde", c’est là que je l’ai "repêché"
-
Ode à ma plume
-
Je confierai ma plume à la foudre et aux vents,
Aux furieuses tempêtes, aux fauves tremblements.
Je la veux souveraine, insolente et fantasque,
Insensible à la haine, sans faiblesse, sans masque.
Je la veux intrépide, courageuse et libre
Ecrivant sans ambages mon ivresse de vivre.
Quand les vents des passions se seront apaisés
Ma plume cheminera aux sentiers irisés
Des tendresses du soir entre des bras fragiles
Quand la force est vaincue par un battement de cils.
Elle se fera pinceau aux encres de couleurs
Traçant sur le papier les signes du bonheur.
Elle glissera ses mots au milieu de silences
Quand il faudra se taire devant une souffrance.
Je la veux enjouée, folle, primesautière
Sautant dans les ruisseaux, remontant les rivières
Tirant du fond de l’ombre, des perles, des diamants
Accrochant à ses lignes de jolis cerfs volants.
Je dirai à ma plume d’écrire des poèmes
Sur tous les vagabonds et leur vie de bohème
Sur les cris des enfants à la récréation
Sur les mots des amants au feu de la passion.
Et lorsque fumera mon dernier feu de bois
Elle inscrira encore aux branches d’une croix
« Pardonnez lui, Seigneur, d’avoir pris du plaisir »
« Aux rimes polissonnes.., il aimait trop écrire !»
Ulysse 2 février 2012
–
Guy Goffette – Avant que la mort vienne
-
Avant que la mort vienne,
écrire encore
un poème soigné,
avec de l’herbe
toute nue, un morceau
de ciel bleu et
des fleurs et des oiseaux
pour que ça bouge
.
Que rien ne pleure, surtout
pas de pluie grise,
mais des femmes légères
et qui agitent
leurs jambes font rouler
leurs lèvres rouges
sur des mots ronds qui fondent
car tout va s’effacer
la vie se perdre
-
Guy Goffette
-,
Ame observatrice (RC)

dessin: Pierre Alechinsky
-
—————L’auteur se voit lui-même
Pas plus amnésique
Qu’un éléphant d’Afrique…
Sorti de son être… c’est tout un poème
Aller se promener, – aller voir dehors
Parcourir l"hiver, - changer de saison
Ne pas prendre ses clefs, quitter la maison
Et puis, errer, en dehors de son corps
peinture: Gumpp " le miroir de l'âme"
Quelle pensée absurde ! , sortie du dégel…
Elle flotte à distance, ne pèse pas un gramme
Nul ne peut la voir….. mais c’est bien mon âme…
Qui est à mes côtés, - je ne vois pas ses ailes…
C’est un tableau étrange, – une mise en abîme,
Une vue de l’esprit, au bout d’une tige
Elle me voit de très haut ( et c’est un vertige)
Restant minuscule, - observé des cîmes
Traversant nuages, et la météo,
Elle virevolte et participe, -d’équilibre
A une fête sereine, ————- dont elle se voit libre,
D"aller et venir… et me voir de près, ———et de haut.
-

peinture: panneau peint oriental - Taïwan
RC – 17 avril 2012
-
Abdelmadjdid Kaouah – Le sel

lac de cratère de Kelimutu_ Indonésie
Le sel
–
Voilà j’ai atteint la rive noire
Là où le rêve n’a plus de miroir
Ni force pour traîner ses fourmis
Ses dérisoires mensonges et
Ses petites lâchetés en guise
De destin
La rive noire où il n’est plus de Mahatma
Ni de seigneur hautain
Pour répandre les épreuves
Le soleil se lève et se couche
Et la bouche essuie la bave des jours
Le sel est amer sur la table
Et en guise de vie nous redessinons
Les cerceaux boiteux de notre enfance
Voilà la rive noire
Est atteinte par petites brassées
A la cadence d’un survivant
La rive noire
C’est avant toute une saison
La saison mentale de tes premiers poèmes
Te voici à nouveau livré aux feuilles d’automne
La couronne des défaites
Le frémissement d’une chair envoûtée
Et tu sais que rien ne sert de se lamenter
Au seuil d’un nouvel avatar
Le bruit seul s’absente
Et tu ne sais si le chemin t’attend
Pour t’accompagner ou pour effacer
Les traces de ton destin
Ainsi l’automne s’abat
Sur toi comme une proie
-
ABDELMADJID KAOUAH
c’est à cet auteur que Rabah Belamri faisait écho dans "poésie mise à nu"
-
Nathalie Riera – Ce que j’aime entendre d’un poème
—
Quelques lignes de notre "éditrice", celle qui nous permet de découvrir de belles choses, de superbes écrits avec ses carnets d’Eucharis (chez Haut et fort )
—-
Ce que j’aime entendre d’un poème : des notes d’air et de basalte; des désirs de disculpations, des virevoltes de danseurs; des déserts de cailloux; notes noires et blanches de nos joies.
Cribas – (J.I 72)

installation- objet: Rebecca Horn
Cribas, encore, avec un de ses publications anciennes.. et toujours une utilisation des mots, très particulière et attachante…
voir son site
Tout ce qu’on a dit de bruyant
Même le silence retrouvé
Ne nous le pardonnera pas tant
Que nos combats seront ébruités
Se battre contre qui
Se débattre pourquoi ?
Quelle farce cette vie
Qui trace des petites croix
Dépressions au dessous
De l’art ceinturé
Les petites fleurs d’été
N’ont pas vu le jour
Il entend un cri qui vient de tout en bas. Il saute le pont. Il fait le mauvais pas. L’air vole une dernière fois, sans faire le bruit du mur.
La vie ne sait pas le bruit. Le silence est une poche d’existence.
Tout ce qu’on a rit en fuyant
Pour abrutir le clown
Lui sur sa balustrade d’argent
Trois fois rien dans les fouilles
Se combattre pour qui
S’abattre pourquoi ?
Quelle force cet ennui
Qui passe pour qui sait quoi
Des torsions de fou
Vomies des remparts
L’embolie des dessous
Les réveils sans hasard
Il prétend être déjà mort dix fois. De maux de tête et de mauvaise foi. Les poètes en colère et leurs pas de travers, bruyants.
Le mauvais poète sourit, et d’un coup de baguette magique fait retentir sa pauvre cloche.
Ça lui fait mal au nœud dans sa tête.
C’est l’heure du baptême
Avec du feu dans l’air
Un souffle sur ses batailles
Chuinté par ceux qui l’aiment
Dépressions au dessus
Des ceintures noires d’aubépines
L’homme s’élève à l’insu
Des coups bas de la rime
Il descend les étages
De sa tour quatre à quatre
Souriant sa victoire
Aux lucarnes des nuages

Installation-volume: Rebecca Horn "Simone de Beauvoir"
Il s’entend revivre pour une fois, le poète, juste avant de mourir comme une dernière phase. Le temps poisse et la caravane de tête se prélasse. On ne les reconnaît pas, même s’ils sont las ils se lassent en cachette, les poètes au rez de chaussée avec les clowns !
Cribas 08.10.2007
James Sacré – solitude printemps mécanique

peinture: Arshyle Gorky - Estate
–
Rien pas de silence et pas de solitude la maison
dans le printemps quotidien la pelouse
une herbe pas cultivée ce que je veux dire
c’est pas grand chose un peu l’ennui à cause
d’un travail à faire et pour aller où pourquoi?
ça finit dans un poème pas trop construit
comme un peu d’herbe dure
dans le bruit qui s’en va poignée de foin sec
le vent l’emporte ou pas ça peut rester là
tout le reste aussi la maison pas même
dans la solitude printemps mécanique pelouse
faut la tailler demain c’est toujours pas du silence qui vient.
·
Est-ce que c’est tous ces poèmes comme de la répétition?
je sais pas au moment qu’en voilà un encore
avec pourtant comme du vert
dans soudain les buissons en mars un désordre
avec des feuilles pourries dans
à cause du vent avec le vert maintenant
·a fait une drôle de saison neuve et vieille
est-ce que c’était pareil l’année dernière? j’en ai rien dit
pourtant j’en ai écrit des poèmes ça a servi à
je me demande bien quoi ça a disparu
des mots qu’on a dit j’ai mal entendu
–
et du blog de Roland Dauxois, je complète avec ce texte, de Nicolas Vasse, visible ici
pardon les bleuets voix et champs jaunes
pardon les rires bruits des roseaux
pardon le vent soudain de la bouche
et les cris joie dans la lumière
pardon pour l’enfance dévorée
presque il ne sera pas ce cadavre
NicolasVasse
Pas de poème aujourd’hui (RC)
Pas de poème aujourd’hui
Rien à distribuer
Que le son du vent
Qui se fera parole
A qui veut bien l’entendre
Et ces paroles feront lien
Et elles teindront lieu
A celui qui marche
Dans ma neige et ma rocaille
Dans mon sable qui deshère.
Pas d’héritier à dresser des stèles
Pas d’écrits sur lesquels s’appuyer
Ni théories intellectuelles
Pas de poème… qu’on se le dise
Ni de discours - ni de bêtises
Pas de cœur gravés dans les arbres
Pas d’autres interprétations
Que le son du vent
Qui se fera parole
Dans les branches et les feuilles
Chinois, Argentin, et Malgache
Tendant un peu l’oreille
Chacun sur son île ou continent
Dans une progression lente
Iront de concert, sans interprète
Le bâton à la main
Traduire, à travers les chemins
Buissons et bosquets
Les dits des quatre saisons
Au son de sa chanson.
Pas de poème aujourd’hui
Pas même pour la lavandière
Qui ne saurait que faire
De rimes, en pas balancé, et
D’un trésor inutile.
RC 28-01-2012
———–
Inspiré par "pour l’amour des petites lingères" de JJD
Nizar Kabbani – Griffonnages d’enfant
Griffonnages d’enfant
Mon péché — et qui de nous fut sans péché —
j’ai continué de croire au bleu du ciel
de voir les arbres, les étoiles, les nuages
comme des amis
J’ai fait de mes poèmes une ville
où gouvernent les femmes
chaque bouche close dans mon royaume
dit ce qu’elle veut chaque sein
effarouché peut comme il lui plaît
s’envoler ou se poser..
Nizar Kabbani
——
(plus de renseignement sur l’auteur ?) voir ici
———
Paul Celan: – le poème – une bouteille jetée à la mer

dessin perso: oiseau au long bec et fenêtre, fait sur place lors de l'expo Odilon Redon, à Montpellier (musée Fabre)été 201————
extrait de la page: http://www.maulpoix.net/textoffert.htm
« Le poème, en tant qu’il est, ——-oui, une forme d’apparition du langage, , et par là, d’essence dialogique, le poème peut être une bouteille jetée à la mer, abandonnée à l’espoir -certes souvent fragile- qu’elle pourra un jour, quelque part, être recueillie sur une plage, sur la plage du coeur peut-être. Les poèmes, en ce sens également, sont en chemin : ils font route vers quelque chose. Vers quoi? Vers quelque lieu ouvert, à occuper, vers un toi invocable, vers une réalité à invoquer. » Paul Celan “Discours de Brême”










