voir l'art autrement – en relation avec les textes

René Guy Cadou – Journal inachevé


 

juan-gris-la-lampe

   Juan Gris – La lampe

 

 

 

Dormeur inespéré je rêve

Et voici que soudain une petite lampe

Remue très doucement sa paille

Et qu’à cette lueur j’entrevois

Le malheur occupé au loin

 

Rien à frire

Dans la poêle sans fond de l’avenir !

Rien à tirer de la grenouille de l’enfance !

Mais surtout rien à boire

Dans la coupe de l’espérance

Sinon un vin de tous les jours

 

Rêvais-je encore ?

Quel ange éberlué me nommait ?

Les heures comme des carpes se retournaient

Tout près

Sur le sommier du fleuve

Et pour la première fois peut-être j’entendis

La corde d’un violon casser

 

Voici que l’acajou verdit que la chambre s’emplit

De la marée inaugurale d’un poème

Et que cet enfant d’autrefois

Se met à vivre à la fenêtre !

Laissez entrer tous ceux qui rêvent

Laissez-moi m’habituer

Au récipient à peu près vide de la lune

Qu’un chien traîne en hurlant sur le pavé du quai

 

Je te vois mon amour

Ensoleillée par les persiennes de l’enfance

Comme un matin trop beau couleur de thym

Avec ce frétillement d’ablettes de tes jambes

Et cette lente odeur de lessive et de pain

 

Marche un peu dans la rue sans ombre

Vers la flamme !

Redresse-toi un peu que j’accède à présent

Par le puits de tes yeux aux sources de ton âme

Où n’ont jamais plongé les racines du temps.

 

 

 

Comme un oiseau dans la tête

Poésie Points

4 Réponses

  1. imago270

    rarement aussi beau, humain.. Merci Suzanne

    J'aime

    07/28/2019 à 5 h 56 min

    • susannedereve

      comme s’il avait tout vécu dans une courte vie , il y a aussi : la Solitude, la Tristesse, l’Amour que je trouve magnifiques de tendresse et d’humanité
      bon Dimanche à toi

      J'aime

      07/28/2019 à 10 h 30 min

  2. md

    « Traine-moi avec des chaînes sur les pierres
    Enfoncé les torrents et les mers dans ma gorge
    Comme un coquelicot mets ton fer sur ma gorge
    Fait chanter mes genoux dans l’étau des murailles
    Blanchis mes os comme un chien du désert
    Porte mon crâne à deux mains lampe brisée
    Allume-moi torche vivante aux carrefours
    Crucifie-moi à la voilure des navires
    Aux fenêtres des maisons en partance
    Ô flamme lèche-moi comme une poutre basse
    Ecrase-moi de tout ton poids triste saison
    Recouvre-moi de feuilles mortes
    Je ne parlerai pas
    Je ne sais pas ce que tu veux me faire dire
    Je suis innocent de tout mes crimes
    Je suis fermé à la parole
    Je suis un grand silence qui bouge
    Je n’ai plus à te rendre compte de mon amour. »
    Malgré tout..le coeur définitif..rené-guy cadiou

    J'aime

    07/29/2019 à 10 h 54 min

    • susannedereve

      Merci Mada , je continue à m’émerveiller de le redécouvrir : lu ce soir Symphonie de printemps …ô vieilles pluies souvenez vous d’Augustin Meaulnes ..

      J'aime

      07/29/2019 à 22 h 29 min

je m'exprime:haut et foooort

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