voir l'art autrement – en relation avec les textes

Edmond Jabès – Chanson de l’étranger


photo empruntée à "Japon fin de siècle": colporteur

 

 

Chanson de l’étranger

 

Je suis à la recherche d’un homme que je ne connais pas,

qui jamais ne fut tant moi-même

que depuis que je le cherche. A-t-il mes yeux, mes mains

et toutes ces pensées pareilles

aux épaves de ce temps ?

 

Saison des mille naufrages,

la mer cesse d’être la mer,

devenue l’eau glacée des tombes.

Mais, plus loin, qui sait plus loin ?

 

Une fillette chante à reculons et règne la nuit sur les arbres,

bergère au milieu des moutons.

Arrachez la soif au grain de sel

qu’aucune boisson ne désaltère.

Avec les pierres, un monde se ronge

d’être, comme moi, de nulle part.

 

Chansons pour le repas de l’ogre (1943-1945)

 

je m'exprime:haut et foooort

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