voir l'art autrement – en relation avec les textes

ping-pong ( = deux auteurs en dialogue)

cet hiver à venir qui se cache (RC)


En écho à Nath  (  bleupourpre)….   et ma réponse  sur L’aveu de l’hiver sera assez tôt…

Et cet hiver à venir qui se cache

Soies et cachemires sont à broder
Aux feuilles et racines par l’été érodées
La lumière jaillissante enlacée
Tables paillardes agacées

Accordéons et fêtes en cours
Aux gibiers ruisselants, chasse à courre
L’après-midi digeste de la cuisine des dieux
Porte les plateaux ocres jusque vers les cieux

En attendant des temps moins cléments
Des outrages d’orage, et vents déments
D’un engourdissement allant vers l’oubli
Sous le froid latent des montagnes et des plis.

neige au mont Lozère, photo personnelle

—–

Et la patience des pins restés debout
Encapuchonnés de blanc sur le vert, marabouts
Et l’obstination à ne pas faire deuil
Du chêne blanc, à ses feuilles

Se déroulent sur le causse les saisons
Dont on attend l’improbable horizon
Sous la marche forcée des nuages
Cachant de l’hiver, le vrai visage


Sur la croisée des chemins (RC)


Sur la croisée des chemins, en ondules et creux,

du paysage c’était sa main

des traces qui menaient quelque part,

sans doute, mais où?

je ne savais rien de l’après ,

de ce qu’ était derrière la colline du lendemain,

la boule de cristal peut-être, – c’est sûr -,

les lignes de la main, encore,

m’auraient lu mon destin,

mais j’ai préféré continuer ma route,

avec toi, la main dans la main

et la traduction en espagnol que m’a gentiment fait parvenir Josephine Coll…

En la encrucijada

En la encrucijada, en ondulaciones y oquedades

del paisaje era su mano

huellas que llevaban hacia algún rumbo,

sin lugar a dudas, pero ¿a dónde?

del después yo lo ignoraba todo

de lo existente detrás del monte del mañana,

la bola de cristal quizás, — es cierto–,

las líneas de la mano, más aún,

me hubieran desvelado mi destino,

mas preferí proseguir mi travesía

contigo, cogidos de la mano

Main de Çiva -                    2ème quart du Xème siècle - Grès- ----Art Khmer

Ce texte  est un commentaire  à partir  du thème original proposé par Juliette, et repris par JoBougon..

           http://papierlibre.over-blog.net/article-nouveau-theme-de-juliette-73744298-comments.html#comment82323128

comme elle  a fait un autre écrit dans le même  sens  que je cite ici,   je lui ai fait la réponse suivante  hier  ( plus bas)…

———

Invitation

La banquise ne sied guère

A la passion torride

Venez-donc très chère

Avec moi parcourir

Le monde et ses secrets

Et s’installer qui sait

Sur la plage du désir

Qui attend nos soupirs

Puisque c’est la chaleur

Mariée à la douceur

Qui fait vibrer mon cœur.

Jo

——–


Chère toi…


tu sais tout de mes vibrations

de mon âme en sensations

de mon âme en ascension

et de mes tensions

Nous alons patiner dans les moules

Tamiser la semoule

Découper la banquise en dés

En faire chasse gardée

Et garder les glaçons

Pour faire  à l’hameçon

De la pêche miraculeuse

Abondance merveilleuse

En plaisirs friandises

Qu’avec toi  j’autorise

A partager moments

Au bal des amants…


Philosophie délirante – ( RC )


A la philosophie vivante,
j’associe la délirante
A l’amour magicien
Chacun y met du sien
Dans son beau palais
Cléopatre fait des siennes
Elle a fermé les persiennes
César en faux con maltais
On lui a grillé les neurones
Il monte la garde au fond du Rhône
Caché longtemps dans l’abri liquide
D’une eau pas très limpide

Nerva ( presque César) Getty Villa

Il eût été inspiré de rester à Rome
Sans courir après les fantômes
Ni convertir les celtiques
Par la langue de bois politique
On aurait préféré l’amour magicien
A l’habileté du politicien
Et qu’il laisse ses bataillons
Manger cornichons et graillons.
A force de courser Cléopâtre
Et son profil d’albâtre
Il a loupé l’été,     la plage
Le soleil,     et le bronzage
Et les pieds en éventail
Plutôt qu’un champ de bataille…

cet article  est une réponse complément à celui de JoBougon    :  voir  http://jobougon.wordpress.com/2011/10/12/philosophie-vivante/#comment-2438


Galerie

Ivresse et « cuisine » avec JoBougon (RC)


Ivresse   ( texte original à partir duquel les autres sont en  « écho » )

19 juin 2011 par jobougon

Ces douleurs que le monde méprise
Nous freinent telles les douleurs exquises
Qu’il conviendrait très chère marquise
De transformer en friandises
A faire dégeler les banquises
En vivant nos passions torrides
S’il advenait qu’à tout hasard
On apprenne à faire don de l’art
De s’abandonner en amour
Sans plus de peur ni de détour.


  1. Ainsi par quelques détours
    Et revenu à l’Amour,
    Chère Marquise
    tu m’a conquise
    gilles/lepoete71
  2. Ainsi va notre amour
    Redessinant les contours
    De nos deux vies réunies
    Pour être plus épanouis.

    Jobougon/lapoétesse13
    Avec mille bisous

  3. Souffrez, chère marquise,
    Qu’à ces mots, à mon oreille si tendres
    Je sorte du congélateur aux douces bises
    La crème fouettée, qu’il fallait se prendre
    Afin d’orner, du four extrait, torride
    Ce gâteau aux saveurs exquises

    Qui n’attend que votre bouche avide
    Abandonnant sans peur ni timide
    Son fondant d’arômes liquides
    Pour ne laisser plus aucune miette
    Sur votre délicate assiette

    Sans détour , ni peur
    Je vous donnerai de tête
    Les secrets de ma recette
    Deux cent cinquante grammes de beurre
    De la tendresse ,de la bonne humeur…
    Et à vos joues émues, un peu de couleur !

  4. Ah cher marquis c’est étourdie
    Par toutes ces jolies sucreries
    Qui sentent bon les joies refleuries
    Que vous me voyez alanguie
    Vous m’avez tant fait rire ce soir
    La poésie est une victoire
    Et c’est renversée comme la crème
    Que sur mes joues monte l’érythème
    D’une ivresse où votre tendresse
    N’a d’égale que vos douces caresses.

  5. Ainsi , je suis fort aise que ce dessert
    de suite après le camembert
    vous tirez, Marquise, une caresse
    des ces mots renversés, une prouesse,

    Il convient maintenant de savourer
    ce que vie peut nous donner

    aussi je propose une fine liqueur
    Que nous boirons en coeur

    Autant faire de l’ivresse
    Une divine messe !

  6. Votre messe cher marquis adoré
    N’a vraiment plus rien du curé
    Vous savez combien j’aime pourtant
    A rester un tant soit peu décent
    Mais puisque vous relevez le jeu
    Je vais donc me servir de ce feu
    Pour allumer dans la cuisine
    Sous ma petite recette coquine
    Et aller réchauffer l’humour
    Avec plein d’autres calembours.

  7. Et bien, Marquise, en cuisine coquine,
    Je ne doute qu’elle sera fine,
    Et de l’humour à petit feu
    De l’amour toujours ce sera jeu

    Il faut céans laisser de coté,
    Il est vrai, notre brave curé
    N’aurait cure (et) de propos polissons
    De ses ouailles, surtout en jupons

    Ceci non plus, sans invoquer diable
    Ou, si c’est vous , Marquise, si aimable
    Aux saveurs et propos de miel
    On a évoqué le septième ciel

    A partager en deux , je dirai cieux
    Que votre recette est bonne ( grands Dieux) !

  8. Existe-t-il au autre destin, pour les passions torrides qui se vivraient sur des banquises, que celui de tomber à l’eau ?

  9. Espérons que la glace tienne suffisamment longtemps pour qu’elles meurent de leur belle mort.

  10. C’était pour le dessert, la glace
    Vanille, Rhum et raisins
    A la cuiller, et puis—- non, avec la main
    Pour elle il y aura la place..

  11. Je commanderai café liegeois
    Pour le siroter avec toi
    S’il reste suffisamment de place
    Pour tenir à deux sur la glace.

  12. Le tout est bien glissant
    Et le café sur ma chemise
    En traces, n’est pas de mise
    Sur un blanc très salissant

    C’est la faute au vin de messe
    Dont j’ai rempli de calice
    Marquise aurait appelé la police
    Si elle n’avait, en grande prêtresse

    Effleuré le bonheur
    D’une badine farouche
    Qui à tous les coups fait mouche

    un p’tit verre de liqueur ?

  13. Ce cher marquis

    Il dit liqueur
    Mais mon honneur
    Me commande de faire à son heure
    Mieux que le café en couleur

    Puisqu’ une tache qui serait brune
    Sur sa poitrine moi je l’assume
    Je roulerais jusqu’à sa plume
    La dite messe d’une douce écume
    C’est la glace qui fond je l’assure
    Et puisque cette prune est mûre
    Ne reculez pas d’aventure
    Devant la pâte et la levure
    Entrons direct dans la cuisine
    De cette jolie diablesse divine
    Qui a le palais si sublime.

    Que diriez-vous d’être au régime ?

  14. Car ce sera si j’ai bien compris
    En cette saison un clafoutils
    Je serais prêt à en faire pari
    Et vous avez tous les outils

    Et par vos dons, Marquise,
    Dans la farine, vos doigts
    Et la juste cuisson requise,
    Ce sera un plat de choix

    Au régime me souhaitez vous?
    Cruelle, cette préparation exquise
    Au moelleux si doux
    Pour moi, n’était pas de mise ?

    Ce n’est pourtant pas l’embonpoint
    Que vous montrez de vos doigts blancs
    Ce qui tend ainsi mon pourpoint
    N’est pas un songe gourmand

    ( réservé aux amants ?)

  15. A brûle-pourpoint je vous réponds
    Que le régime de ma cuisine
    Est réservée à ceux intimes
    Qui ont su faire fondre les ponts

    Mais marquis vous qui vivez loin
    Saurez-vous rejoindre ces matins
    Où le clafoutis dégusté
    Nous aurons les noyaux crachés

    Croyez bien très cher samouraï
    Qu’avec toutes ces victuailles
    Vous soyez bénis par les « Dieux »
    Je le ressort toujours un peu

    Aimant à toujours concocter
    Des plats de chambre* à plaisanter
    En toute sorte de saisons
    Et toute sorte de positions…

    (réservé aux aimants)

  16. Si c’est donc là, le régime
    D’un sourire en coin
    Ce n’était pas l’embonpoint
    Dans vos propos légitimes

    Je partage à distance
    Les prunes que mon jardin
    M’offrent dans ma main
    Noyaux exceptés, de préférence

    Chère Marquise,j’imagine votre geste
    Clafoutis dégusté, rejoindre le matin
    Plats de chambre en un tournemain
    (tours de mains), pour les propos lestes

    Et plaisanter de concert,sur la cuisine
    La façon et la cuisson
    En toutes positions
    Il est dit , »de parties fines »

    Je vous crois sur parole,
    A faire fondre les ponts, votre visage
    S’illuminera – selon l’usage
    Comme celui d’une sainte, sous l’auréole

    Pour cela, puisque nous parlions d’ivresse
    Boissons dégustées et plats partagés
    Seront goûtés comme il se doit, et mangés
    Bien épicées, de caresses et tendresses.

  17. Marquis je chambre et j’aime chambrer
    Et de parties fines je connais
    Ce que vous voudrez bien montrer
    Si c’est l’embonpoint qui vous sied

    Nos complicités culinaires
    Seront rejointe volontiers
    Par d’autres jeux bien plus sucrés
    Qui ne sortent pas du frigidaire

    Sachez donc que mars et vénus
    Sous la couette ont des imprévus
    Qu’il convient aussi de dompter
    Pour que le partage soit entier

    Si vous touchez à l’émotion
    Il viendra alors des frissons
    Evitons l’écueil du rendement
    Qui paralyse et glace le sang

    Pour que les visages s’illuminent
    Vous oserez ces jeux sublimes
    Qui ne demandent aucun effort
    Et nous mettrons tous deux d’accord

    A venir lâcher nos défenses
    Il nous faudra toute la patience
    Et la vulnérabilité
    Nécessaire à la volupté.

  18. Rassurez vous Madame
    Point d’embonpoint n’ai
    Bien que je sois gourmet
    Et même, ce ne serait pas drame

    Voulez vous avec biscuit ,volupté
    partager ? Je connais des boudoirs
    Qu’il faudrait savoir
    Tremper dans votre thé

    Mars et Vénus
    en planètes associées
    sans atmosphère viciée
    sont les bienvenus

    Loin de moi les rendements
    D’une cuisine rapide
    Aux plats insipides
    Je vous prendrai doucement

    Par la taille
    pour accompagner les jeux sucrés
    ceux de votre spécialité
    les aventures de la faille

    Que je rempliai de grains
    Dorés de raisins
    Pour mieux savourer
    Les fruits de vos bontés

  19. Vous êtes mon empereur

    J’ai fait salon dans mon boudoir
    En tendre faim de recevoir
    Cet embonpoint que n’avait pas
    Marquis et son doux chocolat

    De thés parfumés au jasmin
    Vous avez trouvé le chemin
    Je n’en dirai pas davantage
    Sur la profondeur de l’ouvrage

    Car sans être béni oui-oui
    Marquis vous avez bien admis
    Que loin d’être une sauterie
    Pour jeter d’en haut l’ennemi
    C’est de boudeuse dont il s’agit
    D’envers ou d’endroit je l’oublie

    Pour nul naufrage il faut courage
    Vous avez relevé le défi
    A travers les mailles du corsage
    Vous êtes allé sans faire un pli

    De cette bonté partagée
    Comment faire pour vous remercier
    Si ce n’est en vous laissant faire
    Dans l’entrée vos douces affaires

    Et de portail en cheminée
    Comment aurais-je pu deviner
    Dans quelles sortes de mondes enchantés
    Vous alliez là me projeter

    Nos ravissements planétaires
    Viendraient comme un grand souffle d’air
    Aérer le feu des idées
    Bien mieux qu’un âtre ordinaire
    A me pulser sur vos avés
    Sans jamais être offensée

    Les miroirs en lie de folie
    C’est d’une bouteille dont il s’agit
    Un de vos crus millésimés


    Dont seul vous avez le secret
    C’est ainsi qu’il fallait traiter
    Les fruits de vos raisins dorés

    Quand par la taille vous m’avez prise
    De bonheur suis restée éprise
    Vos failles sont pleines de surprises
    Que sans vous n’aurais pas apprises

    Sans chercher aucune petite bête
    Mon araignée fût stupéfaite
    De se trouver au cœur d’une fête
    Dans l’imprévu de vos fenêtres

    Marquis de boudoirs en salons
    Vous avez œuvré pour de bon
    A faire le tour de ma question
    Réservée à mon grand champion
    J’avoue que c’est votre nez rond
    Impérial qui eut le pompon.

  20. C’est ainsi, grande duchesse
    Que par la luxure de vos tresses
    Nous montons en grade
    Sans que rien de dégrade
    De complicité, nos relations
    Boudeuse, Bougon, c’est votre appréciation
    Du courage certain, dont il est question
    Pour les douces affaires
    Au ventre salutaire

    J’ouvrirai mon pourpoint
    Pour, de vous, prendre soin
    En crus millésimés
    J’oserai vous limer
    Et duchesse , à vous presser
    En surprises caressées
    Votre araignée maligne
    Saura se montrer digne
    D’une visite ino-pinée
    D’une seringue d’élixir
    Qui vous fera rougir
    Sitôt ino-culée.

    Que j’aime votre entaille !
    Pour la visite, on n’y voit goutte
    Mais c’est sans doute
    La profondeur de la faille
    Afin d’en avoir le cœur net
    J’écarterai les pétales
    Avec ma langue frontale
    D’une pichenette

    D’une fontaine jaillissante
    Je récupérerai les raisins aplatis


    Par mon grand appétit
    De passion fouissante
    Et du jus de fruits
    Extraite de votre puits
    Une bouteille tiède
    D’un puissant remède
    Pour le festin galant
    Des nouveaux amants

  21. Lampe frontale

    Dans les escaliers de mes nuits
    Qui donne accès au fond du puits
    J’ai trouvé cet équipement
    Pour visiter l’appartement

    Qui serait témoin de l’épreuve
    A laquelle les yeux qui s’abreuvent
    Permettrait de naître à soi-même
    Sans que la détresse nous promène

    Née de notre conversation
    La lampe frontale fait allusion
    A d’autres lieux bien plus intimes
    Qui ne sombrent pas dans l’abîme

    Mais bien qui donneraient le frisson
    A l’épervier et au faucon
    Qui réunissent de toute façon
    La gaité de tous les pinsons

    J’ai opté pour la guérison
    Sans effort et dans l’abandon
    J’y retrouve ici le pardon
    De toutes mes erreurs d’illusions

    La lampe frontale n’est pas fatale
    Mais bien guérisseuse en crotale
    Lorsque celui-ci n’a pas mal
    De ma dévoreuse mygale.


  22. Et apparemment, peut-on visiter cet appartement ? – décemment

    Il y a des coussins de velours, et des canapés profonds – frissons

    Les erreurs d’illusions, sont-elles des illusions d’erreur? – barrissons

    Et la guérison, – comme la tête de loup…
    chasserait de l’obscurité, les remous, les doutes et fantômets

    Déjà faute d’oiseaux nocturnes ( enfin ceux que tu as cités), – publicité – Chouette et hibou feront à défaut du ménage, bon ménage

    Au fond de ta grotte, en langue frontale ( et non pas lampe)
    on ne pAnse pas à mal ( car honni soit qui mal y pense)…
    et de mygale… les frissons, c’était les amidales – qui les donnaient

    – amicales

  23. Aucune guérison n’est fatale
    Aucune lampe frontale bacchanale
    Nos oiseaux nocturnes dans la turne
    Verront ainsi l’âge de saturne
    Vous avez de drôles d’amygdales
    Un rien peut-être archétypales
    J’ai pansé qu’il valait mieux
    De penser l’âme de mes bleus
    J’irai ainsi faire le ménage
    Dans les remous de votre cage
    Des grottes en trous un peu partout


    Là c’est à en devenir fou
    Mais vous délivrez ce message
    Ces deux là feront bon ménage
    Serait-ce une illusion d’érreuse
    Si cela me rendrait heureuse
    Sous une toile du peintre maudit
    Vous visiteriez mon taudis
    Ah doux marquis vous m’ébranlez
    Dans mes convictions intégrées
    Des amis que dalle entre nous
    Je n’en suis pas si sûre du tout
    Au fond des canapés profonds
    Vous auriez raison d’une raison
    La mienne.

  24. A vous rassurer
    Et puis commenter
    C’est plus un oraison
    Et être au diapason

    A votre écoute
    Parmi les doutes
    Et de mon propre aveu
    En panser les bleus

    Si je bouscule vos habitudes
    C’est pour alléger votre servitude
    Et si la déraison en votre maison
    Devient un poison

    Alors oui, pour vous ébranler
    de certitude,Il vous faudra aller
    Et peut-être déranger
    Un esprit mélangé

    De doutes et d’errances
    et « casser la croûte »
    Celle que l’on redoute
    Qui est d’importance

  25. La croûte se casse en pots Félés
    Ce soir le ciel n’est plus doré
    C’est dans un brouhaha intense
    Que j’ai donné toute mon essence
    Sur le lieu de tous les secrets
    Celui de mon travail de fée
    Hospitalière et pas surfaite
    Surfeuse de têtes dans sa défaite


    Ce jour n’est pas une réussite
    J’en reviens un peu déconfite
    Mais n’aurai pas manque de bon sens
    En pensant que c’est dans l’instance
    Que les projets peuvent prendre naissance
    Et si parfois les circonstances
    Ne sont pas bonnes, pas d’impatience
    La vie n’est pas sans nulle surprises
    Suffit d’être pour ça disponibles
    Et de cueillir toutes les joies
    Tout en restant de bon aloi
    En attendant que l’heure sonne
    Pour aller réveiller la donne
    Les jeux sont faits rien ne va plus
    Je remballe mes espoirs déçus.

  1. D’espoirs en succès
    Je suis à vous
    Et vos doigts sucés
    qui me sont si doux

  2. J’arrose nos succès
    Et je t’offre ma paix
    Une fois tes plats goûtés,
    Repus, on s’endormait

    La musique du hasard                             —- (la musique du hasard est le titre d’un livre de Paul Auster)
    Ne viendra pas trop tard
    Sur le piano des doigts
    Quand ils courent sur moi

  3. Mes doigts courent comme il neige
    Et sur ton piano, les plus beaux Arpèges
    Courent sur ta peau quand je beige
    En un somptueux florilège

  4. Reprenons notre dîner, après ce court entr’acte
    Ce n’est pas à laisser se faner, les fleurs de septembre
    Qui vivaient en juin, puis en janvier en couleur d’ambre
    C’était avec l’ivresse, et repus que nous avons scellé le pacte,

    Dressée sur la table, en dansant tango, en femme éprise,
    Comme un petit bonbon, de ceux qui nous tentent
    Indolente et parfumante, goûtait bon la menthe
    Sans te nommer sainte, des anges, Marquise

    Admirant les plantes, guérissant les plaintes
    La voila qu’en danse, elle se dresse et ondule
    Revirant l’ivresse, pécheresse funambule
    De tout son sexe doux elle va, sans crainte

    Répondre en mélodie,l’arpège des accords
    Tanguer, Tango, accélérer tempo
    A se faire liquide, engloutir ma peau
    Et cueillir étincelles, grande sonate du corps.


Citation

Fabienne Verdier, calligraphe – sur le site de JLK


 

—–

Fabienne Verdier ou l’abstraction vitale

ff9034ad8dc401997f02240847b25b69.jpg
ENTRETIEN Un livre magnifique, rassemblant ses œuvres et un entretien avec Charles Juliet, illustre la démarche exemplaire de l’artiste.
Le parcours existentiel et artistique de Fabienne Verdier fait figure, pour beaucoup, de véritable leçon de vie. Initiée à la calligraphie traditionnelle au fin fond de la Chine, au lendemain de la Révolution culturelle, ainsi qu’elle le raconte dansPassagère du silence, l’humble disciple de Maître Huang Yuan est aujourd’hui une artiste de renommée internationale. Est-ce pour autant une « star » ? Le prétendre serait ne rien comprendre à ce qui l’anime ni à ce qu’elle vit… 
– Qu’est-ce qui, depuis votre rude apprentissage en Chine, a changé pour vous ?

– Pour l’essentiel rien n’a changé : j’en suis toujours à me battre pour me construire, et ce n’est pas plus facile aujourd’hui que dans mes périodes d’apprentissage les plus rudes. Cela tient d’abord au fait que la relation au monde actuel est très difficile. Le monde de la consommation fausse notre rapport à autrui autant qu’il menace chacun de nous. J’ai tout à fait conscience, par exemple, du danger que représente ce qu’on appelle le marché de l’art, auquel je participe pour vivre de ma peinture, mais avec réticence, sans aucun goût pour les mondanités, et je sens que plus ça ira et plus je m’enfermerai. Je constate que plusieurs de mes camarades artistes chinois, qui crevaient de faim quand je les ai connus, gagnent aujourd’hui des millions de dollars. Je m’en réjouis pour eux, mais l’art est autre chose pour moi qu’un moyen de se faire de l’argent. On n’a pas idée des sacrifices qu’il représente, et je me refuse d’ailleurs à produire pour vendre.. Je tiens à rester rare afin de préserver mon intégrité ; en fait je me bats contre le marché ! Par ailleurs, je détruis 80% de mes travaux. Ceci dit, je viens de passer deux mois durant lesquels, ayant à présenter mon livre en Belgique et en Suisse, j’ai fait d’innombrables rencontres à la fois émouvantes et stimulantes : de jeunes gens qui doutent de tout et que ma démarche encourage à poursuivre une recherche personnelle ; de vieilles personnes aussi qui me disent que ma peinture les aide à vivre ; et cela va plus loin que la jouissance esthétique : cela touche au sens de la vie. Bref, on me rend au centuple ce que j’essaie de donner.
– Le grand collectionneur zurichois Hubert Looser vous a comparée aux maîtres de l’abstraction lyrique américaine, avant de vous inviter à « dialoguer » avec De Kooning, Cy Twombly ou Donald Judd par des créations qu’il a incorporées à sa collection. Comment l’avez-vous vécu ?
– Looser a découvert mon travail à Lausanne, à la galerie Pauli, puis il a débarqué dans mon atelier avec toute une documentation qui m’expliquait la parenté de mes recherches avec celles de Kooning, de Pollock ou de Barnett Newman, dont je ne me doutais pas. Or j’ai trouvé, chez ces peintres, une préoccupation spirituelle fondé sur des recherches que j’ignorais, recoupant la mienne. Jusque-là, je ne comprenais pas l’art radical d’un Donald Judd. Or la proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction.
– Dans quelle mesure celle-ci participe-t-elle encore de sa source chinoise ?
4cf6caed941d39a865680d909ebc5acc.jpg– Il est évident que l’enseignement de mon maître reste une base fondamentale, avec tout ce qu’il implique. Les bâtonnets primordiaux, mais aussi la transmission d’un souffle immense. Ainsi je voulais que ma peinture s’ouvre à une dimension plus universelle, et c’est le sens aussi des grands formats que j’investis comme des paysages. Je m’y promène, J’y rêve. Par rapport aux abstraits américains, je ne me sens pas, comme eux, démiurges tout-puissants, mais plutôt dans la lignée du non-vouloir et d’une connaissance purement intuitive. Ma peinture est une peinture d’au-delà du désir d’art, elle s’accorde à une notion que le bouddhisme appelle l’« ainsité », exprimant avec fulgurance ce qui est ainsi, ce qui doit être ainsi et pas autrement. Sans jugement de valeur, « cela » chute dans le réel. Je foudroie la forme. C’est le sens de l’expression « entre ciel et terre ». Le tableau prend forme parce qu’on est en plein accord avec cette verticalité. J’ai alors le sentiment de travailler dans une sorte de mémoire primordiale. Nous sommes tous des fragments de mémoire. Je ne suis, pour ma part, qu’une petite tête chercheuse de cette mémoire incommensurable. Il y a en chacun de nous des milliards d’univers « à naître », et cette alchimie intérieure qui entre en résonance avec la nature – fondamentale pour moi – mais aussi avec les œuvres les plus diverses, les mystiques du moyen âge ou Gabriel Fauré, Leopardi ou Hofmannstahl, entre tant d’autres rencontres vivantes ou posthumes, constitue l’ « encre » d’où se précipite le trait de pinceau…0b71c4886655f325183f6138d349999e.jpg

Ainsi fulgure la beauté

Un formidable trait vertical de pinceau rouge sur fond vert (couleurs de la passion) et le titreEntre terre et ciel, constituent le fronton du magnifique ouvrage faisant  suite (notamment) àL’unique trait de pinceau (Albin Michel, 2001), où se trouvait illustré, non moins somptueusement, la passage de l’œuvre calligraphique à la peinture,  et à Passagère du silence (Albin Michel, 2004), récit de l’apprentissage et des tribulations chinoises de Fabienne Verdier. Devenue peintre à part entière, accueillie dans le gotha de l’art contemporain par le truchement de la galerie lausannoise d’Alice Pauli, Fabienne Verdier nous fait entrer ici dans le jardin secret d’île-de-France où, loin de la rumeur du monde, dans le voisinage privilégié de la nature, elle exerce son ascèse créatrice. Un entretien de haute volée, avec l’écrivain Charles Juliet, nous éclaire sur le processus de cristallisation de l’œuvre, de la plus simple donnée quotidienne à la plus profonde méditation, alors que deux reportages photographiques (un portrait en mouvement de Dolorès Marat et un aperçu du Rituel du feu, signé Naoya Hatakeyama, par lequel l’artiste brûle impitoyablement ses « ratés ») nous font approcher la réalité physique du travail de Fabienne Verdier, pour lequel un atelier avec « fosse à peindre » a été construit par l’architecte Denis Valode. On se rappelle  alors que cet art de l’épure extrême procède d’un véritable combat, évoquant une sorte de danse de tournoyant derviche, avec un pinceau plus grand que l’artiste, suspendu au plafond et tenu verticalement, dont le trait va saillir comme une foudre liquide. Fascinante « visite », que prolonge l’émerveillement de quatre-vingt peintures admirablement reproduites,  où la beauté fulgure.      

Fabienne Verdier Entre terre et ciel. Texte de Charles Juliet. Photographies de Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Albin Michel.
Charles Juliet. Entretien avec Fabienne Verdier. Albin Michel, 73p.
 (ce petit ouvrage constitue l’édition séparée de l’entretien figurant dans Entre terre et ciel)

Cet entretien a paru dans l’édition de 24 Heures du 18 décembre 2007.

d08fa6bab0afdfd97d5b7828ac215587.jpg


Contre -temps, contre froid, d’exquis mots (RC)


Si l’art s’égare
Les cils vacillent
Se perdent hagards
Langue aboie
Poèmes de gare
Garçons de course
Course des regards
Contre-danses
Contre -temps
Accordéons rances
Club des fans
Elé – faons
Barris – sons
Morceau d’Banquise
Exquis -mots
L’hôte a ri
Sirop – thé
Frigide – Air
Un ptit froid s’est jeté
Le ballon a tourné
Sur son nez
L’échec (été mat)
Et le jus ( de tomate)
Les plus hauts des détours
Faire le tour de l’amour
Et la diagonale des fous
C’est reprendre du dessert
Et combien J’vous en sers ?
Et toujours au service
Fond du court de tennis
Le grand jeu, c’est tant mieux
Fait toujours des envieux
Et le phoque est parti
Sfaire la malle, danser l’ska
Kek part en Alaska
Vous dites, c’est une fuite?
D’aller voir les inuits ?

Et si c’était sa nature
De plonger en eau pure ?

Et l’eau pure, je la bois
Et la reine mate le roi
çui qui perd il se couche
Et d’eau pure elle fait douche
Sous une toile d’araignée
Nous irons nous baigner
Il faudra se changer
L’échiquier est rangé
Toutes les tours sont prises
C’est le temps des cerises
Et les fleurs sont écloses
Laissons faire les choses
Le supplice est si doux
On en rprend un ptit coup

Art:                             Caspar David Friedrich

Voir cet article  dans  son contexte d’échanges   ?            ,  c’est  avec JoBougon,  dans les commentaires  de http://jobougon.wordpress.com/2011/09/25/richesse-du-sort/#comment-2095