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Gisela Hemau – Représentation


image: Terry LongAfficher l'image d'origine

 
REPRESENTATION

L’acrobate monte dans un coffret
Tout d’abord il faut être si petit
Qu’on y trouve de la place dit-elle et nous offre sa fourrure
Puis entre les bestioles du corps de la mort et des adieux
elle montre l’ascension de son propre bras
Nous sommes là pour la vue
Mais nous n’atteignons pas la montagne

Comme nous rétrécissons constamment la fourrure
où nous nous égarons est à la fin
une forêt impénétrable .

 

 

 

-Gisela Hemau traduction Rüdiger Fische

VORSTELLUNG

Die Akrobatin begibt sich
in ein schwarzes Kâstchen
Erst einmal muss man so klein sein
dass man hineinpasst
sagt sie und offeriert uns ihren Pelz
Dann zwischen Leib-
Tod- und Abschiedstierchen
zeigt sie
die Bergbesteigung
des eigenen Arms
Wir sind da weeen der Aussicht
Aber wir erreicnen den Berg nicht
Weil wir immerfort schrumpfen
ist der Pelz in dem wir verirrt sind
bis zum Ende
ein unpassierbarer Wald

 
Gisela Hemau Aufter Rufweite,
Kônigshausen & Neumann, Würzburg 2oo3


Edith de Cornulier – Les soeurs douloureuses


Chez Almasoror

photo Gary Isaac

photo Gary Isaac

Les sœurs douloureuses

Minuit dans le hangar ! et nos sœurs douloureuses
S’avançaient à genoux, fuyant la paille en feu.
La nuit de la Saint-Jean s’achevait malheureuse.
Qu’avions-nous fait, Seigneur ? de terrible à tes yeux.

Amis, Ô survivants ! Il fallait fuir. La lune,
Masquée de brume grise éclairait nos adieux.
Moi, je me retournai depuis la haute dune,
Pour un dernier regard aux frères malchanceux.

Ils étaient morts déjà. Seules les sœurs en lutte
Rampaient hors de la grange et leurs cris silencieux
Sonnaient comme un remords qui titille et percute
Comme je cheminais à rebours sous les cieux

De fonte. Savaient-elles au milieu de leur mort,
Qu’elles mouraient ? Bien sûr ! Et ces anges précieux
S’étonnaient en douleur de la frontière hardcore
Qui séparait nos vies de leur départ affreux.

Fêtes de la jeunesse, à ceux qui vous survivent,
Vous ressemblez parfois à de douces chansons.
Mais les anges qui sombrent et se noient sur vos rives
Sont le tribut payé par la génération.

Nous étions trente gars, trente filles en fleurs
A la dernière fête estivale de l’an.
Nous étions quinze gars, quinze filles en pleurs
Au village le jour du grand enterrement.

Edith de CL,            juillet-août 2010

 


Préférer les sandales aux bottes de cahoutchouc ( RC )


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-fresque  de la Villa Farnèse  – Raphaël

 

Au confort exotique,
le corps  s’étale
dans la vie locale
aux aléas climatiques…

Convoquée ,      manucure
Ne craint pas scandale
Et dessine , démarche bancale
Les pieds,       ailés      de Mercure

Trouver meilleure chausse
A son pied   servile ….
Il est toujours plus facile
De célébrer des noces

En sortant de son chapeau
Un soulier de cristal
       Plutôt que sandale
Aux temps hivernaux.

Au sortir de l’aéroport
Si tu as le pied fin,
C’est soulier de satin,
Garanti grand confort

Aux pays  du soleil
Sans être momie,      aux bandelettes
Es tu bien dans tes baskets
Les ampoules vissées aux orteils ?

Trouver chaussure à son pied,
Le grand amour  rêvé…
Cueilli au pied levé,
Des temps expatriés.

Des bottes  de sept lieues
Permettent, avec quelque  chance
De franchir grandes distances
Pour agiter,   mouchoirs des adieux.

La soif d’idéaux
Fait de toi            la reine
– Un jour couverte  d’étrennes
Portée au plus haut…

C’est oublier, que la terre  est dure,
Même de l’autre côté           – obtuse
Et que les semelles   s’usent
Avec la distance, et le pas sûr…

Il n’y a pour rêver, pas d’age…
Aux vols d’altitude
La chute peut être rude
En quittant les nuages.

Laissant de l’amour,    le mystère
J’en connais,    qui préfèrent des souliers
–        De milieux hospitaliers
Accrochés à  la terre.

Se bouchant les oreilles, Ulysse
Pour éviter ,      des sirènes, les voix
Fit ainsi son choix
–         Et sur lui, elles  glissent.

Quittant le paradisiaque,
Le voila, laissant le boubou
Pour des bottes  de cahoutchouc
Bientôt en vue d’ Ithaque …

Pénélope,….        pour l’accueillir,  est venue,
        Portant ses escarpins
        Au creux de ses mains,
Et elle,                       elle est pieds nus…

RC    – 14  janvier 2013


Gil Pressnitzer – À pas d‘oiseaux sur la neige



Á pas d‘oiseaux sur la neige


À pas d‘oiseaux sur la neige
je m’éloigne de mes visages disparus
quelques graines de paroles
posées à même le ciel

elles pousseront un jour grâce au vent
comme parfois mes mains sur ton corps
perce-neige de la lumière
Ne pas se retourner
même si on entend le papier froissé des rêves
ne pas surprendre les adieux
Un souffle d’aile et la terre se parfume
et puis se jeter en boule au pied de la solitude
et en dépit de tout laisser dormir
les chevaux dans mon ombre
Le silence avance doucement contre ta hanche
une marque douce sur la pirogue de la nuit
pas d‘oiseaux sur la neige
la vie s’évapore dans ta lumière

je l’ai appris trop tard
marée montante de l’ignorance
je n’ai su trouver
la tâche de naissance sur mon front
c’était peut-être la neige

Gil Pressnitzer

01/02//2011