voir l'art autrement – en relation avec les textes

Francis Combes – Le cerisier du Japon


 

Le cerisier du Japon

J’ai fait la connaissance d’un cerisier du Japon,
(un sakura autrement nommé prunus serrulata),
planté sur la terrasse
au sommet de la Tour Périscope
avenue d’Italie
dans le treizième arrondissement.
Assis dans la salle de réception du dernier étage
nous sommes entourés de baies vitrées qui dominent Paris,
Paris qui se cache tout en bas
dans un brouillard gris et doré
comme si le monde entier
souffrait de cataracte.
A côté de nous, une piscine
à l’œil bleu et clair, dort,
transparente et tranquille,
sans une vague.
Nous sommes loin du tsunami,
loin du tremblement de terre
et de l’accident nucléaire…
Pendant la lecture de poésie,
je regarde le prunus à travers la vitre épaisse.
Ses branches lourdes de fleurs roses en grappes serrées,
que bousculent les bourrasques et les giboulées…
Le prunus tient bon
au milieu des courants d’air contraires, dans le vent des hauteurs.
Ambassadeur, malgré lui, d’un pays qu’il ne connaît pas.
Et je me dis, même si certains le nient,
que nous sommes bien sur le même bateau,
chahuté par la tempête.
La planète comme la barque de bois clair
que nous porte le serveur du restaurant de sushis
et nous,
qui nous serrons à bord.
.
.
.

.

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2 Réponses

  1. j’adore se nom fleur de cerisier je voulais appeler ma fille comme ce-là 🙂

    J'aime

    12/16/2014 à 13 h 07 min

    • Et en guise de « réponse », mon propre écrit sur le « pommier du Japon »…

      C’est d’une main
      qu’on ne voit pas :
      ( et la caresse s’échappe
      de l’étau du froid),

      S’étale sur la surface grenue
      du mur, le regain de désir,
      ponctué des globes à peine ouverts
      du pommier du Japon .

      Ses fleurs semblent égarées,
      sur des branches raides,
      désemparées, presque honteuses,
      de ne pas porter de feuilles.

      Ce serait presque une course,
      pour boire la lumière
      des jours de l’hiver allant rétrécissant
      vers l’aveu du renouveau,

      La couleur portant son espoir :
      Un premier signal
      avant le basculement
      vers une pulsation lente.

      Ainsi celle du flux sanguin,
      à l’échelle des plantes,
      se comptant en saisons
      à la place de secondes.

      J'aime

      02/01/2016 à 17 h 48 min

je m'exprime:haut et foooort

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