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Theo Léger – Le courtisan


photo extraite du film « Ridicule »

 

-LE COURTISAN

 

Pareil à la sculpture indispensable aux palais
à l’architecture d’une salle de bal

Virtuose des redoutes, Cicérone des alcôves de la cour,
tel le voilà! si léger qu’il tourne à tout vent.

Il s’exerce à la danse : art très utile
Aux temps du carnaval
d’un tour de valse il fait tomber dans la disgrâce
des tribus tout entières.

Rompu aux méandres du jeu,
il suffit qu’au moment juste
un nom lui tombe des lèvres entre deux airs,
avant que sa main ne marque la nouvelle cadence
un bouquet de têtes ennemies
déjà s’est fané aux potences.

Il est tout agilité, mémoires de balcons secrets,
d’un toucher de prophète si parfait
qu’en te serrant la main
il connaîtra ta place au banquet de l’an prochain.

Il peut si nécessaire (on ne soupçonne les amoureux)
s’éprendre d’une Juliette
traînant tête vide une clameur de ragots
qui lui dira le temps précis d’abandonner des murs branlants
et d’attendre que pâlissent les traces de sang.

Puis, à l’heure où les maîtres nouveaux regardent
écœurés d’ail, obèses de choucroute, nostalgiques
l’île déserte d’un morne trône, le revoilà!

{Théo Léger) (1963)


Théo Léger – Le courtisan


 

 

 

 

peinture: George Romney, portrait de James Ainsley

peinture:         George Romney,            portrait de James Ainsley

 

LE COURTISAN

 
Pareil à la sculpture indispensable aux palais
à l’architecture d’une salle de bal

Virtuose des redoutes,

Cicérone des alcôves de la cour,
tel le voilà! si léger qu’il tourne à tout vent.

Il s’exerce à la danse :  art très utile

Aux temps du carnaval
d’un tour de valse il fait tomber dans la disgrâce
des tribus tout entières.

Rompu aux méandres du jeu, il suffit qu’au moment juste
un nom lui tombe des lèvres entre deux airs,
avant que sa main ne marque la nouvelle cadence
un bouquet de têtes ennemies
déjà s’est fané aux potences.

Il est tout agilité, mémoires de balcons secrets,
d’un toucher de prophète si parfait
qu’en te serrant la main
il connaîtra ta place au banquet de l’an prochain.

Il peut si nécessaire (on ne soupçonne les amoureux)
s’éprendre d’une Juliette
traînant tête vide une clameur de ragots
qui lui dira le temps précis d’abandonner des murs branlants
et d’attendre que pâlissent les traces de sang.

Puis, à l’heure où les maîtres nouveaux regardent
écœurés d’ail, obèses de choucroute, nostalgiques
l’île déserte d’un morne trône, le revoilà!

{Théo Léger)    (1963)

 

 

 


la verte menace du supérieur aux oiseaux (RC )


Adolf Wolfi artist de l'art Brut, Suisse.:

 

art  A  Wölfli

 

–  

                   Notes assemblées, collées,

passages soulignés, paragraphes décalés,

—-    Secrets d’alcôve de palais vénitiens

Ce calme précaire suspendu dans les airs,

  • intérieur à la flamande,

La toilette de la mariée se détourne ,en carrelage froid.

Le somptueux ,                   voisine l’éventail rosi

                                    – chevelure fantasque,

Comme le plumage onctueux d’orange, se profile

L’œil fixe, me cloue,   – rapace –        de face.

Peu à peu le récit se cristallise de métaphores lisses,

Décrites d’ombres nettes,   vers le double encadré.

Epinglé,                              et qui n’est pas miroir.

 

Lance brisée, sous la verte menace du supérieur aux oiseaux,

Et l’arlequin déguisé,         rentré là,     comme par effraction.

Rien n’est dit ,           du robinet qui goutte,

( On l’entend plus         qu’on ne le montre, )

Contre le temps qui s’écoule,        cascade

La coiffure ,      d’un gnome aux quatre seins,

Avorton oublié là,     sans qu’on paraisse y prêter attention,

Au seuil de l’inquiétude.

RC  –  28 avril 2013