voir l'art autrement – en relation avec les textes

Ecritures communes, ou en écho

Montage perso 2 juillet 2012         à partir de photos ( dont la célèbre de Diane Arbus)

On le sait ( ou en tout cas  on peut le lire,dans plusieurs  de mes articles,

l’écriture  en inspire  d’autres, insuffle  un flux, qui peut prendre une  allure  différente)…

c’est  ce que j’ai appelé  l’effet  « ping- pong »  ( voir la catégorie  qui lui est dédiée),  et qui peut  se rapprocher  des duos de peinture  ( sauf  que  ce sont les mots, le support).

 

 

 

 

 

 Un  échange  avec Susanne  Derève,  qui prend pour point de départ » Des nouvelles du sel et du vent « 

L’horizon est lisse
Aucune voile ne vient
Aucun bateau ne glisse
> Et je me souviens
Que tu t’embarquas, joyeuse
pour ce lointain pays
Où tu serais heureuse
– d’après ce que l’on dit -.

Car je n’ai de nouvelles
que celles du sel
et aussi du vent
qui arrivent, dorénavant .
Je guette l’immensité liquide,
tout au long du jour,
mais la mer reste vide ,
– et l’absence est son contour.

 

RC

—————–

Où je suis les bateaux n’arrivent guère
Des marées, il ne reste qu’un peu de sel sur les pierres
Du vent, on dit qu’il lâche prise
Au-delà des étangs
Qu’il se fraye un chemin puis se perd …

Susanne D

 


Ainsi ton souffle tiède sur ma nuque
ainsi tes mains
mais aujourd’hui , l’absence – est-ce mentir –
n’est plus que l’aiguillon fade du souvenir
Vois-tu je n’aime plus la mer
Et si je t’imagine, sur le sable désert
à contempler le vide
– on dirait une eau-morte d’Edward Hopper –
Prends garde aux mensonges du sel et du vent
qui t’arrivent dorénavant

 

Susanne D

 


 

Il y a des barques
qui se perdent,
tombant abuptement
derrière l’horizon.
Ainsi les messages s’égarent :
le sel s’est cristallisé sur l’adresse,
en prenant la place
du destinataire .
D’ailleurs il n’y a plus de vent.
Les voiles pendant lamentablement :
La mer est étale,
on dirait un étang.

Et rien dans le ciel,
aucun oiseau, aucune aile
pas une ride – pas un nuage
et rien n’indique un rivage….

R C

 

———

 

Et s’il n’en restait qu’un morceau
éclat de cristal ou de verre
rose de sel arrachée à la pierre
un peu de sable que le vent porterait
entre deux courants d’air

Une invisible empreinte
qu’il faudrait serrer
dans les dernières parcelles de la mémoire
comme on tenterait d’unir les fragments
d’un coupe brisée
d’arracher au ressac un peu de la rumeur
des mots éparpillés

Un seul écho puis le silence
ou peut-être un grelot
égrenant le temps
dont le timbre pâlirait doucement
chèvre égarée ou chien errant
entre les cairns

Puis seul subsisterait le vent
pour effacer nos traces
portant au loin le vol des sternes
au-delà de la marée basse

Et quelques flaques entre les pierres
où fléchirait l’ombre du soir
une ancre échouée sur la plage
où s’arrimerait la mémoire .

Susanne D

—–
Tu as parcouru d’un pas léger,
les étendues provisoires,
que découvre la marée basse,
( un pas qui ne laisse pas de traces ).

C’est un lieu transitoire,
qui ne sait son appartenance
avec certitude,
hésitant entre la terre et la mer…
le sable en garde le souvenir,
avec les vaguelettes de houle,
persistant dans son dessin,
malgré le retrait des eaux.

C’est comme si ta main
avait parcouru sur mon front
ses rides légères :
pas de trace visible,
mais , de son passage ,
le geste, à fleur de peau,
qui reste présent,
suspendu dans le temps.

L’eau garde-t-elle le souvenir
des ondoiements du vent,
lorsqu’il caresse à son tour
sa surface,
et disperse la lumière ?
Peut-être … on ne sait rien de sa mémoire
et les vaguelettes restées dans le sable,
montrent son écritoire…

Il faudrait quelqu’un pour l’interpréter ,
à la façon du musicien devant sa partition,
et de même, sur la peau, des frissons,
invisibles sur mon front, mais qui seraient restés,

en sensations.

R C

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens  de trouver  sur le sujet cette  belle  citation:

de Alain André au sujet  des écritures  collectives,partant  du Renga  et traversant l’OULIPO 

La part d’autrui dans l’écriture
Paz insiste sur les déplacements que ses compagnons et lui-même ont fait subir à la tradition japonaise. L’expérience partagée de l’écriture leur semblait plus importante que l’effacement japonais de l’auteur au service de l’oeuvre commune. La page cessait d’être solitude honteuse, pour devenir un lieu propice à la à la confluence de voix et de traditions distinctes, à la manifestation d’une parole plurielle et à la réflexion sur les processus en oeuvre. Il souligne la fonction d’antidote du renga : “Antidote contre les notions d’auteur et de propriété intellectuelle, critique du moi, de l’écrivain et de ses masques”. Et Jacques Roubaud d’enfoncer le clou en citant tout de même le poète japonais Shinkei : “Suivre sa propre pente, ce n’est pas ainsi que l’on pourra éprouver le sens indéchiffrable d’autrui”.

Alain ANDRÉ
–    alain.andre@aleph-ecriture.fr

————————————————-

Dessin: Richard Diebenkorn, ss titre   1993

Dessin: Richard Diebenkorn, ss titre 1993

— les  écritures  en écho de 2013

– par rapport  à 

« la neige »,  d’Isabelle Dalbe

 

‘ « cet hiver à venir qui se cache« ,  d’après Nath  ( bleu pourpre)

et aussi à partir  d’un texte du même auteur:  l’attente  d’avril et des oiseaux

 

– « poème des rosées »  de Xavier Lainé

« redresser les méandres »  de Marie-Ange Sebasti

« abats moi »  ( il s’agit d’une variation sur la traduction d’une chanson de Nick Cave )

la joie ( Ile Eineger) suivi de « pluie  d’été »

 

danse des lucioles – variation sur texte  de Colette Fournier

ainsi, que  à partir  du même auteur; les pensées qui tanguent , 

« Tu n’as  pas parcouru l’arc de tes  rêves »                voir  « my dream »

et « les horizons encore, derrière« ,            : incitation

 

« mots de phoenix »  ( incitation JJ Dorio)

 

« ces bois qui crient », d’après  « Entailles », de Norbert Paganelli

« la solitude du pin »  ( d’après un texte du même auteur)

 

« l’eau boit ( l’intruse) », à partir d’un texte  de Lamber Savigneux

 » et si tout disparaissait » de Brigitte Tosi

Mais aussi à partir d’oeuvres artistiques; 

comme « la verte menace du supérieur aux oiseaux »  ( d’après Max Ernst )

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Bois qui crient – (variation -réponse sur « Entailles », de Norbert Paganelli) – ( RC )

Bois sauvés du temps ( sculptures gauloises retrouvées dans les sources de la Seine)

Il y a du silence, de l’importance

Aussi bien qu’au passage en siècles

Dans les sources de la Seine

Ce sont, avec nous, les bois noirs

Qui portent leur gloire et espérance

Bardés d’entailles, qui crient

Croyances et magies

Restées enfouies, témoins

Tandis que passent les royaumes,

Trépassent, et révolutions,

C’étaient eux c’étaient nous

Peut-être ( étrangers ? )

De peu de palabres

Et qui nous parlent, pourtant.

RC  –  8 avril 2013

Etranger de peu de palabres
Tu es fait d’un maître bois
Et d’une glorieuse renommée
Etranger qui naît et grandit
Lorsque le temps
Lui aussi entonne le chant

Feuilles fleurs
Entailles à faire bomber les torses
Etranger de ta grande moitié

Fais comme tu le souhaites
Vis si tu le veux
Même sans nous

–     Le texte  de Norbert Paganelli, peut être  lu sur son site Invistita, consacré à la littérature corse

( versions bilingues)

ex -votos de bronze       Musée archéologique de Dijon –        provenance photos:  dossier flickr de magika42000

ex -votos de bronze       Musée archéologique de Dijon

Cette entrée a été publiée le 04/08/2013. Classé dans Art, auteurs à découvrir, d’images, inspiré de bloggers, sculpture, self creation et a été tagué , , , , , , , , , , . modifier le contenu.

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