voir l'art autrement – en relation avec les textes

Philip Roth – pastorale américaine – (petit extrait )


vue bord fra arch -0585

 

Elle marchait vers le nord-ouest, vers un horizon qu’animait encore un liséré de lumière ; elle avançait dans l’appel du soir de la grive ;

elle longeait ces clôtures blanches qu’elle haïssait, ces fenaisons, ces champs

de maïs, ces champs de navets, qu’elle haïssait, ces granges, ces chevaux,

ces vaches, ces mares, ces rivières, ces sources, ces cascades, ce cresson,

ces osiers (« Les pionniers s’en servaient pour récurer leurs casseroles

et leurs marmites, maman »),                                      ces prairies, tous ces hectares de bois qu’elle haïssait,

elle remontait du village, elle mettait ses pas dans ceux de son père,

du temps qu’il allait, heureux, d’un pied léger, tel Johnny Appleseed,

et c’est ainsi qu’aux premières étoiles, elle avait atteint
les érables séculaires qu’elle haïssait,

et l’imposante demeure de pierre tout empreinte de son être,

qu’elle haïssait, la maison où vivait son imposante famille,

tout aussi empreinte de son être, qu’elle ne haïssait pas moins.

 

petit  extrait  ( vers la fin )  du livre  « pastorale  américaine »

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