voir l'art autrement – en relation avec les textes

Juste une hypothèse sur l’existence des choses – ( RC )


Matisse  fenêtre noire      .jpgpeinture: H Matisse

 

J’ai crû que c’était le matin.
J’ai regardé ma montre.
Il est plus de 9 heures .
La météo n’en a rien dit
( on ne l’aurait pas crue ).
Ou bien ce serait un saut dans le temps .
            La nuit s’en engouffrée dans le jour
a profité d’une brèche :
J’ai ouvert la fenêtre.
L’éclipse du temps s’est étendue
pendant la nuit,
et se prolonge 
jusqu’à l’immobilité des choses.

        Je distingue à peine les murs d’en face.
Le béton,     les cheminées,       d’autres fenêtres.
Elles portent un voile de deuil.
Aucune lumière.
Les lotissements sont bien là,           obscurs.
Les immeubles ne présentent que des surfaces,
plantés au sol comme des esquisses de décor.
A peine plus noirs       que le fond d’encre.
Les rues où rien ne circule.
          Tout a été happé par le silence.
A la façon d’un Malevitch
qui aurait peint du noir sur du noir.

        C’est bien le matin,
d’après l’heure   ,
mais peut-on l’appeler encore comme ça ?
        Le jour s’est perdu quelque part,
happé par l’infini,
–       que sais-je ?
A moins que j’aie seulement rêvé:
un rêve de lumière,       caressant les choses,
                                     la pensée d’un astre,
( juste une hypothèse sur
l’existence des choses ),
que rien ne viendrait confirmer .


RC – mai 2018

Une Réponse

  1. Si « tout est happé par le silence », moi je suis littéralement happée par ton écrit :
    J’ai franchi d’un bond la brèche, presque comme si tes mots avaient peint une dimension connue.
    C’est étrange, car certains jours, tourne en boucle dans mon esprit cette phrase « La nuit avait avalé le jour … », sans pouvoir lui offrir une continuité, en terme d’expression écrite. Mais en te lisant , je suis projetée dans cet univers où la nuit a soustrait toute la lumière du jour, l’a évincée ( peut-être ) vers/pour un autre espace temporel , ceci au point de toucher, de connaitre les images que tu décris .
    Sourires, tout compte fait, ton « hypothèse sur l’existence des choses » est un beau présent que tu me fais !
    Merci, René, pour ce partage, que je ne suis pas prête d’oublier !
    Brigitte

    J'aime

    06/04/2018 à 18 h 47 min

je m'exprime:haut et foooort

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