Thomas Pontillo – Incantation 01
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J’étais si près que je me perds auprès de moi,
j’ai dans mes bras les ruines du bonheur,
et les draps mon seul repos mon seul tombeau
sont vides et humides de toutes les larmes versées
en souvenir du temps qui déborde des mots.
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voir , de Thomas Pontillo "présence poétique"
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L’ivre ( RC )

photo: Irving Penn
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Décrire le vide, à l’échelle des secondes,
et puis des heures et des jours.
Ce qui finit par tout envahir, jusqu’au bout des doigts
Du parfum et de la douceur,
Il n’en reste qu’un souvenir,
Tu finis par être spectateur d’un autre toi,
Que tu ne connais, qu’à travers l’ivre,
Et t’enveloppe, en force corrosive.
Ta chanson sort alors par un cri,
Et des regards, sur toi, le mépris,
Même le tien, sous le balancier patient
De la pendule, qui ne romp pas le silence
Et ton reflet – que vit le liquide
Absent
Au fond d’un verre , vide
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RC – 2 avril 2013
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photo Anders Petersen
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A noter que ce photographe ( Anders Petersen) est l’auteur de photographies, le plus souvent orientée s sur le monde des marginaux et de la solitude: voir ses photos sur Soho, et sur le café Lehmitz, dont je me suis procuré l’ouvrage.
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Roberto Juarroz – Acrobates sur un bord nu

photo julievmarshall
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Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis.
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R J
Wislawa Szymborska – Ciel
Ciel (début et fin , 1993)
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Voilà par quoi on aurait dû commencer: le ciel.
Fenêtre sans rebord, sans feuillure, sans vitres.
Ouverture et rien d’autre,
mais ouverte largement.
Nul besoin d’attendre une nuit sans nuages,
ni de lever la tête
pour regarder le ciel.
Je l’ai derrière mon dos, sous ma main, sur mes paupières.
Le ciel m’enveloppe fermement,
me soulève.
Les montagnes les plus hautes
ne sont pas plus près du ciel
que les vallées les plus profondes.
Pas un endroit où il y en aurait davantage
que dans un autre endroit.
Un nuage est aussi lourdement
écrasé par le ciel qu’une tombe.
Une tombe n’est pas plus au septième
qu’un hibou qui agite ses ailes.
Une chose qui tombe dans le vide
tombe du ciel dans le ciel.
Fluides, liquides, rocheuses,
enflammées et aériennes
étendues du ciel, miettes du ciel
ciel qui souffle et ciel qui s’entasse.
Le ciel est partout
jusqu’aux ténèbres sous la peau.
Je mange du ciel, j’évacue du ciel.
Je suis piège piégé,
habitant habité,
embrasseur embrassé,
question en réponse à question.
Le diviser en Ciel et terre
n’est pas la façon idoine
d’appréhender ce Tout.
Ça permet juste de survivre
à une adresse plus précise,
plus facile à trouver,
si jamais on me recherche.
Mes traits particuliers:
admiration et désespoir.
WISLAWA SZYMBORSKA
(site : Parfums de livres parfums d’ailleurs)
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Etty Hillesum – Une vie bouleversée
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Je voudrais n’écrire
que des mots insérés
dans un grand silence
Comme cette estampe
avec une branche fleurie
dans un angle inférieur
Quelques coups de pinceaux
délicats
et tout autour
un grand espace
Non pas un vide
disons plutôt
un espace inspiré
Si j’écris un jour
et qu’écrirai-je au juste
je voudrais tracer ainsi
quelques mots au pinceau
sur un grand fond de silence
Etty Hillesum
Une vie bouleversée
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Patti Smith – animaux sauvages

photo: Robert Mapplethorpe – crâne
Est-ce que les animaux crient comme les humains
quand leurs êtres aimés chancellent
pris au piège emportés par l’aval
de la rivière aux veines bleues
Est-ce que la femelle hurle
mimant le loup dans la douleur
est-ce que les lys trompettent le chiot
qu’on écorche dans l’écheveau de sa chair
Est-ce que les animaux crient comme les humains
comme t’ayant perdu
j’ai hurlé j’ai flanché
m’enroulant sur moi-même
Car c’est ainsi
que nous cognons le glacier
pieds nus mains vides
humains à peine
Négociant une sauvagerie
qui nous reste à apprendre
là où s’est arrêté le temps
là où il nous manque pour avancer
Patti Smith, Présages d’innocence, Christian Bourgois éditeur, 2007, pp. 96-97. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Darras.
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photo patries71
Photo Patries71
Oslo Deauville Ailleurs mathématiques – 2 voix
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Oslo Deauville Ailleurs mathématiques – 2 voix
Cette bouche (close):
un son (antérieur) peut-être.
Sur cette pente,
sur ces mains,
un corps dans un temps qui se meurt.
Il coule dans l’interstice de nos visions,
exulte de lenteur.
(Problème)
Sachant que nous sommes ici,
(si)tue moi dans cet espace aux prismes (in)définis,
à la croisée des champs audibles.
(Démonstration) le v(i)oleur ne veut plus de moi.
Un corps (en dé)coule, une inclinaison.
Il (dé)laisse ma personne vidée de tout bruit,
sur cette pente, ailleurs.
(Réponse)
Je suis ailleurs
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publié par le collectif dixit:
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Jean-Jacques Ampère – Urania
Urania.
Adieu ce beau soleil de la terre amoureux,
Esclave de ses fils et se levant pour eux,
Qui n’avait d’autre soin dans toute la nature
Que de lui faire au ciel reluire une ceinture !
Adieu la Terre enfin, paresseuse beauté,
Se berçant sur son lit dans l’espace arrêté…
Plus de ciel ! il n’est pas. Son azur est un mensonge.
Plus rien qu’un vide immense où le regard qui plonge
Voit dans l’espace noir des flots d’astres nombreux,
Trop loin pour que jamais nous soyons rien pour eux
En un coin de ce vide… et là-bas… notre monde.
Jean-Jacques Ampère
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Niels Franck – Une seule voie
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- une seule voie - extrait du blog de J M Maulpoix
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J’oublie Gaza
la Tchétchénie
Guantanamo.
J’oublie les écoles incendiées et les enfants brûlés vifs
les parents aux yeux éteints
- d’où toute lumière a soudain disparu.
J’oublie les enfants bourrés de résidus chimiques
ceux qui à chaque instant frappent à la frontière
d’une vie inconnue. Mais personne ne leur ouvre.
J’oublie le fanatisme des matches de football
l’éternelle bousculade les braillements des spectateurs qui veulent leur mamelle.
J’oublie ceux qui luttent pour davantage de vacances
davantage de temps sans les autres.
J’oublie qu’une cuite est déjà un petit séjour
à la clinique de désintoxication (aussi nommée la Cale sèche).
J’oublie les milliers d’antennes de télé plantées partout
espèce d’extincteurs qui crachent des images de rêve
jusqu’à ce que les rêves explosent dans toutes les têtes.
J’ai déjà mentionné les politiciens
mais j’oubliais de dire qu’ils font partie de la bêtise
du cynisme
de l’étroitesse d’esprit
de l’hypocrisie
du calcul glacé
de ce qui mène directement au pouvoir.
Les terroristes aussi je les ai mentionnés
mais j’oubliais de dire qu’ils font partie de la bêtise
du cynisme
de l’étroitesse d’esprit
de l’hypocrisie
du calcul glacé
de ce qui mène directement au martyre.
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La langue aussi je l’ai oubliée au milieu de tout ça
et la jouissance retorse que l’on éprouve à retourner ses mots et ses idées. Retourner. Retourner
si bien que pour finir rien n’est ce qu’il paraît être.
Rien : toujours déguisé autrement.
J’oublie que la langue n’est plus fiable
cette langue retouchée et archi-pelotée
une langue pleine de coupures, d’ajouts et de recollages.
Une langue qui ne sait plus que citer le mensonge.
J’oublie que la guerre des religions ne finit jamais
parce qu’on n’en finit pas de se battre pour la vérité.
J’oublie que tous ceux qui croient ont vu la lumière
trouvé la vérité.
J’oublie qu’ils sont toujours sur la bonne voie.
Tous les autres ont trouvé le mensonge
et doivent avancer à tâtons dans une obscurité éternelle
prendre la route qui mène directement au vide
à l’inanité
à l’insanité.
Comme si la seule manière d’éviter le vide
était de s’enrôler dans la guerre.
J’oublie les services secrets et leurs officiers
attachés au secret.
J’oublie les centrales nucléaires
photographiées par un lointain satellite.
J’oublie que le premier secret
dévoile en secret le deuxième.
J’oublie les nationalistes furieux
pour lesquels la nation n’est qu’une famille contrefaite
malheur à qui n’en est pas membre :
il faudra le chasser avant potron-minet
à l’aide du balai, de la poële et de torchons mouillés s’il le faut.
J’oublie tout ce qu’une haine peut renfermer de détresse
même si la détresse ne renferme aucune haine.
La détresse est toujours toute seule : privée de compassion
privée d’avenir aimé
privée de sens aimé.
J’oublie les femmes obligées de vivre toute une vie voilées
parce que les hommes tremblent de peur devant leur propre lubricité.
Pas de corps aimé. Pas de caresses.
J’oublie le suicide par internet
les fonds de spéculation
les empires médiatiques.
J’oublie les procès intentés aux dictateurs affaiblis
pour qui l’enfance de l’art est de simuler la folie.
J’oublie les images glacées des réclames montrant le chemin qui mène tout droit au bonheur
- Oh, le bonheur !
J’oublie combien le monde est merveilleux.
Pardon si j’ai dit
autre chose.
-
Niels Franck
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Pierre La Paix Ndamè – il est des regrets debout ou assis…
il est des regrets debout ou assis…

peinture: Aboudia: peinture de la guerre civile ivoirienne.
le vide est loin
de la vie en rut
quand on brise le néant
par le sacre du crime
quand on fuit le ciel
par la porte d’à côté…
voici que la peur s’absente
aux murs remplis de vies
russes… que les souris
complices du pécu nié
cliquent à souhait…
mais le cri amer de la nuit
qui jette sur les toîts troués
du malheur
les versets maudits de la foi
ne s’entendra plus sous la dune…
il est des regrets debout
ou assis… qui nous guettent au passage
en oubliant parfois le bonjour abject
sur les lèvres de poussière
que la faim assèche mal…
nous tremblerons sous les seismes
fictifs des égoïsmes libéraux
abandonnés au froid des jours
et des nuits…
à cause de notre… Barraque
infidèle à la cheminée qui l’incendie…
mais que faire?
tant qu’elle S’Arque Aux I..dées de l’autre…?
mauvaise Polie Tic…
–
Dernier acte ( RC )
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Au décor, le fond du cyclo
Les rideaux suspendus,
La scène , une présence en lumière
Les acteurs, éclairés côté cour
Portent leur ombre étirée, au jardin
Et de grand manteaux sombres
Les mouvements de la main
Et les gestes de l’âme
Qui rythment le destin
Celui des personnages
D’une tragédie classique
Aux visages immobiles,
Sous les projecteurs,
Celui des masques
Ne s’anime de vie
Que par les répliques
Déplacements, silences
A la succession des actes.
Lorsque la pièce s’achève,
Sous les acclamations
Et que les acteurs saluent
Ils ôtent leur masque d’artifice,
Aux spectateurs, qui découvrent
Que ceux-ci ne recouvraient que du vide…
RC – 24 juin 2012
Nicolas de Staël (RC)

peinture; N De Staël : le grand concert 1955 (avant le suicide de l’artiste)
Face au grand mur de la douleur, Nicolas de Staël
A accompagné dans leur vol, les oiseaux , à toutes profondeurs.
Face au mur de la vie, si le bleu le noir et le blanc ne s’épousent pas.
C’est par un cri de couleur que tu as plongé dans le vide.
Peut -être pour retrouver l’espace des grands a-plats
Le reproche de l’ombre et le tragique du rouge
Il fait nuit sur ton corps, qui n’a pas suivi celui des oiseaux
Il fait nuit sur ta vie, qui nous disait l’inverse,
L’éclat d’un citron, d’un vase, et les rythmes des voiliers
Posés d’aplomb sur les surfaces peintes au couteau.
Mais si tu es gisant, brisé au pied des rochers
La musique des teintes, nous invite, symphonie
Où jouent les masses dressées sur l’écarlate
L’ombre du piano noir, l’ocre de la contrebasse
A ton grand concert, la neige des partitions
Des musiciens absents, à écouter les couleurs.
RC 25 mai 2012
- – voir aussi "le pinceau de la ville"
Faced with the great wall of pain, Nicolas de Staël
Accompanied in their flight, the birds, at any depth.
Facing the wall of life, if the blue black and white does’nt embrace.
This is a cry of color that wherefrom you plunged in the vacuum.
Perhaps to find space for a large flat-painted surfaces
The reproach of the shadow , the tragic of red
It’s dark on your body, which did not follow the birds
It is night of your life, who said the opposite,
The splendor of a lemon, a vase, and the rhythms of sailboats
Placed squarely on the painted surfaces with the painting knife.
But if you’re lying, broken at the foot of the rocks
Music of colors, invites us, symphony
Where the masses are standing on the scarlet
The shadow piano black, the ocher of the double bass
To your great concert, the snow of music sheet s
Absent with musicians, listening to the colors.
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voir aussi cet article dont je fais référence dans rechab-art-encore
———–>
Hope there’ll been someone. (RC)
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En espérant qu’il y aura quelqu’un …( Hope there’ll been someone..)
(d’après le titre éponyme de "Anthony & the Johnsons)

photo de spectacle Anthony & the Johnsons
–
Où poser ma tête, avec ce fantôme à l’horizon de mes jours ?
Comment pourrais-je dormir encore et suivre la nuit ?
Dans ce no man’s land, de l’étendue nocturne
Survivre aussi, entre la lumière et le vide
Je ne veux pas être celui qui sera laissé là
Laissé pour compte, à la seule attente.
Si je tombe aux pieds du prêtre, du mage,
Afin qu’il puisse me donner la lueur d’un jour d’espoir
Acceptera-t-il que ma tête se repose ?
Et vienne m’offrir de la guérison, -le refuge ?
Alors me voici, espérant ne pas me noyer
Ou être paralysé dans la lumière soudaine..
Et, non d’un chien je ne veux pas aller
Jouer au funambule, sur le fil du temps
Il y a encore des jours, qui succéderont aux nuits
Et le parcours, peut être encore accompli , sans l’ennui
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RC 12 mai 2012
( à partir de la traduction de la chanson de Anthony & the Johnsons, Hope there’ll been someone..)
A noter une superbe version du Perfect Day de Lou Reed ( avec LouReed.)
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Vincente Huidobro – Altazor

J R Orozco : peinture murale à San Ildefenso
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Vincente Huidobro
(poète chilien, 1893-1945)
Altazor
Altazor pourquoi as-tu perdu ta sérénité première
Quel mauvais ange s’est arrêté à la porte de ton sourire
L’épée à la main
Qui a semé l’angoisse parure divine
Sur les plaines de tes yeux
Pourquoi un jour subitement en toi la terreur d’être
Et cette voix qui t’a crié vis
Le diamant de tes rêves s’est brisé dans une mer de stupeur
Tu es perdu Altazor
Seul au milieu de l’univers
Seul
Comme note qui fleurit sur les hauteurs du vide
II n’y a ni bien
ni mal
ni vérité
ni ordre
ni beauté
Où es-tu Altazor
Tombe
Tombe éternellement au fond de l’infini
Tombe au fond du temps
Tombe au fond du Je
Tombe au profond du fond
Tombe sans vertige
Au travers de tous les espaces et de tous les âges
Au travers de toutes les âmes de tous les désirs
De tous les naufrages
Tombe brûle au passage les astres les mers (…)
C’est fini
La mer anthropophage bat la porte des rochers impitoyables
Les chiens aboient sur les heures qui meurent
Et menacent les heures à l’heure de leur mort
Le ciel écoute le pas des étoiles qui s’éloignent
Tu es seul
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V. HUIDOBRO (1919)
" Altazor " (" Manifestes ")
(Trad. G. de Cortanze, Champ Libre 1976)
Bleu Klein – (RC)

Yves Klein: table bleue... visible sur le blog de présentation artistique, bilingue , de Alain Truong
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Insensible vêtement de notre vie,
Sensible apparence de notre vide
Un poids de bleu infinitésimal
D’un léger inter-sidéral
Et les modèles de Klein s’étalent
Des bleus frottés qui s’emballent
Moulages du firmament
Drapés – sans vêtement
La couleur n’est froide, que si on plonge dedans
Ou si , – féroce – à mordre à pleines dents…
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RC 16 avril 2012
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En écho à J Michel Maulpoix:
« L’air que nous respirons, l’apparence du vide sur laquelle remuent nos figures, l’espace que nous traversons n’est rien d’autre que ce bleu terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre vie. »

Préparer le "tampon encreur"
Yves Klein, l’artiste, qui disait ‘ les tableaux ne sont que les cendres de mon art "
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et je complète avec la première partie du texte de JM Maulpoix, qui dit;
"Le bleu ne fait pas de bruit.
C’est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l’attire à soi, l’apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu’en elle il s’enfonce et se noie sans se rendre compte de rien.
Le bleu est une couleur propice à la disparition.
Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même de l’âme après qu’elle s’est déshabillée du corps, après qu’a giclé tout le sang et que se sont vidées les viscères, les poches de toutes sortes, déménageant une fois pour toutes le mobilier de ses pensées.
Indéfiniment, le bleu s’évade.
Ce n’est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l’air. Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et transparente dans la tête de l’homme que dans les cieux."
Eugene Durif – L’étreinte, le temps- 08
La peau sentie contre les lèvres
douceur bue et toute honte,
la douceur de l’ oubli qui ne peut venir
fermer les yeux.
A tout instant, je crois te serrer contre moi
et te voir comme si je voyais au premier jour.
Paroles qui n’en finissaient pas dans le noir,
je te parle
et ce moment ou nos mains l’ une contre l’autre,
tendues l’une en l’autre à jamais.
( Ce jour là)
Et je t appelle et crois te saisir,
l écho de ton nom dans toutes les pièces vides.
(.J’ai senti sur mon visage les étoffes, caresses d absence,
dans l’armoire où sont tes vêtements et le parfum dessous)
Et je crus te serrer dans la blancheur de ce jour de novembre;
crevais te serrer contre moi, ce n’ étaient que mains qui s effleuraient dans le pauvre jour, à peine s effleuraient et ce sourire tout à coup d’humanité.
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Recomposer (RC)
De mon réveil,
Je recompose mes fragments
Je lève le bras d’une journée de futur
Aux ombres dissipées de la nuit
Que retient mon corps trouble
Je viendrai glisser ma main sous mon épaule
Explorer une existence à refaire
Et franchir un jour interminable
Qui sera le miroir glacé
D’heures qui jalonnent
L’espace vide du temps
- Sans ta présence…
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RC 12- 02- 2012
–
From my awakening
I rearrange my fragments
I raise the arm of a future day
Dissipated the shadows of the night
What keeps my troubled body
I’ll come sliding my hand under my shoulder
Explore an existence to rebuild
And one day pass endless
Who will be the icy mirror
On hours punctuate which
The empty space of time
- Without your presence …
–
Augusto Lunel – Chant 3

peinture; Schmidt-Rotluff (1884-1976)- Soleil sur les pins. 1913
CHANT III
Le verre se brisait d’une eau si pure ;
il fallait un verre comme ta voix,
une cruche comme le matin,
ma soif autour de la terre déserte.
Le jour se fêlait d’un son si clair ;
il fallait un verre comme ton silence,
une coupe comme l’automne,
me taire d’un pôle à l’autre.
La nuit se brisait d’un vol si subit ;
il fallait un verre comme ta vie,
un récipient comme ton sang,
mon vide tombant dans le vide.
Le ciel est resté derrière,
le corps devance le futur,
l’éternité passe.
De toi à moi l’air tombe blessé.
La terre est un oiseau
sur le point d’ouvrir les ailes.
Au travers d’un rocher sans. fin,
je marchais vers ta voix
laissant la mienne en arrière
qui m’appelle de plus en plus loin ;
il fallait un verre comme ta peur,
un verre comme le néant,
ma mort autour du monde.
Musique immobile,
musique emplie d’eau,
vent sous le fleuve,
je t’attends en retenant
l’amour comme la respiration,
la vie, comme un cri,
l’être, comme les larmes.
—
(voir mes précédentes publications sur Augusto Lunel, dont le 4 )
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Nicolas Vasse – tubes d’éclats souillés

palette et tubes de ant.photos, voir http://www.flickr.com/photos/antphotos/2530684415/
tubes d’éclats souillés
rouleaux sourds du vide
des fioles
des tiges à froufrous
l’établi sale et épais
récif corallien
—
bel écrit, simple et évocateur, à la manière d’un haiku, que l’on peut trouver ici
-
Maryline Desbiolles – la rue du cimetière
je prends la rue du cimetière
pour ce seul pan de mur avec les cyprès qui dépassent
ce seul mur de seules pierres blanches
qui troue les immeubles de sa lumières horizontale
la ville à nouveau
s’est élargie on respire
juste quelques plaques de neige très grise la neige m’a laissée sans
voix
je parle pourtant de ce que je vois mais mieux sans doute de ce que
je vois tous les jours comme si à force
de m’y cogner je creusais
en moi-même au lieu de n’être qu’éblouie
j’arrive pas j’arrive
pas à m’arrêter vais dans tous les sens galope suis pressée galope
me laissant entraîner comme une pierre par son propre poids et
même
peut-être redoutant de m’arrêter
redoutant
de ne plus traverser le vide seulement traverser le vide
mais de le recevoir tout d’un coup
en entier sur la figure
Je ferme les yeux le plus profond possible je n’ai pas moins d’agitation simplement
elle est plus au fond elle me fait presque
mal ainsi resserrée
en boule sous la cendre
je lave du linge à l’eau froide ça me remet du frais à l’âme
MARYLINE DESBIOLLES
–
extrait de la revue ENTAILLES n°22
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Michel Garneau – Scantate à Beckett
Michel Garneau, poète canadien, nous offre sa scantate à Beckett
Scantate à Beckett
Everything sopping wet under a black sky. Only bright spot a blackbird. Samuel Beckett Ussy-sur-Marne ( lettre à son oncle Jim et sa femme Peggy - 1968 ) ------------ tout est trempe sous un ciel noir éclairé par un seul merle j’ai laissé la ville derrière trop bruyante et même trop fière moi je me cherche du vide enfin ce qui lui ressemble je suis du bord du silence mais c’est pas la mort que j’aime j’ai laissé la ville derrière trop bruyante et même trop fière j’aime la vie en son haleine en son souffle et son battement je suis du bord du silence mais c’est pas la mort que j’aime -
tes yeux, l’encre bleue (RC)
De tes yeux, l’encre bleue
Vient faire écho aux cieux
Ne reflètent pas le vide
D’un regard liquide
Un monde si furieux
En bosses et en creux
Révèle voiles et lumière
Colères et soufrières
Si le jeyser tout à coup crache
Des émotions qu’ils cachent
Tes yeux, quand ils se lâchent
Ne forment pas tache
Et sans obstacles la course
Des larmes prend sa source
Aux rebonds du passé
Que tu pensais cadenassé
J’irai tendre mes lèvres
Sur tes yeux en fièvre
Pour goûter avide
Ton azur liquide.
texte en rapport d’écho avec celui de JoBougon; larmes en cascade
Erwin Mortier,- Temps de Pose 01
Il y a aussi les livres que je suis en train de lire…
et j’aime ( dans la surprise, et au fur à mesure que j’avance dans la lecture, distiller de petitsextraits)…
—–
TEMPS DE POSE
Contre toute raison, j’étais persuadé qu’il devait exister quelque part un monde d’images que personne n’avait jamais fixées sur la pellicule, sauf peut-être la lumière du soleil qui emportait un fragment de tout ce qu’elle balayait et l’assemblait, Dieu sait où, avec toutes ces figures sans relief qu’elle décollait patiemment des cadres, des albums ou des ténèbres de la vieille valise dans laquelle je conservais mes photos les plus précieuses.
J’attendis qu’il fasse presque nuit avant de prendre la valise sous le lit, d’ouvrir le couvercle et d’ajouter la lettre de ma mère au-dessus des autres.
L’éclat cuivré du soleil couchant derrière les arbres évoquait ce soir-là un immense réservoir de barrage, un au-delà de surfaces qui s’étaient reflétées par le passé, un autre monde d’un miroitement fragile, et inaccessible.
Je vois la même lumière, il y a longtemps. Dans une pièce où j’entends des pas, une porte s’ouvre en tremblant sur ses gonds et quelqu’un crie mon nom.
Je veux me lever, je n’y arrive pas. Je sens la fureur bouillonner en moi, le picotement salé des larmes dans mes yeux.
Je vois que je porte des petites chaussures bleues à lacets de cuir. Je les entends encore racler le carrelage, quand avec une rage impuissante, je shoote dans mes petites autos, mes cubes et mes crayons.
Je vois mon père me tendre les mains. J’ai gardé quelque chose de son large sourire qui donne parfois une dureté inattendue à mon visage malgré les doux traits hérités de ma mère.
Je m’accroche à ses doigts pour l’ escalader, j’ ai du mal à trouver mon équilibre et sens un frémissement dans mes mollets.
Dans une arrière-cuisine, j’entends toquer sur le couvercle d’une casserole les gouttes d’un robinet
qui fuit, et le vide de toute une maison résonner dans l’écho.
Mon père me prend dans ses bras, il fait siffler le vent dans mes boucles blondes et me lance de plus en plus haut. Ma poitrine se contracte. Je m’entends hurler, plus de peur que de rire, au moment où je quitte ses mains et ne sens plus que de l’air autour de moi.
Qu’aura-t-il crié ? « Hop là, Joris, on vole. »
Impossible à lire sur ses lèvres.
Je ne sais pas qui a pris cette photo, qui m’a définitivement laissé suspendu dans le vide au-dessus de ses doigts, comme un angelot craintif.
, de Erwin Mortier, est publié aux éditions fayard (2002)
Claude Esteban – soleil dans une pièce vide – TROIS FENÊTRES, LA NUIT
TROIS FENÊTRES, LA NUIT
On croit peut-être que, chaque soir, les maisons se referment sur elles-mêmes comme des huîtres. Et que ceux
qui les habitent peuvent enfin oublier leurs soucis et se perdre dans une sorte de douceur nacrée, dans une quiétude,
somme toute assez délicieuse, loin des regards. On a tort.
Il suffit de se poster, quelques heures auparavant, à une fenêtre de l’immeuble d’en face, et de rester dans l’ombre, derrière les rideaux.
C’est ce que font les policiers quand ils tentent de découvrir une réunion secrète, ou les détectives privés lorsqu’on leur a donné une liasse de dollars pour une filature et qu’ils sont là, dans leur gabardine blanche, à fumer des cigarettes tout en surveillant.
Mais ce sont des gens de métier, et au fond ils ne s’intéressent qu’à des faits significatifs pour leur enquête, un homme qui embrasse une femme sur la bouche, une valise d’où l’on sort une statuette en forme de faucon.
Le quotidien, banalité des gestes, ne les concerne pas. ont tort, mais ils sont payés pour autre chose. On les relève toutes les quatre heures, puis ils rédigent leur rapport. Ils n’ont rien vu de ce qui est la vie.
Et lorsqu’ils s’éloignent dans leurs voitures noires, ils regagnent très vite des quartiers où les bars sont pleins de monde et où les attend, parfois, une femme aux cheveux platinés qu’ils appellent poupée. Ce sont des gens frivoles. Le vrai curieux ne les fréquente pas. C’est un passionné qui a ses habitudes et qui sait attendre. C’est un professionnel du regard.
Il habite l’immeuble d’en face, peu importe l’étage, mais il préfère regarder d’un peu plus haut. Il n’a pas besoin, comme le diable dans les contes d’autrefois, de soulever les toitures. Il observe tout de sa fenêtre, il a le temps, il n’interprète pas. Il voit, par exemple, le troisième étage d’une maison quelconque. Il ne l’a pas choisie. Il réside juste en face, par hasard. Il n’a pas besoin de jumelles, comme dans les films d’espionnage, il a de bons yeux, il sait voir. Il a observé, tout le jour, cet appartement vide en forme de rotonde.
Il y a trois fenêtres, et personne ici ne tire les rideaux, si bien que la vue plonge sans difficulté dans l’intérieur de
l’appartement. La femme qui l’habite part très tôt le matin.
Elle doit travailler dans une administration ou peut-être dans un petit commerce. Elle se lève, elle s’enferme dans la salle de bains qui se situe derrière la cloison. Puis elle ressort, elle éteint la lampe de la chambre. Peut-être prend-elle son petit déjeuner dehors. L’observateur n’en sait rien.
Il constate seulement que la grande pièce aux trois fenêtres demeure vide pendant toute la journée et ne s’éclaire que très tard. La femme, semble-t-il, vit seule.
Elle ne pénètre dans la pièce en rotonde qu’après s’être restaurée dans la cuisine que l’observateur ne peut apercevoir. Sans doute aussi après avoir pris une douche, car lorsqu’elle apparaît, comme ce soir, comme tous les soirs ou presque, elle est en combinaison. Une combinaison d’un rose assez vulgaire qui moule ses formes déjà vieillies. Elle doit avoir quarante-cinq ans. Il l’aperçoit de dos.
Elle a des fesses proéminentes qui tendent le satin rose. Ses cuisses sont à demi découvertes.
Elle se penche vers quelque chose qui échappe au regard de l’observateur à travers la fenêtre centrale. Le mur lui cache son visage et sa main droite.
Elle ne bouge presque pas, elle ramasse, dirait-on, quelque objet, mais cette hypothèse n’est pas très vraisemblable, car la scène se répète chaque soir, et la femme reste longtemps penchée, avec sa croupe tendue, comme si elle s’occupait d’une chose qui exigerait la plus vive attention. Peut-être nourrit-elle des poissons rouges dans un aquarium, mais il serait étrange que l’aquarium ou le bocal soit posé par terre. Ce qui intrigue davantage encore l’observateur, c’est la différence de luminosité entre les trois fenêtres. Au centre, derrière la forme accroupie, le mur est presque blanc, avec une bande jaune sur la droite.
Au bas de la cloison, on distingue un radiateur peint en orange et l’extrémité droite d’un lit, recouvert d’un tissu grenat. La moquette est verte, d’un vert acide, criard.
On peut penser que la masse du lit se poursuit sur la gauche. A travers la fenêtre de gauche, d’ailleurs, un peu de biais, on découvre le bout du traversin, une forme vaguement verdâtre.
La fenêtre est ouverte, et le rideau bleu pâle s’envole dans l’embrasure, comme un signal. Mais ce n’est, bien sûr, qu’un courant d’air que la femme a su ménager avec la fenêtre de la cuisine. On la comprend. Par un jour d’été, la chaleur est devenue presque intenable dans la pièce close. Il est tard, mais cette femme ne se soucie pas de l’heure.
Elle se sent bien dans sa lingerie rose. Elle laisse respirer son corps, une chair de femme un peu lymphatique, un peu molle. Cette chambre doit lui plaire, quoique l’ameublement soit très sobre, et qu’il n’y ait pas même un tableau sur le mur.
C’est, probablement, une femme qui vit peu chez elle, qui ne reçoit pas, qui se repose le soir.
Ce qui trouble surtout l’observateur, c’est la fenêtre de droite. Par la position qu’il occupe, il n’est pas en mesure de l’examiner autrement qu’à l’oblique, dans un angle de vision assez peu favorable. Cette fenêtre, chaque soir, excite sa curiosité, car, contrairement à l’éclairage brutal qui se projette à travers les deux autres fenêtres, il règne dans cet espace une lueur feutrée, étrangement sensuelle, qui évoque une ambiance de salon capitonné, presque de boudoir.
Le rideau jaune, toujours descendu jusqu’au tiers de la fenêtre, dissimule et révèle à la fois quelque chose qui tranche avec l’aridité quasi monastique de la chambre. Des teintes pourpres, veloutées, qui viennent peut-être de tentures et qui se reflètent en orange sur le rebord de la fenêtre, et plus bas, sur l’entablement de l’étage inférieur. Il y a là quelque chose que l’observateur cherche à comprendre depuis longtemps, mais en vain.
La femme ne se déplace jamais jusque-là. Elle laisse flamber cette lumière pourpre, cette lumière qui contredit l’existence qu’elle mène dans la pièce très éclairée. Que se passe-t-il dans cette chambre, quelle sorte de rituel secret s’y ordonne-t-il chaque soir.
Pourtant la femme ne craint pas que le regard de quelqu’un d’autre s’y insinue et découvre là les indices d’une existence voluptueuse. Elle reste immobile, toujours penchée au fond de l’embrasure centrale. Le rideau bleu pâle s’évade dans l’air de la nuit. Le mystère demeure entier.
voir aussi " comme dans un tableau d’Edward Hopper" – dec 2012




















