Attente d’avril, et des oiseaux ( RC )

peinture: John Constable : Rainstorm over the Sea
C’est comme l’attente,
Le silence,
Qui précède le souffle,
Le gris plombé,
Avant que les premières larmes
De l’orage – fouettent le sol.
Il y a du froid,
Sous le calme apparent,
Sous le gel qui retient les fontaines,
Et la sève des arbres
Qui s’est retirée,
Une tension, – l’attente
L’attente d’avril, les giboulées
Secouant le silence, fantasques
Même sous la voix du vent,
Et bientôt les chants croisés,
Des oiseaux, reprenant
Possession du pays.
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RC - 7 mai 2013
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inspiré de Nath: voir ses "tentatives de lumière"
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Jean-Baptiste Tati-Loutard – Congo

peinture Antoni Tapiès: Llencol
Congo
Le silence debout parmi nous atteint le ciel :
Un poète a vécu…
C’était un nègre d’Amérique : un précipité noir
Au fond d’un mélange d’azur et de Yankees.
Les soleils futurs chercheront longtemps son visage
Par les chemins du monde et les champs de bataille.
Son corps de terre cuite s’est brisé dans la lumière :
La cassure est là toute fraîche et toute franche,
Cristal d’une étoile coupée à ras d’azur ;
Et la vie gravite encore autour de l’astre mal éteint.
C’est sûr, ô poète, l’herbe ne poussera pas
Autour de ton nom :
Ton verbe est la source qui nous fournit en eau vive,
Et les âmes de tous les braves en reverdissent.
Que celui qui l’ignore aujourd’hui en soit heurté
Par un jour de grand vent,
Car désormais, il navigue à la proue de l’orage
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Les horizons encore, derrière (RC)

peinture: Erich Heckel: chevaux blancs 1912
Il y a tant d’horizons encore, derrière la tombe du silence,
Tu peux partir blessée, à déchirer la lune
Et l’image de l’aimé,
T’enfoncer dans les ornières, et t’égarer en chemin
Les oiseaux de passage, – ils ne te prennent pas ta voix,
Mais de la leur, te montrent, au petit matin,
Le jour naissant, dans ses habits de rosée,
Et la voie, un chemin ténu
Qui finit bien, un jour
Par sortir de l’hiver
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RC – 30 avril 2013
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Zeno Bianu – Chet Baker – déploration

photo: Michael Bailey – Chet Baker - ( site allaboutjazz )
CHET BAKER (DÉPLORATION)
je joue au bord du silence chaque note a sa pesanteur son apesanteur particulière je ne bavarde jamais
je n’aime pas le brio le brio c’est toujours l’égo et ses vieilles lunes je préfère jouer vers autrui vers l’autre
tendre sereinement mon cœur oui ma musique s’envole vers autrui c’est un art de l’envol quoi d’autre .
ZENO BIANU .
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Benjamin Fondane – Villes

peinture: Wayne Thiebaud Sunset Street 1985 ( MoMa)
Villes
Le silence coula sur mes mains
c’était un orage de sable
la ville était pleine de sable
où donc étaient-ils les humains
j’avais beau courir dans le vide
suivi lentement de mes pas, le vide était plus plein
qu’une poitrine gonflée qui fait sauter les pressions,
le vide était si plein, j’avais si peur qu’il n’éclatât
que soudain j’ai pensé qu’il me fallait crier
ressusciter la vie
souhaiter le sifflet des bateaux, des sirènes d’usine
la rumeur des meetings, des fleuves de glace qui cassent
sous la poussée du printemps, les vitrines brisées des grèves générales, le bruit
strident des rémouleurs aiguisant les ciseaux, les couteaux, la criée des poissons dans les halles, les plaintes des marchands d’habits,
des rempailleurs de chaises, des pianos mécaniques et des musiques perforées.
Je vous appelais du fond terreux de mon angoisse
sonorités des étameurs, des camelots, ô chansons nasillardes
des marchandes de quatre-saisons qui font au printemps maladif
l’opération césarienne -Et peu à peu je vis céder mon insomnie
mes oreilles bourdonnaient, une sorte d’âcre paix, une paix nauséeuse,
pénétra dans mon sang avec une vieille odeur de draps
et mon sommeil ouvert comme une bouche d’égout
buvait les cantiques pieux des machines à coudre,
le ronflement régulier des tuyaux de vidanges, le souffle léger de la vie qui monte et qui grince, ô poulie !
Le bruit de plus en plus fatigué de la vie.
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Ahmed Mehaoudi – la fin d’une parenthèse

Arcs ; sculpture -installation extérieure: Bernar Venet
c’est mieux la rose et l’eau
à ce ciel de soleil
on rira
au crépuscule
on pleura l’ami
qui dira mieux à l’eau de rose
c’est mieux que d’aller fouiner dans la nuit
meilleur qu’un oiseau de bonne augure
à ce visage d’idée
sans arrière boutique
c’est mieux d’écouter un grillon
éplucher une orange
lire en dormant
fermer la porte en baillant
c’est mieux de laisser closes les latrines
car c’est mieux de couler
dans les bras du printemps
vieillir au silence des étoiles
écrire se taire à l’impératif…
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Thomas Duranteau – Le vent pilleur de tombes
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Le vent pilleur de tombes
a retourné les murs
sac vidé au sol
laissant des mots de brique
à demi envolés
et de la lumière
excisée par le semblant
d’une promesse
*
Quand rien ne parle
quand rien ne bouge
quand le silence même
thésaurise mes pas
Thomas Duranteau
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ces bois qui crient – (variation -réponse sur "Entailles", de Norbert Paganelli) – ( RC )

Bois sauvés du temps ( sculptures gauloises retrouvées dans les sources de la Seine)
Il y a du silence, de l’importance
Aussi bien qu’au passage en siècles
Dans les sources de la Seine
Ce sont, avec nous, les bois noirs
Qui portent leur gloire et espérance
Bardés d’entailles, qui crient
Croyances et magies
Restés enfouis, témoins
Tandis que passent les royaumes,
Trépassent, et révolutions,
C’étaient eux c’étaient nous
Peut-être ( étrangers ? )
De peu de palabres
Et qui nous parlent, pourtant.
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Etranger de peu de palabres
Tu es fait d’un maître bois
Et d’une glorieuse renommée
Etranger qui naît et grandit
Lorsque le temps
Lui aussi entonne le chant
Feuilles fleurs
Entailles à faire bomber les torses
Etranger de ta grande moitié
Fais comme tu le souhaites
Vis si tu le veux
Même sans nous
- Le texte de Norbert Paganelli, peut être lu sur son site Invistita, consacré à la littérature corse
( versions bilingues)
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ex -votos de bronze Musée archéologique de Dijon - provenance photos: dossier flickr de magika42000

ex -votos de bronze Musée archéologique de Dijon
L’ivre ( RC )

photo: Irving Penn
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Décrire le vide, à l’échelle des secondes,
et puis des heures et des jours.
Ce qui finit par tout envahir, jusqu’au bout des doigts
Du parfum et de la douceur,
Il n’en reste qu’un souvenir,
Tu finis par être spectateur d’un autre toi,
Que tu ne connais, qu’à travers l’ivre,
Et t’enveloppe, en force corrosive.
Ta chanson sort alors par un cri,
Et des regards, sur toi, le mépris,
Même le tien, sous le balancier patient
De la pendule, qui ne romp pas le silence
Et ton reflet – que vit le liquide
Absent
Au fond d’un verre , vide
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RC – 2 avril 2013
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photo Anders Petersen
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A noter que ce photographe ( Anders Petersen) est l’auteur de photographies, le plus souvent orientée s sur le monde des marginaux et de la solitude: voir ses photos sur Soho, et sur le café Lehmitz, dont je me suis procuré l’ouvrage.
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L’imaginaire, toujours ouvert ( RC )
Cristallise, l’imaginaire, toujours ouvert,
Elle
A la lecture,
Ouverte sur le merveilleux,
Une porte sur l’invisible,
Aux doigts gourds qui ne peuvent expliquer
La mémoire et ses retours
Interprétés,
Comme divagations,
Cristallise le parfum des fêtes,
Et des musiques intérieures,
La dilapider au silence et l’espace
L’enfance,
Confrontée au monde de l’adulte,
Ceux qui
Ont oublié
Le sentir, le toucher, l’écrire, et grandir..;
Le monde est encore ouvert,
Même la porte magique
Que l’on dessine en soi
Pour des projets de joie et espérance.
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RC 19 Mars 2013
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Le bruit dans mes tempes ( RC )

peinture: Odilon Redon. Le coquillage
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Le bruit et le sang
Pénètrent dans mes tempes,
Et l’âme éclatée,
Tourbillonne sur elle-même,
Prisonnière de mon Je,
Tête et corps assemblés,
En bonne logique,
Et pourtant séparés.
Ce n’est pas par la distance,
Mais la terre qui parle
A travers nous,
De l’antre et de l’arche.
L’oeil du silence
Et pourtant le bruit
Des désirs qui se heurtent
Aux mémoires sensibles.
L’océan des plaines douces
Aux tensions secrètes,
Le ventre coquille,
Qui boit mes émotions.
Et comme les silex
Qui se heurtent
Les bouquets d’étincelles,
-nous engendrons nos ciels -
Dans un voyage
Aux lointains d’écume
Où il n’est pas besoin de paroles,
Pour s’entendre en échos….
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RC – 4 mars 2013
Lory Bedikian – Par delà la bouche
Lory Bedikian: Beyond the mouth
Click here for the audio clip Beyond the mouth read by the author Lory Bedikian.
On the back of every tongue in my family
there is a dove that lives and dies.
At night when my aunts and uncles sleep
the birds comb their feathers, sharpen beaks.
They are carriers, not only of the olive
branch, but the rest of our histories too.
As from the ark, we came in twos
with tired eyes from Lebanon, Syria,
the outskirts of Armenia and anywhere
where safety said its final prayers and died.
Like every simile ever written, the doves
or our tongues are tired and misread.
Dinners begin with mounds of bread, piled
dialogues between the older men.
Near our dark throats, the quiet
birds lurk to watch meals descend,
take phrases that didn’t reach
the truth and spin them into nests.
Now and then, we spit them out in shapes
of seeds, olive pits, or spines of fish.
The men never watch what enters past
the teeth, what leaves their moving lips,
and the doves know this. The women shut
their mouths when they don’t approve
of the squawking laughs. There is a saying
(or at least there should be) that if one doesn’t
believe what is said or true, they can ask
the dove on the back of the tongue
and it will chirp the ugliness or the pitted
truth, of how we choke on what we hide.
“Beyond the mouth” was first published in Timberline.
—————-
Par delà la bouche
Derrière chaque langue dans ma famille
Il y a une colombe qui vit et meurt.
La nuit, lorsque dorment mes oncles et tantes
Les oiseaux lissent leurs pennes, aiguisent leurs becs.
Les messagers, non seulement du rameau
D’olivier, mais aussi de ce qui reste de nos histoires.
Telle cette arche, où à deux nous sommes venus
Les yeux las, du Liban, de Syrie,
Des lointaines contrées d’Arménie et partout
Où la sécurité a dit ses dernières prières et a disparu.
Comme toute comparaison déjà écrite, les colombes
ou nos langues sont lasses et faussées.
Les dîners commencent par des monceaux de pain, des piles
De dialogues qu’échangent les anciens.
Près de nos gorges sombres, en silence
Les oiseaux sont tapis pour voir tomber la nourriture,
S’emparer des expressions hors d’atteinte de
La vérité, les tissant pour en faire des nids.
De temps à autre, nous les crachons en forme
De graines, de noyaux d’olives ou d’arêtes de poisson.
Les hommes ne voient jamais ce qui passe au-delà
Des dents, ce qui s’éloigne de leurs lèvres mouvantes,
Et les colombes savent cela. Les femmes ferment
La bouche lorsqu’elles désapprouvent
Les rires braillards. Un dicton
(du moins, il devrait exister) dit que si l’on ne
croit pas ce qui est dit ou vrai, ils peuvent demander
à la colombe derrière la langue
alors elle gazouillera la laideur ou la vérité
trouée, comment nous étouffons ce que nous cachons.
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Reconquérir le silence ( RC )
-
S’il n’est pas sûr que le temps s’éternise,
Et se maintienne en ciels de carte postale
Bien sûr d’un parfum indécis dans l’air,
On n’attend pas d’orage, ni de tempête,
Et pourtant elle vient un jour,
Emportant tout sur son passage,
Ainsi le souvenir des soupirs,
Le fracas de la guerre,
Les pas de géant couchant ,
Indifférent, les arbres et les blés,
Crimes et souillures
Dans le pays dévasté.
Plus de futur insouciant,
Plus de paradis immobiles,
Et pourtant, des ondées
ayant lavé le sol à grande eau
Et arraché, des blocs de racines
De géants centenaires
Reviennent , sporadiques,
Etonnés de se savoir encore là,
Les chants des oiseaux,
Qui reconquièrent patiemment le silence.
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RC – 21 janvier 2013
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Plutôt prendre le train ( RC )

De légères gouttelettes, prises en tempête,
Se précipitent en gros flocons d’avalanche
Habillent une montagne blanche
S’accrochent aux reliefs, et font paillettes
Qu’aussi des voiles de brume drapent,
Avec les caprices du temps, survenus,
de mystère les endroits connus…
Les contours familiers s’échappent.
Les horizons nappés voilés de la pente
Un mur d’incertitudes imagées,
Où rien n’est dégagé
Et la route qui serpente.
Dans l’univers ouaté, les voitures qui glissent…
Engagées sur la descente
Pourtant en allure lente
Soudaine nostalgie , des pneus qui crissent..
Si rien n’est stable
Et que tout à coup, rien n’adhère
Le conducteur le plus téméraire
Penserait plutôt : siège éjectable
Surtout quand au prochain virage
- on dit d’une route qu’elle n’est plus carrossable -
Obstacle inattendu , et collision inévitable
Précédé d’un lent dérapage,
Un bruit mat, et tout bascule
En doux regret , vers le ravin
…. J’aurais dû prendre le train
Et laisser au repos, mon véhicule…
A la chute lourde, aux bruits discordants,
Les roues tournent encore dans le vide, succède le silence
Ensuite, …. c’est l’affaire des assurances…
- Statistiques, et accidents…
…. On se raconte toujours des histoires
Quand on côtoie l’enfer
Tant pis, je n’serai pas centenaire
L’avenir ne se marie pas avec "trop tard" .
-
RC - 25 janvier 2013
-
Christian Bobin – un peintre
« Un peintre c’est quelqu’un
qui essuie la vitre
entre le monde et nous
avec de la lumière,
avec un chiffon de lumière
imbibé de silence. »
extrait de "l’inespérée."
Thomas Duranteau – maison abandonnée

Maison abandonnée
qui détient le pouvoir
des objets autonomes
prolonger
le coma du silence
Maison cachant
par des volets de lierre
ses poutres à pigeons
et sa poussière
***
-
Rabindranath Tagore – Je voudrais
Sandy-art Gallery
-
Je voudrais m’asseoir à tes côtés dans le silence,
mais je n’ai pas le courage, j’en ai peur
mon coeur , au bout des lèvres.
C’est pourquoi je parle bêtement et me cache,
mon cœur derrière la parole..
Pris cruellement dans ma souffrance, de peur
vous faire subir la même chose …
-
Lucien Suel – Sombre Ducasse 7 ( suivi de ma "réponse" ) – ( RC )
Sombre Ducasse (version justifiée) 7
si le point de départ vient à changer
aura-t-on le même point au final ceux
qui utilisent des bandes coulissantes
sur trois magnétophones n’anéantiront
plus le complexe comateux bande bande
bande blue stardust jack off moi j’ai
tout fait j’étouffais alors quel sera
le numéro silence silence silence ces
dispositions hétéroclites ces séances
particulières datent sans doute de 23
ans avant la dernière guerre nous les
détruirons les erreurs surtout celles
qui consistent à croire que les moins
grands sont les plus jeunes ou que le
plus grand est le plus vieux détruire
toute la hiérarchie serait saugrenu à
moins de placer les petits les moyens
les grands contre un mur de manière à
déclencher le feu des fusils à canons
sciés le sens de l’écriture a orienté
tout pour tous de manière ignoble les
maladresses ont été nombreuses il y a
eu trop de ça tout au long des années
des siècles à venir ceci n’allait pas
tout seul il faudra placer des garde-
fous plus rigides sur les limites des
manières de vivre aujourd’hui séparer
mettre à l’écart les cas gênants nous
avons trop peu de renseignements tous
nos souvenirs brillants de la seconde
guerre mondiale s’estompent déjà dans
les vents froids et foireux les vieux
partis au diable vos vers sont séchés
soumis à la question trop souvent ils
ne sont plus que d’anciens modèles de
voitures reproduits sur carte postale
—-
Le texte de Lucien Suel, extrait de "silos", est visible directement sur cette page…, l’auteur, en m’autorisant à republier son texte, me renvoit aussi à sa version 2, ici
Je ne suis pas là, je ne pourrai pas t’accompagner
dans la course, et découper le temps avec des
ciseaux,ainsi la musique se déroule, et les chevilles se coulent,
sans hiérarchie, sur la piste, il y a le parquet qui brille, les passages le frottement de la lumière,
et la musique de Coltrane, my favourite things, qui me rappelle, mais j’ai vérifié, c’était autre chose,
le film de Pierre Etaix,Yoyo… j’ai encore dans les yeux la fumée des usines qui rentre dans les cheminées, plutôt que d’en sortir, tu vois, j’ai sans doute égaré bien des souvenirs, en route, en semant trop de cailloux blancs – pour écouter le silence
je me suis un peu perdu, sur des chemins qui s’égarent.
Oui, j’aurais eu besoin de garde-fous, enfin, si on veut, si on parle de fous,
car justement, ce sont des voix d’hiver ( diverses), qui permettent de trouver la sienne,
les chemins de traverse, comment se repérer faire que sa voie soit la sienne et sa voix personnelle…
J’ai traversé des tableaux sépia , croisé Francis Bacon à Paris,
pianoté un peu, et caressé la lumière qui se posait sur mes toiles.
Les vers séchés ( comme les lombrics égarés après une forte pluie), composent mes poèmes,
que je triture volontiers, en sautillant à cloche pied, varier les appuis, les cases de la marelle
pour aboutir à la case « ciel », j’écoute les voix diverses, je m’enrichis de ta voix…
et finalement j’ai laissé tourner les bandes magnétiques, laissé les ciseaux à d’autres,
mon univers est de la couleur et de l’argenté.
Passent d’anciens modèles de voiture reproduits sur les magazines….
RC 14 décembre 2012
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Michel Camus – proverbes du silence et de l’émerveillement – la maternelle vacuité du silence
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Absolue la maternelle vacuité du silence
Imprononçable le mot de l’énigme au cœur de la vie
Indéchiffrable le signe muet de sa présence
Abyssal le songe éternel du regard
Immortelle la part de silence au cœur de l’homme
Quel poète n’est pas écartelé par l’exil de sa langue
dans l’éden du silence
Le poème comme instrument du silence dans la musique de la langue
Le silence, dites-vous, est un concept
Et si le concept était un germe issu du silence
Loin d’être la négation de la langue le silence est son double secret, germe intime et matrice infinie
Car du corps-du-silence naît le souffle et du souffle la parole
que le sens insensé du silence ensemence
Que sait-on sans mot dire
Par le silence le poète s’efface par la poésie le silence se dépasse
Duplicité du silence, duplicité du poème nous comblent d’incertitude
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Proverbes du silence et de l’émerveillement , Éd. Lettres Vives, coll. Terre de poésie
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Pierre Seghers – Une maison où je vais seul
Un nom que le silence et les murs me renvoient
Une étrange maison qui se tient dans ma voix
Et qu’habite le vent
Un bateau de grand ciel au-dessus des forêts
Une brume qui se dissipe et disparaît
Comme au jeu des images
Fabienne Verdier Calligraphe ( RC )

A l’apprentissage
du labeur quotidien
haiku , l’air de rien
Science – infuse ?
sur la page vierge
le geste fuse
Gestes libres
Poignet en mouvements
Effleurement de page
Le pesé, le léger
Le pinceau, la main
Le rapide, le retourné
Mes mots sont mon encre
Et mon encre mes mots
Graphie sans retour
Grains de surface
Calligraphie – l’unique
Poème d’encre
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![]()
RC - 2 avril 2011
– voir aussi les articles consacrés à F V dans les carnets de JLK ( Jean-Louis Kuffer)
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