voir l'art autrement – en relation avec les textes

self creation

Amelia Rosselli – Impromptu


 

Nord de la france.jpg

ph  Yves Lecoq

 

 

L’esprit de la terre m’anime

Un instant ; étendue ou assise je ne regarde

pas ma montre ; la tâte 

et que je replace à côté de ma tête, 

mais sans sommeiller  non plus

Pensant s’adresser à son dieu

Comme s’il était dans les nuages ! Affaiblie

L’enfance emmurée de ces vers

sans être autre chose qu’une  imagination pictural

Si dans le champ de blé je demeure

longuement étendue à y penser .

 

 

Lo spirito della terra mi muove

Per un poco ; stesa o seduta guardo

Non l’orologio ; lo tasto e lo

Ripongo al lato della testa, che

Non sonnecchiando ma nemmeno

Pensando, si rivolseal suo dio

Come fosse lui nelle nuvole ! Rinfiacchita

L’infanzia muraria di questi versi

Non sono altro che pittorica immaginazione

Se nel campo di grano rimango

A lungo stesa a pensarci sopra.


Aucune conclusion – ( RC )


 

 

Ristretto (les petits matins ordinaires) 15762087416.jpg

 

Je ne tire  aucune  conclusion,

des lendemains qui s’annoncent .
Ils ont  le côté gris des réveils après la cuite.
J’ai du mal à rassembler quelques idées,
à déceler le vrai du faux
dans ce qui passe à la radio .
Il y a un horizon bouché
par des barres d’immeubles .
Le corps semble peser plusieurs tonnes:
J’ai du mal à le rendre concret .

La matière s’oppose à moi, inerte
comme le grand réfrigérateur blanc
qui me barre la route .
Il va falloir que je le contourne .
Je pense à tous ceux
qui ont pris des chemins de traverse ,
les parfaits anonymes
convoqués à heure fixe au bureau
( et ceux qui ont sauté par la fenêtre … )

RC  –  juin  2018


André Spire – CLAC ! CLAC!


Panorama 1.JPG

photo perso – Vaucluse

Les cornes de la vigne
Se balancent, se balancent.
Les cornes de la vigne
Se balancent, se cherchent.

Touche, touche, la corne !
Approche, frôle, touche !
Un jour, deux jours de danse,
Saluts et révérences.

Touche, touche, la corne !
Frôle un peu, touche, touche !
Le vent souffle plus tiède,
Et clac ! entrelacées !

Mais pfut ! le vigneron
Avec son gros soufflet,
Avec sa fleur de soufre,
Qui vient pour vous poudrer.

Mais frout ! le vigneron
Avec son tablier,
Sa ceinture de corde
Et ses liens de jonc.

Et clac ! le vigneron
Avec ses grands ciseaux
Qui font clac ! clac ! plus fort
Que le bac du corbeau.

Et clac ! le vigneron
Qui aime le raisin,
Qui aime mieux le vin
Que les cornes, les feuilles,
Les danses, les révérences…
Clac ! Clac !


Candice Nguyen – dans l’intervalle le silence


d'études 6, Campo de Criptana, Espagne, 1996.jpg

photo Michael Kenna  –  Campo de Criptana, Espagne, 1996

 

 

il y eut un battement. puis un autre
la scansion d’un mouvement

dans l’intervalle le silence ou le silence partout hors de lui qu’importe

c’est un cri inévitable retenu, au bord trop près que le cœur semble si serré qu’il va se défaire et couler
à tes pieds
une fêlure au-dessous se dessine se creuse quand la nuit devient noire que les murs fissurent retombent elle ne dit rien
guette la césure de la nuit son silence
vaste si plein

tout autour

la lenteur
tout s’étire se retire se dilate
t’engloutit

remplir les espaces,

du Temps,

de cette pièce

— il commencera par cette pièce
ça n’est pas grand chose mais c’est déjà ça : un début ; il recommencera la nuit d’après et celle encore d’après et ainsi de suite, le jour il oubliera, il tentera, il attendra,

il n’y a pas d’absence dans le silence

il l’attendra,

dans le silence de la nuit

sans lequel le premier battement et tous les suivants depuis les siècles passés ne peuvent naître

il n’y a pas d’absence dans le silence

que
la possibilité de la vie

de ces battements
écoute
ce que le silence permet

les portées se dessinent s’envolent les pieds se dérobent

et toi

ils elles elle n’existent que par lui
à l’intérieur de lui,

dedans c’est par lui que tu respires
en dehors c’est lui seul que tu rencontres

lui encore lui
et le jour l’oubli

d’harmonies dissonantes en contrepoints
les corps happés appelés le sien, le mien se retiennent dans un dernier geste d’amour
ta main
écoute
`
`
accueille’
reçois
dans ce mot contenu

 

voir  le blog de C Nguyen 


Citation

DUPIN – MITCHELL – RIOPELLE


 

via Poèmes de Jacques DUPIN illustrés par Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle Exposition Mitchell- Riopelle , un couple dans la démesure Fonds H&E Leclerc Landerneau


Le temps passe, indifférent sur toutes les guerres – ( RC )


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gravure : Félix Valotton

Hier il pleuvait des hallebardes ,
on se parfumait au gaz moutarde ,
au-dessus des corps pèle-mêle ,
les obus pleuvaient comme grêle
aujourd’hui c’est plein soleil ,
mais le sang est toujours vermeil…
le temps rit encore comme il riait naguère ,
et passe indifférent sur toutes les guerres .


RC – nov 2018


Plus fort que le métal – ( RC )


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Plus fort que le métal,         sans qu’on le voie
mais cela ne pèse pas , de sa masse de fer,
et s’il faut déchirer les chairs ,
on trouve devant soi un mur de bois .

Le gel se répand en silence      et va tout durcir ,
tu peux taper de toutes tes forces,
c’est à peine si tu entames l’écorce ,
( et la hache, de rebondir …).

De l’arbre, tu n’en feras pas souche,
et  stères de bois,
Tu te heurtes au froid ,
et sa résistance farouche ….

C’est une faculté de la nature,
de défendre ses lois,
( ne s’en prendre qu’à soi ,
si le geste assassin      te revient en pleine figure )…


RC – dec 2018


Pas d’épaisseur, de celle des pierres – ( RC )


peop care  10-.jpg

image  – montage perso

 

Je te verrai,
Image présente,
A travers les murs,
Tournant mon regard
Vers où je te sais.

Il n’y a pas d’épaisseur,
De celles des pierres,
A jouer la distance
Avaler les espaces,
Les collines et les villes,

Redessinant tes gestes,
Comme si la barque des songes,
Ouvrait aux portes du jour,
Ta silhouette indécise
Se découpant dans la brume.

RC – juin 2014


Que faire de sa main droite ? – ( RC )


image extraite  du  « chien andalou »  de Luis Bunuel & S Dali

 

Que faire de sa main droite
quand la gauche prend toute la place… ?
–   déjà, on peut s’appuyer
sur le côté du piano,
la distraire par de petits objets,
faire des allées-venues
en frôlant les touches d’ivoire,
écraser la cigarette
qui s’est consumée,
sans que tu t’en aperçoives
pendant que tu jouais,
le concerto pour la main gauche :
( c’est le cadeau de Ravel pour Wittgenstein,
lui qui revint des combats
sans le bras droit ) .

Que faire de sa main droite,
quand elle ne parle pas
ou devient un accessoire ?
La laisser tomber
comme une feuille morte,
devenue froide et mutique,
détachée des rêves coupables ,
la coller à un autre endroit,
–      qu’elle trouve le chemin des épaves.
On en distingue les stigmates,
qu’elle puisse aller chercher des croissants
et fasse partie d’un collage surréaliste,
pouvant blanchir à loisir
si l’orchestre communie avec la gauche .


RC – juill 2018


Ahmed Kalouaz  – vol pour Beyrouth


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Je loge des yeux imaginaires
des portes ouvertes
par enchantement,
des souffles plus doux
qu’une brise d’océan.
TOI,
vers l’embarcadère
silencieuse rayonnante, tu vas.

Tu ne pars que trois jours
et ce sont mes yeux qui s’en vont.
Soudain j’habite les nuées, le néant.

Le vol pour Beyrouth
est à dix heures quarante
et c’est déjà la mort
qui monte vers le ciel.

 

 

extrait du recueil  de Ahmed Kalouaz   « A mes oiseaux piaillant debout »


un pont entre tes paroles – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "conque souffler"

détail d’une peinture de Botticielli (Vénus et Mars )

 

 

J’ai entendu la mer
dans la conque marine.

Et dans le ressac,
m’est parvenue ta voix,
dans le silence qui se retire,
suivant la marée basse.

Il y a du silence en toute chose,
et c’est un pont entre tes paroles.
Elles se poursuivent dans le temps,
et l’émotion tinte de leur écho.

C’est une voix sereine
qui rend sa grâce
au sourire d’un enfant,
auquel tu redonnes le souffle.

Je t’ai écoutée,
comme le ressac,
dans la conque marine.


la musique a été transportée ailleurs – ( RC )


peinture: Paul Delvaux

J’entends le silence,
comme un souffle en négatif,
.. et c’est la nuit.
Evidemment la musique est toujours là.
Mais elle a été prélevée, et se trouve ailleurs

en-dehors de la ville,
dans une petite pièce
où deux femmes en miroir lisent un petit livre,
accompagnées dans leur pensée
par la mélodie du chalumeau.

( vous savez, cette toute petit flûte
qui a accompagné
la traversée de l’eau
dans l’histoire du musicien d’Hamelin
entraînant avec lui rongeurs, et enfants ) .

Ici c’est un homme
en grand manteau rouge
comme sorti
d’une peinture allemande.
Une étrange lueur nimbe les lectrices .

Une fausse perspective,
au sol en damiers rigides
curieusement ouverte
permet pourtant aux roses
de s’épanouir,        malgré l’obscur .

RC – oct 2017

 

( d’après une peinture de Paul Delvaux )


Guy Goffette – le jardin d’enfance


 

 

 

IMGP2700  Christophe Manguet.jpg

 

dessin – association du clos du Nid, Lozère

 

 

Peuplé de voix et de couleurs,

le jardin d’enfance persiste en nous,

royal malgré la chute et l’exil du roi ;

il rafraîchit les déserts traversés de l’âge,

rattrape l’aveugle dans la musique,

le sourd dans la contemplation.

Toujours ce qui manque à nos vies,

cet innommable vide tout à coup derrière la nuque,

qui nous remplit de regrets, de remords,

de nostalgie, toujours a la forme d’un jardin.


Une île d’écriture – ( RC )


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Il y a bien un moment, où le bateau,
à force de dériver, accoste à une île.
Je suis d’abord méfiant,   puis y risque quelques pas,
on ne sait quel sera l’accueil.
>                      Je laisse passer du temps.

On apprivoise l’île et ses occupants,
animaux, végétaux et humains
( s’il y en a ).

Inversement l’île apprivoise,
on dirait qu’elle veut m’inclure dans elle,
faire connaître ses humeurs,
à travers ses mangroves,    ses lianes,
ses singes et insectes .

Les fruits exotiques sont mon apéro,
et j’ai trouvé un abri
pour les jours de pluie.

Bientôt je vais me greffer aux arbres,
je serai leurs racines,
et une extension de feuillage,
comme si avant    j’étais une chose morte,
et qu’alors       j’eusse renoncé à l’inutile.

C’est ainsi que j’ai abordé         l’île d’écriture,
porté par les alizés,
et maintenant              je fleuris d’encre .

RC – oct 2017


Hugues Labrusse – indésirable , le seuil


art 649.jpg

photo  Brett Weston

 

 

à Gaston Puel

 

 

Encore Aveugle

La paupière close, ne sachant s’éveiller.
Les jambes collées au corps.
D’un coup de ciseau, d’un souffle
sur les membres à l’entour.
Et le miel de granit s’achemine…

 

 

Seuil
S’affranchir, se répétait l’oiseau
morcelé sous les sables.
Il assaille son azur.
La dame avant de venir me regardait.
La dame marche à grands pas.
Le vent se casse entre mes épaules.


Ahmed Mehaoudi – Le matin s’éveille


scan 202.jpg
photo Berenice Abbott

 

Le matin s’éveille sur un temps nuageux, les choses de la vie circulent banalement, et même dans un cadre urbain triste et monotone , la place Carnot dans son vert bouteille , son kiosque à musique,  ses terrasses bondées de consommateurs , ce tout le monde qui chuchote , les furieux klaxons angoissants , la ville s’enfonce dans le jour   chacun dans l’espoir de vivre mieux

la ville  pourtant est  dépeuplée ,il y a comme un grand vide , un manque à faire pleurer , un sentiment qui ne s’avoue pas ,un sentiment qui n’a pas de mot , peut-on l’expliquer , lui donner un nom , inutile il est abstrait et il  vous tient à la gorge , c’est beaucoup plus une envie de monter au ciel et de disparaître ,

à croire  que plus personne ne respire en ville , que personne  n’est vivant , et pourtant le bruit du monde vibre tout près comme un  être qui ronfle dans la nuit ..

 

Ce matin, il y a comme un froissement de silence, une voix tremblante sans qu’elle se discerne d’une voix qui s’est tue ; je regarde cette tentative de pluie, elle ne vient pas,

j’y entends un murmure, peut-être une complainte, un petit chant doux,

je voudrais tant écouter, mais mon cœur est si fermé ce matin que je me sens étrangement absent de moi-même …

 

Est-ce donc çà l’amitié quand l’autre part et vous quitte à jamais ? Il n’y a pas de larmes , ni cri de détresse , un rien , un néant …

 

le matin s’éveille , sans lui qu’est-ce pour moi cette ville ,

 

un étonnant terrain vague où se confond des formes inconnues que je ne reconnais plus pourtant si familiers , des formes et des formes  à l’infini jusqu’à la sortie du dernier virage …

Il me le disait , me le disait au grès de nos cafés et de nos vertiges littéraires , je m’en irai , quel  vide vous aurez à vivre ,

ici où l’on m’avait confisqué mon bonheur , et où j’avais  piteusement vécu ,

ici où je m’étais allongé dans la boue d’une insolente farce ,

comme quoi il n’y a rien de mieux que de se rendormir et de reporter ce réveil matinal à plus tard …je me recouvre de ma couverture , allons le rejoindre dans notre rêve…

 5 mars 2013

Joseph Brodsky – Dédicace à Gleb Gorbovski


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Quitter l’amour, dans le soleil de midi, sans retour,
et le chuchotement de l’herbe sur les pelouses qui s’enfuient.
Dans le nuage brûlant du jour, dans le crépuscule assoupi
l’aboiement des chiens de la nuit traverse les allées obliques.

Il faut résister à notre époque sombre et courir au-delà de ces années,
il faut oublier à chaque souffrance nouvelle l’infortune d’hier,
accepter à chaque instant la blessure et la douleur,
pour entrer paisible dans la brume des aurores vierges.

L’automne et impétueux en cette année de voyages,
les processions silencieuses du rouge et du noir longent le ciel,
près des arbres nus les feuilles s’envolent et trébuchent
contre les fenêtres et les pierres

Joseph Brodsky


Il y avait , sur le dessin – ( RC )


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 Brooklyn Street-art

 

 

Il y avait sur le dessin

des ombres, mais aussi des couleurs

qui sont venues habiller le mur.

A travers les grilles,

je le voyais

avec ses fleurs blanches et pourpres,
mais aussi le ciel plombé

d’un proche orage,

Il faisait ce contraste au bonheur
et aussi le mettait en valeur .

Il y avait ,

—– ( car un jour de colère,
quand le cœur se déchire,

j’ai voulu effacer les clématites
avec un chiffon et de l’essence ).

Quand le regard s’y pose,
on voit que tout a dégouliné :
Ce n’était pourtant pas suite à l’averse :

tout n’est pas complètement gommé:

je ne repars pas d’une toile vierge :
on devine bien des choses,

malgré le repentir

on y voit des restes de bonheur

que je n’ai pas pu

( ou pas voulu )
complètement effacer …

 

 

RC – août 2018


Les flaques – ( RC )


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Le sol semble creusé d’espaces,
        qu’occupent des flaques
        où les nuages passent ,
glissant sur ces plaques .

Elles brillent comme des yeux
penchés sur une rambarde
       ( du voile plombé des cieux :
      le monde d’en haut me regarde ) .

De légères ondes
rident la surface :
il y a dessous, un autre monde
qui,    parfois , s’efface

quand mon reflet me trahit :
la lumière rebondit sur mon dos ,
( mon ombre n’est pas l’amie
que souhaitait l’eau )

Je vois l’image de mon double ,
          qui me copie à l’envers :
si je mets le pied dans le miroir,
         celui-ci se trouble :

Je sens que je le dérange
          dans ses pensées :
la lumière attend celles des anges .
                  Ils ne sont pas pressés :

Juste quelques traces éphémères
d’oiseaux qui les frôlent :
         c’est une sorte de prière,
         qui se passe de paroles .

RC –      oct- 2018


 Sylvie Durbec – Un désir de soie blonde


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la main retient la colline

et les jambes entrouvrent le fleuve

on le distingue à peine à cause que

sa chevelure empêche de voir

si elle est faite d’oiseaux mouvants

ou de pins balancés par le vent

 

on dit de lui que son corps est de soie blonde

moi je crois que sa peau a la douceur

de ce qui s’en va doucement de soi

emporté par le temps et qui – parfois –

nous revient aux lèvres

un baiser une caresse et tout aussitôt

s’emporte au loin et chavire

la main ne retient rien

les jambes se déprennent

reste le chant

celui d’un désir de soie blonde

 

 

 

 Sylvie Durbec

 


Murièle Modely – soleil en perfusion


 

 

Résultat de recherche d'images pour "buveur  toulouse lautrec"

peinture  Toulouse-Lautrec   M Boileau au café   1893

 

 

Assise face au miroir, tu t’enfiles une kro
il est trois heures, et personne à cette heure
et dans ce café-là, ne boit autre chose
c’est l’été
tu as le soleil en perfusion dans le ventre
sous ta robe grise
le grain de peau bleu mordoré
tu ne parles à personne, tu écoutes vaguement
des hommes batifolent au bout du comptoir
tu avales ta bière, tu bois ta propre histoire

 

texte  de M M  tiré  de son recueil   » sur la table »


Ludovic Degroote – réduire la distance


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il faut du temps
pour se conserver
réduire la distance
qui vous mène à vous-même
à travers ce qui disparaît .


Histoire de rangement – ( RC )


 

 

 

 

020 Homunculus Stock.jpg

brookenshaden favorites  :  Homunculus Stock

 

Parfois, je ne sais plus vraiment où je suis rangé.
On me retrouve dans les endroits les plus divers

( dernièrement sur une étagère ),
…y pendait un tissu frangé .

Autrement, ce fut une fois avec les assiettes,
dans le buffet de la salle à manger :

mais ma vie devait être en danger,
car voisinaient les verres aux multiples facettes.

La bibliothèque m’accueille dans les rayonnages,
généralement c’est en été,

les portes restent fermées,
et j’ai mon lit de pages.

Mais mon corps est en plusieurs parties ,
car tout cela manque de place

( certainement pas assez d’espace
pour y installer un lit ).

Cette histoire de rangement
n’est pas le premier de mon souci ,

je me découpe, je me déplie
tout à fait naturellement .

Des fois il n’y a qu’un pied, qu’une main
qui s’égare par erreur.

Je n’ai pas essayé le congélateur :
ce n’est pas un endroit très sain

on y côtoie de la viande en sachets
des légumes et du pain durci :

je ne fréquente pas ces lieux ci ;
on dira que je ne suis pas prêt….

Il me faut un minimum d’air
pour que je subsiste quand même :

c’est ça le petit problème
de ma présence sur terre.

J’ai égaré mes poumons , mais je respire:
et même tiré en multiples exemplaires,

je sais qu’il ne faut pas trop s’en faire :
…….          comme situation, il y a pire…


RC – aout 2018


Leon Felipe – Don Quichotte est un poète prométhéen – 2


 

peinture  Serge Plagnol    La verte et rouge 2002 - Huile et pigments sur toile.JPG

 

 

Le Poète Prométhéen apparaît toujours dans l’Histoire comme un personnage imaginaire… mais l’imaginaire prométhéen gagne du réel… et la réalité domestique… se perd dans les ombres de l’Histoire.
Les rêves des hommes fabriquent l’Histoire… Les rêves sont la semence de la réalité de demain et ils fleurissent quand le sang les arrose et les féconde…
L’Histoire… est sang et rêves.
Et il arrive que le rêve se fait chair et la chair rêve.
Le Poète prométhéen s’échappe des ombres de la Mythologie… de l’imagination infantile des hommes, des livres sacrés… et de la maison même de Dieu… Et le Verbe… se fait chair…
Chair et symbole…


le mouvement,même, contre l’inertie des choses – ( RC )


Serendipity 14356837253.jpg

photo: Andrew John

 

C’est comme une couleur intense

arrachée au mur.

Un mur brun de pierre,


posé à même le sol, rugueux,

et il y a cette forme rouge …

 

 

Souple, elle coule, légère…

elle ne s’accroche à rien,

soulevée par le vent ,


à la façon d’une flamme,

que seul le regard peut saisir … ( ! ) .

 

 


Elle se gorge d’une lumière,


que la rocaille refuse ,

et suit la silhouette d’une danseuse ;


le mouvement même ,

contre l’inertie lourde des choses…

 

 

RC – aout 2018