Rainer Maria Rilke – Presque une enfant
Presque une enfant, et qui sortait
de ce bonheur uni du chant et de la lyre,
et brillait, claire, dans ses voiles printaniers
et se faisait un lit dans mon oreille
Elle dormait en moi. Tout était son sommeil.
Les arbres jamais admirés, et ce sensible
lointain, et le pré un jour senti,
et tout étonnement qui me prenait moi-même.
Elle dormait le monde. Dieu poète,
comment la parfis-tu pour qu’elle n’eût désir
d’abord d’être éveillée? Elle parut, dormit.
Où est sa mort? Ah ce motif,
l’inventerai-je avant que mon chant se dévore?
Où sombre-t-elle, hors de moi ?…Une enfant presque…
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R-M Rilke
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Bleu Klein – (RC)

Yves Klein: table bleue... visible sur le blog de présentation artistique, bilingue , de Alain Truong
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Insensible vêtement de notre vie,
Sensible apparence de notre vide
Un poids de bleu infinitésimal
D’un léger inter-sidéral
Et les modèles de Klein s’étalent
Des bleus frottés qui s’emballent
Moulages du firmament
Drapés – sans vêtement
La couleur n’est froide, que si on plonge dedans
Ou si , – féroce – à mordre à pleines dents…
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RC 16 avril 2012
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En écho à J Michel Maulpoix:
« L’air que nous respirons, l’apparence du vide sur laquelle remuent nos figures, l’espace que nous traversons n’est rien d’autre que ce bleu terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre vie. »

Préparer le "tampon encreur"
Yves Klein, l’artiste, qui disait ‘ les tableaux ne sont que les cendres de mon art "
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et je complète avec la première partie du texte de JM Maulpoix, qui dit;
"Le bleu ne fait pas de bruit.
C’est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l’attire à soi, l’apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu’en elle il s’enfonce et se noie sans se rendre compte de rien.
Le bleu est une couleur propice à la disparition.
Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même de l’âme après qu’elle s’est déshabillée du corps, après qu’a giclé tout le sang et que se sont vidées les viscères, les poches de toutes sortes, déménageant une fois pour toutes le mobilier de ses pensées.
Indéfiniment, le bleu s’évade.
Ce n’est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l’air. Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et transparente dans la tête de l’homme que dans les cieux."
