voir l'art autrement – en relation avec les textes

Gertrud Kolmar – Des tourments se dressent sur mon chemin


 

penture: Chaïm Soutine – vue de Céret

 

 

je le sais

des tourments se dressent sur mon chemin que je dois prendre

la détresse se dresse sur le chemin que je dois prendre

la mort se dresse sur le chemin que je dois prendre

des plaintes se dressent sur le chemin que je dois prendre

et chaque borne kilométrique a des langues

et tous les petits cailloux crient

crient la douleur – là où une jeune fille sombre en râles,

en fuite, abandonnée, fatiguée et malade,

la détresse se dresse sur le chemin que je dois prendre

la mort se dresse sur le chemin que je dois prendre

et je leur crie dessus !

fille folle dans la honte et la douleur :

des milliers passent devant moi

des milliers viennent vers moi.

Je serai la cent millième

mes lèvres sur une bouche étrangère ;

et meurt une femme comme un chien galeux –

cela te fait-il peur ? non.

mon cœur bat dans une poitrine étrangère

rie mon œil, car tu devras pleurer

et tu ne pleures pas tout seul

la détresse se dresse sur le chemin que je dois prendre

la mort se dresse sur le chemin que je dois prendre

chagrin et plainte, gris tourment ;

tout cela je le sais

et pourtant j’avance sur le chemin.

 

 


(« Gedichte 1917 » enthalten in « Frühe Gedichte » 1917-22) traduction personnelle

Gertrud Kolmar

 

 

 

4 Réponses

  1. Nath

    je le sais et pourtant j’avance sur ce chemin…
    En parallèle, le mien ressemble étrangement et je le sais que se dressent aussi des tournesols sur le chemin que je prends, sans savoir si je dois ou si c’est poussé par je ne sais quel main du hasard peut être, ou du destin, que sais-je ?

    J'aime

    06/16/2012 à 17 h 52 min

    • Je le sais que ma route est tracée de pluie
      il y a espoir cette petite lumière au fond de moi
      me dit qu’un jour le ciel arrêtera de pleurer

      Je le sais alors je ne me laisse pas faire
      entre temps mes cheveux poussent aussi vite que naissent les flaques d’eau,
      je nourris mon coiffeur qui me dit encore !

      Je le sais que la soupe fait grandir
      l’eau de pluie c’est bon pour la peau
      je me sens grande dans le reflet des flaques d’eau

      Je le sais qu’ailleurs c’est la mer de sel
      alors arrête de pleurer

      J'aime

      06/16/2012 à 18 h 59 min

  2. Rien ne peut nous empêcher d’avancer, et si je m’assied là au bord du chemin j’ai le vertige…

    J'aime

    02/25/2014 à 8 h 47 min

    • Le vertige que le chemin continue seul, sans toi ?

      J'aime

      02/25/2014 à 8 h 53 min

je m'exprime:haut et foooort

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