voir l'art autrement – en relation avec les textes

self creation

Histoire, as tu encore un royaume ? – ( RC )


Louis Philippe en poire –     caricature de Daumier

Histoire, as tu encore un royaume ?

Je ne me souviens plus des dates,

Des héros des gravures des manuels,

Clovis, Courtisanes en crinoline, Louis-Philippe en poire…

…   Est-ce grave ?

L’oubli tricote l’effacage de la mémoire,

On ne retient souvent que les mariages princiers,

Les heures de prestige – trompettes sonnantes,

Fêtes somptueuses et feux d’artifices,

Galerie des glaces et parquets cirés, – au château,

Les enfilades de pièces,

Inhabitées, ne sont plus que décor,

Un vernis où une peau d’apparence,

Ne soutient que l’absence,

Comme ces bois dévorés de termites.

Tout est brouillé,

Offert à la béance des jours.

Et le vide,

D’un bleu , aspirant la distance,

M’observe dans l’obscurité.

Pendant que les eaux lasses,

Continuent leur course sous les ponts.

…. Il passa ainsi dans la Seine,

pourtant si familière aux touristes

Tant de cadavres…

Et l’histoire se répète ,

De la Saint-Barthélémy

A l’octobre noir des Algériens…

Comme justement l’eau se renouvelle,

Et passe                      en silence,

> La vertu des faits d’armes,

Porte , incrustée,        son revers de doutes,

De lâchetés,

Passées                   sous le filtre du silence.

Histoire, as tu encore un royaume ?

RC- 4 octobre 2013


Impromptus ( RC )


oeuvre graphique, auteur non identifié

oeuvre graphique, auteur non identifié

Ton arrivée inopinée, me prend en train de poncer le vernis d’une chaise , que je voudrais réparer. Et de cette journée , s’amassent des évènements personnels,              certes sans importance,
que capte un oeil distrait,

cela passe, en flux,                 le long des heures, et ils s’enchaînent,

comme,              je me souviens,                       tu portais une robe bleue, et le soleil entrant par l’ouverture de la porte faisait un rectangle étroit, se contorsionnant sur les courbes de ton corps,
Le sol en carreaux de terre cuite, et les vases posés à même le sol,
tu vois, je me souviens,
mais aussi des nouvelles des magazines, c’était dans les années soixante-dix, le portrait de la reine mère ( la mère d’Elizabeth II ), on aurait dit qu’elle était habituée à porter des bigoudis, bien protégés sous des chapeaux ayant la texture et la couleur des chamallows ( marshmallows, dit-on là-bas).
Je n’écrivais pas encore  de poèmes, je lisais beaucoup, – la bibliothèque est proche, et je choisissais les auteurs au nom commençant par W – et les annonces des journaux,

je collectionnais les cartes postales, celles des oiseaux bien sûr, des métiers artisanaux, le menuisier, l’ouvrier des marais salants – comment l’appelle-t-on déjà ? – et j’avais hérité de ma mère les images des dentellières d’Auvergne.

Il y en avait partout d’ accrochées, sur la porte du petit meuble blanc, où nous rangions le pain, et celle de la salle de bains, la baignoire était verte, et en contrebas ( par rapport au niveau du terrain)… des plantes vertes essayaient de s’accrocher au lisse de la vitre, mais avaient renoncé, pour l’instant.
Dans la grande salle, peu de choses à part la cheminée sévère, et quelques fauteuils aux tissus à bandes rouges et blanches, défraîchis.

La petite table avec l’échiquier, et les pièces toujours en place, deux d’entre elles avaient été perdues et remplacées par des morceaux de bois grossièrement taillés au couteau ( je les avais colorées en noir- puisqu’il manquait un pion et la tour de cette teinte).

Tes cheveux bruns, et ton regard clair, aux fins sourcils arqués.

La vue sur la station service,enfin ce qu’on devinait à travers les rideaux, les voitures allant et venant, ( leurs couleurs surtout), et puis les insectes derrière les rideaux, justement, n’arrivant pas à s’échapper, et dehors, les buissons d’hortensias de la maison voisine, avec leurs boules roses et violettes.

J’oublie facilement les anniversaires, celui de Jérôme, par exemple, le concierge de l’immeuble à St Denis, mais j’ai pensé à celui d’Emilie, notre fille, qui n’a pas voulu venir avec toi….

On dit  qu’il va pleuvoir demain.

RC –  3 octobre 2013


Quand on n’a plus le sentiment, de l’heure et des choses ( RC )


 

 

 

Ce qu’il était d’un bleu,
Sous la touffeur commune,
Et les blés secs, étalés ;
Champs juste entaillés,
De chemins de poussière pâle,

L’après-midi tarde,
Au silence têtu,
Quand on n’a plus le sentiment,
De l’heure et des choses,
Et qu’on recherche l’ombre.

Il n’y a plus,
De l’horizon indécis,
Que les toits du village,
Lointain,
Dans la brume de chaleur    .

S’étire le ruban de la route,
Même , suinte son goudron,
Dans le temps         immobile …
L’espace se prolonge,
En de molles collines,

Adossées au ciel, à peine différent
Et les vrilles sonores,
Des mouches de l’été…
>   Les déchirures tardives des avions.
En longs tracés blancs…

RC  –  25 septembre 2013

 

 


Promesses des couleurs ( RC)


                                                       Peinture            Fr Kupka –         étude pour une fugue à deux couleurs ( disques de Newton )   1911 –

Promesse de la profondeur des cieux,

J’ai dans les mains un bleu profond,

Qui, au parcours des étoiles, serait plafond

Ou bien , dans le soir du désert, …. un feu

Aux alentours, pas une âme qui vive,

Juste sur les pierres, des lézards,

Statues à l’oeil qui brille, sous le bleu Hoggar,

Un point de lumière entre deux rives…

Promesse de la profondeur des eaux,

–       Couleurs des antipodes,

J’ai dans les mains un vert émeraude,

Balancé,        roulis des bateaux.

Aux alentours, bercé de vagues légères,

Evoluant vers un milieu plus stable,

Les tortues, se dirigent vers le sable,

Quand émergent au loin, les terres.

Promesses de l’agriculture,

Dans les plaines immenses,

Le printemps, est tout en nuances,

Et prépare l’été des blés mûrs

Aux alentours, la floraison des fruitiers

Cache presque entièrement les terres brunes,

Il y aura cette année beaucoup de prunes,

Pour les piller, les oiseaux ne se feront pas prier…

Promesse de la caresse de l’été,

Le jaune de Naples, s’étend sur les plages,

En quittant la chaise longue, je nage,

Aussi dans la lumière,         reflétée.

Aux alentours, l’horizon s’effile,

Les bateaux des pêcheurs, sont peints en rouge,

On les voit au loin lentement, qui bougent,

Carmins, et vermillons.  – ils passent, entre les îles.

Promesse d’un jour limpide,

Je traverse une place des odeurs,

C’est le marché aux fleurs,

Ignorant les teintes insipides,

Aux alentours, des légumes candides,

Ajustés en grand nombre,

Célèbrent les verts des concombres,

Et les citrons aux jaunes acides.

Promesse du parcours des anges,

Les crayons des vitraux se dégrisent,

Au sol dallé, ou sur les piliers de l’église,

En associant bleus outremers, et oranges.

Aux alentours, dorures et peintures blanches,

Baroque et rococo, multiplient les ors,

Où papillonnent moulures et décors,

Pour la messe des couleurs, c’est aussi dimanche.

Anges ou démons si la lumière s’éteint

( …..on ne parlera pas du noir,

C’est , à ce qu’on dit, pour le purgatoire, )

– Méfions nous des « on dit », sur la toile il n’y aurait plus rien…

J’ignore ces êtres pourvus d’ailettes,

Porteurs d’auréoles ou de maléfice,

Jouant des feux d’enfer ou d’artifice

Comme je préfère sortir et peintures et palette .

– RC   – 19 septembre 2013

photo perso:    Hyeres,  Collegiale St Paul, couleurs de vitrail au sol + ombre

photo perso: Hyeres,       Collegiale St Paul,        couleurs de vitrail au sol + ombre  d’ Arthémisia  –  2011

texte  auquel je pourrais  adjoindre  celui-ci  ( d’abord dans sa langue originale, le corse):

François Viangalli : Densité brève

U culore nasce incù u lume :

ch’ellu si cambii u lume,

s’alteranu i culori.

Postu chì ùn ci sὸ paesi

chì t’abbianu listesa polvera.

Ùn si pὸ parte da qualsiasi locu

senza mutà se stessu,

corpu è anima :

facenu l’ochji l’esiliu primu.

La couleur naît de la lumière :

que la lumière change,

les couleurs s’altèrent.

Comme il n’est de pays

qui soient jumeaux,

qui portent la même poussière.

On ne peut quitter un lieu,

sans se changer soi-même,

corps et âme :

c’est le regard qui crée

le premier exil.

 

 

 

 


L’assaut du lierre ( RC )


la légende de Nabuchodonosor

 

– Le corps construit,

Sous le noeud des racines,

Abandonné sur pied, scrute les yeux vides,

L’horizon gelé, Les bras de long du corps,

Une épée à la main.

 

Aux rosées des matins,

De petites flaques s’endorment dans les creux,

Et peu à peu les mousses s’enhardissent,

Les lichens dessinent leur géographie orange,

Sur une bonne portion du buste et du visage,

 

 

Tentaculaires.

L’attente se prolonge, aux rires des oiseaux,

Si le nez se fendille,

Et que les racines se glissent

Sous les membres de pierre,

Etendant leur emprise,

 

….Profitant du dégel,

Dans les fissures,

Au point qu’un jour,

Une main se détache,

Et avec elle,  suit,

L’épée qui se brise.

 

Les morceaux parsèment le sol,

Ou roulent dans le lierre,

Reparti à l’assaut,

De la statue guerrière…

Relatant des combats

Dont on ne se souvient pas.

 

La sculpture du parc parlait de victoire,

Et au sang qui fut versé,

Celui du corps de pierre,

L’a depuis longtemps, déserté.

Triomphe du végétal,

Sur l’immobilité.

 

A l’assaut du lierre,…  forteresse de pierre,

Même la légende du socle s’est effacée.

 

– RC – 9 octobre  2013 – ——

 

 

j’ai trouvé  en rapport  ce poème de J M de Heredia:

La mousse fut pieuse en fermant ses yeux mornes ; car, dans ce bois inculte,……   –

photo         Melissa Sandoval –     Bomarzo, Italie


Fleurs d’air et d’eau. Brisures passagères ( RC )




Et la masse                         lentement glisse,
Retenue par la terre,
Canalisée                  par le creux des roches,
La coulée tranquille du fleuve,
              Reflétant les moustiques, 
Coléoptères haineux,
Hélicoptères, brisant le ciel
De leurs pales,                      momentanément,

La fleur de l'air              se referme immédiatement,
Dès qu'ils s'éloignent,

Comme l'eau du fleuve,         justement, 
Le lancer d'une  pierre ,
         Après le choc,                                l'avalant
                    Inexorablement,
Brisure momentanée d'une quiétude
-    Qui prend tout son temps.
>         De son éternité liquide,            et renouvelée.

-

RC -2 octobre 2013

*  l’expression « fleur de l’air » est de René Char ( de la « parole en archipel » ):

René Char

L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort ; le souffle et l’ombre de cette coalition, certaines fois, le surélèvent.

 

 


Sous les spots électriques ( RC)


photo :       Andreas Gursky

Sous les spots électriques,

Trône, quelque part, invisible,

Le gardien des lieux,

Veillant au parcours fléché,

Du trajet sans surprise,

Des consommateurs,

Où les seules idoles,

Parées de pancartes voyantes,

Indiquent les arrivages massifs,

Les nouveaux produits,

Bonnes affaires et promotions,

En tête de gondoles.

De ces gondoles aux flots tristes,

En allées rectilignes,

Rien de rappelle Venise,

Ses fastes et ses misères,

Ni les eaux des canaux,

Se mirant dans les cristaux.

On trouve bien parfois , reconstituées,

Des images, qui parlent voyages,

Et autre rivages,

Des colonnes en béton,

Et quelques statues copiées,

Evoquant l’antique.

Mais c’est pour le décor…

Créer une ambiance sympa,

Mettant au second plan,

Les cliquetis des caisses enregistreuses,

( D’ailleurs,  on va le changer bientôt,

On s’approche des fêtes de fin d’année ) .

C’est juste à côté d’un espace

Où un vendeur, micro à la main,

Vante les mérites d’une auto,

La voiture est blanche ,

Et montée sur une estrade,

Elle tourne lentement, sous des banderoles jaunes.

Des palmiers dans leurs pots,

Sous la coupole en verre,

De la galerie marchande,

Voisinent la succursale d’une banque,

Une enseigne de chaussures,

Et une pharmacie.

Sur le sol de marbre,

Et aux allées larges,

Des personnes pressées,

Poussent leurs emplettes

Dans des chariots identiques,

Vers le grand parking.

Les gens doivent trouver bizarre,

Que je sois assis là,

Sur un banc en plastique,

Le stylo qui bave, à écrire tout ça,

Au moins je suis à l’abri,

Dans l’hypermarché.

Je n’ai pas assez d’argent sur moi,

Pour m’acheter, un papapluie.

A la cérémonie du temps perdu
Il y a si peu de nuages à vivre
Et désormais le soleil

Est dans l’instant *

 

* ces 4 lignes extraites de L’exigence du feu, d’Antoine Carrot, 

RC- septembre 2013


Comme le tissu se relâche ( RC )


 

photo Emmanuelle Gabory

 

Pressentiment de rupture,
Comme le tissu se relâche,
Les liens s’effilochent,
Le sol n’est plus stable,

Notre trame a sa déchirure,
Des non-dits qui cachent,
Petite histoire moche,
J’avais construit sur le sable….

Changement de cap, ….tu pars à l’aventure,
Du beau regard, l’horizon lisse, a maintenant des taches
…. Ta photo oubliée dans ma poche
Prise, éprise, – comme je le fus – d’appareil> jetable

Notre livre, au dernier chapitre, d’écriture,
Paroles et rancoeur, je remâche,
Je m’doutais bien que quelque chose cloche…
Au passé   devenu soudain     insupportable.

RC  – 20 septembre 2013


Vision nocturne – ( RC )


peinture Heinrich Füssli          – voir aussi le célèbre « cauchemar « 

Le sommeil a ses reflets,
Le miroir en effet,
De l’armoire à glace,
Située en face
Me regarde dormir,
Et si je ne peux  décrire,

La traversée des secrets,
Et les rêves de craie,
Se dessinent à grands traits,
Racines -pièges, sorties des forêts
Et l’invasion des limaces,
Ne tenant plus en place.

C’est à mon réveil,
Seulement, que le soleil,
Repousse les ombres,
–  Que la nuit encombre…

 

… Quand  elle  revient ,        elle  se penche,
Et au-dessus de moi,   de ses formes blanches,
Sitôt la lumière éteinte,
Je retrouve  l’étreinte
Des femmes sorties des nénufars,
Aux longs membres blafards…

Les pensées tanguent, parallèles,
Eléphants aux pattes grêles,
Aux parcours du dormeur,
Sous les draps, sa tiédeur…
Ou, au contraire, prisonniers de la glace
Les yeux ternis des rapaces

Le balancier régulateur,
Défiant la pesée des heures,
Où se joue le complot,
Extrait du tableau.
>   Il n’y a plus de trêve,
Si l’absence s’empare du rêve.

RC  – 13 septembre  2013


Un état poétique – ( RC )… écho à Cesare Pavese


photo:           extraite des   « temps Modernes  »   C Chaplin

Dès l’instant où l’auteur tourne sa tête,

Diverge le quotidien, dans ce qu’il a de commun,

Et répétitif,

Des occupations « terrestres »….

Le regard change de place.

La pensée ricoche sur d’autres,

( celles des autres aussi )

Et remplace la normalité, par une envolée

–  Plus belle – je ne saurai le dire-

Mais davantage libérée,

( si libérée est le terme),

des occupations de la vie,

Pour laisser place

Aux émotions,            dites

En métaphores,

Enracinées à la fois

Dans la vie et le rêve,

Une manière d’être.

( un état poétique),

Comme on dirait « un état fébrile »

Qu’il lui faut traverser.

De sa plume – seule ? –

En tout cas par l’esprit,

Ouvert à des éclairages,

Qui lui sont encore , inconnus.

 

RC- septembre 2013

—-

en écho à ce qu’écrivait C Pavese:

16 avril 1940

Il doit être important qu’un jeune homme toujours occupé à étudier, à tourner des pages, à se tirer les yeux, ait fait sa grande poésie sur les moments où il allait sur le balcon, sous le bosquet, sur la colline ou dans un champ tout vert. (Silvia latini, Vie solitaire, Souvenirs) La poésie naît non de l’our life’s work, de la normalité de nos occupations mais des instants où nous levons la tête et où nous découvrons avec stupeur la vie. (La normalité, elle aussi, devient poésie quand elle se fait contemplation, c’est-à-dire quand elle cesse d’être normalité et devient prodige.)

On comprend par là pourquoi l’adolescence est grande matière à poésie. Elle nous apparaît à nous — hommes — comme un instant où nous n’avions pas encore baissé la tête sur nos occupations.

20 février

La poésie est non un sens mais un état, non une compréhension mais un être.

extrait du « Métier de vivre « 

 


Silhouette élégante ( en forme de haïku) – ( RC )


        Sculpture: Germaine Richier – Musée Grimaldi ( Antibes 06 )

Sous le regard étonné des nuages
Mer et tant d’azur,   pas de Bouddha,
Ta silhouette élégante vient vers moi.

 

 


Mémoire de grandes ailes blanches – ( RC )


 

A ne pas  gagner l’ombre,
Et les étés enfuis,
Sur la longue plage du temps,
Je te suis,
Et te vois                       de loin,
Marcher toute seule,  sous la pluie,

Il y a les îles,
Fouettées par les embruns,
Les perles  d’eau salée        sur ton visage,
Les galets luisants ,  glissant sous mes pas,
Et le vent qui t’accompagne,
Avec les odeurs du large.

De grands oiseaux blancs planent   en tournant,
Et se rappellent                    des instants soleils,
Du sable épousant les courbes   de ton corps,
Les coques des voiliers     aux couleurs vives,
L’air vif,                      faisant claquer les voiles
Et empli du parfum des orangers.

Bien sûr la Normandie,   au pied des falaises,
Est loin de l’Italie,
La lumière se dissimule derrière les nuages,
Comme le bonheur approché,
Mais reste à portée d’ailes,
Si j’étais porté moi-même,

Par ces grandes ailes  blanches.

 

RC –  12 septembre  2013

 

 


Grande sonate ( RC )


photo perso - les Boissets  1er juin 2013

photo perso – les Boissets 1er juin 2013

Au secret, imprimé de signes, sur la partition,

S’arrangent triolets, triples-croches et soupirs,

Complotant sur les portées…

Pour jaillir,

Sous les doigts du pianiste,

L’haleine des accords sauvages,

Martelés de la gauche

Tempérant la dentelle d’un thème

L’épopée fraîche,

Scintillante cascade,

Passant, fluide, d’une main à l’autre,

Se poursuivent sans relâche,

Semblant inventer l’instant d’après,

Comme aussi, à l’intérieur,

Les ondes visibles, les petits marteaux

de feutre qui ondulent,

Ainsi le vent dans les blés

Devient palpable,

La musique ici,          on la voit

Elle s’échappe,

D’un grand piano noir,

A l’arrondi d’une oreille,

Son couvercle est ouvert

L’intérieur est de feu,

Vers la flamme,

Ses cordes frémissent.

Se succèdent les mesures,

Les tempos se détendent ,

puis accélèrent,

Comme s’ouvrent les bras  du pianiste,

Et survolent le clavier.

 – Deux ailes d’un oiseau de proie -,

Puis se referment sur les touches d’ivoire,

Les notes s’envolent, se pressent et se cabrent,

Les cheveux saccadés au même rythme,

Balayant presque le pupitre…

Crescendo, lumières croisées sur nos folies,

Puis ombres de détente et retour du thème,

Indiquant , ré majeur,

La fin du premier mouvement.

La caresse dansée, au royaume sonore     *

De la sonate.

*   » Vers la Flamme », et  « Caresse dansée », sont le nom de pièces pour piano d’ Alexandre Scriabine

RC  – 9 septembre 2013


Paroles en déni, glacées d’incendies ( RC )


peinture: Baziotes

      peinture:            Baziotes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des dits, des non dits,

Et des paroles en déni

Autant glacées qu’elles  brûlent,

Ainsi sur mes doigts crispés,la neige…

Voguant la passion,

Avant que retombe le murmure  du silence,

Poignards des incendies,

Effaçant la nuit,

Orange, la ville  s’allume,

Comme elle illumine sa tragédie,

En quelque sorte, le bouquet final,

Juste avant le retour du glacial,

Lorsque tout sera partie  en fumée,

Et notre histoire,  consumée.

RC – 5 septembre 2013

 

 

 


Parfum & image – (RC )


photographe non identifié

photographe non identifié

Virevolte au travers de la chambre,

Une senteur, habillant ta présence,

Qui n’est plus qu’un petit creux,

Sur l’oreiller, et parmi les draps

-Un peu froissés., il y a un ou deux,

Fils d’or – tes cheveux…

Tu n’es plus là, et même,

Si lentement, le parfum, se dissipe…

De l’absence il n’est plus distance-

Quand les nuits persistent,

A remplir d’ivresse, ton image.

Elle envahit tout l’espace,

Sans rumeur ni tapage,

Et revient , équilibriste

Sur la pointe des pieds,

En attendant, ton retour.

RC –  17 septembre 2013


Ce qu’emporte le vent d’automne ( RC )


peinture  et collage  -  Alberto Burri  1959

peinture et collage –           Alberto Burri           1959

Au sein de l’espace mouvant, tangue le tourbillon

Des points de lumière, agités par la rose des temps,

                Vent d’automne chassant les certitudes,

Sur mes pieds ,     à ton corps allongé ,      ces rayons

 

Comme renvoyés par un kaléidoscope,

Et les troncs, de la forêt   dense

Scintillant de milliers de petits miroirs,

Lueurs dispersées selon des accords de harpe,

 

Nous avons été des enfants,

Portés aux bras de l’amour,

Savourant         sans les connaître,

La forme   et le parfum des choses,

 

L’espace qui nous entourait , si vaste,

Les champs ployant sous le soleil,

Et tu étais donnée, par ta simple présence,

Comme une évidence.

 

L’espace a basculé,

Sans qu’on le remarque,

Les nuages insouciants,

Délimités de contours blancs et nets,

 

Se sont ligués en une masse indistincte et terne,

Les tourments du monde ont fini

Par installer doutes et rancoeurs,

Et l’insouciance s’est dissoute.

 

Un éclairage faux    a fini par nous happer,

En dispersant feuilles , oiseaux,

Et même le goût du bonheur,

>    Nous souvenons-nous de l’avoir goûté ?

RC-   10 septembre  2013


La lumière a ton regard ( RC )


-

– photo auteur non identifié –            » Paradise »             expo Carroussel du Louvre  2009

À quoi ressembleront tes yeux ,

S’ils reflètent les flaques du ciel,

A travers vents et colère,

Traversant l’amer… ?

Se précipite la déchirure du ciel,

Le roulis des nuées grises,

Le plomb du poids des vagues,

S’écrasant sur la coque.

Sillage de solitude,

Je suis l’oiseau des îles,

Aux ailes immobiles,

Parcours, inattendu,

Sérénité repoussant l’orage,

Dépliant ses pages,

Hors du chaos du monde,

Guidant le voilier à bon port.

Si la mer, s’ouvre soudain,

Comme dans la légende,

Et laisse ses murs de verre,

Comme en suspension,

Et si tes yeux ainsi,

Retrouvent leur lumière,

Alors, je pourrai peut-être

Croiser à nouveau ton regard.

RC – 17 septembre 2013


Allons retrouver les jours – (réponse à « La paupière attentive à la course lente des jours » de Nath – (RC )


photo perso - le Villaret

photo perso – le Villaret septembre 2013

Allons retrouver  les jours,

Et entr’ouvrir les volets,

Pour laisser guider nos pas,

Loin des chapelles à l’oeil de tristesse,

 

Closes sur elle-mêmes,

 

Il y a plein de voies, –

Qui sait où elles nous mènent ?

Qui sillonnent l’étendue,

Où se multiplient les possibles,

Bien sûr gardés du secret des herbes,

 

….Peut-être  qu’elles se perdent en brousse,

Ou se rétrécissent soudain,

Comme le végétal se referme lentement,

Sur les chemins oubliés,

De trajectoires mortes.

Mais la plupart persévèrent,

Et délaissent l’oubli, et l’ignorance,

Pour s’élancer, contourner blocs et falaises,

Ou,  passent, en brèches de lumière,

Malgré  clôtures et frontières de béton.

Alors, tu seras attentive,

Ne  te limitant pas à la course des jours,

Mais aux lendemains offerts,

Qui éclosent même,

A l’intérieur.

 

-Si tu gardes tes paupières  scellées.

et donc le  texte original de Nathalie Bardou

———–La paupière attentive à la course lente des jours

A retrouver la langue vivante

Des herbes,

Se déceinturent les crépuscules.

Des brèches de lumière inaudible

Tracent les chemins abondants

De l’ignorance,

Soin porté à l’égarement.

Alors que des chapelles à l’oeil ovale

Reçoivent, Dépouilles de tristesse,

Et ouvrent leurs toits de braise

Aux chants des forêts ,

Une femme marche , la paupière attentive

A la course lente des jours.

 

 


Opéra de silence ( RC )


photo:             François Berthon –         Macbeth              Opéra de Tours

Comme une scène désertée,

Où résonne encore ,

Sang du silence retombé,

Une voix cantatrice,

Chute un ruban rouge,

Depuis l’espace insondé des cintres,

Le sable blanc se dépose,

Sur le plancher gris,

Lentes strates,

Poussées de vaguelettes,

L’opéra s’achève face à la mer,

Les voiles écarlates,

Disparues derrière l’horizon,

La lune est l’unique projecteur,

Elle flirte sur l’écume,

Et le lourd rideau de velours,

Fermant le décor,

– Côté jardin.

RC – 10 septembre 2013


Sourd une lumière noire ( RC )


peinture: Adolph Gottlieb:       Ascension        1958

D’un tout petit point,

Encore lointain,

Sourd une lumière noire,

Elle aspire,

Dans la démesure,

De l’immensité à parcourir,

Ce qu’il y a,

Qui remplit nos yeux,

Nous dilate.

Dans ce que nous voyons,

La vie se poursuit,

( Un monde où j’habite ).

Je ne pose pas de questions,

Les vagues succèdent aux vagues,

Et les jours entre eux.

Et le corps transpire les années,

Comme en rides insensibles,

L’espace a rétréci            – un peu…

Puis, sans qu’on y prête trop attention,

Ses murs se sont rapprochés,

Et teintés de couleurs lasses…

Comme une bouche d’ombre,

Le soleil noir est visible,

« Clairement »   dirait-on,         cynique,

Et s’il boit peu à peu les choses,

  • Comme la gorge de la nuit.

S’il faut se tenir aux bords,

>      Un seul faux pas,

Et nous voilà de l’autre côté,

Chutant dans l’infini…

RC – 16 septembre 2013


Deux femmes en chapeau et leur enfant – (RC )


peinture:     Claude Monet,        les coquelicots d’Argenteuil –       1873,       Musée d’Orsay  Paris

–         Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une peinture de Monet

D’une musique légère et virevoltante,

Chasse aux papillons,   parmi les hautes herbes,

Une fenêtre ouverte          sur le beau temps,

Mais rétrécie                      par le cadre lourd,

Des dorures inutiles,

Il fait chaud dans ce musée,

Les gens se pressent,      dans l’exposition,

Les pas résonnent,        sur le parquet verni,

Et sous la verrière,   on voit des nuages gris,

Qui parlent de la ville,

Des immeubles qui se pressent,

Et des rues revêches, et des passants en imperméables.

La fenêtre de l’insouciance,

Ouvre sur la campagne.

Elle est riante, et       tourne le dos,

Aux nouvelles des journaux,

A l’ère industrielle, qui s’étend,

Aux fumées des usines,

Envahissant bientôt l’horizon.

La campagne est riante,

C’est bien sûr le printemps,

Elle sonne ,       comme nostalgie,

D’un paradis perdu,

Oubliant les songes noirs,

Les anges qui blasphèment,

Et les grondements des avions.

Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une pente douce….

Il y a une musique légère,           en robes longues

Des pianistes aux jambes fines et doigts d’araignées,

… C’est juste avant la ville,

( Enfin, quand je sors du musée,

Pour reprendre le métro  ).

RC – 7 septembre 2013


Nacer Khelouz – Voici du temps


De la revue RAL,M                           : Side effects

Il y a longtemps.

Il y a longtemps de cela.

Il y eut des étés,

Des hivers,

De mortelles chutes,

Des fuites écourtées

Des gens,

Des pauvres types,

Des curieux

Puis des vautours.

Il y a des sourires moqueurs.

Le tien, peut-être est-il de pierre ?

Cette irrésistible envie de plaire,

De se plaire par les autres,

Histoire de plaire.

Je te rencontrai

Quelque jour de mai

Tu t’assieds et…

Tu versas des larmes

Comme d’autres des rires.

J’ignorai une fois

Ton air boudeur

Et ton regard en supplique.

Au milieu pour nous départager : 

NOTRE-DAME

Te regarde.

Ses ouailles aux prières

En bandoulière.

Ces touristes maudits

En baskets

Ils t’enlevèrent tes peaux

Plongèrent vers celle que tu caches.

Tu fus pourtant légère ;

Telle une danse de fête foraine 

Toi qui eus juste un soupçon

De pudeur

Toi qui laissas tes genoux

Effleurer mes sens.

Je te regardai

À la dérobée

À mon tour

D’y voir

M’aveugler aux généreux rayons

D’un soleil impatient.

Les remparts,

Ni les foules avachies

N’eurent raison

De son obstination à t’atteindre.

 Toi.

Tu souriais toujours,

Sans raison,

Avec désir.

Faire l’amour à cette clarté

Qui te déshabille ;

Accrocher un baiser

À ta langue humectée déjà,

De moi, de mes renoncements 

Au son de l’Orgue du monde.

Il passe du pays par ici

Et toi et ton murmure

Pour faire taire leur argent,

Leurs langues ;

Étrangler leur Babel

Tout te revient.

Tu viens de si loin 

Je voulus t’aimer

Quelque matin

Sous la rosée grelottant

Du métro la rame liminaire.

Ses nuiteux

Du temps ont inversé le cours.

Je croisai leur fatigue bâtarde,

Fatigue libre

L’arrogance de Lafcadio

Sans passeport

Qui refuse de porter des noms

D’état civil

Moi cheminant vers ton

Empreinte digitale

Plaintif ; doux état.

À train d’Enfer

Je t’effleurai la lèvre

Dressée tel un affront !

Des frissons

Des courbes de ton corps

J’en fis un aveu.

Moi je voulus t’aimer

Dans la douleur

Des accouchements 

Tes peaux anciennes

Brûlées au feu de juillet.

Je jurerais que ce fut

Bien mai quelle importance ?

Puisqu’on a su un jour.

On finit par tout décevoir.

Mais quel était le sujet ?

Tout autour le mirage solaire

À s’étrangler :

Assassiner l’oisiveté

De mes jours ; même de mon alcool

Ça reprend

Inlassablement

 « D’où viens-tu ?

Qui es-tu ? 

Que fais-tu ? »

Des mots.

Des postures.

Des civilités.

 Des tirs à vue.

Il y a ceux

Qui ne sont jamais partis

Pour se racheter.

Du touriste

Drame il y eut Toujours il y a 

Par catalogues Entiers

Celui-là te démasque

Celui-ci te pourfend ;

Palimpseste…

Des saignées le long de mon fleuve

En contrebas,

Presque bleuies par l’attente

Des soins à venir.

Diable guéris-moi de toi !

Se guérir de tes plaies faites

De mai

Et de si

Je possédais ton âme

À moi seul aux soins dépourvu

Qui ne viennent jamais

Je l’accrochai à mon paletot

Assez tôt.

Je fis se prolonger ma bosse

Hideuse Merveilleux Hugo

Au Danjon s’absout le Crime

D’aimer,

…_

Jusqu’à ta pitié

Voici qu’une brise nous traverse ;

De part on part

De nos lignes territoriales.

Je demeure silencieux.

Tu écoutes mon silence,

Contre lui te dresses-tu

Par esprit

De contradiction.

Voici donc du temps !

J’ouvris mes paupières

Et j’eus mes vingt ans d’un coup

Ma langue affamée

Ses syllabes raréfiées

Qui se glissaient sous

Ton sein

Maternel

Mon amie, mon infamie

Ton fleuve d’encre et de lait

Blanc comme ma-neige

Tourbillonnant

Un jour que je m’en fus

Te regarder par l’interstice

De ma vie close,

Je m’exhalai de tes senteurs

Celles des magasins

Grands boulevards

Elles ont eu peine à effacer

Sur ta peau

Le goût de ton odeur d’origine

Du Monde

Qu’on n’achète pas encore

Cette ville qui faillit

Tromper ton insouciance !

Ta chevelure qui s’ouvrit

Sur mes monologues intérieurs ;

Enlacement fait

De toute langue

Puis la mienne

Qui les enveloppa

De sa forêt de songes

Je fumai tes sillons

Un à un.

À la nausée

Du drogué

Alors je me souvins

De toi

Avant de t’avoir

Jamais connue.

Nos corps

L’un contre l’autre

Portant la Mémoire

De ce temps-là ;

Émois de tes berbérismes

Volés à la grand-mère finissante

Amants Éperdus. 

Te cueillir telle une tawizi de village

Mêler tes sons aux gorges

Noueuses de Saïd et d’Amar

Nos accès de soleil

Celui-là qui assèche nos mots

Pourtant,

Je dus t’attendre

Jusqu’au cri du coq

Puis, je fis semblant

De t’attendre.

Comme toujours

On attend…

Vient toujours

L’aurore.

Pittsburgh, Février 2007, jour et nuit……………..Nacer Khelouz


Alda Merini – Ma poésie est vive comme le feu


peinture perso "jeune" - et sans doute bien aidé, à l'age de 5 ans je crois

peinture perso « jeune »  – et sans doute bien aidé,         –  à l’age de 5 ans , je crois

Ma poésie est vive comme le feu,
elle glisse entre mes doigts comme un rosaire.
Je ne prie pas, car je suis un poète de la disgrâce
qui tait parfois le travail d’une naissance d’entre les heures,
je suis le poète qui crie et joue avec ses cris,
je suis le poète qui chante et ne trouve pas ses mots,
je suis la paille sèche où vient battre le son,
je suis la berceuse qui fait pleurer les enfants,
je suis la vanité qui se laisse chuter,
le manteau de métal d’une longue prière
d’un vieux deuil du passé et qui est sans lumière.

Alda Merini, La volpe e il sipario, Girardi, 1997,             Traduction de Martin Rueff


Lost ( RC )


Il n’ y avait plus de train,
Pour aller plus loin,
alors, je suis  resté,
Parachuté ici,
Où tout y est miséreux,
Usé par le temps, crasseux,
écrasé des indifférences,

C’est  comme enfiler des vêtements,
Qui ne sont pas siens,
Avec  des plis irréversibles,
Des taches incrustées,
Et des mailles qui se lâchent…
Et emprunter une voie qu’on a jamais remarquée,
Une voie de garage, au sens propre.

Des odeurs tenaces de vieilles huiles,
Des odeurs  étrangères,
Insérées  dans les tôles bariolées du port,
Menant vers  le plus inconnu encore,
A la lumière éteinte  et des plages noires,
Au delà d’un horizon ourlé de gris,
Scandé d’échardes de grues rouillées.

Il y avait cet attroupement,
Et à voix basse, ce cercle de gens,
Aux bleus délavés,
Comme leurs yeux, noyés,
Dans les vapeurs de vodka,
Autour du corps défait d’un marin,
–   Le sel faisait des cristaux sur sa peau.

RC – 4 septembre  2013


Ciels amnésiques – ( RC )


photo nb provenance flickR auteur inconnu

Quel regard oubliera
les ciels amnésiques
oublieux des brillances
Et du partage  de la lumière ?

Quel cœur ne regretterait pas l’émotion  de la  palette délaissée
D’ un peintre au baroque monochrome
Qui n’aurait de symphonie
Qu’un gris  ayant éteint toutes les couleurs

En dehors des saisons,
En dehors d’un avenir de lumière et fulgurance
Si aujourd’hui est semblable à demain…?
Comment  continuer, à clore les yeux  et l’âme

Sans l’exhaltation des possibles
Qui portent ce pas et le suivant  *
La nuit juste avant la clairière
Vers de meilleurs lendemains?

RC    8 juin 2012

*  ( ce pas  et le suivant, est la titre d’un ouvrage  de Pierre Bergounioux).

–  sur l’incitation  du  regard  sur l’automne,  de H Soris-

Marie Hurtrel, dont je viens de visiter  les  écrits,  , nous communique un de ses textes, qui présente quelques affintés…

L’ivre livre

par Marie Hurtrel, lundi 12 mars 2012,

Il y avait trois mots qui voulaient se perdre

entre un ciel inutile

et la terre roulant ses étreintes

 

Comme revient une hirondelle

quand le vent se lève sur l’horizon

c’est parce que j’ai vu tes sommets sous les nuages

que son vol couche la saison

 

Et dans le lit des doutes se relie la route

près de là-bas

par ce sol qui m’enterre à m’attendre

la route au désert

et la source entre ses pages

c’est un livre qui attend

 

D’une terre un ancrage

il y a demain de là

une ode rouge entre les veines

et mon sang sans arrimage

au silence recompose la voie

 

© Marie Hurtrel

 

Une Réponse

  1. Emma /Mj

    Très beau poème pour cette symphonie en gris .


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