voir l'art autrement – en relation avec les textes

Monique L -Monolithes irrespectueux


un texte de Monique L,  extrait de son blog poétique et pictural:

« si-peu-de-nous »

Monolithes irrespectueux

 

-La fleur et la pierre participent du même monde et pourtant elles ne sont pas du même genre. Au final, la pierre – toujours hors de portée- même lorsqu’elle s’éboule, écrasera toujours la fleur.

La fleur a vécu d’autres saisons, elle le sait. Elle ne comprend pas tout cela.

La pierre larmoyante de pluie ou d’humble rosée reste une pierre. La pierre roule à sa seule convenance , elle écrase sans façon. Que lui importe, elle est pierre, elle est fière et altière. La pierre s’érige au-dessus du lot commun , elle le clame dans l’azur à tous les dieux et elle se renie ( comme tout ce qui clame) sans vergogne dans les bassesses de ses dégringolades.La pierre se targue d’éthique mais elle méprise Sisyphe et offense le brin d’herbe . La pierre passe sans égards,dans un grand éclat de rire, elle plie et abaisse la fleur. La pierre est sourde ou aveugle ou muette ou trop sûre d’elle.

La fleur et l’herbe le savent, impuissantes, toujours vivantes. Elles ne comprennent rien à tout cela.

5 Réponses

  1. Très beau texte qui me fait penser à l’un de mes poètes de chevet, Francis Ponge.

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    09/29/2015 à 9 h 56 min

    • Oui, et j’ai peut-être l’intention de m’en inspirer pour une variation… A part ça , plein de belles choses sur le site de Monique L  » si peu de nous »….

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      09/29/2015 à 10 h 00 min

      • Oui, je viens d’y aller, vraiment excellent ! Je vais sans doute m’y abonner ! Merci pour cette découverte.

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        09/29/2015 à 10 h 11 min

  2. La pierre nous défie de la longueur de son cycle de vie, d’une duréee tellement longue qu’elle verra notre descendance sur plusieurs siècles, c’est un fait. Mais elle ne saurait prétendre à l’imortalité, et elle redeviendra sable et cendres/ « Tu n’est que poussière et retourneras à la pousssière…Et combien de cycles de beauté nous offre la fleur dans une vie d’homme: tellement de floraisons…Nous sommes tous des instruments du Grand Orchestes de l’Univers, mais ne battons pas du même tempo. Ainsi, le sculpteur confie ses rêves à la pierre, en les espérants immortels, mais saurait-il se passer des joies d’un bouquet?

    Aimé par 1 personne

    09/29/2015 à 10 h 04 min

    • Et puis la fleur se renouvelle, les plantes se multiplient, et finissent par les engloutir, ces pierres, quelquefois à les digérer…

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      09/29/2015 à 10 h 09 min

je m'exprime:haut et foooort

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