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Florian Vesper – Sans titre


peinture:          Jaw:          ss titre        2009  Paris           200x300cm

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je bois avec ardeur ton haleine
unique, déserte, une
unique à en frémir
j’avale cette gorgée telle
cette gorgée d’azur frémissant
plus intériorisée plus emplie
qu’un glacier quelconque où l’eau
est venue à geler mais toi
ce millier de blocs de sel dissous
te désignent
je suis le désir sucré de ce sel
cette combinaison telle
cette venaison ensemble
vérité bouddhique oui
toute chaîne causale fondue
à cette teneur que je sens et souffre
ce sel dissous
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le concert du soir vient de commencer ( RC )


anchois au sel

Ce sont des anchois…  oui, qui macèrent  dans leur  bocal,
on peut  dire  que leur vie  ne manque pas de sel,

et qu’ils  se tiennent  chaud, serrés  comme ils  sont.
Enfin, on les  remercie  d’exister, même si mes filles ne les aiment pas.
C’est  sans  doute  leur  regard  absent, ou parce qu’elle  ne peuvent les imaginer, habillés  avec des tee-shirts, sur lesquels  il y aurait marqué  Pepsi.
De toute  façon je doute  que les  américains  en consomment.

Déjà leurs pizzas, n’en ont  que l’aspect, l’insipide  triomphe,  et je vois mal les anchois  s’étirer d’aise  sur un lit de tomates.
Il y a une vieille lampe qui grésille , allumée dans l’appartement, une cannette  de bière  à moitié vide…

et donc  les anchois  qui restent  sur  l’étagère, sagement , à côté  des cornichons…  tout ce ptit monde  apprécie Mozart, qui passe  à la radio…

le  concert du soir  vient  de commencer.

 

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RC -  25  septembre  2012

 

-   et après les  anchois, les harengs…

Mozart enfant


Claude Esteban – Blanche


 

 

 

Art: Käthe Kollwitz    auto-portrait  1903

 

 

Blanche.

Elle divise le temps
en deux
Sceptre et cilice.

L’écume ne meurt pas

lèvres ouvertes
aux lèvres.

Blanche

Emmurant l’oiseau.
Tranchant le nerf fragile des coquilles.

Sans que la voix
revienne.

Nue dans le sel.

 

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Claude Esteban – Blanche


peinture d’artiste russe ( non identifié) XIXè siècle

 

Blanche.

Elle divise le temps

en deux.

Sceptre et cilice.

L’écume ne meurt pas

lèvres ouvertes

aux lèvres.

Blanche.

Emmurant l’oiseau.

Tranchant le nerf fragile des coquilles.

sans que la voix

revienne.

Nue dans le sel.

 

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Herberto Helder – Les Muses aveugles


peinture; G de Chirico: portrait préliminaire de Guillaume Apollinaire

 

 

 

Les Muses aveugles

…Toutes les lumières sont éteintes. Dans le cerceau des voix vient le printemps.
Et pendant que dort le lait, Ma maison mienne dort aussi dans le silence et petit à petit brûle.
Plus ne passe dans les pétales véhéments la tête qui roule alors les mots naissent.
Limpides, amers…

…Certaines nuits j’ai aimé tous les très vieux ruisseaux, degré par degré j’ai gravi le corps qui s’emplissait de feuilles minuscules, éternelles comme un arbre.
Degré par degré je dévorai la joie -
moi, la gorge grande ouverte comme quelqu’un qui va mourir par l’eau dévasté, cruches débordantes d’astres humides.

Quelque fois j’aimai lentement car je devais mourir  les yeux brûlés par le pouvoir de la lune.
Aussi la nuit, cette nuit de printemps, et tout au loin cherchant mon silence dans les siècles autres. Voici la joie recouverte de pollen, et la maison de lumière prise dans l’espace d’un feu profond.
Et les lumières se sont éteintes.

Où l’on m’attend, dans une sorte d’air transparent pour lever mes mains ? Où repose ma parole, sorte de bouche rassemblée dans son silence ?
Sûr de lui le jour s’élabore.
Alors je baise, degré par degré, les marches de ton corps.
Ne cherche pas à m’appeler  dans l’ogive de la nuit se cachent les pensées.

Voici le printemps. Au-delà il brûle cerné par le sel, par d’innombrables oranges.
Aujourd’hui je sais enfin les grandes raisons de la folie, les jours qui jamais ne seront décapités comme tiges mûres.
Il est des endroits où l’on peut espérer le printemps comme si dans l’âme un corps nu gisait.
Les lumières se sont éteintes : et commence le temps si impatient – Ce chant précis comme si quelqu’un savait chanter.

Herberto Helder

 

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Fernand Verhesen – Altéré d’herbe


peinture: Nicolas de Staël

Altéré d’herbe

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Altéré d’herbe aux épargnes du large, je renais voilier sur les bords d’aucun monde.
Solitude dans le matin dortoir des immensités.
Espace où se fonde l’errance, et de quelques îles  rêvées se lève un vain désir d’ambre. Lourde patience de l’eau qu’effleure une étoile de sel.
Route des eaux due aux  origines, retour de ce qui fut un jour
. Toute l’ombre de la  terre n’est que léger envol d’écume.
L’oreille veille solidaire  d’un écho.

Seul, le silence à haute voix de la mer se mêle au passage du vent.
La nudité sans rives.
De lointains regards  parcourent en moi la plus longue lumière.

Fernand VERHESEN       « Franchir la nuit »
(Le Cormier)


Statue de sel ( RC)


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A  trouver   dans le biblique des analogies

Avec les  aventures  de la mythologie

Je  vois  de partout des anges, les ailes

Et  au rivages d’océan, des ptits tas de sel

En pays lointains  et ça  -  c’est pas  de bol –

Que la mer soit morte,  ( et que l’eau  s’envole)

Une histoire  à l’eau de rose

Et voilà le sel qui dépose

Sur l’eau qui devient si dure

Car saturée de saumure

C’est pas de nature  à plaire

Aux poissons  de la mer…

Et même  -                  ça les  énerve !!

De se retrouver              en conserves

Même  si c’est  très pratique

car sans camions  frigorifiques …

On parle  aussi des miracles

Qui faisaient grand spectacle

Comme Jésus         faisant des ricochets

Sur  la plage,              pleine de déchets

Ou encore  -  la légende, elle  a bon dos –

Se permettre même, de marcher  sur l’eau

Facilité en cela, par                        la teneur en sel

Que l’on pourrait – on l’a dit – ramasser à la pelle…

Mais revenons à nos propos légendaires

A ce qu’on peut,              ou ne pas faire…

C’est comme Orphée qui met tout par terre

En regardant derrière, de retour des enfers

Même  si                   c’était pas le paradis

Ya            toujours et partout des interdits !

Orphée, désobéit…           et va se faire  blouser

A vouloir contempler de nouveau,  son épousée

C’est comme l’histoire d’la femme deLoth, sans doute paniquée

-    ……..     les épisodes sont ici, assez compliqués-

En bref,         c’est châtiment et punition des hommes

Lorsqu’on s’ décide         à punir la ville de Sodome

Sodome  et Gomorrhe

-         c’était déjà l’horreur –

Fallait préparer les tombes..

Y avait pas des bombes

Qui tombaient  du ciel

Mais s’activer partout – surtout avec la pelle

C’est comme  Orphée            et son retour d’enfer

MissLoth  ne d’vait s’occuper – que d’ses p’tites affaires

Mais elle est trop curieuse, et va fourrer son nez

Dans c’qui la r’garde pas …           et se retourner

La voilà d’un coup,              changée en fossile,

En statue de sel               comme une imbécile

On la contemple  encore,              au bord de la flotte..

C’est une  œuvre d’art…    -  oui,  – on reconnaît bien la Loth !

On n’sait pas encore, au bord de la plage, si c’est  véritable

Ou  une statue d’artiste, le tout, au milieu des châteaux de sable.

De toute  façon, ça  fait sensation… !!

…. On en a encore parlé…  aux informations !!

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Abdelmadjdid Kaouah – Le sel


lac de cratère de Kelimutu_ Indonésie

Le sel

Voilà j’ai atteint la rive noire

Là où le rêve n’a plus de miroir

Ni force pour traîner ses fourmis

Ses dérisoires mensonges et

Ses petites lâchetés en guise

De destin

La rive noire où il n’est plus de Mahatma

Ni de seigneur hautain

Pour répandre les épreuves

Le soleil  se lève et se couche

Et la bouche essuie la bave des jours

Le sel est amer sur la table

Et en guise de vie nous redessinons

Les cerceaux boiteux de notre enfance

Voilà la rive noire

Est atteinte par petites brassées

A la cadence d’un survivant

La rive noire

C’est avant toute une saison

La saison mentale de tes premiers poèmes

Te voici à nouveau livré aux feuilles d’automne

La couronne des défaites

Le frémissement d’une chair envoûtée

Et tu sais que rien ne sert de se lamenter

Au seuil d’un nouvel avatar

Le bruit seul s’absente

Et tu ne sais si le chemin t’attend

Pour t’accompagner ou pour effacer

Les traces de ton destin

Ainsi l’automne s’abat

Sur toi comme une proie

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ABDELMADJID KAOUAH

c’est à cet auteur  que Rabah Belamri faisait écho dans "poésie mise à nu"

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