voir l'art autrement – en relation avec les textes

Contrebasse, les échos de Mingus ( RC )


photo: Charles Mingus

Sur la scène improvisée
A même la rue, clarinette et cuivres
Central Park
Et l’écho de Mingus
Des fables de Faubus

La musique dévoile sa transe interne
son sanglot pincé
ses originelles, du chant frotté
Les cordes pincées

En cherchant une langue
Au-delà de la voix seule
Et de l’écho de bois
La contrebasse, et son volume,
La grand-mère, comme ils disent
Délivre sa mémoire du jazz

Sur ce qui vibre  de l’histoire des hommes
L’indicible et les sons feulés
Parfois baleines du chant
Parfois rythme pesant, des pas fatigués
Walking bass, à travers les rues de Chicago
Tout un monde,

Le passé, pas si éloigné
Ségrégation, et mémoires
De l’immigration forcée
En champs de coton
Main d’œuvre bon marché

Mais pourtant le chant
Du passage du blues
A travers toi

RC  22- juin 2012

 

voir  aussi l’article   » gouttes  de son »

On the improvised stage
In the rough street, clarinet and brass
Central Park
And the echo of Mingus
Fables of Faubus

The music reveals his internal trance
pinched her sob
its original, song rubbed
The plucked strings

Seeking a language
Over and above the solo voice
And the echo of wood
Bass, and its volume,
The grandmother, as they say
Delivers her memory of jazz

That vibrates at the history of mankind
The unspeakable and growled sounds
As sometimes whales were singing
Sometimes rhythm heavy, walking tired
Walking bass, through the streets of Chicago
A whole world,

The past, not so far
Segregation, and memories
Of forced migration
In cotton fields
Cheap labor

But still singing
The passage of the blues
Through you

8 Réponses

  1. Pingback: Gouttes de sons (RC) « Art et tique et pique- mots et gammes

  2. Même si cela n’a pas grand chose à voir avec votre texte, dans le roman de Patrick Süskind, « La Contrebasse » est aussi au coeur d’une injustice. Si vous aimez cet instrument et que vous n’avez pas encore lu ce livre, ne le lisez surtout pas. 😉

    J'aime

    09/16/2012 à 2 h 35 min

    • J’en ai lu deux de Süskind, mais pas celui-là
      dont j’ai beaucoup entendu parler,
      et pourquoi ?

      J'aime

      09/16/2012 à 6 h 56 min

  3. Oh, je faisais un peu d’humour. Dans son roman « La contrebasse », Süskind met l’accent sur le rôle ingrat de contrebassiste au sein d’un orchestre (on dit bien contrebassiste, j’ai un doute, peu importe), qui n’est pas de jouer de l’instrument le plus éclatant, le plus fringant, alors que cela n’en reste pas moins un instrument difficile à maîtriser. J’ai trouver ce roman très drôle personnellement, même si mon rire n’est pas une référence. Je faisais donc allusion à cette injustice, en miroir de celle subie par les esclaves noirs, dans votre texte.
    En gros, j’étalais ma maigre culture littéraire, en essayant de vous en faire profiter.
    Je me suis dis que plutôt que de finir avec un « Lisez ce livre », dire le contraire éveillerait plus la curiosité (la vôtre et celle de ceux qui passent ici).
    Ecrivant cette ligne, je repense tout d’un coup à Cioran qui apparentait un conseil de lecture, quasi à un viol.*

    « C’est commettre une effraction qu’envoyer un livre à quelqu’un, c’est un viol de domicile. C’est empiéter sur sa solitude, sur ce qu’il a de plus sacré, c’est l’obliger à se désister de lui-même pour penser à vos pensées. » *

    *Je vous mets la citation que j’ai recherchée, et je remarque que Cioran parlait de l’envoi, et non d’un conseil de lecture. Dans mon esprit c’était un peu la même chose.

    Puisque j’en suis à parler de lecture et du rire qui peut l’accompagner, je ne vous conseille donc pas « Ebauches de vertige » de Cioran. C’est un recueil d’aphorismes (peut-être connaissez-vous déjà) qui est devenu une sorte de bible pour moi. Découvert il y a trois ou quatre années, c’était la première fois que je lisais un livre deux fois de suite, en boucle. A lire les nuits d’insomnies.

    J'aime

    09/16/2012 à 20 h 23 min

    • merci de ces précisions…. j’avais acheté il y a longtemps, un gros pavé de Cioran, ça sera l’occasion pour le sortir de mes archives… ( je crains un peu les gros pavés, car on ne sait trop où donner de la tête, mais avec une incitation plus précise, ça peut être plus motivant…

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      09/16/2012 à 20 h 41 min

  4. Ah mais justement, « Ebauches de vertige » est un recueil d’aphorismes pas bien épais en format poche. Le pavé dont vous parlez, cela doit être « Oeuvres », je l’ai aussi et il me semble qu’il ne contient pas « Ebauches de Vertige », pas dans cette forme du moins.

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    09/16/2012 à 22 h 50 min

  5. Je vais vous faire une confidence, j’ai tellement aimé ce livre, qu’un jour alors que l’ai vu sur un site de ventes en ligne (pas plus cher que le prix du papier vous voyez ce genre de petit livre en collection Poche) j’en ai commandé quelques exemplaires pour offrir-refiler à l’occasion. Il m’en reste un ou deux, et je me ferai un plaisir de vous en faire parvenir un (gratuitement cela va sans dire, je ne travaille pas pour un éditeur ou autre je précise). Vous avez mon mail* avec le formulaire des commentaires je pense, donc si vous voulez me débarrasser, envoyez-moi une adresse. Ce sera avec plaisir, vraiment.

    *désolé de mettre ça ici directement, mais la fonction mail ne fonctionne pas ci-dessus, et je ne vois rien pour vous contacter en privé. Vous pouvez supprimer bien sûr.

    J'aime

    09/16/2012 à 23 h 01 min

  6. Pingback: Gouttes de sons (RC) | Art et tique et pique- mots et gammes

je m'exprime:haut et foooort

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