voir l'art autrement – en relation avec les textes

Sur les étagères de l’ Expérience ( RC )


Sur les étagères,
Parmi les instruments de la fin du siècle dernier
Figurent  , des témoins  d’expérience,
Des éprouvettes, des tubes  et des cornues,
Et des objets de bois et laiton,
Qui ont perdu leur  éclat,

Puis un peu plus haut
En rang d’oignons, bien rangés,
Une série  de bocaux,
Où s’alignent dans un liquide  épaissi,
Une lignée de cerveaux
– en épaisses circonvolutions..

Sans  doute  de grands  esprits
Les habitués du laboratoire
Qui       réfléchissent encore
…..Comme ils regrettent
A leur semblant de corps
– ou bien ils s’en passent –

Mais encore,  se prélassent
Derrière leurs parois de verre
Lisses,       mais aux reflets
Epaissis  de poussière
De décennies  d’hiers
( sur les étagères).

Peut-être  qu’habillés d’un peu de chair,
Et même davantage
On reconnaîtrait leur propriétaire
Et on lirait aussi , sur leur lèvres molles,
La traduction              d’un message
—–>  A travers le formol.

Leur présence suspendue
Dans leur  aquarium
Ils semblent,             la bouche de silence
Ouverte                                en un cri tendu,
– Mais muet – ,  vouloir nous communiquer
Leur existence,         …. qui en est restée

Pour de belles  années
Sous les néons bleutés
Et les carreaux  blancs
Ceux  d’un autre temps
Quelque part arrêtée ,    une part d’enfance
Faisant rimer la science, avec l’   « Expérience »

RC  – 16 novembre  2012

photo: Rich, visible ( avec d’autres sur cette page)

4 Réponses

  1. J'aime

    11/17/2012 à 13 h 07 min

    • merci bien…

      En ce qui concerne ce texte, c’est aussi la réminiscence d’un livre de Christain Jersild  » mon âme dans un bocal » ( Actes-Sud)

      J'aime

      11/17/2012 à 13 h 22 min

  2. Les parois de verre, parfois si fines, où s’écrasent nos mots et nos gestes. dans un silence éloquent.
    C’est un beau texte.

    J'aime

    11/19/2012 à 21 h 30 min

    • Il y a quelque temps j’avais écrit ceci, ton commentaire m’y renvoit…

      ——————-

      Au bonjour furtif caressé par les roses
      Courbant les flammes des chandelles
      Peut-être diras-tu fantôme ou esprit

      Celui-ci est le reflet d’une attente
      Tant prolongée et désirée
      Que les ailes de l’oiseau de nuit

      Se heurtent aux vitres des fenêtres closes
      Attiré par le courbe de ton profil
      Dessiné de profil en contre-jour .

      Cet hématome de désir, brisant le silence
      S’éclatant sur le verre, à te savoir si proche
      D’une épaisseur d’air, et pourtant inaccessible

      Ce n’est pas un ciel de combat
      Que la vie distante où chacun ressent
      L’absence , et de la vie, le manque !

      J'aime

      12/08/2012 à 15 h 21 min

je m'exprime:haut et foooort

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