voir l'art autrement – en relation avec les textes

Exils – ( RC )


dessin : PinguinFreak ( deviantart)

Exils

C’est par centaines, que je peux nommer
Montagnes,  plaines, fleuves et déserts
Qui se sont succédé, remplacés
Au long de ma longue marche,            l’exil,
La route qui m’éloigne de mon enfance
Mais dont jamais la pensée ne s’efface.

Mes pieds foulent une terre autre
Et ma tête un vent qui n’a de commun qu’être vent
Comme la langue des peuples que je ne comprends pas
Que je ne comprends plus
Est-ce que les kilomètres, la distance accumulée
Font que je transporte un mur avec moi ?

Il a fallu que je parte
Que j’arrache mes racines
Pour espérer vivre en dehors de la guerre
De la peur et de la famine,
Vers ces lointains,                           si loins
Qu’il serait d’un oubli facile
Mon beau pays d’exil…

Je ne l’ai pas renié
Mais il me renierait
Si je pouvais un jour
De nouveau ressentir la rencontre
De mon soleil se heurtant aux toits  ,

de mon village d’enfance
Dont j’emporte les images,
– Seulement les images – ,   au fond
De ma mémoire .


Je suis celui qui a fui,
Pour un monde facile
Je suis celui qui a trahi
Ma langue, mes origines
Ma vie, même ,
Et mon pays
Où jamais, je ne retournerai


RC   – 19 juin 2012

Une réalité hélas  d’actualité –  décrite sans complaisance, par exemple  dans le livre  de Laurent Gaudé   « Eldorado »   ( Actes/sud )

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2 Réponses

  1. J’aime bien le sujet, le texte et l’image. Je ne vois pas de trahison dans l’exil, par rapport à ses racines. Pour moi l’exil résulte toujours d’une contrainte exercée à l’encontre d’un opprimé, économique, politique, ou atteint dans sa liberté d’expression…A voir les risques insensés que prennent les emigrés d’aujourd’hui, on comprend que leurs motivations sont assez puissantes pour qu’ils mettent leur vie en jeu.

    J'aime

    11/23/2013 à 10 h 45 min

    • Oui, car on est de l’extérieur…

      mais celui qui fuit son pays, l’abandonne quand même à son sort, dans l’espoir d’une vie plus facile.. il y a des chances qu’il ressente en lui-même cette trahison, — et s’il réussit ( je pense par exemple aux maçons portugais qui exercent à l’étranger)… quand ils reviennent dans leur pays, c’est pour construire la plus grosse villa, exhiber leur réussite, par quelque chose qui n’a pas de rapport avec la vie locale, et la trahit aussi , en quelque sorte.

      J'aime

      11/23/2013 à 11 h 39 min

je m'exprime:haut et foooort

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