voir l'art autrement – en relation avec les textes

L’armoire, porteuse d’histoires (RC)


La vieille armoire, celle qui prend feu
A abrité longtemps des piles de draps
Des trousseaux inutilisés, mangés par les rats
Autres générations , autres enjeux

Tante Ernestine est morte
Un jour d’hiver fardé
Auprès de son feu, attardée
Un jour ,  a cédé sa porte

Et les piles des habits d’antan
Les parures et les dentelles
Napperons de belle vaisselle
N’ont pas attendu les petits enfants

Partis ailleurs  émigrer
Se chercher, loin du bercail
Une raison de vivre, un travail,
Evidemment de leur plein gré

La maison d’Ernestine est vide
Personne n’est revenu au village
Lui rendre un dernier hommage
Aux maisons barricadées, arides

Il a fallu extraire les meubles pesants
Du pays de la famine
Rongés par la vermine
La vie d’antan, du modèle paysan

image: — combinaison informatique, — production personnelle —- dec 2010

Le feu qui maintenant
Dévore le bois craquant du sapin
Se nourrit des volutes du destin
De l’exil, des déserrements

Alors que,  patient témoin gris
L’olivier au feuillage argenté
Décrit le temps des ancêtres arrêté
Sans s’en montrer davantage aigri.

RC

 

Une Réponse

  1. Tante Ernestine

    Tous ces maux sont si fous, j’en suis dératée
    Brûlée jusqu’aux coudes, l’armoire déjantée
    Ressort les draps usés, les vieux paniers
    Répare l’ouvrage des temps, des étangs, des haies
    Qui haïssent prudemment ceux là, ceux qui vivent
    Car après le beau temps, ci-gît la bise
    La belle bise dorée aux gachis parmentiers
    Partie faire la belle aux déclins des étoles
    Des étoffes usées jusqu’à ce que décolle
    Enfin l’usage du bon sens qui consiste sans outrance
    A faire la nique à par ici, à faire la bique à la souffrance
    Celle qui prend la tripe des boyaux, des nœuds coulants et des tyrans
    La trique et les feux du semblant
    Les vers brisés, les ouragans
    Les flèches des carquois apeurés
    Qui voudraient bien se rassurer
    D’être immortels et puis aussi
    De mettre en prison les amis
    Les amants les beaux feux flamboyants
    Les petits enfants et les grands
    Les maudits motus et mouche cousues
    Dans la dentelle de tante Adèle
    Dans les contines de l’Ernestine
    Pour faire des grands un peu bizarres
    Qui auraient des déformofêtards
    Fomolisés les joies et l’art
    Débriqués les barreaux des chaises
    Des fadaises et des parenthèses
    Voici nouvelle génération
    Voici la fin de ces vrais cons
    Pas battants pour un sou vaillant
    Pas courageux, dents en dedans,
    Dents épointées comme de l’acier
    Coupantes et laides, déformées
    Un coup de chirurgie dentaire
    Et voici temps sans Lucifer
    Bienvenue dans mes paradis
    Et bien venues les joies de vie.

    http://jobougon.wordpress.com/2011/10/28/les-defunts/

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    10/28/2011 à 19 h 45 min

je m'exprime:haut et foooort

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