voir l'art autrement – en relation avec les textes

Evadé de l’enfance – (Susanne Derève)


oiseau bleu francois xavier lalanne

               FX Lalanne    Oiseau bleu

 

 

 

On voudrait encore en démêler l’écheveau

quand il faut simplement s’en défaire

 

de ces visages aux yeux fermés

qu’on abandonne      qu’on remise 

aux champs clos du passé 

 

des portes qu’on referme

et de ces puits murés

secs

– le sont-ils tout à fait –

 

Il y a un seau jeté

dans l’herbe

qui tinte contre mon pied

et l’éclat du fer blanc

 

un sourire  évadé

de l’enfance                            

la courbe d’un bras nu

le halètement d’une gorge,  

ténu

le chemin de la corde usée

 

le treuil grince   je l’entends 

gémir au-delà des années

 

Il y a ce matin un bouvreuil perché

sur la margelle

à pépier s’ébrouer d’un œil vif

et sitôt envolé

 

moi qui ne savais plus hier

que ce verbe éculé, ces mots blancs

je me surprends à fredonner

l’instant

 

comme l’éveil se déleste des rêves

comme fondent les neiges

au printemps

visages

que j’abandonne aux étoffes du temps

 

 

 

2 Réponses

  1. C’est le temps qui nous emporte
    sans qu’on s’en aperçoive .
    Les années se gravent
    et semblent fermer les portes,

    comme si on s’éloignait de rives
    et des sourires,
    pour n’y plus revenir,
    de manière définitive .

    Tu me parles de ces objets
    qui se sont enfouis
    loin dans l’oubli :
    tu parles à l’imparfait :

    mais ils resurgissent
    dans le présent :
    – c’était bien avant
    que la vie se tisse  – :

    et tu te souviens
    d’un grand nombre de choses :
    de la maison rose
    et de ton chien

    il est avec toi sur les genoux
    avec ses grands yeux doux
    pleins de candeur.
    Tu regardes ailleurs .

    C’est une vieille photographie
    trouvée dans une boîte à cigares
    tout au fond d’un tiroir ,
    et qui resurgit .

    C’est un sourire
    évadé de l’enfance ,
    une confidence
    que tu vas reconduire

    en te rappelant
    de ces visages aux yeux fermés,
    qui t’ont accompagné,
    lorsque tu étais enfant .

    Leur donneras-tu encore vie,
    à ces années d’autrefois 
    que tu as enfouies en toi
    et qui se sont englouties ?

    Non, sans doute ,
    mais c’est une odeur, une matière ,
    la grain de la pierre ,
    le vieux baby-foot

    qui patiente dans le grenier ,
    les enfants et leurs rires ,
    que tu vas pouvoir dire
    pour te les réapproprier .

    Car on a beau faire ,
    on ne peut pas gommer le passé ,
    il nous maintient quelque part prisonnier.
    ( De cet écheveau on ne peut pas s’en défaire ).


    RC

    Aimé par 1 personne

    01/22/2019 à 10 h 50 min

  2. imago270

    superbe ! même le vieux « baby foot » est devenu – par ta magie – un monstre de poésie… Merci RC

    J'aime

    05/04/2019 à 5 h 17 min

je m'exprime:haut et foooort

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