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Joseph Brodsky – lettre à un archéologue


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Citoyen, ennemi, fils à maman, ventouse, prononçant
Ordures, mendiants, porcs, « réfujuifs » , gens de mépris ;
Un cuir chevelu si souvent écorché avec de l’eau bouillante
Que le cerveau insignifiant se sent complètement cuisiné.
Oui, nous avons habité ici: dans ce béton, ces briques , ce bois
des décombres où vous arrivez maintenant pour les tamiser.
Tous nos fils ont été croisés, barbelés, enchevêtrés ou entrelacés.
Aussi: nous n’avons pas aimé nos femmes, mais elles ont conçu.
le son de pique-paille qui heurte le fer mort est tranchant;
Encore, c’est plus doux que ce qu’on nous a dit ou que nous nous sommes dit.
Étranger! Passez prudemment dans notre charogne :
Ce qui vous semble être la libération pour nos cellules.
Laissez nos noms seuls. Ne reconstruisez pas ces voyelles,
Consonnes, et ainsi de suite: ils ne ressembleront pas à des alouettes
Mais un limier dément dont la gueule dévore
Ses propres traces, les excréments et les écorces et les écorces.

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Citizen, enemy, mama’s boy, sucker, utter
garbage, panhandler, swine, refujew, verrucht;
a scalp so often scalded with boiling water
that the puny brain feels completely cooked.
Yes, we have dwelt here: in this concrete, brick, wooden
rubble which you now arrive to sift.
All our wires were crossed, barbed, tangled, or interwoven.
Also: we didn’t love our women, but they conceived.
Sharp is the sound of pickax that hurts dead iron;
still, it’s gentler than what we’ve been told or have said ourselves.
Stranger! move carefully through our carrion:
what seems carrion to you is freedom to our cells.
Leave our names alone. Don’t reconstruct those vowels,
consonants, and so forth: they won’t resemble larks
but a demented bloodhound whose maw devours
its own traces, feces, and barks, and barks.


Cathy Garcia – Printemps Païen


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Papillotes bleues qui dansent,
Papillons heureux qui s’élancent
Dans le vaste le ciel
Mouillé de pastel !
Clochettes qui vont par les chemins,
Porteuses de bonnes nouvelles,
Froissant leurs ailes sur les herbes
Parfumées.
Cortège étincelant,Vibrionnant de soleil !

Clavecins huilés
Qui bruissent
Dans les champs d’azur !
Corolles lisses, touches
De blanc pur,
Si fragiles
Et maintes fois déflorées
Par un doux et vigoureux
Bourdon déluré.

Bat le tambour de la terre,
Cœur de mésange chaud et palpitant
Et dansent les filles légères,
Leur robe en fleurs !
Sonnent les fifres,
Chantent les alouettes,
Les rats des champs
Sortent en guinguette!

Les nuages pompeux
Entrent dans la danse
Et tournent,
Tournent de plus en plus vite !
Ils enflent, s’assombrissent
Jusqu’à se brouiller entre eux
Et moi qui dansais avec eux,
Le nez en l’air,
Le cul par terre,
J’entends le crépitement
De leur rage qui ruisselle
Sur ma pauvre pomme
Inondée de joie !