voir l'art autrement – en relation avec les textes

auteurs à découvrir

Benjamin Fondane – là nous voyageons ensemble .


Je ne suis pas le pilote

de ce bateau que les aubes ont lavé à grande eau –

et les soirs. Je n’ai pas

le droit de commander aux houles

ni mettre de côté

un peu d’écume pour mes vieux jours. Toutes ces autres

écumes, les mouettes,

obéissent à d’autres regards. Je n’ai pas,

voyageur toléré sur le pont, en partage

avec vous, que le droit d’être jeté dessus

le bord, à l’achevé du cycle. De ce droit

ce n’est pas mon dessein d’user. Je vous respecte

marins et vous pilote,

je vous serre la main, commandant. Sur ce pont

vous êtes tous chez vous. Oui, mais moi-même

je ne suis pas d’ici

et me laisse laver par les aubes. Je triche.

Je ne partage pas votre vie. Ma sueur

ne se joint pas à votre travail. Mon visage

est loin. Oui, mais le soir

sous la lampe j’exprime le jus de la journée

sous mon pressoir. Le temps est fini. On commence

un autre voyage. Mais là

nous voyageons ensemble

dans un poème dont je suis le pilote

en un temps, en un temps où il n’y a pas de temps.


Anise Kolz – Somnambule du jour


 

 

Motherwell     wanderers    1986.jpg

Peinture  Robert Motherwell

 

Et Dieu demanda au poète :
« Qu’as-tu fait de mes paroles
plus fertiles que les semences ? »

Le poète répondit :
« J’en ai fait des poèmes
ils ont explosé

Comme l’astrologue
je contemple les trous noirs »

 

 


Cécile A Holdban – à mesure que j’avance


pastel: Aleksandra Laske

 

A mesure que j’avance et m’éloigne de la source
_____et que je bois ma vie, le fardeau s’allège ou s’alourdit
_____et dans mes paumes je garde
_____un peu d’eau et quelques étoiles.

 

 

extrait de  « l’été »


Georges Drano – talus


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Autre talus
Autre chemin que la terre creuse
Buissons de l’autre
Sentiers d’ici
Prairie. Prairie. Prairie.
et encore…
Talus
Quel mot d’absence.

 
Georges DRANO.


Anna Jouy – J’écoute le point du jour


 

 

 

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montage perso  – 2014

 

je me suis couchée dans le bleu , je me lève aux oranges. ma jupe est rayée d’avions mon corsage est nu, il y a un coeur qui s’y lave
la nuit est un sucre à la fonte, la mienne fait des gouttes d’oiseaux. il faut une fenêtre pour avancer et tu fabriques de si belles trouées
tu délivres les gens de ma sorte, tu m’affranchis
c’est l’heure de laisser couler les mites du rêve
j’écoute le point du jour comme un doigt au milieu du thorax
c’est de lui que je m’habille, comme un ongle qui saigne et me désigne.


Colette Fournier – Apprends-moi à danser


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Photo :  Emmanuelle  Gabory

 

 

Apprends-moi à danser
Je veux retrouver le soleil
Flirter sur un rayon de miel
Brûler la pointe de mon cœur
Sur des épines d’arc-en ciel
J’ai besoin du velours de la voix
Feutrant ses frissons de soie
J’ai besoin de la couleur du vin
Fleuve de rubis où tout chavire
J’ai besoin du nectar des abeilles
Des parfums du paradis
Des ailes de tous les anges
J’ai besoin de devenir archange
De me transmuter, de m’alchimiser
J’ai eu si mal dans mon corps
Irradié et somesthesique
Que ce soir je veux danser
Libre, nue, échevelée
Ivre comme une bacchante
Et quelque part folle à délier
Avant que ne descende sur moi
La lente douceur du soir…


Alain Roussel – la dérive du Verbe


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gravure: extraite du livre des  « Histoires véritables de Lucien de Samosate »
« Cela appelle, je ne sais pas d’où mais cela appelle, d’une voix sourde, lointaine, masquée, c’est peut-être une rumeur qui vient de l’océan, ramenée par les vagues sur ce rivage désert où je me tiens en alerte, sur le qui-vive et comme habité par la houle, une certaine façon de tanguer dans la langue et même un certain goût pour le naufrage, j’aime à imaginer que je dois ma survie à cette chose précaire et fragile, un morceau de bois déchiqueté, un mot brisé auquel je m’accroche dans la tempête, m’abandonnant ainsi à la dérive du Verbe comme il vient, balloté, emporté par la phrase…« 
Alain Roussel

Andrée Chedid – Il y a des matins


Bela Kadar - 9p.jpg

peinture: Bela Kadar

 

 

Il y a des matins en ruine
Où les mots trébuchent
Où les clefs se dérobent
Où le chagrin voudrait s’afficher

Des jours
Où l’on se suspendrait
Au cou du premier passant
Pour le pain d’une parole
Pour le son d’un baiser

Des soirs
Où le cœur s’ensable
Où l’espoir se verrouille
Face aux barrières d’un regard

Des nuits
Où le rêve bute
Contre les murailles de l’ombre

Des heures
Où les terrasses
Sont toutes
Hors de portée.

In « Par-delà les mots »


Claire Massart – Au matin


 

 

 

am--   n6..jpgmontage perso – à partir de peintures « surréalisantes…. »

 

Au matin, on entend le chantier de tous les oiseaux,
                                                               des tutoiements aigus, des ouvriers qui s’interpellent.
                                                               Suspendus comme des lampions, des moineaux
                                                               se chamaillent en vol.

                                                              Après le bégaiement des rêves, voici le corps des mots,
                                                              dans leur muselière de poussière.
                                                              Voici les grandes herbes dodelinant.

                                                              Pendant la journée, dans une peine qui s’épaissit,
                                                              c’est toute la mémoire des cailloux qui durcit.


Claire Ceria – Ce qui est impossible à dire


 

Peinture: Achille Benouville

 

ma dernière incarnation était derrière une fenêtre, à l’heure exacte où je suis née, mais longtemps après bien entendu, et dans un lieu complètement différent…le vent du soir argenté dans les branches juste en dessous de la terrasse, les longues feuilles comme coiffées en arrière, qui bougent, et le très grand pin au fond, majesté noire
elle aussi en mouvement.
je pensais à l’incarnation précédente, quand debout dans le jardin à la même heure, j’étais séparée par un mur d’un arbre touffu, où de petits oiseaux pépiaient. Cette fois, il n’y avait pas de vent. Ce pépiement, si fin, subtil, constant, comme s’ils parlaient de l’abri qui les cachait la nuit venant, de leur plaisir à être ensemble, d’une même espèce.
l’arbre est une maison d’ombre où le temps nous pose, oiseaux parmi les oiseaux.

que nos voix entourées se perdent
dans cet abri cette ramure.
avec tous ceux auxquels je fus liée, toute parole oubliée,
seulement un rêve obscur de chant et de halo.

 

C C   2016


Christophe Sanchez – une respiration


60 draps571917.jpgOn retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge viendront sous nos yeux disperser les lunes, dévoiler des années d’intimité au jour neuf.
On retrouvera des lettres entre les draps de lin pliés au carré. Avant le brin sec de lavande, le flacon d’huile essentielle de cèdre, un reste d’odeur humaine. Des lettres oubliées dans les plis du passé, à l’abri du regard de l’autre. Cet autre à qui on a caché les mots. Sur les enveloppes, on admirera la calligraphie, les hautes jambes des lettrines, les vieux timbres et les dates évoquées feront passer le siècle pour une respiration.

Christophe Sanchez


Patricia Fort – Dans ma valise


David Lisboa    boite en valise.jpgpeinture  David Lisboa  » boîte en valise »

 

Dans ma valise il y a…
Vos prénoms et le mien
Qui se tiennent par la main
Nos nuits de bohémiens
Des contes et fleurettes
Des rires sous couette
Des sax et des rôles
Bad pas t’es pas drôle
Des boucles bleues
Des cernes sous les yeux
Nicolaï qui s’enjaille
Et nos voix qui s’éraillent
Une écharpe de ciel
Qui me sied à merveille
Des clés de portail
Ma mémoire qui défaille
L’or des blés
La blancheur de l’été
Une corde de guitare
Mais non il n’est pas tard
Le grenier de la France
Et celui de mon enfance
Une madeleine et un marcel
Des souvenirs en dentelle
Un décapsuleur
Des biscuits et du beurre
Une espadrille orpheline
Nos doutes en sourdine
Cinq chemins au levant
Le soleil au couchant
Un sentier pour nos pas
Avec des pierres çà et là
Valentino et des abeilles
Nos bouches groseille
Nos cœurs à l’unisson
Des rimes , des chansons
Une petite fille oubliée
En jupe plissée
Queue de cheval
Des amours qui se font la malle.
Dans ma valise bien rangée
Un voyage immobile
Une parenthèse, une île
Vos vies là, devant
La mienne qui attend. »

© Patricia Fort. – Artenay 17 juillet 2013.


Pierre Mhanna – le feu de son parfum


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photo: Josef  Breitenbach

Sa robe tombante
Un souffle de brouillard et de rosée
L’entre-laçage de la forêt,
Nue elle se promène alors
L’eau bleue de l’aube,
Dans le baiser de sa peau
Le lever du soleil du matin.

Dans d’innombrables corniches
Le feu de son parfum
Remplit mon encrier,
Hors de la dureté de la pierre
Persuadant ma volonté de monter
Et faire face au monde à nouveau,
Façonner le renouveau du monde
Hors de la profondeur
De mon amour et de ma passion,
La maturité de ma virilité,
La vigueur rajeunissante de sa présence
Floraison dans mon coeur,
Imprégnant mon être
À la lumière de l’éternité.

( tentative de traduction:  RC )

Her falling dress
a breath of fog and dew
lacing the forest,
naked she then wades
the blue water of dawn,
in the kiss of her skin
the morning sun rising.

In countless streamlets
the fire of her fragrance
replenishes my inkwell,
out of the hardness of stone
coaxing my will to rise
and face the world again,
shape the world anew
out of the depth
of my love and passion,
the maturity of my manhood,
the rejuvenating vigor of her presence
flowering in my heart,
pervading my being
with the light of eternity.


André Schmitz – De son bec d’acier


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De son bec d’acier, l’éclair ouvre le fruit, fracture le noyau, y découvre un arbre,
parcourt un verger, en déchire les fruits.
Et le cycle accompli, l’oiseau-feu s’éteint.
Ses ailes de cendres redeviennent fable parmi les rousseurs d’un étrange festin.

André SCHMITZ

« Bételgeuse n° 21 » in « Le Bestiaire Fantastique » (Larousse)


Philippe Delaveau – alouette


L’alouette au sommet de sa tour flambe seule, veillant l’air bleu, dictant
au ciel son allégresse. Et par ses yeux le poème connaît
le verbe, illuminé de verreries, puis le beau rythme
dont les arches assoient le pont sur le fleuve silence.
Et l’habitante au fond de moi, la secrète intangible admire
les mots soudain en ordre sans comprendre. Je ne suis rien
que l’instrument que l’on accorde à la lumière.
                        ( Calendrier de la poésie francophone 2011)


Dominique Sampiero – La claire audience


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Raimond Cazaux – Flipper


Brom brom iiii pog vrom
Rumeurs rumeurs rumeurs…
Game over points 10 50 100
OUAAH!
Umm un flipper
Bornp chtac
OUAAH scratch bomp chtac
outch humpf
Omaank
slapt crash bump Chlaf
hé Nacki AAAA crash pffft
Libre, seul
Vroraaa
Nous aussi, nous aussi
VROUM.

 

Raimond CAZAUX « L’Œil à facettes »


Denis Scheubel – le réveil


 

Sur ma tempe

Une haleine

Brûlante

Electrique

Il n’y a que le

Réveil pour ressembler

Autant à la fin du monde


Carles Duarte – l’abîme


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L’Abîme

Au-delà de la mer
– je peux sentir son vertige -,
il y a un abîme.

J’abrite mes regards
derrière mes paupières fatiguées.

Tandis que j’observe les vagues,
j’écoute le corps,
sa routine incessante
chaque fois que je respire.

Je suis ressorti dans la rue.
Je tente en vain d’y retrouver des images.
Je n’y reconnais pas cet enfant blond,
ni la cour pleine de lumière.

Il me reste, pourtant, des miettes bleues
et les visages des mes parents que j’imagine.

Je m’assieds sur le sable
pour refaire les châteaux d’autrefois,
pour me rappeler.

Au-delà de la porte de l’air,
de la lumière primordiale de cet après-midi,
d’une joie que je regrette,
l’océan transparent de l’oubli
me détruit.

 

Traduit par François-Michel Durazzo
Le centre du temps, Fédérop, 2007

L’abisme

L’albada és de cristall
i una Lluna de marbre
s’allunya pel ponent.
Dins els teus ulls
viu un silenci dens,
un fred precís
que ens pren la mà
i ens duu molt lentament
fins al llindar,
sense passat,
sense futur,
on tot és fet d’abisme.
T’abraço fort,
m’abraces,
vençuts per aquesta set,
per aquest dolor
que es torna inextingible.
Aprenc a abandonar-me.
La mar i jo
ja som només
la llàgrima.

Extrait de: El centre del temps
Edicions 62, 2003

Christian Hubin – L’auréole veuve


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De l’horizon arrive la division en perles, l’intelligence inhumée.

L’auréole veuve, le glas dans la base opaque du soleil.
A ceux que son rivage éveille, l’eau de la nuit rappelle que rien n’est achevé.
Au bord de la mer, elle-même face à elle, à sa fin réfléchie.
Qu’est-ce qui revient avec les vagues ?
Qu’avons-nous fait pour à ce point avoir oublié, n’être plus ?
Bulles blanches qui s’envolent de la roche tabulaire.
L’éponge de l’air, les stries dans la lumière totalisante.


Cathy Garcia – Sol y tierra


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le vent
entre chien et loup
la lune cachée
dans le haut tilleul
la douceur
léger frisson
imperceptible
sortilège

les démons de gouttières
miment le combat
quatre ombres
apparaissent
disparaissent
froissent les herbes

le val de mes seins
invite à la balade
et ma pensée va à l’homme.

mais dieu siffle mon âme
comme on siffle un chien

et mon âme danse
une joie
soûle d’espace
solitaire

sol y tierra

et le vent aussi
et le vent.


Valérie Rouzeau – Quand je me deux


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Mécanicienne en bleu parmi les digitales
Je ferai ça plus tard pas comédienne
Pas maîtresse pas danseuse même étoile
Pas voyageuse-représentante-glacière ou femme fatale
Boulangère pâtissière couturière roturière
Serveuse borne notairesse cuisinière frigidaire
Infirmière laverie lingère même si légère
Pas comme comme commerçante pas femme savante
misère

 

 

Valérie Rouzeau Quand je me deux,                    Le Temps qu’il fait. 2009


Alain Grandbois – Il y avait les palais noirs…


 


Il y avait les palais noirs et les hautes montagnes sacrées
Il y avait ces trop belles femmes au front trop marqué de rubis
Il y avait les fleuves avant-coureurs de la fin du Monde
Il y avait la pourriture la moisissure et cette chose qui ne s’exprime pas
Il y avait ces mauvaises odeurs les excréments des êtres
Il y avait trop de dieux

(Alain Grandbois, Poèmes inédits, 1985 )

 

Lady Sanguine Process by Andantonius

docu animé:  Andantonius – lady sanguineLady Sanguine Picture  (2d, fantasy, lady, priestess, sorceress):


François Corvol – Quelque chose – VIII -Métro St Paul


 

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VIII

Toujours le même clochard à enjamber
à l’entrée du métro saint-paul
toujours la même masse
dans laquelle déambuler se frayer un chemin
dans le néant comme dans la vie, dense et hystérique
cette masse a tous les jours la même tête
chacun colérique de ne pas valoir un clou
jungle compliquée fiévreuse caduque
l’esprit de la foule fait naître
à la fois la fuite et l’amour dans mon cœur
je ferme parfois le poing dans ma poche
position de combat absolument ridicule
je fais finalement comme les autres
j’erre je dense je pense je travaille j’attends


Laetitia Lisa – En habits d’oubli


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peinture  rupestre    grotte de  Chaturbhujnath Nala, Inde, environ  10,000 av JC

 

Je longe le champ de blés verts

hâtant le pas dans l’herbe haute

pour recevoir encore

un dernier baiser du soleil

avant qu’il ne se couche

en draps ocre et dorés

 

demain la pluie

demain le froid

 

pour l’heure la douceur du vent

le chant des grillons et les hirondelles en formation

 

avec elles je me baigne en le ciel

allongent les brasses lorsque les courants frais

effleurent mes bras nus

 

avec elles je reste immobile un instant

sous les caresses des courants tièdes

 

je plonge

dans le bleu des montagnes

jusqu’à ce que la nuit revienne parfaire l’esquisse

de ses gris colorés

 

je ne peux rien contre le froid et la grêle

tueurs  des promesses si près d’éclore dans mon verger

je ne peux rien contre le feu du soleil

tueur des promesses si près de porter fruit dans le tien

 

sur le dos de quelques mots ailés revenus nous chercher

nous dansons en habits d’oubli

ourlés de nuit  .

 

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