voir l'art autrement – en relation avec les textes

Taire le silence ( RC )


photo:               Barbara Morgan

Si j’apprends  à  taire le silence
En jetant quelques cailloux dans l’eau
Alors, la surface  remue, et se souvient
En cercles  concentriques, des éclaboussures
Et des gestes  ténus,
Qui repoussent  quelques  secondes la léthargie,
En laissant ,          une place à la vie.
Mon geste n’est plus là, mais seulement sa trace
Comme lorsque je passe un doigt distrait
Sur la couche  de poussière recouvrant le buffet.

J’apprends à lire, les instants  fugitifs,
Le murmure  de l’histoire,  et l’invisible est crédible
Les brioches  dorées,  le zeste des parfums,
Le sillage  d’un regard, au détour  d’un reflet,
Le souffle  des choses, agitant les feuillets
Les chapitres  du bonheur, que révèle
Un pinceau de lumière à travers les nuées
Eloignées  des étoiles, et dénuées
De l’ombre   –   qui fait l’importance.

Si j’apprends  à taire  le silence,
C’est pour mieux  traduire
Une langue d’avant qui te ressemble
La prolongation d’une  grâce
Que n’offrent ni les mots
Ni la parole rhétorique,
Les doigts ouverts  de l’invisible
Quand ils te dessinent à mes yeux:
Une veine qui palpite à ton front,
Et la courbe  d’une hanche…

J’apprends à lire, les instants  fugitifs,
A  rassembler les  indices,
Peut-être à inventer,
A rajouter  des brillances
Et des couleurs  de voix,
Imiter  rivières  et cascades,
Et l’ombre des collines
Qui dessine des courbes
Sur le désir de l’instant
Que les lèvres promettent.

 

 

RC –   6 octobre 2012                ( évocation d’une  démarche  créative… je pensais  à la photographie )

2 Réponses

  1. Très beau…..tendre mélange d’émotions, de sensualité…
    J’aime particulièrement ce paragraphe :

    Si j’apprends à taire le silence,
    C’est pour mieux traduire
    Une langue d’avant qui te ressemble
    La prolongation d’une grâce
    Que n’offrent ni les mots
    Ni la parole rhétorique,
    Les doigts ouverts de l’invisible
    Quand ils te dessinent à mes yeux:
    Une veine qui palpite à ton front,
    Et la courbe d’une hanche…

    On sent bien le peintre poète …

    À bientôt René
    Manouchka

    J'aime

    10/08/2012 à 17 h 12 min

    • merci— effectivement j’essaie de « raccrocher » quelque part à qq chose de visible, ou en tout cas que l’on imagine, car justement ce post part de ce que tente de faire voir un photographe, par les choix qu’il fait

      J'aime

      10/08/2012 à 17 h 33 min

je m'exprime:haut et foooort

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