voir l'art autrement – en relation avec les textes

Le miroir des pages – ( RC )


 

 

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Je me suis regardé, à travers l’écho
de lignes écrites,      et d’autres mots :
cela fait bien longtemps.
C’était comme remonter les heures,
et se voir autrement,
comme dans un miroir déformant,
mais qui garde les saveurs,
de la terre humide,         et des vents .

Quelques uns m’étaient sortis de l’esprit.
Quand je les ai relus,
J’en ai été ému,
En étant un peu surpris,
comme si j’avais ouvert
une boîte,       ensevelie sous la poussière,
où la mémoire patiente,
qu’il pleuve ou qu’il vente .

Mais cette mémoire m’a échappé,
elle rassemble des lignes,
pattes de mouches et signes,
restés couchés sur le papier.
Ce coffret ouvert,       par distraction,
offerte à mes regards indiscrets,
cachait donc des secrets.
Je les ai ouverts,    comme par effraction.

Les phrases se sont envolées ,
comme de la boîte de Pandore :
elles voulaient me dire quelque chose : je l’ignore,
mais sont restées sagement alignées.

Il est donc étrange , de parler à soi-même :
ainsi l’on se penche
avec des décennies de distance,
à relire des poèmes,
à retrouver des émois
des émotions et des pleurs,
et presque les odeurs
des sous-bois .

A propos, c’est comme la blessure,
qu’en son tronc,       l’arbre supporte.
Même si ce sont des amours mortes,
le dessin du cœur perdure,
et est toujours en devenir :
quoi de plus banal,
de retrouver les initiales
mais qui ne cessent de grandir.

Ces empreintes volontaires,
ce sont des essais
qui ne partent jamais,
et ne peuvent se taire.
Il y a quelque chose de moi
Je ne saurai dire exactement quoi,
malgré le temps qui passe,
qui revient à la surface.

C’est le miroir des pages
d’où l’on se regarde
si on s’y hasarde …
          on y voit son visage
Ou bien ce sont les écritures
qui nous guettent malgré l’oubli
Si on les relit,
         on reconnaît notre figure .

Pourtant je racontais des histoires,
peut-être par défi,
qui n’étaient nullement autobiographie :
alors il faut croire,
que, même caché        dans le noir,
au plus profond des secrets,
on dessine toujours son auto-portrait.
Cela remplace la mémoire qui s’égare.

L’espace s’est élargi
Je n’en connais plus bien        les limites,
Cette écriture manuscrite,
est sortie de sa léthargie :
Au fil je vais me suspendre
à l’intérieur de moi et dérouler
les années accumulées,
et ainsi apprendre

à lire d’une autre façon :
        Construire une stratégie
faire de l’archéologie
        Explorer la maison,
retrouver d’anciennes graines,
qui n’ont pas éclos
      Arroser l’arbrisseau ,
—- en faire tout un poème…

 
RC – juin 2016

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je m'exprime:haut et foooort

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