voir l'art autrement – en relation avec les textes

Edith de Cornulier – Atone


Almasoror ( l’âme  soeur)  si j’ai bien lu... est un site que je qualifierai de « multi-disciplinaire »,  …  il y a une  foule  de liens,  et d’articles ,  et en patience il va me falloir, du temps  pour  en avoir une petite idée…

mais je me suis  dirigé  de suite vers la section « poésie », où des photographies  sont  « accompagnées », ici de textes  de Edith de Cornulier-Lucinère,  – voir  son blog perso –

qu’elle abrège  sous  E CL…

j’ai navigué  sur quelques uns  et tout ce que j’ai lu a capté mon attention,  voici  d’un d’entre eux:

ATONE

 

photo perso -... le personnage dans la bouteille de grappa... Ardèche 2001

 

 

 

Ma voix coule dans le soir
Mais mon cœur demeure aphone
Je respire dans ce bar
Des vapeurs d’alcool atone

Nous traversons les saisons
Main dans la main bien trop sages
Je n’observe à l’horizon
Aucun feu, aucun mirage

La vie et ses expériences,
Je les traverse en apnée
Puisque aucune délivrance
Ne nous est jamais donnée

Mais ce soir, dans la lumière
Du bar où flotte un suspense,
Ce soir je veux le salaire
Des années d’obéissance.

Que les lois et la morale
S’effacent de mon karma ;
De se courber sous leur pâle
Mensonge, mon crâne est las.

Dans ce corps où tout s’éteint
Pour jamais n’être fécond,
Que la passion prenne enfin,
S’il reste des braises au fond.

Que le désir se rallume,
Qu’il fasse briller mes yeux,
Pour qu’ils se désaccoutument
De leur rideau vertueux.

J’en appelle aux dieux païens
Ceux qui boivent et ceux qui chantent,
Qu’ils déchargent mon destin
De la ration, de l’attente.

J’en appelle même au stupre,
Si lui seul peut délivrer
Du convenable sans sucre
Un cadavre articulé.

Et toi, frère et faux-amour,
Co-victime et co-coupable,
Vas-tu taire pour toujours
L’hypocrisie impalpable ?

Nous traversons les saisons
Main dans la main bien trop sages
Et rien dans notre prison
Ne présage un grand orage.

Mais ma voix coule ce soir,
Et mon cœur te téléphone,
Je respire dans le bar
Des instances qui frissonnent.

Et si tu ne réponds pas,
Si rien en toi ne s’éveille,
Parce que mon cœur est las
Des jours aux autres pareils,

Tu prendras tout seul le train,
Et dans la nuit qui appelle,
Coupable de ton chagrin,
Je chercherai l’étincelle.

 

 

 

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4 Réponses

  1. oh oui !
    Très !
    Plein de respirations, de voix qui monte et descend, merci Ren, j’aime beaucoup !

    J'aime

    04/08/2012 à 8 h 05 min

  2. Emma

    Almasoror est toujours pour moi un grand mystère et j’y navigue régulièrement avec la certitude d’y trouver des choses qui m’interpellent . De très beaux textes (celui-ci par exemple , d’autres dérangeants , troublants , fantaisistes , engagés , des histoires ou des soupçons d’histoires ., des photos originales , troublantes ,fantaisistes dérangeantes , peu communes ….
    (Et puis une cause commune …. )

    J'aime

    04/08/2012 à 10 h 42 min

    • Au oui? je croyais qu’en fait c’était une extension… de ton (je peux te tutoyer ?) propre site… en tout cas il y a plein de choses et liens divers et variés une encyclopédie « ambulante »… il va me falloir du temps pour explorer… mais des fois je le fais systématiquement, c’est le cas pour corpsetame d’Arthémisia.. dont tu connais peut-être les écrits…

      J'aime

      04/08/2012 à 11 h 42 min

  3. Lassitude, mensonges à affronter, les siens, ceux des autres, j’aime bien le ton de ce poème au plus près de la vie, d’une vie.

    J'aime

    04/08/2012 à 13 h 03 min

je m'exprime:haut et foooort

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