voir l'art autrement – en relation avec les textes

Georges Lisowski – Il y eut un gamin qui


peinture: Anthony Gormley - vision  1989

peinture:            Anthony Gormley – vision 1989

IL Y EUT UN GAMIN QUI

 

II y eut un gamin qui la tête sur l’épaule
s’endormit près d’une table couverte d’une nappe blanche
Il y eut une chambre vide où une jeune femme en deuil
posa son pied cambré sur un tabouret pour
redresser la cocarde noire de son soulier
Il y eut un moutonnement sauvage de manteaux
dans le vestiaire provisoire d’un bal
tous sens dessus-dessous comme si quelqu’un avec colère
en avait fait toutes les poches en vain
Du fond de ce vestiaire parvenaient parfois
des rires de femme et la plus belle des voix
Ces trois images aussi vieilles toutes les trois
revenaient sans cesse sans être des souvenirs
l’obsession du vestiaire était la plus têtue
Elles m’ont quitté maintenant sans que je sache
ce qu’elles voulaient dire à présent je suis libre
classique transparent en soi comme un cristal
blanc comme une feuille de papier blanc
Non ce n’est pas vrai elles reviennent encore
ces trois images qui signifient mais qu’est-ce qu’elles signifient
beaucoup ou rien peu ou infiniment
je passerai plus vite que ne passera ce gamin
endormi sur la table avec devant lui
inconnue l’énorme mer de temps à vivre
La femme en deuil était peut-être une rieuse
par tempérament

Mais ce dont je suis sûr
le vestiaire était comme un visage sans beauté
et la belle voix une tourmente pour l’oreille

 

Georges Lisowski    (1972-76)

 

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