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Denise Desautels – la rumeur


photo:         moulage archéologique:      la dame de Vix

La rumeur, étrangement

ma bouche s’ouvre et ne dénoue rien

ni le corps ni la langue

elle s’abandonne aux mots

chaque fois le mouvement de mes lèvres

comme un regard habile en affaiblit l’audace

– s’il fallait que là justement l’âme s’affiche –

chaque fois nous sommes les proies d’un désir fou


Denise Desautels
In «  Mémoires parallèles »


Je pars (RC )


peinture:  Richard Bonnington-  Côte normande

peinture:            Richard Bonnington-    Côte normande

 

 

Comme  le coeur  s’égare,
Aux parcours  d’existence,
Et barreaux  du silence,
— Je pars

Comme  ça, sans  préavis,
Travailler  l’âme,
la silhouette  d’une femme,
Pour révéler le côté d’une vie.

Si tu me donnes la main,
Au lever du jour,
Mon désir  d’amour,
Cette         grande faim,

Pour encore l’ assouvir,
Et puis        à consumer,
Entrevoir   l’être aimé,
En effacer le martyre…

RC  mars 2013

 


Rasem Almadhoon – Echo


photo Michael Schlegel - Iceland

photo Michael Schlegel – Iceland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je désire dessiner l’écho

Sur la soie de la mémoire

Sur le bois de l’attente.

Je désire écouter l’absence

Pendant qu’elle explique à l’inquiétude ses raisons

Et qu’elle entre avec elle dans un débat tenace et stérile.

Je désire dormir

Sans que mes yeux ne perdent le plaisir d’observer la vie

Pendant qu’elle accompagne les passants au matin

Vers leurs petites affaires quotidiennes.

Je désire être ici

Et là

Prêter attention à la pierre de l’oubli

Lorsqu’elle tombe lourde dans le puits des jours prochaines

Et lorsqu’elle annonce de haut

Que les miroirs de l’âme

Ecrivent tout ce qu’on n’a pas dit

Tout ce dont on n’a pas entendu le tintement.


Si le dehors existe ( RC )


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Si le dehors existe,
Il se passe de son regard
Une barrière d’ombres

Derrière la grille de ses doigts
Qui contient son visage
Peut-être pour protéger l’âme

Des outrages de la vie
Ou bien, comme les  chauves souris
Rester suspendu dans une grotte

Enveloppé de ses ailes
A l’abri du noir
A l’image d’un vieux parapluie

Qui ne s’aperçoit pas
De l’aurore boréale
Nimbant la planète

RC – 11 décembre 2012


Roger Bodart -Le Chevalier à la charrette.


 

( extrait du  Chevalier à la charrette.)

peinture: Marc Chagall

peinture: Marc Chagall

 

… Pour les uns, je fus curé.
Pour les autres, je fus le diable.
Je suis l’homme las d’errer
Dans un grand pays de sable.

J’ai perdu beaucoup de temps ;
Pour gagner maigre pécule,
Fait dix métiers ridicules ;
Rêver me semblait tentant.

J’ai connu des monastères,
Eu des amis francs-maçons,
Dieu, pour moi, voulant sur terre
Chacun juste à sa façon.

Au temps de l’exode amer,
J’ai possédé trois arpents
Quatre rats et un serpent,
Au canal d’entre-deux-mers.

J’ai vu Paris envahir ;
J’ai vu chez moi la police
Et quelques amis mourir
Dans le verger des supplices.

De ces nuits et de ces jours,
Il me reste un grand amour
Pour les choses d’ici-bas ;
Je n’ai livré nul combat ;

J’ai laissé passer la haine,
Saluant toujours très bas
Celui qui ne m’aimait pas
J’aime toute âme humaine.

Je me suis souvent trompé
J’ai commis des choses troubles,
Plus que nul autre étant double.
Parfois j’ai trouvé la paix.

Quels sont ceux qui m’ont compris ?
Deux ou trois passants peut-être.
Une table, une fenêtre,
Le pain qu’on broie : c’est le Christ.

A beaucoup je dis pardon
D’être passé sur leur porte
Sans avoir reçu leur don.
L’âme fait souvent la morte.

Et moi-même, me connais-je ?
Ai-je été ce qu’il fallait ?
Tant de mauvais sortilèges
Ont fait de moi leur valet.

Qu’ai-je aimé? Qu’ai-je souffert ?
Ce sont là choses secrêtes.
Ne croyant guère à l’Enfer,
Au grand rêve je m’apprête.

Une femme est près de moi
Depuis que je suis un homme
Nous nouerons encore nos doigts
Quand nous ferons le grand somme.

Près de moi sont deux enfants
Que notre douceur défend.
Pour m’avoir donné ceci
Mon Dieu, je vous dis merci.

 

Roger Bodart.   « Le Chevalier à la charrette ».

 


Jean Mogin – Quand j’ai besoin de bleu


 

 

peinture: H Matisse:                la fenêtre bleue       1911

Quand j’ai besoin de bleu, de bleu,
De bleu de mer et d’outre-mer,
De bleu de ciel et d’outre-ciel,
De bleu marin, de bleu céleste,
Quand j’ai besoin profond,
Quand j’ai besoin altier,
Quand j’ai besoin d’envol,

Quand j’ai besoin de nage,
Et de plonger en ciel,
Et de voler sous l’eau,
Quand j’ai besoin de bleu
Pour l’âme et le visage,
Pour tout le corps laver,
Pour ondoyer le cœur,

Quand j’ai besoin de bleu
Pour mon éternité,
Pour déborder ma vie,
Pour aller au-delà
Rassurer ma terreur,
Pour savoir qu’au-delà
Tout reprend de plus belle,
Quand j’ai besoin de bleu,
L’hiver,
Quand j’ai besoin de bleu,
La nuit,
J’ai recours à tes yeux.
La belle alliance

, Paris, Seghers, s.d.

 

 

 


Antonin Artaud – éparpillement des poèmes


—                photo        Deidi von Schaewen,     placée en extérieur                rencontres photographiques Arles 2012 –             re-photo perso

 

 

 

 

Cet éparpillement de mes poèmes, ces vices de forme, ce fléchissement constant de ma pensée,

il faut l’attribuer non pas à un manque d’exercice, de possession de l’instrument que je maniais,

de développement intellectuel; mais à un effondrement central de l’âme,

à une espèce d’érosion, essentielle à la fois et fugace, de la pensée,

à la non-possession passagère des bénéfices matériels de mon développement,

à la séparation anormale des éléments de la pensée (l’impulsion à penser,

à chacune des stratifications terminales de la pensée, en passant par tous les états,

toutes les bifurcations de la pensée et de la forme). »

A Artaud –                                              Correspondance avec Jacques Rivière

 

incitation:   le  film  « regard  sur la folie »,  de Mario Ruspoli,  dans lequel  Michel Bouquet   en voix off, nous  dit  ce superbe  texte  de Artaud..

 

 


poème bantou – feu – ( trad Leopold Sédar Senghor )


peinture perso: maternelle  age  5 ans  (  j'ai probablement  été fortement aidé...  toujours est-il que j'ai  toujours cette peinture,  d'un format 50x65 cm)

peinture perso:            maternelle                   age 5 ans          ( j’ai probablement été fortement aidé…                 toujours est-il que j’ai toujours cette peinture,    d’un format 50×65 cm)

Feu

 

« Feu que les hommes regardent dans la nuit, dans la nuit profonde,

Feu qui brûles et ne chauffes pas, qui brilles et ne brûles pas.

Feu qui voles sans corps, sans coeur, qui ne connais case ni foyer,

Feu transparent des palmes, un homme sans peur t’invoque.

Feu des sorciers, ton père est où ?      Ta mère est où ?       Qui t’a nourri ?

Tu es ton père, tu es ta mère, tu passes et ne laisses traces.

Le bois sec ne t’engendre, tu n’as pas les cendres pour filles, tu meurs et ne meurs pas.

L’ âme errante se transforme en toi, et nul ne le sait.

Feu des sorciers, Esprit des eaux inférieures, Esprit des airs supérieurs,

Fulgore qui brilles, luciole qui illumines le marais,

Oiseau sans ailes, matière sans corps,

Esprit de la Force du Feu,

Ecoute ma voix :                 un homme sans peur t’invoque »

Poème Bantou

(traduit par Léopold Sedar Senghor)


Emily Dickinson – moment critique


peinture:    Euan Uglow

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • C’était le moment critique.

Tout au long jusqu’alors

Avait eu lieu un temps atone, un temps muet…

Alors la seconde hésita, stoppa, frappa son dernier coup.

Une autre avait commencé

Et simultanément une âme

Etait partie sans qu’on la vît.

E D


Guy Goffette – Un peu d’or dans la boue


photo:          Rye Field, Finland                     auteur non identifié ( carte postale )

Un peu d’or dans la boue

I
Je me disais aussi : vivre est autre chose
que cet oubli du temps qui passe et des ravages
de l’amour, et de l’usure – ce que nous faisons
du matin à la nuit : fendre la mer,

fendre le ciel, la terre, tout à tour oiseau,
poisson, taupe, enfin : jouant à brasser l’air,
l’eau, les fruits, la poussière ; agissant comme,
brûlant pour, marchant vers, récoltant

quoi ? le ver dans la pomme, le vent dans les blés
puisque tout retombe toujours, puisque tout
recommence et rien n’est jamais pareil
à ce qui fut, ni pire ni meilleur,

qui ne cesse de répéter : vivre est autre chose.

II
Le temps qu’on se lève vraiment, qu’on se dise
oui de la pointe des pieds jusqu’au sommet
du crâne, oui à ce jour neuf jeté
dans la corbeille du temps, il pleut.

Ô l’exacte photographie de l’âme, ces deux mots
qui nous rentrent les yeux comme les ongles
dans la chair : il pleut. Le sang de l’herbe
est vert insupportablement et c’est en nous

qu’il pleut, en nous qu’une digue rompue
voit s’effondrer peu à peu, derrière la vitre
et parmi les voilures, avec des pans de vieux
regrets, d’attentes fatiguées,

les raisons de partir et d’habiller le froid.

III
Encore, si le feu marchait mal, si la lampe
filait un miel amer, pourrais-tu dire : j’ai froid,
et voler le coeur du noyer chauve, celui
du cheval de labour qui n’a plus où aller

et qui va d’un bord à l’autre de la pluie
comme toi dans la maison, ouvrant un livre,
des portes, les repoussant : terre brûlée, ville
ouverte où la faim s’étale et crie

comme ces grappes de fruits rouges sur la table,
vie étrange, inaccessible, présent
à celui qui ne sait plus désormais
que piétiner dans le même sillon

la noire et lourde argile des fatigues.


Guy Goffette
poème cueilli dans « La vie promise » précédée d' »Eloge pour une cusine
de province »
éditions poésie/gallimard


Louise Portal – écrire


 

 

« Photographies: Duane Michals

 

 

Ecrire,
c’est une liaison d’amour avec soi et les choses,
et les moments et les gens.

Ecrire,
c’est comme vivre
une vie parallèle à sa vie de chaque jour ;
c’est le vase purificateur de l’âme et de ses mouvances »

Louise Portal .

 

 




Ames au poids – (RC)


papyrus egyptien.. pesée des âmes

Des aventures en mythologies, beaucoup les partagent

Ce sont des dits, des légendes  ( et des commérages)

Qui se colportent, en générations, dans les mémoires

Et donnent en naissance,   de belles  histoires

 

La pesée des âmes  ( d’un poids négligeable)

Devait être comme l’or  ( assez rentable)

Bataille des chiffres et ——-marchandages

Et j’organise  un p’tit voyage  !!

 

Par convois entiers,  ou bien fusées

Les âmes sont partantes pour aller  au musée…

Mais y en a qui trichent, comme le Dr Faust

Préférant livraison lente plutot que « chrono-post »

 

Ayant vendu, comme on le sait, son âme au diable

Et afficher  en retour, un sourire aimable,

Qui pourrait convenir à Marguerite    – (elle lui fait la bise) …!

Et aux échanges, y a aussi le marchand  de Venise

 

Qu’à sa p’tite affaire, et n’connaît pas la crise !

C’est encore elle ( la crise), qui étonne et défrise..

J’ai donc  reçu, y a pas si longtemps , une proposition

D’acheter l’esprit, l’âme et le talent   –  autorisation –

 

Pour une vie meilleure, un autre horizon

Ce qui, pour cette âme, était la meilleure  solution…

M’étant jamais v’nu à l’idée de posséder deux âmes

Surtout quand  l’autre est celle  d’une femme…

 

———-  mais  tout compte fait, j’vais  réfléchir…

Pas  sûr qu’ça  soit une bonne  affaire  –  pour investir

Cela risque  fort de perdre de la valeur

s’il me vient avec,  douleurs  et malheurs…!

 

A jouer malin, et passer par-dessus les lois

Même encore  légères, les âmes seraient un poids…

Je dirai plus tard, les suites  de l »aventure

Et leurs conséquences sur mon futur

 

Si je rends visite à  la voyante, Mme Soleil

Qui a de petits seins, mais  gros orteils  …!

Elle  connaît les comment  et les pourquoi …

On verra donc,  quel sera mon choix…

 

photo: Sculptures du tympan de Conques ( Aveyron) J Mossot


Ame dessinatrice ( RC)


 

Dessin-peinture perso: acrylique: auto-portrait de dos, mai 2011

 

Elle  sort ses crayons,  et en un tournemain

M’a pris pour modèle, moi,  son corps,  sa chose…

Et me voila figé,  en une éternelle pose,

à la course graphique de son dessin.

 

Comment se dessiner soi-même, vu  de dos ?

C’est une question, qu’on pourrait poser, pour savoir…

Traverser son corps, sans l’aide de miroirs…

Je vais réfléchir  et vous  dire  le vrai  …  ou le faux

 

Peut-être faut-il d’abord se toiser

Questionner son âme, pour un peu renaître

Comme,  de savoir  ouverte,    une  autre fenêtre ….

 

Et puis aussi, s’apprivoiser .

 

RC  17 avril 2012

 


Louis Rocher – Errances


anamorphose courbe et son miroir en cylindre

 

 

 

 

 

 

Errances

Les grands cargos multicolores dans le port ont des fourmis à la carène

un bel arc-en-ciel de cargos arlequins.

Les hublots décorent les songes au port de l’âme ;

des matelots jouent leur voyage aux dés. Une cargaison de soleil

roule sur le bateau couleur d’orange mûre une fille à la jupe rouge

porte à boire des regards frais.

Voici le temps d’appareiller
– les fourmis sont à la carène – pour le côté clair de soi-même.

 

Louis ROCHER, Un chardon si évident,
1956, Affrontement.


Cribas – Allons enfants du paradis


Allez au diable! (Allons enfants du paradis…)

 

Par Cribas le samedi 24 janvier 2009,

Depuis 2006,  Cribas  publie  ses poésiphonies, et sensations…

lesquelles constituent  une  base  de  textes  impressionnante, sans concession,

voir  son site

J’aurais maudit le monde

Que ça n’eût rien changé

D’ailleurs je l’ai maudit

 

J’aurais vécu ma vie

Que ça n’eût rien changé

D’ailleurs je l’ai vécue

 

J’aurais pleuré mon âme

Que ça n’eût rien donné

D’ailleurs je l’ai vendue

 


Marina Tsvetaieva – âme et ailes (1918)


Peinture-dessin: Anselm Kiefer - Leonardo Pisano ( Gal Y Lambert)

Si l’âme est née avec des ailes,

Qu’a-t-elle à faire de palais, de masures,

De Khans tatares et de hordes barbares ?

J’ai au monde deux ennemis,

Deux jumeaux, à jamais unis

La faim des affamés, la satiété des repus.

Moscou  1918


Jean-Claude Pirotte – le temps c’est une perte de temps


pieuré de Pommiers ( Loire). Photo et montage persos

 

 

 

 

le temps c’est une perte de temps et la vie c’est pareil

.je n’y suis pour personne à commencer par moi-même

tant pis si la pluie chante

doucement dans la rue dans novembre

et l’aube qui ne voit rien de rien,

la pluie elle peut chanter je sais

qu’elle n’est pas une jeune fille

ni la veuve d’un dieu ni l’âme

d’une dernière nuit d’amour

 

 

——-

 

texte  extrait  du « pavé » de JCl Pirotte  ( plus de mille pages »)…    « le promenoir magique »…- – voir  l’article  de Poezibao à ce sujet…

 

——-

 

 


Else Lasker Schüler – Au prince Tristan (1912)


AU PRINCE TRISTAN

Sur ton âme bleue Les astres se posent pour la nuit.

Il convient de te parier tout bas, Oh toi, mon temple, Mes prières te font peur;

Par ma danse sacrée, Mes perles se ravivent.

Ce n’est ni le jour ni l’astre,

Le monde,je ne le connais plus,

Hormis toi – tout est ciel.

AN DEN PRINZEN TRISTAN

Au/deiner blauen Seele Setzen sich die Sterne zur Nacht.

Man muss leise mit dir sein,

0, du mein Tempel,

Meine Gebete erschrecken dich;

Meine Perlen werden wach Von meinem heiligen Tanz.

Es ist nicht Tag und nicht Stern, Ich kenne die Welt nicht mehr, Nur dich – alles ist Himmel.

1912

sculpture: Alberto Giacometti - de sa période "surréaliste"


Potier de vie – (RC)


Demain je regarde  ce tas  de terre, je me dis, si j’étais  potier, j’en ferais un petit  vase.
Je le fais en pensée  je  reconstitue  tes propos.
Je les vois dans un autre  ordre,  sous  une  autre  lumière.  Et ce vase  a une  autre  forme que la motte  de départ, mais  le même  volume, la même  masse.
Il fait  corps avec le  vide, le creux  qui rend  le vase, vase.
Ta parole est comme çà.
Ce ne sont pas que des mots placés  dans un ordre  donné.
Ils  font  corps avec  ton esprit, avec ce creux qui justifie  ta forme.
J’ai peut-être  compris  aussi  que   cette  forme  existera  encore,  qu’elle  n’est   pas  donnée, que  toi-même  tu changeras  de forme,  et d’esprit.
Et te soumettras  ,
à la lumière, celle  qui révèle  les volumes.
Mais  garderas ton âme.

Article  en relation avec le texte  de François Cheng,  publié précédemment…

art: volume "livre métallique", de Anselm Kiefer ( la vie secrète des plantes) 2002


Angèle Paoli: All blues


 

 

Article inspiré  de la page  de blog  de  http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

qui inévitablement  fait penser  au célèbre disque  de Miles  Davis  en Quintet,  « Kind of  Blue », qui a  marqué  durablement  l’histoire du jazz

 

L’Azur se courbe

et devant ton œil

bleu déclin

le baume cerisier blanc

de tes caresses

savamment décline

sa rhapsody

blue

strompin’ at the Savoy

le pianiste

aux doigts de cristal

étire

de Bessie les langueurs

désirables

et pianote

tempo blasé

les notes désenchantées de saveurs

oubliées

le blues le blues le blues

ronge ton âme esseulée

songe songe songe

à la lenteur du temps

qui s’écoule

se délasse et s’enlace

en cet instant

tandis qu’au ciel glisse

un long goéland

et qu’au firmament

passe la trace

ardeur de tes rêves

brûlants

Angèle Paoli

kind of blue