voir l'art autrement – en relation avec les textes

Michel Foissier – série noire ( extrait 1 )


C’est en ouvrant la porte que j’ai compris. Être détective privé à l’approche de l’an deux
mille c’était plus vraiment du cinéma.
Les deux malabars qui m’attendaient dans mon bureau n’avaient rien de Laurel et Hardy et leurs blousons Schott et leurs crânes rasés
laissaient sous-entendre qu’ils n’étaient pas là pour m’entretenir des derniers prix littéraires.
Je constatais d’un coup d’œil panoramique que rien n’avait été dérangé dans la pièce mais quand ils se sont avancés vers moi je n’avais déjà plus d’illusions sur le but de leur visite.

C’est avec un profond soupir intérieur que je me suis dit que j’allais encore poser un lapin à la douce Marianne qui était si fraîche dans ce monde de violence et de corruption.

il dit je suis condamné à vivre dans la couleur du mystère blessé
avec son flingue trente-huit chiefs spécial Smith et Wesson
les bras croisés sur le métal rouillé

il était comme dans ces romans privés d’espace et de lumière
lunettes de soleil pour passer outre le léger tremblement de l’oeil
les doigts coupés dans le creux de la main et la main dans la poche
étranger le temps d’allumer une cigarette à l’os de la flamme
la peur près de lui vient se tenir debout
carapace mon corps baudruche gonflée de sang
un fruit gélif
je n’entends que les battements du silence
flux et reflux
les automobiles glissent à treize kilomètres heure
double chagrin dans le chagrin des pierres

je m'exprime:haut et foooort

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