voir l'art autrement – en relation avec les textes

Sandro Penna – De retour à la mer de mes vingt ans –


Léon Spilliaert – Digue à Ostende –
De retour à la mer de mes vingt ans,
au soir, je traversai les boulevards tièdes 
et je cherchais mes compagnons d’antan…

Je humais comme un loup déchainé
l’ombre chaude des maisons. Un parfum
vide et ancien me chassait vers la plage
grande ouverte sur la mer. Pour y trouver
l’amertume la plus claire et mon ombre
lunaire, figée sur ce parfum d’antan.

             * 
Quando tornai al mare di una volta,
nella sera fra i caldi viali
ricercavo i compagni di allora…

Come un lupo impazzito odoravo 
la calda ombra fra le case. L’odore
antico e vuoto mi cacciava all’ampia
spiaggia sul mare aperto. Lì trovavo
l’amarezza più chiara e la mia ombra
lunare ferma su l’antico odore.

              *

Sandro Penna

Poésie/Poèmes

(1973)

traduit de l’italien par

Pierre Lepori

Editions d’en bas

2 Réponses

  1. Sublime…Merci (une fois encore) Susanne !

    J’aime

    08/11/2022 à 19 h 25 min

    • susannedereve

      Plaisir du partage , alors un autre ?

      Je ne reverrai plus ce pays où
      l’ange du devoir retombe avec la brume.
      Je reverrai la lumière, la lumière d’or
      où le garçon miroite. Et dans le soir
      ses pommettes flambent quand il rêve.

      C’est une édition bilingue avec une magnifique traduction de Pierre Lepori

      J’aime

      08/12/2022 à 9 h 28 min

je m'exprime:haut et foooort

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